OPPOSITION DES ANGLAIS A CHARLES II
donner^ il Tobtiendrait peut-être en Angleterre^ L^alliance de Charles II avec Liouis XIV répugnait à l'instinct national des Anglais^ et eomme^ par suite de la tolérance accordée aux dissidents^ on la croyait liée à des projets secrets contre le protestantisme^ il était possible de la battre en brèche au nom du bien public et de la religion. Bonne occasion pour les amis de Guillaume qui étaient nombreux en Angleterre. L'essai fut tenté au retour du parlement ^5 février 1673). Quoique Charles II connût bien les dispositions hostiles des chambres^ il les heurta de firent dès le premier jour. Il demanda un subside pour continuer la guerre de Hollande et signifia qu'il :saiaintiendrait la tolérance. Ses ministres appuyaient vec chaleur le premier point ; il y allait , disait e chancelier^ du salut de F Angleterre de détruire un ivai de commerce dangereux : delenda Carthago, Cette guerre est votre guerre, elle est juste, le roi 'a entreprise pour vos intérêts ; il attend de vous un ^ïsecours efficace pour la continuer. » A cette propo- ^:sition un parti nombreux riposta par la nécessité de ^^retirer la tolérance. Les presbytériens, qui en pro- Staient largement, n'en voulaient plus depuis qu'elle profitait aux catholiques; les anglicans encourageaient les presbytériens en leur faisant espérer que, Ses catholiques une fois opprimés, on trouverait bien un expédient pour les laisser vivre eux-mêmes. La oontestation fut chaude. La Chambre répétait que les \ois pénales ne pouvaient être suspendues que par acte du parlement ; le roi menaçait de casser le par-
lement plutôt que de céder. Les esprits s'animaient ; on pouvait craindre une guerre civile dont l'avantage n'aurait pas été pour la France. Le seul parti qui sembla le meilleur aux politiques fut une transaction. La Chambre basse consentait encore à la guerre contre la Hollande : elle promettait dans ce but un subside de un million deux cent soixante mille livres sterling (31,700,000 fr.) ; mais, en retour, elle exigeait la suppression de la tolérance. Louis XIV, qui avait besoin des vaisseaux anglais, conseilla a Charles II de céder, et son ambassadeur eut soin de faire connaître dans le peuple cette bonne volonté du roi de France (1). Charles II se rendit à la Chambre haute, y appela les Communes et annonça qu'il accordait à ses sujets ce qu'ils lui demandaient avec tant d'empressement (17 mars 1673). Le calme se rétablit aussitôt ; on fit des feux de joie dans toutes les rues; la Chambre des communes triomphante prépara le bill du Test ou de l'épreuve. Par cet acte de suprême intolérance, tout Anglais revêtu d'un emploi ou office était tenu do prêter serment d'allégeance et de suprématie au roi, chef de l'Eglise anglicane, de recevoir les sacrements dans son église paroissiale, et d'abjurer par écrit la foi à la présence réelle dans l'eucharistie.. Les catholiques, les protégés de Louis XIV, spécialement frappés, n'élaient plus rien dans l'Etat. Le duc d'York résigna
(1) Lettre de Croissy (Colbert) à Louis XIV. 20 mars 1673. (ouvres de Louis XIV.
GUILLAUME ET L*EMPEREUR D' ALLEMAGNE 10b
immédiatement ses fonctions de grand amiral^ et ClifTord celles de trésorier.
Au fond^ l'avantage n'était pas grand pour la Hollande. Lies amis de Guillaume avaient bien forcé Louis XIV d'abandonner la cause de la tolérance^ la plus légitime qu'il eût jusque-là soutenue^ et les catholiques payaient cher la Liberté acquise l'année précédente. Mais Charles 11^ avec ses trente millions^ avait de quoi remettre sa flotte en mer et inquiéter les cotes de Hollande par de nouvelles batailles navales (l). Guillaume ne parvenait pas à détacher son oncle de l'alliance française. I\ n'y réussit pas davantage quelques mois après^ ni par ses lettres personnelle$^ ni par l'intervention d'un négociateur espagnol. Charles H répondit inflexiblement qu'il ne ferait jamais la paix sans Louis XIV. Il devenait ^i^ent de s'adresser ailleurs.
