DÉFENSE MARITIME CONTRE LES HOLLANDAIS
tûandé à Tintendant de Bordeaux de mettre la tour deDax à couvert d'une insulte (1). En présence de lant d'obstacles^ les Hollandais ne pouvaient rien si les religioniiaires du Poitou ne les secondaient du dedans. Cette assistance leur faisant défaut^ ils se contentèrent de croiser quelque temps en vue des côtes, jusqu'à ce que la suite de la guerre les appelât dans la Méditerranée. Par un bonheur encore plus ^latant^ les colonies, malgré l'abandon et la dislance, eurent l'honneur de tenir contre Ruyter. Le grand ^f^^lot s'était promis de ruiner les Antilles françaises. Lé 20 juillet^ il attaquait le Fort-Royal, à la . Martinique, et, le 21, il se rembarquait après des pertes sérieuses. Tous ses officiers généraux avaient ^W blessés. Le conseil de guerre, considérant que les autres îles françaises pouvaient être aussi bien pourvues que la Martinique et que la flotte n'était pas ^unie de ce qui était nécessaire pour entreprendre un siège en règle, décida que le plus sage était de regagner les ports de Hollande (2).
Néanmoins, il manquait quelque chose à la satisfaction de Louis XIV. Il avait confié au prince de Coudé ses meilleurs soldats et son corps d'armée le plus nombreux. Il le pressait d'entreprendre contre les villes de Flandre ce qu'il avait exécuté lui-même contre la Franche-Comté. Or, depuis quatre mois, Condé n'avait rien fait. Grâce à cette inaction, le
(1) Colbert à Hutendant de Bordeaux, 2 juin.
(2) Daftoage, Annales des PfwinceS'Unies, an 1674.
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tel était le bénéfice d'une lutte de moins de quatrer heures où Condé n'avait engagé qu'une partie d^ ses forces.
S'il eût consenti à s'arrêter là, personne, pas mém^ rétranger (1), n'aurait pu lui contester l'honneur de* la victoire. En voulant davantage, il ôta aux ennemis l'affront d'une défaite décisive, et s'infligea à lui-même des sacrifices sensibles et inutiles. L'entrain de la poursuite l'ayant porté jusqu'au village^ du Fay, il y aperçut le prince d'Orange et les Allemands qui, avertis par le bruit du canon, s'étaient^ mis en état de défense. Entourés d'un bois, d'ua ravin, de marais et de fossés, protégés par des maisons séparées les unes des autres, ils étaient campéS' aussi avantageusement qu'il s'était tenu lui-même^ au Piéton. Condé ne put souffrir cette fière attitude. Il appela à lui toute son ai*mée pour continuer la lutte contre tous les alliés réunis. Les conditions étaient bien changées. Les troupes qu'il avait déjà sous la main étaient trop inférieures en nombre; en attendant l'arrivée des renforts, elles durent supporter, sans avancer, le feu meurtrier de l'ennemi, avec des pertes considérables. Quand les autres arrivèrent, le terrain se trouva trop étroit à gauche et
grands traits de ce combat. Il serait puéril de vouloir refaire ce qui est bien fait et complet. — On sourit en lisant dans la relation du prince d'Orange aux Élals-Géneraux la phrase suivante : < Le seul avantage que l'ennemi ait eu sur nous, est la prise d'une partie du bagage. » Voir Basnage.
(1) Temple» Ménurires.
BATAILLE DE SENEK. OUDENAHUE 161
droite pour les mouvements de sa cavalerie. L'in- '^terie^ au centre^ donna sans pitié ni faiblesse; ais la résistance n'était pas moins impitoyable et vincible. Ni les uns ni les autres ne gagnaient ou aient un pouce de terrain. Cette effroyable opiiâtreté dura jusqu'à la nuit, et dans la nuit même, squ'à ce que la lune disparut. Alors, à la suite une décharge inattendue, les deux armées, attad^vaées d'une panique bizarre, se débandèrent et s'éignèrent l'une de l'autre. Les coalisés étaient au oins sauvés ; et Condé était-il vainqueur? On porte a- dix mille hommes la perte du p ince d'Orange, oelle des Français à quatre mille blessés et trois mille ïï^orts. Louis XIV envoya à Condé et à son fils de V>eanx compliments pour Vimportant succès obtenu à Senef, avec d'aimables reproches de leur témérité, ^t des dangers où ils avaient exposé leur sang, fui faiiy disait-il, partie du mien (1). L'opinion jugea plus tristement ce succès médiocre : « Nous avons tant p^rdu à cette bataille, écrivait Sévigné, que sans le Te Deumei quelques drapeaux portés à Notre-Dame, ûous croirions avoir perdu le combat (2). »
En réalité, si la gloire militaire n'éUiit pas aussi pure et complète que le roi affectait de le croire, l'eflTel politique de la bataille de Senef était favorable a la France. Malgré l'activité du prince d'Orange à ^^'^aniser son armée, ses plans favoris étaient
i^/ Couvres de Louis XIV, tome III. Lettres du 16 août, ff) Sévigné» 5 sapiembre.
^OUlt XIV. — T. IV. 11
rompus. L'espoir d*entrer en France était au moins ajourné; il dut bientôt être abandonné tout à fait. Condé, revenu à son camp, s'y maintenait av^ obstination. Ouillaume, pour Fen faire sortir, laissait voir le projet d'attaquer quelque ville française en Flandre. Après avoir attiré Tatlention sur plusieurs, il parut tout à coup devant Oudenarde, à grande distance de Charleroi, à l'autre extrémité du pays (15 septembre). Il y perdit sa peine. Outre que Vauban s'était jeté dans la place pour la défendre, Condé réunissant les garnisons de Flandre amena une armée de secours considérable. Le prince d'Orange n'attendit pas même l'attaque. Mal établi sur un terrain incommode, en désaccord avec les Espagnols qui prétendaient imposer re\écution de leurs plans, il crut prudent de reculer devant Condé; il partit à la faveur d'un brouillard, abandonnant jusqu'à ses farines, ses outils et ses munitions. Il commençait à avoir l'habitude de lever des sièges. Il fit mine de se retirer en bon ordre, de chercher même une bataille que Condé refusa ; puis, délaissé par les Espagnols et les Allemands que la saison rappelait dans leurs places ou au delà du Rhin, il reprit la route de Grave pour animer un peu l'ardeur de ses lieu«tenants qui n'avaient encore pu prendre dette ville. Pendant qu'il y était, il put apprendre que ses complots avec les mécontents de France étaient découverts et déconcertés. Louis XIV mettait la main sur la conspiration du chevalier de Rohan. Ce complot avait, dit-on, été dénoncé u ne pretoièir