‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 70 sur 142 · LES HOLIJINDAIS FAVORABLES A LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES HOLIJINDAIS FAVORABLES A LA FRANCE

n. — Année 1677. — Les Hollandais favorables à la paix. — Neutralité de TAngleterre maintenue. — Campagne de Flandre; prise de Valenciennes, Cambrai* Saint- Omer. — Campagne inutile dn duc de Lorraine sur la Moselle. — Siège inutile de Charleroi par le prince d'Orange. — Les mécontents de Uongrie soutenus par la Pok^ et par la France. — Campagne heureuse des Français sur le Rhin. — Prise de Fnboorg. — Difficultés pour la paix.

Si Ton veut savoir quelles étaient les dispositions des Provinces-Unies pour la France, il faut lire le passage suivant des Mémoires du chevalier Temple. II prouve que, si le prince d'Orange. ne pouvait ou n'osait encore se décider à rompre lui-même avec les coalisés, la nation dont il était le chef réprouvaitdésormais une alliance dont elle payait en grande partie les dépens.

Au commencement de 1677, Fagel, grand pensionnaire de Hollande, disait à Temple « que non

* seulement ils souhaitaient la paix, mais qu'elle

* leur était absolument nécessaire, qu'ils n'insiste-

* raient pas sur la paix suivant les prétentions de

* leurs alliés, et qu'il ne répondait pas que les

* Etats ne fissent un traité particulier ; qu'ils avaient

* payé leur dette à l'Espagne en combattant pour

* elle depuis trois ans, que l'Espagne ne payait ni

* ïa flotte de Sicile, ni les provisions et dépenses de

* la dernière campagne; qu'à Vienne on ne se sou-

* ciait pas plus de la conservation des Pays-Bas que

* ^ Hollande ne se souciait de la Hongrie, et que,

* pour ne pas prendre leurs quartiers d'hiver dans

* un pays ruiné comme l'Alsace, les Impériaux

« avaient renoncé à tous les avantages de la dernière « campagne; que la France leur offrait tous les c( avantages qu'ils pouvaient souhaiter^ la restitution « de Maestricht, un traité de commerce et tout ce <c que le prince d'Orange pouvait demander pouir (( sa famille. »

Temple lui ayant alors représenté que, par leur défection, les Hollandais permettraient à la Franoe de conquérir les Pays-Bas, et qu'ils Tauraient ainsi pour voisin limitrophe contrairement à toutes les traditions de leur politique, Fagei n'hésitait pas à renoncer aux anciennes défiances et à trouver même un bon côté dans cette perspective. Il répondait: c( que s'il fallait laisser la France occuper la Flandre, « on pourrait encore subsister avec elle; qu'il y avait « apparence que les Français tourneraient plutôt « leurs armes contre l'Italie et l'Allemagne; que ce « n'était pas l'intérêt de la France de détruire ou àe « conquérir leur République, mais plutôt de la con* « server en quelque dépendance de cette eouromieî « que les Français tireraient beaucoup plus d'avat** « tages des troupes hollandaises que de quelque» « pauvres villes de pêcheurs auxquelles ils seraîeïi* « réduits ; que le roi de France avait vu leur paV* « et qu'il avait dit plusieurs fois qu'il aimait mie**^ « avoir ce peuple pour ami que pour sujet (1). ^ Une résignation aussi catégorique semblait anncF^** cer que la paix se déciderait par les convenances ^^

(1) Temple, Mémoires, ch. ii.

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