PROPOSITIONS DB LOUIS XIV POUR LA PAIX
reprendre haleine et se sauver par la diversité des événements (1). Qu'allaient faire les alliés?
n y eut explosion de colère chez les Anglais; Charles II fit embarquer quelques bataillons d'in- &nterie pour Ostende; il délivra vingt-trois commissions pour lever des régiments : les Communes demandèrent la rupture immédiate avec la France. Lies Hollandais^ plus maîtres d'eux-mêmes par l'habitude de calculer froidement leurs intérêts, comprirent qu'il était plus avantageux de ti*ansiger. Ils voyaient les Français aux portes d'Anvers; la ville d'Amsterdam surtout ne vivait plus à la pensée qu'Anvers, en d'autres mains que celles des Espa* Sfnols, pouvait redevenir un rival de son cominerce(2). Aussi bien les émissaires français semaient dans les villes la défiance contre le prince d'Orange^ i^^ndaient suspects son mariage avec la nièce d'un ^i, son traité d'alliance avec Charles II qui pa- '^issait menacer les libertés de la nation ; que vou- '^it dire, par exemple^ l'engagement réciproque *'ipulé entre le roi anglais et les Provinces-Unies ^ s^assister contre les rebelles jusqu^k ce qu'ils fussent ''^ïXàis dans le devoir? Au contraire, le roi de ^^^nce ofirait des conditions où la Hollande avait ^^^ucoup à gagner; les chefs des principales villes ^*^îent prêts à les accepter. Dans ce courant d'opi- "^^oiis, les États Généraux refusèrent de ratifier
< 1) Sévigné à Bussy, 18 mars 1678; Bussy à Se vigne, 22 mars. <^) Basnage, 1678.
Falliance du 10 janvier entre Charles II et le prince d'Orange. Une déclaration explicite de Louis XIV acheva d'enlever les Hollandais à la coalition.
Comme Tannée précédente^ après avoir enoore une fois convaincu ses ennemis d'impuissance, et pour donner un nouveau gage de modération^ k roi de France était rentré à Saint-Germain le 7 avril? moins d'un mois après la prise de Gand. Il s'eng»' geait à ne pas reprendre la guerre en Flandre avant le 10 mai^ pour laisser aux vaincus le temps de U réflexion. Le même jour (9 avril), il expédiait à se* plénipotentiaires à Nimègue lesconditions auxquell^ il entendait faire la paix; c'était les signifier à tout^ l'Europe. Cette déclaration est un des actes les pl^^ dignes^ les plus fermes et les plus sages de la dipl^^ matie de Louis XIV. On v trouve la noblesse dw protecteur fidèle à ses alliés, la confiance de la forcer victorieuse, la prudence du négociateur, qui loin ^^
désespérer le vaincu, se fait un mérite de le 01^' nager.
Il commence par affirmer qu'il n'entendra jailli *^ à aucune proposition de paix si la satis&ction plei*^ et entière du roi de Suède n'y est comprise. C le premier article qu*il demande, et sans lequel il pourra conclure sur tous les autres points. Il clame également satisfaction pour le prince-évé4*^ de Strasbourg, et pour son frère le prince Guillaii*^** de Furstemberg, violemment arrêté par les impéria au congrès de Cologne, dont la liberté doit faire un premiers points de la jmx. Ce qu'il dit dès la p
PROPOSITIONS DB LOUIS XIV POUR LA PAIX iSS
le . ligne, il le répète à la fin de la dépêche :
voue que dans la gloire de rendre la paix à
rope, je suis partieiilièremeni touché de celle
lise éprouver à mes alliés Tappui sur et solide
s se doivent toujours promettre de mon
ié. 1»
Il côté de TEmpire, il ne veut que ce qu'il a
Mirs prétendu : sauvegarder l'exécution entière
nilé de Westphalie; par conséquent, restitu-
de Philipsbourg à la France, ou abandon de
oqrg par l'Empereur.
l'Espagne, il rendra Charleroi, Ath, Oudenarde,
rtray, acquis par lui à la paix d'Âix-la-Chapelle,
tb, Limbourg, Saint-Ghislaîn, Gand, acquis dans
"ésente guerre. Il demande en retour l'abandon
a Franche-Comté, de Condé, Valenciennes ,
3hain, Cambrai et Cambrésis, Aire et Saint-
r, Ypres, Warwick, Poperinghe, Bailleul, Cassel,
beuge.
» Hollandais peuvent compter sur la restitution
laestricht, et sur te traité de commerce déjà
îté.
ifin le duc de Liorraine rentrera dans ses États,
I les conditions du traité des Pyrénées, ou bien
lera Nancy en échange de Toul, et quatre larges
lins conduisant de la frontière française à Nancy,
9 Nancy à Metz, à Brisach et en Franche*
té (1).
Mignet* tome IV, texte de cette longue dépêche.
Cette déclaration fut un coup d'éclat souverain comme la prise de Gand. En dépit de quelques difficultés suscitées par les alliés et par Liouis XIV luimême^ elle resta pour les négociateurs comme le cercle étroit qu'une volonté supérieure ne leur permit pas de franeiiir. C'est le désespoir du chevalier Temple : Ces conditions^ dit-il^ « étaient fort diflfé- « rentes de celles dont le roi (d'Angleterre) et les c< États étaient convenus^ et plus encore des pré- « tentions des alliés; mais comme ce qui regardait <c TEspagne et la Hollande avait été concerté avec a les chefs des principales villes (de Hollande)^ il se <c trouva que les propositions de la France furent « le plan de la paix non-seul^nent pour la Hollande, « mais encore pour tous les autres confédérés (1). » Dans quelques mois^ la volonté du roi de France allait être la loi de l'Europe.
Au premier moment^ les Espagnols^ les impériaux et leurs alliés d'Allemagne^ pour ne pas s'avouer leur désarroi^ crièrent bien haut qu'ils ne voulaient rien entendre. Ils refusèrent même une trêve de trois ^^ mois que leur offrait Louis XIV; c'était le laisser "*^ libre de continuer ses victoires. Il ne tarda pas à le ^^ leur faire sentir par l'occupation de la forteresse de Leeuw^ sur la frontière de Brabant^ que le gouverneur de Maestricht enleva (4 mai) avec six cents hommes sans artillerie. Huit mille Espagnols et l'armée du prince d'Orange^ mis en mouvement pour
;]) Temple, Mémoires, ch. m.