L'Empereur ne demandait pas mieux que de se laisser gagner. Battu en compagnie de Télecteur de brandebourgs il n'acceptait pas aussi facilement que 2Son allié le premier jugement des armes ; MontecuuUi^ qui n'avait pas brillé dans la campagne^ don-
(1) Loavois résume nettement cette situation dans une lettre à
nrorenne, 1 1 avril 1673 : « Les affaires d'Angleterre se sont acoom-
«nodées; le bill pour l'argent a enfin passé à la Chambre des seigneurs.
«le manière que samedi il doit être présenté au roi en forme. Il en a
^:x)ûté au roi d'Angleterre pour l'obtenir une complaisance aveugle
IKmr les désirs de son parlement à l'égard des catholiques, contre
lesquels on a renouvelé ies plus sévères ordonnances qui aient jamais
^Hé faites contre eui; en sorte que la liberté de religion, qui leur fut
accordée l'année passée^ n'a servi qu'à les ruiner entièrement. »
106 GUERRE DE HOLIiANDE
nait le conseil d'en commencer une autre plus digne de lui. Tout en offrant à Louis XIV de reprendre les négociations^ Léopold restait armé, et ses préparatifs étaient assez inquiétants et Montecuculli assez empressé pour qu'il parut nécessaire de maintenir en Allemagne une armée française (1). Aussi, après avoir évacué les Etats de l'électeur de Brandebourg, Turenne recevait l'ordre de marcher vers l'abbaye de Fulde, et dans la Vétéravie ; et la Diète germanique était avertie que les dispositions menaçantes « de l'Empereur contraignaient le roi à cette précaution (22 mai). Tout ce que Louvois croyait pouvoir accorder aux Allemands, c'était d'inviter Turenne à ménager les alliés de la France, à ne pas les ruiner absolument pour les besoins de ses troupes, et à leur faire voir que les Français étaient moins ravageurs que les Allemands eux-mêmes (2). Ce moment est
(1) Lettre de Turenne, du 20 mai : « M. de Grémonville écrit que l'Empereur aura une armée dans ses États héréditaires, et une autre au Rhin de trente mille hommes. M. de Montecuculli a dit que tout leur malheur venait d'avoir commencé l'an passé trop tard. » Collection Grimoard.
(2) Déclaration de Louis XIV, à la date du 22 mai 1673.
Lettre de Louvois à Turenne (22 mai) : « Il faut que les Allemands connaissent la différence qu'il y a des troupes de Sa Majesté à oelles qu'ils ont eues l'an passé. Ménager les princes alliés de Sa Majesté,
landgrave de Hesse Mais beaucoup moins de considération pour
l'abbaye de Fulde et terres voisines dont les princes sont engagés dans les intérêts de l'Empereur, et fort peu pour les terres de Trêves. Jugeant qu'il est fort important» tant pour le présent que pour l'avenir, que les princes de l'empire chez qui l'armée de Sa Mj^esté demeure, et avec lesquels elle n'a aucuns démêlés» ne Moieni pas absolumeni ruinés, n Collection Grimoard.
BATAILLES NAVALES. MAESTRIGHT 107
capital dans l'histoire de Louis XIV. Cette occupation prolongée au delà du Rhin va lui ravir la confiance des Allemands^ dissiper ce prestige de protection^ qui depuis longtemps les ralliait à sa cause^ et^ en trahissant ses projets de dominaUon^ renverser tout ce que Richelieu et Mazarin avaient édifié. La Hollande y gagnera ce que la France doit y perdre. Un ami du prince d'Orange^ le pensionnaire d'Ams-* terdam^ envoyé à Vienne^ va déterminer ce change- Jinent de politique.
