PERTE DE PHILIPSBOURG %U
TOiéTMie coup pris Aire et sauvé Maestricht; et le prince d'Orange n'avait apporté aucun tempérament aux succès de Louis XIV sur terre et sur mer. CSe tempérament vint d'ailleurs. Depuis la mort de Turenne^ les Allemands visaient Philipsbourg^ comme une revanche de leurs entreprises avortées sur l'Alsace. Cette ville en effet donnait à la France une citadelle au milieu du Palatinat^ un pont sur le Rhin^ une porte sur l'Allemagne dont les manœuvres de Tu renne avaient consacré la valeur. Quand on la vit directement menacée^ on s'en émut à Paris comme de la plus grande affaire de l'Europe, «c II s'agit^ dis2iit-on, pour nous de soutenir la gloire du traité de Munster ou pour l'Empire de la renverser (1). » Montecuculli, avant de quitter le service, avait élevé d^ns le voisinage des fortifications qui déjà rendaient l^ oommunication plus difficile aux Français. Au P^i^Qtemps l'Empereur confia le commandement ^^ Son armée au nouveau duc de Lorraine, Charles V, '^^Vcu du précédent. Ce prince que Louis XIV avait ^Xolu deux fois de l'héritage par le traité de Mont- ^ai*ire, et par l'occupation de la Lorraine, avait '^^ intérêt personnel contre le persécuteur de sa ^ ^^ïcàille qui donnait plus de vigueur à ses talents ; allait débuter parle siège de Philipsbourg. Le duc ^ liuxembourg eut la mission de s'y opposer.
commandant de Philipsbourg, Dufay, entra remier en lutte. Attaqué par un lieutenant du duc
^^ > Sévigné, 17 avril 1676.
Si36 GUERRE DE HOLLANDE m^
de Lorraine^ il ne put sauver le fort de la rive gaa^ che (19 mai); mais par des sorties infatigables, e^ grâce aux difficultés que le terrain présentait âi l'ennemi, il retarda jusqu'au 22 juin l'ouverture d^ la tranchée. Luxembourg ne montra pas autant di décision. Il hésita longtemps à quitter l'Alsace. Quani — ^ Louis XIV lui envoya, après la prise de Bouchain ^a, un renfort de huit mille hommes, il opéra habih ment pour assurer la jonction, et battit le dac d- Lorraine qui tentait de s'y opposer. Le duc de Loi raine s'étant ensuite établi devant Philipsbourg dai une position défendue par le Rhin et par de foi retranchements, Luxembourg parut déterminé à
lui livrer bataille. II l'annonçait d'abord avec enthoi^ — i* siasme, plus tard avec moins d'assurance; il fin ^ît par ne pas se battre (fin de juillet). Cependant l^^B^ place tenait toujours par l'énergique dévouemeif^^ de ses défenseurs, et l'opinion émue demandaS- ^^ pourquoi on ne la secourait pas. Luxemboui^ teni enfin de s'en approcher. II lança sur le Rhin bateaux chargés d'artifices, sorte de machine infei nale pour rompre le pont des impériaux ; il se lui-même sur leur camp (10 août). Les artifice -^^ manquèrent leur effet; et quand il croyait fondr^***^ sur l'armée ennemie, il se trouva surpris et arrét^»-^ par un bois que personne n'avait indiqué ni prévu -^^> et qui rompait tout le plan des opérations. Forc^^^ fut donc de rétrograder et d'abandonner Philips^-^^* bourg à lui-même. Moins heureux que le comman- -^^*^ dant de Maestricht, mais peut-être plus intrépîd-^--^