‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 14 sur 142 · FAIBLESSE DES HOLLANDAIS · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DES HOLLANDAIS

rétablissement des Français dans rélectorat de Cologne^ ni avec quelle facilité ils auraient pu le contrarier. Louis XIV lui-même se félicite de Vassou^ pissement léthargique où ils demeurèrent pendant tout rhiver^ au lieu d'attaquer les Français épars dans le plat pays (1). Lorsque^ soit pour apaiser le roi d'Angleterre^ soil pour se donner Tunité du commandement^ ils se résolurent à conférer au prince d'Orange le titre de capitaine-général (février 1672), le parti de WitI, qui dominait encore FAssemblée, mit à son autorité des restrictions qui la rendaient à peu près vaine. Outre que le prince ne pouvait jamais solliciter ni accepter le stathoudjérat d'une province en particulier ou de toutes les provinces ensemble, on ne lui laissait ni la nomination aux emplois militaires, ni la direction des troupes. On lui prescrivait d'exécuter ce que les députés de l'Etat à l'armée auraient résolu à la pluralité des voix, et on limitait sa commission à la présente campagne. Guillaume, impatient d'arriver aux affaires, prêta le serment d'observer ces conditions, mais avec une profonde rancune contre ceux qui lui marchandaient ainsi l'exercice du commandement (2). Plus tard, il refusait de contredire Topinion populaire qui accusait Jean de Witt d'avoir négligé l'armée et compromis le salut de l'État. Quoiqu'il y eût dans cette réticence un calcul de vengeance horrible, il faut pour-

(1) Louis XIV» Mémoire sur la guerre de Hollande.

(2) Basnage» Annales des Provinces-Unies.

tant reconnaître que^ si le grand pensionnaire n^avait pas vraiment oublié le soin de la défense, il n'y avait pas pourvu suffisamment, et que sa capacité ou celle de ses amis n'avait pas répondu à ses intentions.

Il n'y avait pas plus de sûreté pour le moment dans les assistances que les Hollandais attendaient du dehors et qui, aussi bien, se réduisaient à deux, l'Espagne et le Brandebourg. L'Espagne était plutôt une charge qu'une force; épuisée et destinée désormais à payer pour les autres, loin de défendre personne, c'était elle qui aurait bientôt besoin de l'appui de tous. Le Brandebourg avait bonne envie d'agir. Dès que la déclaration de guerre par le roi de France eut été publiée, le grand électeur sortit de ses hésitations, et prit parti à son tour par un traité avec les Provinces-Unies (26 avril 1672). « En cas d'attaque de ces provinces, il promettait d'entretenir pour elles une armée de vingt mille hommes, dont trois mille à pied et six cents à cheval seraient placés dans les villes de Westphalie qui lui appartenaient; la moitiéde la dépense serait supportée par lui, l'autre parles Etats. Une fois cette armée mise sur pied, il ne serait permis ni à l'un ni à l'autre contractant de faire ni paix ni trêve avec l'attaquant que d'un consentement mutuel (1). » Malheureusement, cette armée n'était pas encore formée ; même cinq mois après le traité, Louvois se moquait de la mauvaise

(1) Dumont, Corps diplomatique, tome Vil.

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