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LES FORTIFICATIONS

^nfin à Landau^ d*oii Ton espérait défendre l'entrée cîe la basse Alsace, et tenir en respect le Palatinat. IMalheureusement tant d'entreprises à la fois man- <quèrent de temps, parce qu'elles manquèrent d'argent^ pour être achevées avant l'explosion d'une ■iiouvelle guerre européenne.

n. — Complément des institations maritimes. — Achèvement des ports, «ffem^^j^^ ment de la discipline : remerciment de Lonis XI? à GoLbert. — Oriaumnt^^^ la marine. Gardes de marine Colonies ; Code itotV.

La guerre avait surpris les établissements de %marine encore inachevés et dépourvus d'une parti^^ des moyens de défense. Nous avons vu la vigilanc"?^ et le succès de Colbert à les garantir des attaque*^ de Tennemi; par un travail non moins remarquable-^ à travers la continuation des hostilités^ il mit Is^J dernière main à celte grande création, et la consacra"" par des règlements et des lois qui font encore auto^ rite en France et même à l'étranger.

Rochefort, délivrée des menaces de Tromp (1674J7= vit aussitôt commencer ses fortifications et bâtiv^ successivement ses trois portes. Egalement bie -^ située pour la marine et pour le commerce, el pouvait recevoir de Nantes les bois de la Cha pagne et des provinces traversées par la Loii'e, Poitou des grains et des légumes, du Poitou et l'Auvergne des chanvres, de l'Anjou les toiles voiles, du Languedoc des fers et cuivres, de la Gl " ronde les vins, de Bayonne les chênes, sapins goudrons. De bonnes mesures furent donc pour lui assurer les bénéfices d'une ville marchan en même temps que la sécurité d'une place d guerre (1). Déjà, pour y attirer et retenir une popu

(1) Thomas, ancien commissaire de la marine : Mémoires relatif- ^ à Rochefort.

ACHÈVEMENT DBS PORTS 383

lation convenable^ le roi avait confirmé par des lettres patentes (1673) les foires dont le premier usage remontait à la fin du xvi* siècle. Bientôt^ pour y attirer les denrées du Midi par la facilité des communications ^ rîntendant du Terron commença la route de Royan, qui de là mène à Bordeaux (1677). Brest ne subit aucun ralentissement dans les constructions qui avaient si vite annoncé sa grandeur. Outre la continuation de ses quais substitués aux pentes des montagnes^ elle fut dotée (1676) du jardin du roi ou promenade des officiers, long de quatrevingt-dix toises, large de quarante-cinq. On y éleva encore la batterie de la Pointe, le magasin aux poudres (1677); trois grands corps de bâtiments pour renfermer les salaisons, le biscuit et le pain frais; enfin un hôpital (1678). Pendant que, chaque année, de nouveaux fonds étaient affectés à la construction ou à l'entretien des quais, bassins et magasins, Brest devenait le centre d'un département maritime qui s'étendait sur toutes les cotes, au nord et au sud, jusqu'en Aunis. Par ordre de Colbert, on relevait sur l'Océan le plan des villes, villages, hameaux, buissons, forets, canaux, r^ides, anses et falaises exposés ou favorables à un débarquement de l'ennemi : Belle-Isle, Blavet, les iles de Iloedic et Houat y sont particulièrement marqués. Colbert avait encore la pensée d'établir à Brest un corps d'officiers mariniers, maîtres des matelots, pilotes hauturiers, maîtres canonniers, maîtres charpentiers, choisis parmi les plus habiles, pour en faire

38i HISTOIRE INTÉRIEURE DE 1672 ▲ 1688

une réserve et une pépinière. Logés dans l'arsenal avec leurs familles^ régulièrement payés ^ même quand ils ne servaient pas, ils seraient continuellement attachés au service du roi. « Sa Majesté, disait-il, leur donnera toujours la conservation, garde et navigation de douze des premiers vaisseaux qui seront dans le port, ou qui seront armés, et elle prendra toujours de ce nombre les officiers nécessaires pour les vaisseaux qui seront mis en mer (1). »

La guerre finie, Vauban et Seignelay obtinrent pour Brest les avantages définitifs qui constituent les grandes villes. Vauban visita Brest (1680), et étudia le système de fortifications qui convenait le mieux à la défense de la ville et de son port; il en traça le plan que le roi approuva. L'année suivante (1681), Seignelay, envoyé par son père pour cons-

tater les résultats d'une activité de seize années, fit^ t au roi une relation entraînante de ce que Brest avait^^ t déjà, et de ce qui lui manquait encore. Au lieu d< cinquante habitants en 1665, six mille aujourd'hui^ ouvriers, marchands et matelots; la position maritime la mieux assise de tout le Ponant et la mieu: assurée; une demi-lieue de rivière changée en port cinquante gros vaisseaux de guerre à flot rangés d^ distance en distance dans ce port, où les montagne les mettent à couvert de tous les vents ; les grand-^B:^ et larges quais à droite et à gauche; la régularité

,1; Colbert à de Seuil, intendant do la marine à Brest, septemlc=3re

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