‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 48 sur 142 · DÉLIVRANCE DE L* ALSACE · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE L* ALSACE

Saint-Germain, le roi descendit au-devant de lui, embrassa devant toute la cour, et le lendemain lui avoya un présent de 100,000 pistoles. « Il n'y eut as jusqu'aux porteurs de chaises qui ne quiltassent sur travail pour se présenter en foule à lui et lui ûre leurs compliments (1). » « Sa modestie, ajoute ^ellisson, a relevé sa gloire; tout le monde a trouvé {u'ii était un peu plus honteux qu'il n'avait accoutumé ie Fêtre. On ne peut parler plus simplement de tout ee qu'il a fait. En récompense, il a fait remarquer à tout le monde que, si le roi n'avait pas pris la Franche-Comté au commencement de la campagne, les ennemis, au lieu de repasser le Rhin, se seraient niaintenus dans le cœur de l'Etat. » Cette modestie itait la même dans l'intimité qu'en public. Son neveu, le cardinal de Bouillon, lui ayant, avant son ^tour, envoyé de gros compliments, Turenne n'en *vait voulu garder que ce qui intéressait l'Etat :

* Quoique je ne parle pas beaucoup de ce qui se P^sse depuis quelque temps, répondait-il, je sais ^**ès-bien que cela est bien heureux et très-utile au ^i^ice du roi. »

Les étrangers eux-mêmes, par leurs regrets, donnèrent une forme plus piquante à l'admiration.

* M. de Turenne, dit le chevalier Temple, l'ami

ies coaUsés, fit si bien, par cette admirable conduite

dans la guerre que personne de son siècle ne pouvait

lui disputer, et qu'il possédait au plus haut degré,

^0 Pelliason, Lettres historiques.

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et par une vigilance extraordinaire que les A J^

mands furent obligés de renoncer aux quarti.^ d'hiver dans F Alsace et dans les autres pays du Rit i ce qui aurait été d'une grande conséquence (1). » Pour nous^ aujourd'hui vaincus^ qui avons lais: perdre ce que ïurenne avait sauvé, nous tiendi*oiii nous en dehors de ce concert de louanges, pai* 1 sentiment du contraste entre sa gloire et notre abais sèment? Non, il y a des rapprochements qu'il es bon de subir, parce que, s'ils sont un reproche, il sont aussi un exemple. Il y a surtout un hommag plus digne des grands hommes que le panégyrique c'est l'ardeur de l'imitation ; que ce soit là notr manière d'honorer Turenne. Imitons sa modestie < sa vigilance, comme le premier gage de tout succîès Étudions son patriotisme et son génie comme l'écoî des victorieux. Et d'abord, retenons et répéto' en son honneur ce mot d'ordre du héros à s^ li(*utenant: « Il ne faut pas qu'il y ait un Franc* en repos, tant qu'il y aura un Allemand en deçà Rhin, en Alsace. »

(1) Temple, Mémoires, cliap. i. — Joignous encore à ces témoigr celui d'un envieux qui a passé sa vie à critiquer tous les homa» guerre de son siècle, sans épargner les plus grands, le inarqi Feuquières, auteur de Mémoires qui seraient mieux nommés : Tn Vart de la Guerre. Il dit, au chapitre lxxx des Batailles : « Dao « action seule do M. de Turenne, on trouve rassemblé tout ce « grand capitaine peut penser de plus juste quand il a réfiéc a l'état présent et l'état futur de la guerre dont il est chargé, « qui peut se faire de plus habile pour cacher un desseif a ennemi, et tout ce qui peut être apporté de jugement et de <f dans Texécu^on d'un projet mûrement médité et savammer t« au point de son exécution, n

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