PROTECTION CONTINUÉE AUX I.ETTRES ET AUX ARTS
Ce sont là, il est vrai, les deux seules académies
de provinces qui aient été fondées directement par
Colbert ; le nombre n'en augmenta que plus tard (1).
Mais il n'avait rien négligé pour en susciter partout,
comme le témoigne cette circulaire aux intendants,
un. de ses derniers actes (juin 1683), où il les
cxliorte à encourager les hommes de littérature appli-
q^A^ à quelque science particulière ou à Tliistoire
chaque province. « S'il y en a déjà, dit-il.
Majesté pourra leur faire quelque gratification;
^'il n'y en a pas encore qui aient de Tâge et du
^^v^oir, il faut chercher des jeunes gens de vingt-
^*^i:^q à trente ans , capables de ce genre d'é-
^^des, et les y attacher par la perspective des bien-
^ils du roi (2). » Les arts ne furent pas moins bien
^^'^îtés que les lettres. En 1676, des lettres-patentes
P^>l:tèrent création, dans les principales villes, d'aca-
^^imies de peinture et de sculpture, sous la conduite
^^ administration des officiers de l'Académie rovale
^*^geant à Paris. Il paraissait convenable de faire
P^'trticiper tout le royaume à l'effet produit par
-^Vcadémie principale. La même année, l'Aca-
^ Cl) Les académies fondées plus tard sont : Angers, 1685; Ville- ."^l^he en Beaujolais, 1696; Caen, 1705; Montpellier, 1706; Bor- ^^^ux, 1712; Lyon, 1724.
C^) Voir celte circulaire : Depping, tome IV, page 606, et dans la ^^^lection Clément.
^eUe invitation embarrassa plus d'un intendant, comme on le voit
^^ cet aveu de Foucault : » M. Colbert m'a demandé de chercher
^^^Ique personne capable d'écrire l'histoire de la province, ce que
demie de peinture de Rome fut réunie à celle de Paris (1).
Même empressement à rechercher au dehors et au dedans du royaume tous les objets d'étude intéressants pour les sciences, l'histoire et les antiquités. En 1675, au milieu des difficultés financières et autres de cette année critique, Colberl a le temps de veiller sur un envoi d'animaux rares arrivé d'Oriwt à Marseille : poules sultanes, poules de Pharaon, gazelles, demoiselles de Numidie, flamants et phénicoptères (2). En 1676, au milieu de cette guerre maritime dans la Méditerranée qui tourna si glorieusement, il s'inquiète d'un envoi du P. Wanslebe : quarante- trois livres hébreux, vingt-deux arabes ou du mont Sinaï pris en mer par un w* saire; il donne à l'intendant de marine de Toulon l'ordre de s'ingénier à i*etrouver ces Uvt^s. En 1679, d'Aguesseau, intendant du Languedoc^ flattant le goût de son chef, lui avait expédié les arehiines de quelques chapitres et abbayes de la provincei el annonçait la découverte de richesses semblables! Narbonne. Il fut bientôt invité, sur la demande de Baluze, à rechercher, dans les archives deNimes, des registres concernant les Templiers, le dernier schisme d'Avignon, et plusieurs privilèges des wi* nécessaires pour divers ouvrages qui se Faisaient à Paris (3). Colbert avait employé Mabillon, en Bwir-
(1) Voir dans Isambert, XIX» Lettres-Patentes et ÉdU de Iffl^
(2) Collection Clément.
(3) Depping, Correspondance administrative, tome tV.