‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 57 sur 142 · PERTE DE TREVES · texte numérisé non relu

PERTE DE TREVES

fi <::]èles^ jusqu'à ce que^ faute de munitions^ il fallut

laisser pi*endre par les Allemands (6 septembre).

châtiment inflexible^ que Louis XIV infligea aux

lires rentrés en France, sauva seulement les lois

la discipline ; il n'aurait pas suffi à prévenir les

xiséquences politiques que la perte de Trêves fai-

i t appréhender.

XfCs Allemands allaient-ils entreprendre ce qu'ils

^>^siient manqué après Konz-Saarbriïck, et pénétrer

^■^ Lorraine? Ce résultat fâcheux fut écarté par ce qui

^ic^riva en Alsace. On se préoccupait à Paris de la dé-

'«n sive que gardait Monsieur le Prince. On prétait au

^^ontecuculli le dessein d'embarrasser Monsieur le

nce par des manœuvres dont la retraite d'Hague-

avait été le commencement. On disait d'autre part

MontecucuUi se précautionnerait encore plus

lui qu'il ne faisait avec M. de Turenne. Cette der-

*^^ère conjecture fut justifiée par les événements au

^^là de toute attente. Si Condé doutait de ses forces,

^ontecucuUi estimait encore moins les siennes. Un

^^Uvel essai infructueux acheva de lui démontrer

*^Ur insuffisance. Après une inaction de plusieurs

^^ïïXaines, il voulut assiéger Saverne (10 septembre).

* Se heurta à une résistance préparée sans doute par

^^ travaux que Turenne avait exécutés Tannée pré-

^^dente dans cette ville. Au bout de quatre jours il

^it vaincu par la seule énergie du gouverneur et de

^ K^rnison. Condé n'avait pas paru, son armée n'a-

^t fait aucun mouvement. MontecucuUi, sans les

^^ndre, décampa (14 septembre) ; et huit jours

Ï-OTJU XIV. — T. IV. 14

IlO GtJERHK DE HOtLÂi<n>E

après toute son armée quittait i' Alsace pôar réfll ôéndre dans le Palatinat. Ainsi se termina làcâitU militaire de Condé et de MontecucuUi; là iâàlâdl et le soin bien entendu de leur gloire^ leâ H/Û désormais dans la retraite. Ils ne reparaîtront fl dans les armées.

Cette évacuation si prompte de TAlsslcë éttit l

bonheur trop inattendu pour n'être pas vivëibe

senti en France. Heureuses étoiles! disait-ôitj

semblait que la fortune voulait faire répàratidil I

roi de la mort de Turenne et des malheurs i

Créqui (1). Le dépit des ennemis confirma bied i

jugement. Le vieux duc de Lorraine en mourut; dl

otï, de douleur (17 septembre). Sdnarméé^ ddiltll

chefs hésitaient sur l'emploi de leur teiilp^; ié flt

pérsa^ et délivra la France de toute crainte d'iUvÂsiM

Les diplomates ne pardonnèrent pas à MontëCtleâl

d^avôir abandonné si vite une partie ^i béllël t S

ne me souviens pas^ écrit Temple, d'avoir JàiÉkl

Oui parler d'aucune action importante si silijM

nante et moins excusable que cette retraité^ bit\

est fort malaisé de s'imaginer que la corruption 91

ta cabale d'une cour puissent aller si loin, qaoi((|b1N

soupçonnât que ces deux choses avaient en pist

dans ce grand événement, qui était si décisif ti

quelque manière (2). » La France, sans dôittS

avait perdu Turenne et Trêves, et sUbi défr

(1) Sévigné, 29 septembre, l^^* octobre.

(&] Temple, Mémoires de... la Chrétienté, dïlàp. i.

Page 1