U SITUATION AU COMMENCEMENT DE
moins de rompre avec Louis XIV, en commençant
par retirer le corps anglais auxiliaire de l'armée
/rancaise. Les aa;ents des coalisés venaient tous les
jours, à rentrée et à la sortie des séances, insister
auprès des députés sur ce point capital. Les présents
de Louis XIV, distribués dans le parlement à ses
^fmù et serviteiirSy firent échouer la demande par le
partage des voix (1). Une nouvelle prorogation des
chambres mit obstacle jusqu'en octobre, à la reprise
de la proposition.
La situation aurait été entièrement satisfaisante ï^i l'intérieur n'eût pas été plus menaçant que le dehors. L'ennemi domestique est le pire de tous; nous avons vu quels secours les étrangers s'obstinaient à en attendre ; il fut, pendant quelques mois, nn des plus regrettables obstacles au développement des succès de l'année précédente. Pour répondre au wsoin d'argent, Colbert avait d'abord, à son grand ^gret, recouru aux emprunts; le poids s'en aggra- ^^\\. de plus en plus. En décembre 1674, un édit permit aux étrangers d'acquérir des rentes sur
^ ^tre enfermé dans les prisons ordinaires, s'il était d'un rang infé- ^^ur. Enfin, exécution rigoureuse des lois pénales contre les conven- ^icules des non-conformistes. » Lingard, tome XII.
(1) Dépêche de Ruvigny à Louis XIV, 23 mai 1675 : « Ce succès n'a
^^ obtenu que par la vigilance de vos amis et de vos serviteurs, le
^nheur et les secours de Votre Majesté, qui ont paru si à propos que
8es intérêts n'ont pas été abimdonnés ainsi que l'apparence le faisait
appréhender. Votre Majesté me pardonnera si je no m'explique pas
«n détail. Cela serait trop long et, de plus, il faudrait nommer des
gens qui ne le désirent pas par modestie. » Cité par Mignet, tome IV.
l'H6lel-de-Ville, avec abandon par le roi du dro^^ d'aubaine, de tous les autres droits qui pourraie*^^ les gêner dans la vente et échange, ou donation de ces renies, même du droit de confiscation en cas de guerre avec les princes dont ils étaient les sujet-s. Ces renies étaient au denier 14, à 6,25 ou à 7 po^ir cent; et afin d'ajouter à la tentation, on alla jusqia^à concéder la jouissance d'un quartier d'avance, de telle sorte que, en six mois de temps, le préteair était payé entièrement de l'intérêt de la première année (1). Mais par un malheur facile à comprendra, ces emprunts ne suffisaient pas; il était indispei"Esable d'établir des taxes nouvelles, c'est-à-dire d^^ charges directes pour tous sans bénéfice pour pe^r*" sonne. Aux inventions des deux premières annfr^*^ étaient venus se joindre, en février 1674, un drc^** de marque pour la vaisselle d'étain; en aoûl, umr^^ surcharge de 30 sols par minot de sel sur toutes 1^^^ fermes des gal)oIIes; en septembre, le monopole (^ *^ labac français ou étranger, au prix de 20 sols poc ^* le tabac cru du royaume, et de 40 sols pour le tabs:^^ du Brésil; en novembre, la ferme du tabac et rétain, pour six ans, à raison de 500,000 livi pour chacune des deux premières années, et 600,000 pour les quatre dernières. Au commence ment de 1675, on effraya la noblesse par une nou velle convocation de Tarrière-ban. Ce n'était qu'ui
(1) Voir les lettres et instructions de Golbert, tome des on particulier, lettre à intendant de Rouen, 30 novembre 1675.