ACHEVEMENT DU CANAL DE LANGUEDOC
qiû élève le canal par-dessus les eaux de Fétang; sur Ja Répudre, une arche de cinq toises de largeur, soutenant les sept ou huit pieds d'eau du canal, et laissant au-dessous le torrent s'engouffrer dams les ravins; dans la plaine d'Argeliers, le roc plus dur que le marbre, creusé à dix-huit pieds de profondeur; plus loin, le Mal pas, montagne de tap, iiautede treize pieds, large de trois centsoixante pieds, ouvert par une large voûte; àAgde, une écluse ronde où peuvent tourner des bateaux longs de treize toises. Cependant le port de Cette se consolidait par ^^ux grandes jetées de marbre rouge et cendré : *'Mne au couchant, de trois cent trente toises; **^uire du côté du nord, de deux cent deux boises. Un canal de neuf cents toises de long sur ^gt de large unissait ce port à l'étang de Thau. l'autre extrémité, le bassin de Naurouze, excavé ^^ns la pierre de taille, présentait cinq cent qua- **^ïite-quatre toises de pourtour et des quais où ^^rà mesurait plus de mille toises cubes de cons-
^otion. Au-dessus, la merveille, le bassin de Saint- ^ï^réol, d'une surface de cent dix mille toises car- , d'une contenance de six cent cinquante mille *scs cubes d'eau, petite mer arrêtée entre deux nés par une forte chaussée composée de îs murailles, d'épais terrassements entre elles, et ^^ gros pavés sur le talus intérieur pour résister ^^ batelage et à l'agitation des vagues (1).
C^-) Rapport du P. Mourgues, jésuite, un des commissaires explorateurs du canal en 1683.
On Fciconte que Vauban, envoyé par Liouis XI ^^ I «**'
iprès de Ricjuet pour examiner ses travaux^ s'a^K-"** 1 1^^^
îta |>ensif et silencieux devant le bassin de Sain '^-'^ 1 *^ ^
^'erréol. Riquet, étonné et craignant quelque cr-^^"* 1 '«^^
dque^ lui demanda enfin le sujet de ses réflexions^^ - I --^^
« Il manque^ répondît Yauban, à ce grand ouvra
une chose essentielle et qui a été oubliée; » et âpre
une nouvelle pause pour donner plus de piqua
à son admiration : a II manque^ ajouta-t-il^ en
endroit la statue de l'homme illustre qui a conçu e
evécuté un projet aussi grand (1), »
C'est un devoir triste, mais impérieux pour l'hi torien^ d'avouer que Colbert a manqué une fois justice envers Riquet. Il admirait certainemei — ^* l'entrepreneur du canal, mais nous avons vu qti' n'aimait pas les retards que le fermier des gabell de Languedoc apportait aux payements de sa fenn Il les avait supportés pendant longtemps^ tout exprimant çà et là quelques reproches. Il paraisse même s'y être résigne lorsqu'il disait^ en 1676^ qu si Riquet achevait ses grands travaux avec le soiv'* ' | l'honneur et la solidité désirables, il serait « bon lui procurer des avantages dans la suite^ et mettre dans sa famille quelque marque d'honnea proportionnée à une aussi grande entreprise. » To à coup il changea de ton en 1677; c'était une annlaborieuse, où la gloire des armes ne se souteo. 2=^'^ qu'à force d'argent, où l'argent ne rentrait
(1 . llistoirr du III liai </f Liinyuedoc.