‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 109 sur 142 · COMPAGNIES DE GENTILSHOMMES · texte numérisé non relu

COMPAGNIES DE GENTILSHOMMES

<stcte de soumission. La marquise se résigne au H:ioiiveau régime militaire^ comme, devant les effets <ilii passage du Rhin, Taneienne frondeuse se résignait à craindre et à honorer le maître.

De bonne heure (voir ch. xx, § 1, page 594 du liome III), on avait pourvu à la formation des offipar rétablissement des cadets y épars dans divers ^giments et compagnies, où simples soldats, quelle ue fût leur naissance, ils pratiquaient le service vant de le diriger et apprenaient Tobéissance avant ^e commander. Louvois perfectionna cette institut-ion en réunissant les cadets en compagnies de gen- ^Ishommes. Il avait reconnu qu'au milieu de soldats grossiers, ces jeunes gens prenaient souvent des allures triviales, basses, et jusqu'à des habitudes de xnaraude. Il leur voulait l'éducation qui inspire au supérieur le respect de lui-même, à l'inférieur le ï^spect de l'autorité; une école spéciale pouvait seule remplir ces vues. En 1682, le roi annonça l'établissement à Metz et à Tournai de deux compagnies, destinées à former au service tous les jeunes gentilshommes de quatorze à vingt-cinq ans qui voudraient acquérir le savoir et les qualités de bons officiers. Tel était le besoin auquel répondait cette innovation, que de toute part les candidats affluèrent. Il s'en présenta d'eux-mêmes, ou par Tintermédiaire des intendants (1), une si grande multitude C|ue, au lieu de deux compagnies, il en falhil orga-

(1) Voir Mémoires do Foucault, an 1682 à 1683.

niser neuf. En deux ans^ le nombre de ces éli montait au chiffre de 4,275, et leur dépense j somme de 80,000 livres par mois. Le roi acc< cette surcharge financière, assurément une des j honorables de cette époque trop fastueuse, et d Futilité évidente justifie les louanges qu'il en tira. Le comité de Téioge et de la gloire du roi petite académie de Thisloire métallique, célébr création des compagnies de gentilshommes par médaille avec cette devise : Nubiles educati mw centia principis.

Quoique nommées Compagnies de gentilshomt^ ces écoles militaires admettaient, outre les jeu gens nobles, les fils de ceux qui vivaient noblement des fils de bourgeois et de commerçants. Il n'y d'exclu véritablement que les incapables, les bauchés notoires, et ceux que leur pauvreté absc menaçait de languir dans la misère sous l'habit d ficier. Tous les cadets d'une compagnie vivaient simples soldats, sauf ceux qui devenaient serge et caporaux. Ils étaient commandés par un capital un lieutenant, deux sous-lieutenants. Il leur fail malgré leurs goûts contraires, étudier les mathéi tiques : les prescriptions de Louvois sur cet arti sont formelles. Ils s'exerçaient avec un entrain u nime au maniement des armes; à Douai, une

(1) Mémoires de Foucault, 1682 : t J'en ai envoyé cent d'ande noble&se, et les autres issus de parents vivant noblement. » On appc ainsi ceux qui vivaient de leur revenu sans exercer de métier.

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