CONQUÊTE DE LA FRANCHE-COMTÉ
infligée à ceux qui tombaient aux mains de Tenvahisseur. Le roi assista encore au siège de Dôle^ qui^ commencé le 26 mai, finit par la capitulation le 6 juin. Luxembourg par la prise de Ponlarlier, L^afeuillade par celle de Salins, terminèrent au bout de six semaines une conquête qui donnait à la France une de ses limites naturelles, le Jura, que la France n'a jamais abandonnée.
L'ennemi, qui n'avait pu sauver la Franche-Comté, prétendait se venger par d'autres invasions sur la rive gauche du Rhin. La Diète germanique s'était prononcée contre la France (28 mai 1674). Toute I^Allemagne, à l'exception de Télecleur de Bavière, *e réunissait à la cause de l'Empereur; l'électeur de Brandebourg lui-même, en dépit de ses engagements d'honneur, v adhérait secrètement. Armée de Lorï^înc, armée des Cercles, armée de l'Empereur, '^^sinœuvpaient de différents points pour se rallier et opérer en commun. Déjà le duc de Lorraine, redescendant de la Forêt-Noire vers le Bas-Rhin, avait ^""^joînl le comte de Caprara, général des Cercles, et ^^^Us deux s'efforçaient de rejoindre dans le Palati- ^^l les troupes autrichiennes commandées par Bour- ^^^nville. Ils donnèrent ainsi à Turenne l'occasion *e finir le cours de sa vie par dea prodiges, de vaincre ^^ de mourir au milieu des ovations ou des larmes ^e la France vengée et reconnaissante.
On eût dit au commencement de la campagne que Ve roi et le ministre voulaient refuser des troupes à Turenne. Dans le temps même qu'il était chargé de
couvrir l'Alsace, il recevait fréquemment l'invitation de se dégarnir d'une partie de ses forces pour les envoyer en Flandre au prince de Condé. Il avail résisté à des ordres qu'il qualifiait d'imprudents (1). A peine sa présence n'était-elle plus nécessaire en Alsace, qu'on reconnut qu'il avait bien fait. Averti des desseins des Allemands, il voulut prévenir h jonction complète des forces des coalisés; il prii hardiment l'offensive contre celles qui étaient déjî réunies. Parti de Haguenau avec quinze cents fantassins, il atteignit Pliilipsbourgen quarante-huit heures se renforça d'une partie de l'infanterie de cette place de six mille chevaux et de six pièces de canon, e passant le fleuve marcha contre Lorraine et Caprara il les atteignit le 16 juin à Sintzheim. Les ennemis d'après la relation de Turenne, avaient l'avantage di nombre, de vieux régiments et une forte position « Il fallait prendre une petite ville où ils avaien « leur infanterie, passer sur un pont et aller com (( battre leur armée en bataille sur une hauteur. J a n'ai jamais vu, ajoute-t-il, une bataille plus opi
(( niâtrée on s'est rallié trois fois. » La ville c
le pont emportés après deux heures de combat on se trouva en présence des cavaliers impériau: qui se précipitaient de leur hauteur avec tout Fa vantage de ce mouvement. Repoussés enfin aprè une mêlée furieuse, ces cavaliers revinrent une
(1) Lettres du roi et de Louvois, et réponse de Turenne. Gollectic Grimoard.