‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 52 sur 142 · MÉCONTENTEMENTS PUBLICS · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENTS PUBLICS

pourra ; » el il ajoute dans la même lettre : « Mon fils présentera à Votre Majesté le plan de la maison qit'Elle veut faire bâtir à Clagny. J'envoie à M^'de Montespan un même plan et mémoire. » C^-tte femme, délivrée de toute concurrence par la re-traite définitive de La Vallière, régnait désormais à la cour et sur la cour. Pour mieux attester sa victoire, elle obtenait du roi son Versailles à quelques o^iitaines de pas de Tautre, et Colhert s'en faisait l'architecte au risque de compromettre les finances publiques.

Dans cet abandon presque général des grands pi'încipes, il restait encore pourtant quelques hommes capables de venger la vérité et de contredire la puissance coupable. Bossuet nous apparaît îoi comme le défenseur des peuples et le prédicateur respecté de la morale chrétienne. A l'occasion ^^s Pâques de 1675, il avait obtenu, de concert ^"v^ec Montausier, un succès inattendu : Louis XIV '^tar avait promis de ne plus voir M"* de Montespan. ^-'^^mme pour aider à la séparation, la campagne ^ <^uvrant immédiatement après, Bossuet en entre- P'**'it lui-même une autre auprès du roi pour plaider ^^ Cause des peuples surchargés d'impôts, et de la ^^ligion offensée par les désordres personnels du ^^^uverain. Pendant qu'il le confirmait, par la Pensée du salut, dans la résolution de mieux vivre ^^sormais, il l'invitait à régner par la miséricorde ^^ la justice, à affermir son trône par la clémence ^t la bonté : a Je n'ignore pas. Sire, disait-il, com-

bien il vous est difficile de donner à votre peupl ^^le tout le soulagement dont il a besoin^ au milieu d'un .^cie grande guerre où vous êtes obligé à des dè|>enses s^s si extraordinaires, et pour conserver vos alliés. Malâ is la guerre, qui oblige Votre Majesté à de si gran< dépenses, l'oblige en même temps à ne pas accabler le peuple par qui seul elle peut les

nir Il n'est pas possible que de si grands maux

qui sont capables d'abimer TEtat^ soient san remède, autrement tout serait perdu..... Ce n'eî pas à moi de discourir de ces choses ; mais ce qu je sais très-certainement, c'est que si Votre Majest témoigne persévéramment qu'elle veut la chose, malgré la difficulté qui se trouvera dans le détail elle persiste invinciblement à vouloir qu'on cherche si enfin elle fait sentir, comme elle le sait très-biei' faire, qu'elle ne veut pas être trompée sur ce sujet et qu'elle ne se contentera que de choses solides effectives, ceux à qui elle confie l'exécution se plie — ront à ses volontés, et tourneront tout leur esprits^ ^ sa satisfaction dans la plus juste inclination qu'elle ^^ puisse jamais avoir. »

Il terminait en citant à Louis XIV son grand-pèi Henri IV, l'amour de ce roi pour les peuples^ l'amour des peuples pour lui, leur désolation à mort, les récits, longtemps répétés après lui, de s bonté et de la reconnaissance publique. Mais séparant pas les bonnes mœurs du bien-être maté riel, deux choses si étroitement liées quoi qu'on pense, il rappelait ce qui avait manqué à Henri IV^

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