‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 131 sur 142 · AQUEDUC DR MAINTENON · texte numérisé non relu

AQUEDUC DR MAINTENON

une longueur de deux lieues, un canal couvert terminé entre Ponlgouin et Berchère; les piles de Taqueduc s'élevaient à une grande hauteur, et un historiographe du roi les déclarait, en style de Colbert, bâties pour l'éternité (1). Mais la nature ainsi violentée (pourquoi ne pas dire la Providence?) n'avait pas dit son dernier mot. Tant de terres remuées, tant de soldats agglomérés sous une chaleur brûlante, engendraient des maladies qui avaient rendu nécessaire, dès le 12 août 1686, la levée du camp de Maintenon. L'année suivante, les troupes revenues en plus grand nombre, furent aussi plus vivement attaquées par les fièvres, par le scorbut, qui déconcertaient le savoir des ofïiciers de santé, réduisaient certaines compagnies à dix hommes valides, et affaiblissaient pour le reste de leur vieceuxqui n'enmouraient pas. On eut la prudence de ne pas s'obstiner contre la résistance et d'attendre. Mais au printemps suivant (1688) l'obstacle se retrouva aussi complet, aussi invincible : le roi lui-même et son ministre furent atteints par la maladie. On venait de se décider pour la troisième fois à séparer le camp, lorsque, dans la nécessité de soutenir ses prétentions contre l'Allemagne, Louis XIV envoya ses travailleurs à la frontière. Ainsi la guerre mettait iin aux travaux, et les travaux, par l'épuisement des soldats^ rendaient l'armée moins solide et moins propre à la victoire; on ne tarda pas à le constater au siège de Philips-

(1) Racine à Boiieau, 4 aoùl 1687.

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