‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 64 sur 142 · BATAILLE NAVALE DE PALERME · texte numérisé non relu

BATAILLE NAVALE DE PALERME

néraux des mers de Sicile. Ce n'était pas assez de

la mort de Ruy ter : la marine de Hollande subissait

en ce moment un vrai désastre. Les deux flottes^

hollandaise et espagnole^ après avoir réparé de

leur mieux les avaries de Catane^ étaient venues

mouiller ensemble devant Palerme. Le duc de Vi-

^onne^ ayant reçu de France un renfort de troupes

et de galères^ calcula qu'un coup glorieux pouvait

décourager les Espagnols et affermir les Messinois

dans Talliance française. Il sortit en compagnie de

Duquesne avec vingt-huit vaisseaux, vingt-cinq

galères et neuf brûlots. Le l** juin, il arrivait devant

1^ flottes ennemies. Le lendemain il attaqua à la

ft>is leur avant-garde, le corps de bataille et l'arrière-

S^rde. La vue des grands vaisseaux français, et

Surtout l'approche rapide des brûlots, troubla les

^^pitaines. L'amiral espagnol espéra éviter Fin-

^^endie en coupant le câble de son ancre et se laissant

^ller à la dérive. Il ne fit qu'ouvrir ainsi la voie aux

«rûlots qui percèrent la ligne de bataille. Alors les

autres capitaines des deux nations coupèrent aussi

*«urs câbles et se laissèrent emporter vers le rivage,

^ïiais l'agresseur fut encore plus prompt. La flamme

atteignit d'abord l'amiral espagnol, et de là trois

de leurs vaisseaux et deux de leurs galères. Il en

^ut de même des Hollandais; le premier qui prit

^u alluma ses deux voisins qui sautèrent avec lui.

li* autres furent écrasés par les explosions, une firé-

S^te disparut enfoncée sous les éclats d'un vaisseau.

Cfeux que le feu épargnait étaient décimés par le

canon^ qui ravageait sans pitié les màts^ les vei^^^mies, les manœuvres et tuait a quantité de gens. i^ La Concorde, qui portait le corps de Ruyter^ n'éch^Kppa que par la vigilance et le dévouement obstin^B de son commandant. Il y avait peu d'exemples d "'une pareille destruction ; la perte des vaincus moiM^ta à douze vaisseaux, six galères^ quatre brûlots^ sept cents pièces de canon et cinq mille hommes. La victoire, cette fois, était bien complète ; les histonurriens hollandais reconnaissent que les Français ava^went le droit de s'en vanter (1).

Quel nouveau triomphe pour Colbert! Danig==g les années précédentes, il constatait avec une sati^^fection croissante les progrès successifs de ses ma^^ins, la fermeté à Southwood-Bay, l'audace à Schcr3onwelt-Bank ; mais dans ces deux rencontres ils (^combattaient avec l'aide des Anglais. Aujourd'hui a^ -««'s contre deux ennemis' ils remportaient un trioniv-P^^ incomparable. « Il serait difficile^ écrivait-il à JDuquesne et à Vivonne, de vous exprimer la joi^^ ^^ la satisfaction que le roi a reçues en apprenais ^ ^ continuation des grandes actions que son ar^^^ navale a exécutées cette année, et qu'elle vient ^^

finir par la plus glorieuse et la plus avantageuse ^^^ ait jamais été exécutée par aucune armée navale- * Mais loin de s'endormir sur cette gloire, il pres^^^^' vait à l'intendant de Toulon d'obtempérer à t^^*^* les désirs de Duquesne, et à Duquesne de vaii».^^^

1) Basnage, an 1676, troisième partie.

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