MASSACRE DBS FRERES DE WITT
moignage du prince d'Orange. Celui-ci y qui avait
déjà couvert de sa protection les meurtriers du2l juin ,
fortifia le jugement populaire par celte réponse éva-
sive (22 juillet) ^ qu'il n'était pas au courant des
^K>mptes de finances^ et qu'il ne lui était pas possible
^e démêler ce qui manquait à l'armée , ni sur qui
^retombait le tort de l'avoir négligée. De son côté,
^Oorneille de Witt était accusé d'avoir voulu empé-
^rrhev Ruyter de livrer cette bataille navale oii il avait
«9 £ noblement assisté. On en vint bientôt à lui im-
f^ci^r des projets d'assassinat contre le prince d'O-
ge, et la cour de justice de Hollande le fit arrêter
s preuves et mettre à la question (2 août). Devant
débordement de haine, le grand pensionnaire se
f^i:> pela ce mot d'un ancien : Prospéra omnes sibi vin-
</»cr€»i/, adversa tard imputantur (l). Il crut inutile de
^ut^t^r plus longtemps contre une population aigrie
P^i:*^ ses défaites, qui, pour ne pas s'avouer la part
^^*elle avait dans la ruine de la patrie, trouvait com-
™CKle d'en rejeter la cause sur lui seul, quoiqu'il
^ ^ât été, disait-il , qu'un serviteur et non un mai-
^^ (2). Il donna sa démission (4 août). Les États
^ot^laient au moins, en se séparant de lui, le remer-
^^** officiellement de ses services de dix-neuf années.
'^^is le prince d'Orange consulté répondit que, si la
^^''^xission était bonne à prendre, les remerciments,
(^) ToQt le monde s'attribue le mërito de la prospérité publique; ies î^alheurs ne sont imputés qu'à un seul.
(*2) Utlra de J68BI de WiU à Ruyter, 12 août 1672.
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ail milieu des bruits répandus parmi le peuple , seraient inopportuns.
Le procès de Corneille, commencé dans des conditions barbares, semblait, pour finir, tourner au burlesque. On avait soumis l'accusé à une torture si exquise, que le bourreau lui-même n'en rapportait les détails qu*en frémissant, et de la fermeté invincible de hi victime concluait à son innocence. Puis, les preuves manquant aussi bien que les aveux, il n'y avait plus qu'à le condammer sans motif ou à l'acquitter. La cour le condamna sans alléguer aucun crime, le déclara déchu de ses charges et dignités , et le bannit de la province de Hollande avec défense d'y rentrer sous peine d'un châtiment plus rigoureux (20 août). Il fallait au moins le laisser partir |K)ur l'exil, mais auparavant une personne considérable apporta au geôlier l'ordre de faire en sorte que le frère et le père du condamné vinssent le voir à la prison. Jean de Witt, sur l'invitation du geôlier, se crut appelé par son frère ; il y courut immédiatement, se faisant suivre de son carrosse. Arrivé à la |»rison, il demeura stupéfait d'apprendre que ce n'était pas son frère qui l'avait mandé ; il vit clairement et trop tard dans quel guet-apens infâme il était tombé. Au dehors la multitude, amassée autour du carrosse, vociférait contre le condamné et contre l'insolence de son frère qui prétendait enlever en triomphe un criminel. Ou renvoya le carrosse avec des hurlements épouvantables, puis on se rua sur la prison. Jean et Corneille de Witt, abattus comme