NOUVEAU TRAITÉ AVEC CHARLES II
cd ^{^rix^ Louis XIV le supplanta par une offre plus coii^forme aux dispositions et aux goûts de Charles IL Il '[>Tomit à ce roi, s'il voulait encore ajourner le psiT^lement, une somme de cent mille livres ster*lÎTi.g' (£ millions et demi), payable en quatre termes tix; il l'emporta sans trop de difficulté. Le 2 dé- 1675, Charles II ajournait le parlement ji:is<]u'en février 1677. Quelques semaines après, il contractait, sans le concours d'aucun de ses ministres, un nouveau traité avec Louis XIV, par l^cf iiel il s'engageait à ne faire aucune paix ni avec les États Généraux, ni avec une autre puissance, q«e du consentement de son allié (février 1676). L^^ftiistoire de cette négociation est un des traits les pltas pitoyables de l'abaissement de ce pauvre "^^uame. Il copia de sa propre main le traité préparé par Louis XIV, alluma une bougie et apposa ^^11 cachet à côté de sa signature, puis remit la P^èce à l'ambassadeur de France; pour toute ratification, il se contenta d'une lettre où le roi de France lui faisait savoir qu'il avait lui-même si- ^é (1). Louis XIV avait ainsi devant lui plus d'une ^Onée à ne pas s'inquiéter des flottes anglaises.
L'Espagne était l'ennemie que le tour naturel des événements, le voisinage et la politique retrouvée de Louis XIV, désignaient la première à ses coups, un préparait à Toulon un nouvel armement, pour
0) dépêches de Ruvigny à Louis XIV, 27 février 1676 : (Eiivres de ^**^^ -3^r, tome Vî. Mignet, Négoeiatiùns, tome !V.
SIS ^y^ERRK PB H0LLANQ9
eoatinu^r en Sicile Içs ^y^Qtagçs acquit r^qifflflll pfir la prise 4'Agoust^ sur h QQli 9îmnt*ltt$ Çl isfe" ppndre ^ux at(aquçs 4$ Ruyter- lH^is pettq fJipMir tien loi^taine^ ppus Tavons d^à di(, était pllltét une diversion passagère qu'ua but direct f ( up pbjff de conquête duriible. Il était biçn plus cooformf 4 If prudence et à l'iptérêt d'çntrer et de se maiuti^pii; dans }es contrée^ limitrophes^ çt d^ repfeirnçr d^Ql le$ frontières françaises le^ provinces d'origine tt% dl qation£^Iité gauloises. La frontière du Nord présçpitit d^diUeurs des irrégularités de délimitatipp qui d^ mandaient à é(,re rectifiées t Aire qt ^int-Om^p dfr mouraient au:^ Espagnols en plein A^toi» friiççaif. I^c long de l'E^cînit^ de Painbrai à Condéj régnfit une ligne de forteresses espagnoles entre In terci^ toires français de Dpuai et de Lille d'une piFti 4l Landrecies et du Quesnoy de Taqtre* Vaubaàj oboqué de ces bizarreries^ ne cessait d'inçister l^upièl de Louvpis ppur que le rpi travaillât k fi^ire m pré çtvrré et cherchât la quadratures nop pM dll cercle^ mais du pré (1). Le moment parut veau dl tenter ce système. On travailla pendant rhiiHBS j préparer contre les villes de T^lscauti outre )tl armements habituels ^ les engins nécessaires pppi triompher des inondations factices en usage dtW ces contrées.
L'pnipereur avait assez à faire chez lui, dans m
États patrimoniaux^ pour ne plus pouvoir apporter
(l) Voir Rousset, Hi^tqirî * l«ffV|M|.
PRÉPARATIFS PS l^ CAMPfCfNE DE 1676 ^i
qpVne iajble part à )a çpQliUoR. Tout réceipini^pt Aba$si, prince de Transylvanie^ avai^ pédamé^ i \» lit9 4^ douze ipille hommes^ les eom^é3 de lUlp ^t de i^tbinfU^ et U forteresse de Tqkai^ ancien do|iia|{)e 4es roi$ de Hongrie^ dont la pos^ses^ion lui ayait ^té rfcopnue par Je dernier traité avec la Pqrle. Les T\iyff^ l'Qppuyaient; maîtres de villes importantes en Qf^ft^ ^e, et surtout de Bude, ih ne négligeaient auçui^e <»QCa$ion de tronbler ce royaun^e; il^ étaient tf)|lr jour^ prêts g servir les mécontent dan$ l'espoif 4'y trouver des auxiliaires pour la conquête (l). Qç ^Olivel epabarra^ de J'Antriphe ^e déplaisait p^s ^n Frçinee. a Que dites-vous^ écrivait Sévigpé^ dj^ RRtrç J>Qilbeur qui fait vepir notre ami le Turc en UiQ^y fpr\ç{2)? n Louis XIV ne fut pas plus difficile* 1} pe ^Mfligna pa^ de souffler encpre une fois $}ir pe foyer d'agitations et de s'en fj^ire une sûreté, péj^ i| ^v^t presqrit à son ^nibass^deur de travaille? à x^Uiblir la pai^ entre h Pologne et la Porte, ^^n'' tcrqiipt le Gran4*Seigneur lui offrait d'entrer en Hoi^- ^p^^9 ^i le roi de France lui promettait de ne p^ ii|ir« ^ns spn consentement la paix avec TEJmperemr. ^n 9gita 4^n$ le Conseil du roi )a question 4e f^9YQ\v s'il était permis d'attirer les infidèles dan$ un p^y^ chrétien. Pomponne voulait dire non. Le Tellieret Colbert distinguèrent. Attirer le Turc en chrétienté^ ^'^(f^U nne çho^e qui ne ponvait être appr9^y^f ^
(S) SéTigné, 29 avril 1676.
mais quand le Turc y était déjà^ quand il faisa depuis plusieurs années la guerre à la Pologne^ détourner de cet État^ ami du roi^ pour le ramené, sur l'Autriche^ ennemie du roi^ c'était chose permise dont l'Empereur lui-même donnait l'exemple e s'opposant au rétablissement de la paix entre l Pologne et le Turc. Louis XIV conclut en ce sens. Il ne crut pas devoir traiter directement avec la Porte; mais il s'engagea envers le Grand-Seigneur à ne pas secourir l'Empereur, même quand il ne serait plus en guerre avec lui^ et il renouvela à son ambassadeur l'ordre de hâter la paix de Pologne (1). C'était reprendre tout bas la politique de François I*' que Richelieu se glorifiait d'avoir abandonnée^ et désavouer Saint-Gotthard et le secours de Candie. Nous constaterons à la fin de la campagne le premier avantage de cette évolution diplomatique.
La campagne de 1676 commença d'elle-même, avant la saison^ par des batailles navales. Ruyter, arrivé enfin dans la merde Sicile, vers les derniers jours de décembre, guettait au passage Duquesne qui venait de partir de Toulon avec vingt vaisseaux. Le 8 janvier, les deux flottes s'abordèrent entre les lies Salini et Stromboli. De forces à peu près égales.
(1) Relation de la délibération prise par Louis XIV, en coogeil dm ministres, le 15 avril 1676. Nous avons déjà dit quo cette relation avait été découverte par M. Rousset C'est un des bonheurs de cet écrivain, dont nous aimons à le féliciter, loin d'en ôtre jaloux, et auxquels nous rendons hommage en les plaçant, le mieux que nous pouvons, en relief.