OBSTINATION DES CONFÉDÉRÉS DANS LA GUERRE
talent Cambrai^ « une place^ disait Louvois^ qui a fait des maux infinis au royaume^ et qui doit rendre le repos à un million de sujets du roi. » Ils pouvaient retourner à leurs quartiers dans une saison o(i leurs adversaires avaient à peine l'habitude d'en sortir.
En effet Louis XIV affecta de s'arrêter après ces succès. Ce repos entrait comme son activité dans les calculs de sa diplomatie. Il prétendait démontrer à tous que, s'il prenait des villes à son gré, il savait s'en tenir à des acquisitions raisonnables; aussi bien c'était sa promesse, récemment envoyée a'^ roi d'Angleterre, de n'occuper dans les Pays- ^^s que les points nécessaires à la rectification et à 1^ sûreté de sa frontière. Il espérait que la paix n'en ^^ï'aît que plus facile, et que ses ennemis intimidés P^r sa puissance se hâteraient de profiter de sa '^^odération. Il se trompa. Ses victoires avaient ^^aspéré ses adversaires, son inaction leur rendit ***^e espérance. En Angleterre, l'irritation des Com- ^*^une8 croissait d'un degré à chacune des villes ï^i tombaient entre les mains du roi de France. Le ^^^flement votait à l'unanimité le rappel des auxiliaires anglais; il promettait un subside de vingt '^^^Uions de livres pour soutenir les Pays-Bas ^^ntre la France. Le duc de Lorraine, infatué de *^n triomphe de Philipsbourg, s'était promis enfin ^ rentrer dans ses États; il l'annonçait par sa *^vîse : Aut nunc, aut nunquam; dès le 13 avril, '^^î* le pont de Strasbourg, il revenait sur la rive
858 (fU£RRS DE HOLLANDE
gauche du Rhin. Le prince d'Orangei après Caïu^l) s'était rendu à Wesel pour y tenir un conseil de guerre avec ses alliés. Là se trouvaient Télecteur de Brandebourgs l'ambassadeur de Danemark^ les ducs de Brunswick^ Tévéque de Munster^ les électeurs palatin^ de Trêves et de Cologne, le penskm* naire Fagel, l'amiral Tromp (1). Le parti d^ la guerre y domina. Tromp fut renvoyé dans les nM» du Danemark, Brandebourg reprit sa lutte oooUt les Suédois. Le prince d'Orange se promit de oombiner ses manœuvres avec celles du duc de Lorrfeioe» A cette obstination Louis XIV opposa u&è jffAtique défensive, qui, par l'argent d'une part) de l'autre par les armes quand il y eut nécessité, red" dit vaines toutes ces menaces. L'argent né lui lAiiH quait pas, même pour ses caprices, graoe à ïi^f dustrie féconde de Colbert» a Un autre que voui» lui écrivait-il du milieu des camps, serait embir rassé de tit)uver ce qui est nécessaire; mais je suii assuré que vous ferez en sorte que rien ne atfUf quera, et que votre principale peine sera de M plaire. » Colbert, le lendemain de la bataille de Cassel, lut envoyait 10>000 pistoles pour sa ci^ sette, 20,000 livres (K>ur Bontemps, soti valttd^ . chambi'e, chargé des dépenses secrètes; et^ silf h demande de la reine, livrait 800 pistoles au eom^ deGrammont(2). Ne serait-il pas juste d'imputer t0
(1) fiteaàge, \SV7.
(t) Lettrés de Loufai XIV et de Colbert, 17 mW \&fr «t joM ^
vants. Collection dément.
ATTITUDB DEFENSIVE DK LOUIS XIV M9
à l'habiieté et à la complaisance du ministre lé et la confiance du dissipateur? Les moyens jrés pour plaire au roi étaient souvent impi*- ^ envers les contribuables^ et quelquefois dictoires aux bonnes doctrines économiques Kiîstre lui-même» Ici il travaillait à établir à . un chevalier du guet^ avec les oflficiers et 8 nécessaires^ sans doute pour Vutilité de la |K>ur empêcher les désordres des débauchés, des Mfret coureurs de nuity mais tout autant pour è du roi, et pour en ///'^' wi secours wmuei 1,000 livres (1). Là^ il pressait les marchands, « visites rigoureuses, de prendre du papier I pour leurs registres, et les intendants de r toutes les assistances aux collecteurs des iB extraordinaii^es (2). Il allait même jusqu'à clocher la protection accordée par lui à Tagrii^ et il faisait examiner la question de savoir itail pas avantageux de rétablir la contrainte irps et la saisie des bestiaux pour assurer le rement des tailles (3). Hâtons-nous de re- !tre qu'il ne fut pas réduit à une extrémité aussi e pour lui-même»
•géûl ftit ekicore une fois le remède appliqué
jkMrtttaaent hostile des Anglais^ Au lendemain telâille de Cassel, Colberl expédiait des pré-
btrt à l'iAtMdafit do Uouen, !«' août 1677. L à l'intendant de Rouen, 2 avril 1677. L aux intendants, 24 avril 1676»
sents pour le comte de Sunderland et m Duras. Charles IT^ dès le début de la ses s'était montré ferme dans le parti de la Franc éludait les demandes du Parlement; un jo traita les propositions de guerre d'attentat à sa rogative^ et de coquins les auteurs de ces proj tions (1). Il faisait sortir du royaume les agen l'Espagne. Circonvenu par l'ambassadeur fira Courtin^ par la duchesse de Portsmouth Louis XIV saluait ma cousine (2)^ il négociait commodément au domicile de cette femme avei allié (3). D'ajournement en «ajournement^ il mena les chambres^ sans rien décider^ jusc 31 juillet. Alors, assuré de recevoir de la R deux millions de livres tournois, il les ajc définitivement jusqu'au 13 décembre; et le m conclu, il s'engagea à prononcer encore à échéance une autre prorogation jusqu'au m mai. 11 déclara aux ministres des confédérés
(1) Temple, Mémoires,
(2) Œuvres de Louis XIV : lotira du 6 octobre 1677 : sine (pourquoi pas? elle était àuchesse au môme i VaUière), j*ai lu avec une satisfaction particulière laleC/ m'avez écrite par le sieur Gourtin, voyant les aasun me donne d'une affection aussi sincère que je sais qr Les deux montres qu'il m'a présentées aussi de votre j pas été moins agréables, non-seulement parce qa*e belles» mais aussi parce qu'elles viennent de vous; pliment ni le présent ne pouvaient être mieux re^ pouvez pas douter que je ne reçoive toujours de méi
tie votre souvenir, »
(3) Mémoires du marquis de Pomponne.