‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 119 sur 142 · COLONIES ET CODE NOIR · texte numérisé non relu

COLONIES ET CODE NOIR

ainsi qu'il muloriia rintendAnt à ne pas s'en tenir^ dhlii Tadministnition de la justice, aux coutumes éê là ptéràié de Paris primitivement imposées^ mais à introduire les changements que rendraient néces* lairas les mœurs, les usages, les biens des habilantà (1675). Dans une pensée également protectrice, le roi retira à la Compagnie des Indes-Occidentales la seigneurie et propriété du Canada, pour veiller lui>tnème directement sur la fortune de ses sujets (1676). Le commerce maritime avec les Antilles fut ekoité par la construction de vaisseaux aux frais du roi 9 et la perspective des denrées diverses que les eélons du Cailada pourraient porter aux îles. Les intérêts des particuliers furent garantis par la dé«fensé expresse au gouverneur et à l'intendant d'exer^ oer aucun commerce par eux-mêmes ou par leurs damestiques. a II est impossible, écrivait Colbert au liomtê de Frontenac, que les habitants puissent élrt persuadés que vous garderez l'égalité de justice et de protection que vous devez, tant qu'ils verront quelques personnes qui auront des accès particuliers Auprès de vous^ qui se théleront de com^nierce (1). »

Il avait eu d'abord pour système de ne pas trop életidre le territoire et de ne pas remonter trop haut le Saint-Laurent. Il lui semblait plus avantageux de resserrer les habitants en villes et villages plus fa-

(1) Lettres de Colbert, do 1673 ft 1679, aU comte de Prohtenac ot à l'iDtenéaHt Duohmnaau.

408 HISTOIRE INTÉRIEURB DE 1672 A 1688

cilesà défendre. Cependant le gouverneur Fronteni^ s'étant avancé jusqu'aux grands lacs^ et ayant bà^ un fort au point où le Saint-Laurent sort de VO^ tario (1674)^ le roi approuva cet accroissemei^ L'année précédente^ sur la foi des sauvages c^. avaient révélé au\ Français l'existence et la dir^^ tion du Mississipi^ deux explorateurs intrépides le P. Marquette^ jésuite missionnaire, et Joliet, hf^vt^ geois de Québec (1), s'étaient risqués à en faire k i^cherche. Après avoir remonté les lacs jusqu'au M ichigan^ ils avaient atteint le Wisconsin, affluent du Mississipi, puis portés dans ce fleuve ils l'avaient descendu jusqu'à sa jonction avec le Missouri. Là ils avaient fait la connaissance des Illinois qui se montrèrent bienveillants pour les Français par haine commune pour les Iroquois (2). C'est ainsi que la France a découvert par le Canada le bassin du Mississipi. Quelques années après^ Cavelier de la Salle^qui s'occupait de trouvera l'Ouest du Canada un passage vers la Chine et le Japon^ se laissa en* traîner^ par le récit de Joliet^ à parcourir le inéiD^ pays. Il vint en France pour s'y faire autoriser par Louis XIV (1678). A son retour au Canada avec trente compagnons intrépides^ il parcourut les lacs Ontario et Erié^ la rivière Saint-Joseph^ affluent da

(1) Les noms de Marquette et de Jolîet so retrouvent eooore aqotf^ d'hui dans ceux de deux localités de rAmérique du Nord : MarfuitU gur le bord méridional du lac Supérieur ; Joliet, à quelque distiao^ du lac Michigaoy au midi de Chicago.

(2) P. Gharlevoix, Histoire de la Nouvelle France, tome I.

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