SURCHARGES FINANCIERES
ruse pour avoir Toccasion de lui vendre la dispense ^n retour d'une taxe calculée sur le revenu de chacun; on obligea à payer ceux qui auraient mieux aimé contribuer de leurs personnes. On demanda de Fargent à la Franche-Comté, qui n'avait pas eu l'habitude d'en servir régulièrement au gouvernement espagnol. La Bretagne elle-même, qui avait doublé son don gratuit pour se racheter des premiers édits en 1673, se voyait contrainte de subir les nouveaux, pour lesquels on ne lui tenait pas Compte d'un équivalent déjà dépensé (J).
Les letires de Colbert, pendant toute l'année 1674,
font foi des résistances morales et même matérielles
que ces mesures rencontraient dans les populations.
Si les mécontents se firent un devoir ou n'eurent
pas la hardiesse de donner la main aux manœuvres
de l'étranger, ils tentèrent de se défendre, comme
en famille et avec leurs seules forces., des exi«;ences
du fisc. Il y -eut des séditions à Angoulême, à Tours,
à Bayonne, à Saintes, à Limoges. Çà et là même, les
intendants n'osaient regarder l'opposition en face et
désertaient leur poste ; ailleurs, comme à Limoges,
le peuple ne craignait pas de charger les troupes du
roi. Rarement le ministre céda ou transigea. Il eut
quelque ménagement pour Bayonne, sous prétexte
qu'aune si grande distance, et dans une province
^\xivée presçue entièrement de celles qui lui étaiput le
(1) lettres et instructions de Colbert, tome II. Rousset, Histoirp de ^moU, chap. viii.
plus voisines y une concession faite à celle ville n^/» raii à auctme conséquence pour les atftres. Dans h autres il pressa les intendants d'agir, de hasardé même quelque chose pour ynontrer aux peuples le^i^^^ir devoir et leur faire connaître la grandeur du chdtimen^^ A On lui avait écrit que, à Limoges, la noblesse et le-— =e*s principaux bourgeois n'étaient pas fâchés de ce pet^Kit désordre. « Cela, répondit-il, ne mérite pas d-^le réflexion parce qu'il suffit que ceux qui en seror^Knt reconnus les auteurs soient punis. » Il terminait pa^^r une prescription qui sentait bien son contrôleu^^i* général en peine d'argent : « Surtout, aussitôt que punition sera faite, appliquez-vous à bien établir h droits en conformité des arrêts que je vous ai en. voyés (1). »
On est doublement sensible à ces rudesses, qnani on voit que les revenus ainsi exigés n'étaient pa tous consacrés aux nécessités publiques, qu'une partie notable en était détournée au profft des amour?' du roi. Qu'on ne nous reproche pas de revenir comme par système de dénigrement, sur ce sujer honteux. Ce n'est pas notre faute si, à chaque pas^ nous trouvons, dans les correspondances, les maîtresses du roi en concurrence avec les besoins de guerre et de l'administration. Colbert écrit air roi (1674) : « Je continue à cultiver Jes affaires extraordinaires pour en tirer toujours le plus qu'il
(l) Lettres de Colbert aux intendants, novembre et décembre 167"! — Tome II, collection Clément.