CHAPITRE XXII
(^aerre de Hollande : Première période. Années 1671 et 1678.
I. — Companiioa des forces de U France et de la Hollande. — Alarmes de l'opimon en France. — Prise des villes du duché de Clèves. — Passage du Rhin. ^ Conquête de trois provinces. — L'inondation. — Négociations ponr la paix. — Ré* tablissement da stathoadérat en Hollande. — Les Hollandais rejettent les propositions de Louis XIV. — Suspension des hostilités.
Lies préparatifs de Louis XIV étaient aussi considérables que bien concertés. Nulle armée en Europe ne pouvait entrer en comparaison avec Tarmée française. Cent vingt mille hommes^ «bien armés^ équi- « pés , instruits^ d'une tenue sévère ^ et soumis^ les « généraux comme les soldats^ aux exigences de la '< discipline^ y> tel était le résultat obtenu en quelques années par Louvois ^ et la justifîcation de son système et de la confiance de son maître. On y comptait^ à côté des Français^vingt mille Suisses^ et dix à douze milleétrangersanglais^ allemands^ espagnols^ italiens, recueillisdansces régiments spéciaux toujours.ouverts aux aventuriers ou déserteurs de tous les pays(l). Il faut yjoindre, en dehors, les régimentsanglaisfournis
(1) Rouaset. Histoire de Louvois, ch. v.
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officiellement par Charles II , et les troupes de Cologne et de Munster que des traités récents venaient d'engager à une action offensive. Après avoir promis, en 1671 , le passage sur leurs terres et des approvisionnements aux troupes françaises^ cesdeux princes germaniques accordaient maintenant (janvier 1672) le concours de leurs propres troupes contre les Hollandais dont ils étaient voisins; le contingent de l'électeur de Cologne seul était de dix-huit mille hommes.
Les commandants supérieurs, par leur nom seul, présageaient la victoire : Condé, Turenne, Luxembourg. Nous apprendrons successivement à connaître Luxembourg, ce mélange étonnant de vices honteux et de talents de premier ordre ; les deux autres étaient déjà trop célèbres pour n'être pas redoutés de toute l'Europe. Il n'y avait pas un prince, pas une population , comme pas aussi un historiographe, qui ne s'inclinât devant la fougue de Monsieur le Prince et le génie savant du vicomte de Turenne. Il veut pourtant en France, pendant quelques jours, un essai de contradiction à ce jugement universel. Le roi, qui entendait se réserver le commandement en chef, avait réglé qu'il donnerait le mot à Monsieur, Monsieur à Condé, Condé à Turenne, et Turenne aux autres maréchaux. Trois petits maréchaux, Bellefonds, Créqui et d'Humières, prétendirent refuser un rang supérieur à Turenne, quoiqu'il fût maréchal-général et que cette fonction équivalût pour la dignité à celle de connétable, quoique l'un d'eux lui dût son bâton.