Pour contenir ses ennemis par l'autorité des suc- ^cè%, Louis XIV avait préparé^ de concert avec ^lifaarles 11^ une nouvelle guerre maritime^ et se réservait de frapper lui-même un grand coup sur le ^continent. Le 1^ juin^ les flottes anglaise et fran- ^iQaise parurent en vue des cotes de Zélande^ à ^feSchoonveldt-Bank, avec la supériorité du nombre : le cent quarante à cent cinquante voiles. La Hollande s'alarmait^ le prince d'Orange menaçait de Mtiments impitoyables ceux qui ne feraient pas !eur devoir. Une valeur égale des deux côtés ne dédda rien. Tromp^ serré de près par des capitaines mçais^ changea quatre fois de vaisseau ; les Franlis^ de l'aveu même de Ruyter (l)^ méritèrent de ^grands éloges^ et Colbert se glorifiait « de leur témé- 4té (S). )» Mais ce ne fut un triomphe pour personne.
(1) Baguage, moée 1673, \^ partie.
(^ Lettrée de Golbert, tome de la Marine : il loue les Français ^l^une hardtoBae « qui a paaaé joeqi'à quelques excès et qui pourrait ^tre taxée de témérité. L'an passé ils avaient fait preuve de bon ordre
Les agresseurs ne purent débarquer^ et Ru y 1er eut besoin de quelques jours pour réparer ses vaisseaux. Il revint à la charge le 14 juin, en vue de Flessingue, et combattit jusqu'à la nuit. Cette fois^ il eut réellement l'avantage. II ne chassa pas l'ennemi, mais il préserva son pays : les Anglais, manquant de vivres, regagnèrent la Tamise ; l'épuisement des munitions obligea Colbert à des mesures rigoureuses pour renouveler la flotte, à faire la presse des matelots au Havre et dans les environs, à saisir pour le service de la guerre les vaisseaux des particuliers, à expédier des poudres et des boulets de Boulogne et de Dunkerque (1). La guerre navale ne donnait donc pas tout ce qu'on s'en était promis.
Une victoire réelle sur terre semblait mieux justifier les plans de Louis XIV. Il était arrivé, le lOjuin, devant Maestricht, cette dernière forteresse des Hollandais sur la Meuse. Il tenait fort à la possession do ce poste, parce que « au milieu du pays de Liège et « de Brabant, il donnait un passage assuré pour a a lier dans la Gueldre, les pays de Clèves, Limbourg, (c Juliers, l'électorat de Cologne, et menait sans difci ficulté jusqu'au Rhin (2). » Cachant ses desseins par de fausses marches dans les Pays-Bas espagnols,
et d*cxacle exécution des ordres. Il me semble que du tout on pourrait composer, avec un peu de temps et d'expérience, quelque chose de bon pour la gloire de la nation et la satisfaction du roi. »
(1) Colbert, lettre au duc de Saint-Aignan, gouverneur de Normandie.
(2) Relation du siège de Maestricht par Louis XIV» tome 111 de.sef^ (Euvrcs.
PKT&K DE MAKSTHICHt 109
de Ciourtrai à Gand^ de Grand à Bruxelles^ il avaitlen'u ^n suspens et dans l'inaction les alliés secretsde la HoN lande et atteint sans combat le but de son entreprise, aussitôt arrivé , il voulut commencer les travaux ^'attaque. La place était forte^ et par sa position sur «in grand fleuve et par un triple rang d'ouvrages .savancés. Lol garnison était nombreuse^ et d'une bra- ^^'oure bien supérieure à ce qu'on était habitué^ depuis le commencement de cette guerre , à trouver ^hez les Hollandais. Le roi commandait en chef; lans une relation qui fait partie de ses Œuvres y il n'hés!^ite pas à s'attribuer tout le mérite des opérations , léme les travaux d'ingénieurs; il va jusqu'à dire: -< Vauban me proposa ce que j'avais cru le meilleur. » [ais il avait avec lui Vauban^ ce fut la plus sûre gaintie de sa victoire. Au lieu de laisser comme autre* ois aux généraux le pouvoir de changer à leur gré les ittaques^ il régla que Vauban aurait seul désormais .a direction des travaux d'approche. Le roi eutvrai- ^^■nent l'honneur de se montrer aussi brave que les ^^oldats y de ne fuir aucun danger personnel ; ses '^^:30urtisans , y compris Condé , par une variation de ^flatterie ^ purent lui faire des reproches, un peu />rë- ^ieuXy de ses imprudences. Vauban, inventant les pa- ^^allèks pour relier les tranchées , trouva le moyen ^ d'aller vers la place quasi en bataille et avec un fort ^rand front (1),» et de mettre les assiégeants «ensùreté ^omme si on était chez soi (2). » L'ennemi stupéfait
(1) Paroles de Louis XIV, relation de Maestricht.
