LES HOLLANDAIS FAVORABLES A LA FRANGE
la Hollande. Il est vrai que TEspagne ayant, a peu près au même moment, payé aux Etats une partie de ce qu'elle leur devait, ils consentirent à aider encore les alliés pendant la campagne prochaine. Mais leurs négociations et le sens positif des masses finiront par donner raison au système de P^gel, au grand désespoir de Temple.
Les dispositions de l'Angleterre étaient toutes Jîfïérentes. Ici le prince tenait pour la France; la ï^^lion, ou du moins l'opinion bruyante, était ÎQci patiente d'entrei en lutte avec Louis XIV, Les pi:^ogrès du roi aux Pays-Bas, le développement et staitout la force maintenant reconnue de la marine fi*ançaise, donnaient aux Anglais de mortelles iricjuiétudes; à côté du gouvernement neutre et îcnmobile, les particuliers faisaient de'Jà la guerre pour leur compte en faveur des Hollandais. Il existe un mémoire de Colbert adressé à Charles II en 1676 (1), où le ministre français dénonce au roi 4*Angleterre les violations partielles de la neuli^alité par ses sujets. Il leur reproche, un peu naïvement, de n'avoir pas compris quels avantages ils auraient pu retirer de la destruction du commerce l^ollandais, et d'avoir non-seulement laissé à la Pranee seule la charge de l'anéantir, mais encore ^vaille à le soutenir et à lui conserver la même abondance qu'en pleine paix. « On a pris, disait-il, Pendant la guerre des vaisseaux sous nom anglais,
0) Lettres et instructions de Ck)lbert : Collection Clément.
qui étaient de fabrique hollandaise, ou achetés en Hollande^ dont le maître était Hollandais, l'équipage hollandais levé en Hollande ou à Ostende. Les lettres de naturalité anglaise qu'on y trouvait avaient été envoyées d'Angleterre en Hollande par les ordinaires ; les maîtres hollandais allaient les prendre à Londres, ou les Anglais, Écossais et Irlandais les avaient portées en Hollande. Tous les vaisseaux pris dans ces conditions ont dû et p^^ être déclarés de bonne prise malgré la neutralité de l'Angleterre. »
Ces prises avaient encore accru l'irritation àt^ Anglais; le jour approchait à grands pas où le P^"^ lement allait se réunir; il fallait s'attendre à une explosion de colère contre la neutralité du rot* Louis XIV parvint à apaiser les marchands ^^ concluant d'avance avec Charles II (24 février lô^ * ) un traité de navigation qui sauvegardait les intérêt anglais, et réglait les droits des neutres d'après ** principe que le pavillon couvre la marchandise. I^ commerce serait libre entre les deux nations ^ dans tous les ports de l'une et de l'autre. On trafi** querait des mêmes marchandises que pendant *^ paix, sauf la contrebande de guerre. L'article est surtout remarquable; il porte que les vaissca*^*^ libres aftranchiront la marchandise ennemie ^^^^ ne sera pas contrebande de guerre, à la condîti^^ que les Anglais, dont le pavillon couvrirait les chandises ennemies vis-à-vis de la France, cou^ ront aussi les marchandises françaises vis-à-vis ^^