‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 67 sur 142 · PERTE DE PHILIPSBOURG · texte numérisé non relu

PERTE DE PHILIPSBOURG

icore^ DuÊiy prolongea la résistance jusqu'au septembre ; avant de succomber^ il se donna la nsolation de ruiner le corps d'armée qui Fassié* ait^ et de convertir en débris désormais inutiles place qu'il était contraint de perdre. Il capitula la condition de ne sortir que huit jours après^ et I sortir avec sa garnison^ ses canons^ ses pontons t cuivre^ tambour battant^ mèche allumée (1). Il ëiita ainsi d'être compté parmi les braves dont 3uis XIV disait qu'il y avait quatre hommes que 5 ennemis respecteraient dans ses places : Montai^ lamilly^ Calvo et Dufay.

La perte de Philipsbourg toucha vivement l'aour-propre national. On sait la réponse de Monusier au roi. Louis XIV disait un matin^ peut-être iiir essayer l'opinion : En vérité, je crois que nous i pourrons pas secourir Philipsbourg; mais je n'en rai pas moins roi de France. c( Il est vrai, Sire, pliqua Moniausier, que vous seriez encore fort en roi de France quand on vous aurait repris etx, Toul et Verdun, et la Comté et plusieurs lires provinces dont vos prédécesseurs se sont en passés. » Le public ne se cachait pas pour mber Luxembourg. On faisait dire à Pasquin que Maestricht et Philipsbourg étaient menacés dans i même année, c'était parce que M. de Turenne tait à Saint-Denis et M. le prince à Chsmtilly.

(1) Rotissety Histoire de Loitoùis. Le siège de Philipsbourg est un des wrceaux les plus neufs et les plus curieux de ce livre.

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Quand Philipsbourg eut succombé^ Sévigné en an nonça la nouvelle par ces paroles^ où la tristess du dommage reçu perce à travers Tironie : « Phi lipsbourg est enfin pris; j'en suis étonnée; je n croyais pas que nos ennemis sussent prendre oii ville. J'ai d'abord demandé qui avait pris celle-c et si ce n'était pas nous; mais non^ c'est eux (1). Pendant longtemps on se souvint de cette atteint à la gloire du passé; on avait besoin d'en trouv< la compensation. Douze ans après^ Bossuet^ dai l'oraison funèbre de Condé^ prononçant le nom à Philipsbourg, çui tint ifi longtemps le Rhin captif soi nos lois, se hâtait d'ajouter : et dont le plus grand d rois a si glorieusement réparé la perte.

A côté de la perte de Philipsbourg, la positio des Suédois inquiétait sérieusement les esprits, a C serait encore un chagrin, disait-on, si l'on chassa les Suédois de la Poméranie (2). » L'année, en eflFe n'était pas meilleure que la précédente pour o unique allié de la France. Les Danois leur avaiei pris Wisby en Gk>thland et toute cette île (1 1 mai renforcés d'une flotte hollandaise, commandée pa Tromp, ils leur avaient détruit dans une grande b taille navale dix gros vaisseaux de guerre. Débarqat sur le continent suédois, les vainqueurs prenaiei Helsingborg, Landskroona (13 avril), Christiansta (25 août). En Poméranie, l'électeur de Brandeboui

(1) Sévignéy 5 août, 26 août, 21 septembre.

(2) SAvigné, 19 août 1676.

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