(2) Voir Roussel, Histoire de Louvois, chap. vi.
n'oftait plus tenter de sorties; Les Français ^ pendant les praniers jours^ ne firent que des pertes insi^i* gnifiantes. On arriya dans ces conditions jusqu'aux pieds des remparts. Restait à chasser les assiégés de leurs positions où ils étaient bien déterminés à se dér fendre. Un premier assaut coûta cher : neuf cents hommes tués ou blessés. Le second décida la prise du principal ouvrage; et deux jours après, l'établissèment d'une batterie de brèche entraîna la capitulation. La garnison eut la liberté de se retirer à Bois^ le-Duc, ayant perdu deux mille hommes et les Pran* çais quinze cents (2 juillet). Le roi eut une bouffée de gloire dont ses ministres sont encore plus coupables que lui. Colbert, résumant tous les hauts faits antérieurs du monarque , n'y trouvait rien de comparable à la prise de Maestricht : « Nous n'avons <i plus, écrivait-il en jfinissant, qu'à prier Dieu pour « la conservation de Votre Majesté. Pour le surplus «( sa volonté sera la seule règle de son pouvoir (1). » Cependant le demi-dieu n'oublia pas Vauban, Il lui donna 40,000 livres, et Tannée suivante, en dépit de ce préjugé qui arrêtait tout ingénieur au grade de capitaine, il le jfit brigadier, premier pas du grand homme vers la dignité de maréchal.
L'Europe ne fut pas aussi prompte à s'incliner. Ni les Hollandais ni l'Empereur ne regardaient la conquête de Maestricht comme un arrêt sans appel.
(1) Lettre de Colbert à Louis XIV, 4 juillet. Œuvres de Lùuis XIV, tome in.
A1.LIANCR DE L'BMPSREUR AVEC LÀ HOLLANDE 111
mais bien plutôt ocHnme un nouveau motif de s'unir et de tenter une résistance plus énergique. Un congrès^ proposé depuis longtemps par les Suédois^ s'était enfin ouvert sous leur médiation à Cologae pendant le siège de Maestrieht (ISjuin). Il n'y devait être question que de la querelle entre la France et la Hollande^ des exigences de Louis XIV et de Charles IL Quoique Louis XIV eût un peu atténué les siennes^ les Hollandais n'en voulaient à aucun prix^ et particulièrement de la tolérance pour les catholiques (1). La Suède^ cette singulière alliée de la France^ les encourageait à tenir ferme ^ et l'Empereur disait au pensionnaire d'Amsterdam qu'il traiterait avec eux s'ils n'obtenaientpas à Cologne un arrangement honorable. D'un autre côté^ Louis XIV^ répétant toujours qu'il retirerait ses troupes d'Allemagne si l'Empereur promettait de n'agir ni contre lui ni pour ses ennemis^ Léopold ripostait que^ pour faire la paix^ il voulait que la Lorraine fut restituée à son duc^ le traité d'Aix-la-Chapelle garanti^ la Hollande rétablie^ et les privilèges conservés à ces villes d'Alsace^ qui, par une équivoque du traité de Westphalie, semblaient encore faire partie de l'Empire. Irrité d'une opiniâtreté d'opposition plus forteque ses
(1) Sur cette intolérance acharnée, voir Mignet, tome fV. Il cite \à Bégociations de Cologne, manuscrit du dépôt des affaires étrangères, c Une semblable tolérance, disaient les Hollandais, renverserait les fondements même de leur État; et la république des Provinces- Unies, plutôt que d'y consentir, aimerait mieux céder dix places et «'engager dans une guerre perpétuelle. »
victoires^ le roi essaya encore une fois des armes. Les flottes anglaise et française se rapprochèrent des cotes de la Hollande*^ et lui-même prit la route de la Lorraine pour agir de plus près contre les Allemands.
