‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 65 sur 142 · BATAILLE NAVALE DE PALERME · texte numérisé non relu

BATAILLE NAVALE DE PALERME

eûoore et de chasser enfin les vaisseaux ennemis des mers de Sicile (1). L'ennemi lui-même se chargea d'exécuter cet ordre. Le conseil de guerre hollandais décida qu'on ne pouvait plus tenir la mer ni rendre aucun service en Sicile. Bientôt une contagion vint compléter l'œuvre du canon et du feu, ^^ emporta un grand nombre d'officiers et de matelots (2). Deux mois après, la flotte ruinée rentrait <^ns les ports de Hollande par ordre des Etats. La Piaille de Palerme avait mis fin aux grandes luttes D^aritimes de la guerre de Hollande.

Est-<^ qu'il n'était pas possible de se jeter en ti'^ivers de ce courant d'heureuse fortune qui reveûiatit à Louis XIV? Le prince d'Orange n'en désespérait pas encore. Le roi de France avait <luitté son armée (4 juillet) ; il la laissait au maréchal de Schônberg, mais affaiblie de plusieurs détache- Bi^ents envoyés à Luxembourg du côté de l'AlIelï^agne, à Créqui, chef de l'armée de la Meuse. Ces circonstances parurent favorables; le prince d'Orange Courut à Maestricht et l'investit (7 juillet). H y voyait plusieurs profits à faire : détourner les Français de 'Nouvelles conquêtes par la nécessité de défendre une de leurs positions, les déloger, s'il pouvait, de la ^ule ville hollandaise qu'ils n'eussent pas encore cvacaée, et, comme les Espagnols réclamaient toujours cette ville, les obliger à abandonner tous

O) Golbert à Daquesne, 21 juin.

(2) Basnage, an 1676, troisième partie.

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leurs droits de ce côté en retour des frais que la HoU lande supportait pour eux^ soit en argent^ soit em armées. Il commençait à se lasser de payer lui-mém» les services qu'il rendait à ces alliés égoïstes oa ruinés. Il était encore réservé à une grande décepi tion.

D'abord^ il put s'étonner de l'indifférence^ av moins apparente^ des Français pour Maestrichti Soit que Louis XIV, gagné au système de Vaufl ban^ ne mit pas une grande importance à cona server un poste éloigné^ soit qu'il espérât mieoj défendre Maestricht en menaçant un autre points " donna ordre à l'armée de Flandre d'assiéger Aire une des deux villes que les Espagnols conservaieir encore dans l'Artois. Pendant que d'Hiimière menait le siège ^ Schônberg était chargé de eona tenir le gouverneur des Pays-Bas. Aire fut invesS le 21 juillet. En dix jours ^ les travaux, conduifl par Vauban, hâtèrent brillamment le succès. Les bombes mettaient le feu aux magasins à poudre d^ l'ennemi ; trois mille coups de canon en une seul» journée bouleversaient toutes les défenses, Le^^ bombardiers opéraient avec tant d'adresse, queleu utilité bien reconnue fit décider pour l'avenir b création de deux compagnies de cette arme. L£ petite armée du gouverneur espagnol ne put tentei aucun mouvement en faveur des assiégés; le 31 juillet, Aire capitula.

Le prince d'Orange n'avait pas eu le même avantage devant Maestricht. Un officier indomp*

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table ^ le comte de Calvo^ était chargé de la défense. On rapporte qu'il avait dit à ses ingénieurs : « Je n'entends rien à la défense d'une place; tout ce que je sais^ c'est que je ne veux pas me rendre (1). v Les ingénieurs par leur art^ Calvo par son intrépidité , arrêtaient toutes les entreprises de Tassiégeant. Ajoutons^ pour être juste^ que si le prince d'Orange ne se ménageait pas non plus dans les attaques^ Tincapacité des conducteurs de ses travaux rendait sa valeur inutile. Au 11 août^ après plus d'un mois d'investissement^ les Hollandais n^avaient encore occupé qu'un ouvrage avancé , et ils s'arrêtaient impuissants et immobiles devant le «econd. Toutefois^ la longueur du siège donnait de l'inquiétude en France. On disait à Paris que la ^Ue n'étant pas secourue^ et les Espagnols se joi- ^ant aux Hollandais^ Calvo^ qui n'avait pas de quoi relever la garde, ne pourrait pas repousser un dernier assaut d'ennemis si nombreux (2). Les Hollandais, au rapport des ambassadeurs, se promettaient, après la prise de Maestricht, de se montrer plus difficiles pour la paix (3). Ces espérances, ces craintes se dissipèrent en un moment. Après la conquête d'Aire, Schônberg s'était mis en route pour secourir Maestricht. Au bout de iringtjours de marche, il annonça a Calvo son arrivée par trente-deux coups de canon, c'était le

(1) Président Hénault, tome III.

(2) Sévigné, 26 août 1676.

(3) Lettres des ambassadeurs à Pomponne.

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nombre de ses pièces. A ce signal^ le prince d'Orange se sentit vaincu. Il embarqua à la hâte sur la Meuse ^ en cinquante grands bateaux^ sa grosse artillerie^ ses magasins^ ses blessés^ ses malades^ pour les envoyer à Grave ^ et le lende^ main il leva le siège (27 août).

Tout contribua à confirmer sa défaite. Son canon.^ et ses bagages^ trahis par les eaux basses^ tom bèrent aux mains de Montai et de Villeroi qui l ramenèrent à Maestricht (1). Lui-même ne réussi pas^ par d'opiniâtres manœuvres^ à couper retraite à Schônberg : nulle part il ne put le su prendre ni l'attaquer en lieu utile ; après un com bat perdu à Gembloux y il retourna en Hollande. I en garda ^ au témoignage des Hollandais (2)^ un rancune éternelle à Schônberg ; elle durait encore^ douze ans après ^ dans le temps même où Schôn berg^ sorti de France par la révocation de l'édit de Nantes^ servait dans ses armées et lui donnait la victoire en Irlande. Ses amis expliquèrent sa déconvenue par la baisse des eaux de la Meuse qui avait retardé l'arrivée de ses munitions^ par le manque de parole de Tévéque de Munster et d'autres alliés qui n'étaient pas venus à son aide^ par l'aversion des catholiques^ nombreux à Maestricht^ pour I joug hollandais (3). Ces raisons n'atténuaient e rien le résultat définitif. Lies Français avaient di

(1) Président Hénault.

(2) Basnage, 1676, deuxième partie.

(3) Basnage, ïbid.

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