LES FORTIFICATIONS
^ yeux, plus habile et plus entendu qu'aucun ingéflieurqui ait jamais été en France, et, comme il est pai> t*culièrement considéré du roi pour son mérite, il ^st nécessaire d'agir avec lui sur ce fondement. » Tout intendant qui laisse voir une certaine résis- ^nce à tout ce que veut le sieur Vauban est invité * se défaire de cette mauvaise volonté (1675). Un *rigénieur est resté presque célèbre pour des admonestations de ce genre. Niquet avait prétendu modifier de lui-même les plans du maître (1676) : « Il ^^ faut pas contredire, écrit Colbert à l'intendant^ ^^li liomme d'un aussi grand mérite et d'une expéï'^ence aussi consommée que le sieur de Vauban. S^il lui arrive (à Niquet) de jamais remuer une pel- '^tée de terre que conformément au mémoire dudit ^^uban, il sera rappelé un quart d'heure après que J^ in'en serai aperçu. » Niquet, de son côté, est '^^Qi.îs à sa place par cette apostrophe directe : « Sa- ^tâ^a: que ce n'est pas à vous de toucher aux ouvradu sieur de Vauban, sans son ordre exprès, et Us devez encore travailler à étudier dix ans sous
^i auparavant que vous puissiez concevoir une aussi
^^^One opinion de vous. » L'autorité de Vauban
^^^^it ainsi la plus haute sanction morale, l'estime
^^ Cïolbert et l'amitié de Louvois, quand elle reçut
^ Cionsécration officielle, La mort du chevalier de
*^^ville laissa vacant le titre de commissaire-géné-
des fortifications qu'une déférence bien justifiée
ît toujours conservé au vieillard : Vauban le
Vieillit comme un héritage naturel.
A la paix, la nécessité de conserver les conquête; et de prévenir les représailles des vaincus^ ouvri une période de travaux dont le nombre seul attesti éloquemment la grandeur. Pendant que Vaubar remettait la main aux fortifications de Dunkerque son ouvrage de prédilection (1678), Louvois lui de mandait un plan pour Longwy que le duc de Lor raine n'avait pas consenti à abandonner, mais que h roi détenait et voulait se mettre en état de ne jamaii rendre. En 1679, on travaillait à Charlemont, i Bitclie, à Ilombourg, à Sarrelouis, à Phalsbourg, i Schelestadt; on pensait à Huningue; on employai contre les projets ultérieurs des étrangers Targen qu'on venait de tirer de leurs propres États (1). Ei 1680, tout en continuant ces entreprises, Louvois e Vauban allaient étudier en Roussillon le moven d< donner de bonnes places à celte province, qui n'ei avait jusque-là que de mauvaises; à côté de Belle garde et de Perpignan réparées, ils élevaient, à Tentra de la Cerdagne, la forteresse de Montlouis. Louvoii se félicitait d'avoir garanti le pays de tout retoui offensif des Espagnols, et assuré au roi la domination de la Cerdagne entière. Plus tard, quanc Strasbourg eut été occupé (1681), on consacra d< grosses sommes à cette ville même, à Béfort (1684) à Huningue, au fort Louis du Rhin, dans une il< de ce fleuve, au nord de Strasbourg, au Mont-Royal sur la Moselle, dans l'électorat de Trêves (1687).
(1) Lettre de Louvois au roi, 1<" septembre 1679.