La troisième tentative maritime ne fut pas plus heureuse que les précédentes. On attribuait aux deux alliés le projet de capturer la flotte des Indes, et de jeter une armée de débarquement en Hollande. L'alarme des marchands et le zèle religieux redoublèrent Fénergie. Les États généraux écrivaient à Ruyter : « Si noire armée navale était battue, nous, notre postérité , et peut-être tous les chrétiens réformés, serions exposés au péril de retomber sous la tyrannie papale, odieuse en elle-même et détestée par nos ancêtres {1). » Ruyter trouva Tennemi devant la Meuse, et Tempêcha d'aborder. Il le suivit jusqu'à Schweling, puis, remontant avec lui vers le Nord, il arriva le 21 août entre Petten et Kamperduin. Là s'engagea une bataille furieuse qui dura du point du jour à sept heures du soir. Le canon, résonnant tout le long de la côte, tenait les populations en alarme. Les églises se remplirent de réformés, remontrants, memnonistes, catholiques même, qui venaient prier pour le salut de la patrie (2). Le bruit cessa avec le jour; le prince Robert, commandant anglais, donnait le signal de la retraite. Comme il ne fut pas pouiS*
(1) Baânage, an 1673, V<^ partie.
(2) Basnage, Ibid.
ALLI.iNGE DE l'RMPEREUR AVEC LA HOLLANDE 113
suivi; la supériorité pouvait encore paraître indécise. Mais la flotte des Indes conservée^ les ports ouverts par l'éloignement de Tennemi , c'était pour la Hollande une véritable victoire.
Louis XIV eut par lui-même^ sur terre, un succès plus net et plus impérieux ; mais ce succès tourna contre lui en blessant au cœur les Allemands. Pour revenir des Pays-Bas en Lorraine, il entra sur le territoire de Trêves, dont le souverain n'était ni son allié ni son ennemi déclaré. Cette neutralité lui sembla mériter une punition. Conformément aui instructions de Louvois à Turenne, le pays de Trêves fut maltraité à dessein. La cavalerie française fut logée des deux côtés de la Moselle aux frais des habitants. Le marquis de Rochefort occupa Saarbmok, . brûla plusieurs villages, tira partout de grosses contributions au profit des officiers généraux, et réduisit l'électeur à se réfugier dans sa forteresse d'Ehrenbreitstein. Arrivé à Nancy, le foi y employa d'abord ses troupes à consolider les fortifications. Puis, divisant ses opérations, il chargea Rochefort d'occuper la ville de Trêves, pendant que lui-même se rendrait en Alsace pour mater 'es villes, dites impériales, qui n'étaient pas obéissantes. Louvois l'y avait précédé pour négocier avec ces villes la renonciation à leurs privilèges.
• Je pars pour aller en Alsace, écrivait le roi à
• Colbert (1), et me délivrer de la peine que ces
(1) CEuwes de Louis nv, tomo V, 22 août 1673.
ï^ua xnr. — t. nr. 8
« chenilles yen lent me faire. J'espère que i ce voyage sera conrt^ mais il fera du bruit en A « magne. » Deux seulement^ Colmar et Schelest avaient quelque importance; les autres se soumii parce que le roi le voulait; Colmar^ envahi subi ticement par un régiment français^ se liaissa < que ses murailles seraient rasées et ses can conduits à Brisach. Cependant Trêves parais capable de résistance. Les habitants avaient d'ab injurié les Français, et^ malgré les menaces d siège en règle^ faisaient mine de se défendre sér sèment. Le roi écrivit à Louvois : « Je ne veux « avoir le démenti de cette affaire^ et je veux i « tout ce qui sera nécessaire pour prendre Trè^ « mais je crois qu'il sera bien à propos de châ « les habitants quand elle sera prise (1). i» EU rendit en effet le 8 septembre; aussitôt le comr dant Vignori travailla à la châtier en Temprison dans de nouvelles fortifications. Tous les habi durent contribuer de leurs bras et de leurar^ la corvée; tous les édifices voisins, même les i les plus révérées, furent abattus ; une partie population s'enfuit pour échapper à ces riguei Louis XIV venait de faire en Allemag dutre/lro^Vi que celui qu'il avait espéré. Ces i traitements, au lieu de l'ancien allié, ne la
(1) Œucres de Louis XIV, tome III, 7 septembre 1672.
