NOUVELLE SUBVENTION A CHARLES II
cune considération ne serait capable de le porter à entrer dans la guerre présente (1).
L'aident fut aussi employé à susciter des embarras à l'Empereur par la Pologne. Depuis la paix* de Zurawno^ le roi travaillait à tourner Sobieski^ délivré des Turcs, contre TAutriche, afin de forcer celte puissance à rappeler, pour la conservation de ses propres Etats, son armée du Rhin. Sobieski avait reçu l'ordre du Saint-Esprit, un lit, un ameublement magnifique, un carrosse et de l'argent pour lever des troupes (2). Un compte de Colbert, dans une lettre au roi, résume les sommes expédiées en quelques mois à la Pologne : soixantesix mille livres le 16 novembre, soixante mille le 19déeembre, cent dix mille le 23 mars 1677, cent Vaquante mille le 12 mai. Louis XIV répond : < Les sommes sont un peu fortes, mais elles seront d'une grande utilité (3). » Sobieski, hésitant à se déclarer ouvertement contre l'Autriche, laissa lever ' pir Béthune, l'ambassadeur français, un corps de [ cinqà six mille hommes, he colonel Boham, qui devait [ le commander, fut fait brigadier par Louis XIV ; les inestres de camp des régiments reçurent de la même ouim leurs commissions. Ces forces devaient des- \. cendre en Hongrie pour y appuyer les mécontents. [ ftur une coïncidence favorable, Abassi, prince de
(^) (Kifores de Louis XIV, lettre de G)urtin9 5 aoûl.
(9 Mémoires de Pomponne.
(^ i^Ure de Colbert, 22 mai 1677.
262 GUERBE DE HOLLANDB
Transylvanie, sous prétexte d'une oonspiratic contre sa personne quUI attribuait aux Allemand promettait son concours aux sujets rebelles de TAi triche, et recherchait Tallianee de la Franoe(l). Âbai et les mécontents s'étant engagés à mettre sur pie neuf mille chevaux et six mille fantassins, Louis XT leur promit vingt mille écus pour l'entrée en cm pagne, et cent mille écus par an (8). Plus de vioj mille hommes, y compris le corps levé en Polopn allaient prochainement attaquer TAutriobe ebc elle. L'importance de cette diversion est suflisan ment démontrée par les plaintes que les amis i l'Empereur lui adressent à lui-même. S'il n^avii pas donné lieu au mécontentement de ses sojett dit Basnage, s'il n'avait pas eu à diviser ses fbwee il aurait mis l'Allemagne à couvert^ rétabli 1 duc de Lorraine, et peut-être porté la guenê t France.
Mais, avant même Texplosion du soulÀvetter hongrois, la défensive par les armes ne réuasisii^ pas moins h Louis XIV que les négooiations. Il a prenait mal aux coalisés d*avoir voulu essayer l*ûc vasion pendant que le roi suspendait l'offensive. L. guerre en France, tentée par le duo de LorraiiM échoua, au grand désappointement de ses alH^ <
(1) Basnage, 1677, XLIII et suivants. ^
(2) Mémoires de Pomponne. Mémoires de Ghoîsy, livre XI. ^* dans Mignet, tome IV, le texte du traite conclu, 87 mal I69T» i^ Héthune, au nom du roi de France, et le prince de Transylfai»^ 1er? Hongrois.