LA SITUATION AU GOMMENCEMKNT DR
H. — Anoée 1675. — La supériorité française compromise. — Eicès des charges piibIi([Qes, tronble« intérieurs. Révoltes en Guyenne et en Bretagae; lettre de Bossoetan roi. — Campagne de 1675. Succès du roi dans les Pays-Bas. — Déronto ddSiiMois. Mort de Turenne; bataille de Konz-Saarbrftck. Nouvelle invasion des Allemands en Alsace: pert<» dr Trêves. — Fin do l.i crise par la rfîtraito des Allemands.
f Au commencement de 1675, la France avait incontestablement l'avantage. La coalition, battue partout, ne pouvait, sans un délai assez long, réparer ses désastres. Pour consacrer la victoire de Turenne, les Suédois, enfin ramenés à ralliance offensive avec la France, entraient (15 janvier) dans les Etats de l'électeur de Brandebourg, au moment Bttéme où ce vaincu ramenait péniblement les débris de son armée chassée d'Alsace. Ils avaient seize mille hommes, et à leur tête le connéud)le Wrangel, î^te illustre de la guerre de Trente-Ans, qui comptait encore parmi les premiers hommes de guerre de l'Europe. De nouveaux succès sur mer justifiaient l'expédition de Sicile. Le 1" janvier, la flotte ^pagnole, supérieure en nombre, reculait devant le retour du chevalier de Valbelle, et le 11 février, après quelques coups de canon seulement, elle lais- ^t le passage au duc de ViAonne, envoyé à Messine avec des troupes de débarquement et des vivres. Deux mois après, la ville de Messine reconnaissait Louis XIV pour son souverain et Vivonne pour vice-roi.
Les Hollandais semblaient aspirer à la paix. Le
prince d'Orange, compromis au\ yeii\ des Etats une équipée maladroite, sentait le besoin de m nager L^uis XIV. Il s'était a^entu^é à laisser vop^ ir son ambition égoïste en travaillant à se faire donni^^r la souveraineté de la Gueldre et d'Ulrecht; ^^n butte dès lors aux soupçons de ses plus anciens pa^v^ tisans, il négociait (février 1675) pour rentrer dacns les bons rapports avec le roi de France, à Texemp Je de ses ancêtres, quand il le pourrait avec honneu "MT. Les Etats aussi, calculant les pertes de leur concmmerce avant la gloire, faisaient demander (avril 167^3) par quelles propositions ils pourraient, en sauvi gardant leurs intérêts, recouvrer les bonnes grâc« du roi; et peut-être des arrangements sérieux ai raient été possibles si Louis XIV n'eût pas trc3^ p insisté sur la cession de Maestricht et des pa^ d'Outre-Meuse. En Angleterre même, le système neutralité de Charles II tenait hon contre les ia tances violentes du parlement. Ce triste roi s'éta^ d'abord humilié devant ses sujets sans profit (23 avriL Pour flatter leur intolérance, il venait de veta contre les catholiques six édits encore plus tyrai niques que les premiers (1). On ne l'en pressait pj
(1) Nous citons encore ces actes curieux : « Tout sujet anglais a reçu les ordres religieux à Rome devait quitter le royaume dans !'< pace de six mois sous peine do mort. Était puni d'une année prison et d'une amende de c^nt marcs d'argent, dont un tiers po le délateur, tout sujet des Trois-Royaumes qui assisterait à la m soit dans la chapelle de la reine, soit dans celle d'un amlMiâsadi étranger. Tout papiste qui entrerait dans le palais de Whitehall ou Saint-James était condamné à être conduit à la Tour, s'il était pai