(2) Rasnage, an 1673, II« partie; Louis XIV (Relation pagne de 1673), et le marquis de Pomponne (Mémoires) à raconter les mêmes faits.
ALLIANCE DE l'eMPEREUR AVEC lA HOLLANDE li»
plus voir que le maître insolent. Une lettre de l'électeur de Trêves (27 août) à la Diète où il étalait les misères de son pays; un manifeste de l'Empereur {iS août) contre les prétentions insupportables de l'étranger, changèrent pour toujours les volontés des Allemands. Le 30 août, trois traités étaient conclus, à La Haye, par le duc de Lorraine, l'Espagne et l'Empereur avec la Hollande. Par le premier, les États promettaient au duc de Lorraine, en retour de l'augmentation de ses troupes, une subvention pécuniaire et son rétablissement dans ses États; par le second, ils s'engageaient à faire rendre à l'Espagne tout ce qu'elle avait perdu depuis la paix des Pyrénées et à lui abandonner Maestricht; par le ^ï*oisième, ils payaient à rEmpereur45,000 rixdales P^r mois, et s'assuraient de son assistance à moins qu'il ne fût attaqué par les Turcs (1). Toutefois * Empereur aurait peut-être hésité encore à entrer ^^ campagne; la prise de Trêves par les Français '^décida. Le 13 septembre, il signifia ses intentions *^ chevalier de Grémonville, et lui envoya ses passeports (2). La Hollande et son stathouder pouvaient opérer désormais leur délivrance. Léopold, jusque- '^ si timide, si facile à troubler par des promesses
0) Basnage, Dumont, Corps diplomatique, tome VII.
C^ Grémonville, cet homme habile que LfOuis XIV admirait, ce ^^Phhnate si retors et pendant longtemps si heureux, disparaît dès ^^ des affaires et de Thistoire. Il reçut l'ahbaye de Lire, en Nor- "^clie, qui rapportait 20,000 livres, do rente. L'Église, par la volonté ^ roi, paya sa disgrâce.
OU des menaces, si irrésolu entre ses ennemis et se alliés^ donnait aux grandes puissances l'exemple d marcher contre Louis XIV.
La détermination deFEmpereur fut d'autant plu sensible qu'elle entraîna le premier échec véritabl de Louis XIV. Guillaume, toujours prêt à donne du cœur à ses amis par sa propre activité, profita d l'insuflisance de la garnison de Naerden pour reveni sur cette place qu'il avait manquée l'année précé dente. Il la prit le 14 septembre, en partie par l faute du gouverneur qui perdit la tête et capitul quand il pouvait encore tenir. L'indignation d roi, de Louvois, de Condé, contre fin fâme reddition de Naerden, prouveencore moins les torts de l'officié que l'importance de la perte et du vilain affront reçu par les armes du roi (1). Le prince d'Orange gagnait ainsi sa première victoire au lieu même où il avait subi sa première défaite. En Allemagne, Turenne avait reçu l'ordre de s'avancer contre les Impériaux, qui, lentement formés pendant la durée des négociations, venaient de sortir de Bohême. Toujours plus hardi en vieillissant, il voulait un mouvement offensif prononce jusqu'à Nuremberg pour refouler l'ennemi dans les montagnes; il réclamait des
(1) Lettre de Louvois à Turenne : a Le roi a appris avant-hier l'infâme reddition de Naerden, lequel le sieur Dupas a renda à la quatrième nuit, n'ayant encore qu'un petit logement à la pointe de a contrescarpe, et ayant encore une demi-lune et un bon fossé à défendre, 2,300 hommes en état do servir et dos munitions pour an mois. » 21 septembre 1673.