‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 37 sur 142 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

guerre de Hollande changée en coalition européenne contre la France. Victol^s et oonquétes des Français en 1674. I^ur supériorité compromise en 1675.

« — RéfifianM dé Lonis XIV à la coalition. — Gunqaèlfl de la Francha-Comté. — Etpéditioa ée. Tnrenne contre les Impériaux «n Allemagne. -^ Bataille de S/>nef. — Expédition de Sicile. — DéliTrance de l'AlMiee par Tnrenne,

Louis XIV envisagea la nouvelle situation avec ^^alme et justesse. Ce n'était plus la guerre de Rolande^ manquée pour lui^ c'était une réaction euroenne où les Hollandais ne seraient à Tavenir que es auxiliaires des ennemis de la France. Mais la for*' une^ en apparence contraire^ entrait dans ses vues; n le débarrassant d'une entrepriseaccessoir^^ elle lui >erinettaitde poursuivre ouvertement son principal essein. Il n'avait attaqué la Hollande que pour '^Tîacher et favoriser ses intentions contre l'Espagne; m 1 avait dA continuellement protester de son respect ^our les traités en travaillant à les violer; il avail ^^nême suspendu les hostilités contre les Hollandais ^3our ne pas mêler l'Espagne n\ l'Empereiir dans ^3ette querelle. Maintenant que ces deux puissances

140 (iUKRRK DE HOLLANDE

s'étaient déclarées les premières contre lui, il n'avait plus de ménagements à garder vis-à-vis des provocateurs; il était dans son droit de les combattre directement. « Je songeai, dit-il, à faire sur l'Espagne des conquêtes plus avantageuses que celles que j'avais jusque-là obtenues, et à m'élever audessus de tout ce que j'avais fait de beau dans le passé (1). » Il rentrait ainsi dans la politique de ses prédécesseurs et dans la sienne relativement à la succession espagnole.

Il est vrai que ses ennemis avaient, de leur côté, l'intention de déchirer les anciens traités, même celui de Westphalie, de lui reprendre ses conquêtes antérieures, l'Alsace, la Lorraine et les villes de Flandre abandonnées par la paix d'Aix-la-Chapelle. Mais il appréciait à sa juste valeuç la force de la coalition. Jamais la glu rCa pris de grands oiseava^^ disait le proverbe espagnol (1), pour signifier que jamais alliance n'a produit de grandes conquêtes. La faiblesse des alliés était dans la diversité et Topposition de leurs intérêts. Les Hollandais n'avaient en vue que leur délivrance complète et l'affranchissement de leur commerce; une fois satisfaits sur ces deux points, ils redeviendraient insensibles aux intérêts généraux; tout au plus songeraient-ils encoi^e à défendre la Flandre, par calcul personnel, comme

(1) Œuvres de Louis XÎV, tome III : relation de la campagne de 1673, dernières lignes.

(2) Liga nunca coje grandes paxaros. Le sens de ce prorerbe se lire du double sens do liga, qui signifie à la fois glu et alliance.

Page 1