‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 85 sur 142 · PAIX ENTRE LA FRANCE ET L*EMPEREUR · texte numérisé non relu

PAIX ENTRE LA FRANCE ET L*EMPEREUR

A. I^a Haye, il y eut même quelques- cris de Vive le roif. Le peuple se plaignait qu'on n'eût pas tiré le c&non ou sonné les eloches. Dans les halles et dans les znarehés, on bafouait le prince d'Orange qui s'en allait bouder à la chasse pendant que le peuple faisait des feux de joie {!)• La fin d'une guerre si longrue et si onéreuse effaçait la rancune de l'invasioii. De pareilles démonstrations ne permettaient P^s au gouvernement espagnol de ne pas ratifier la P^ix, et ne laissaient à Charles II aucun espoir d'être P^is pour un allié sérieux. Ce ridicule médiateur dut '^^sf^er désormais chez lui; il avait assez à faire avec la Conspiration papiste , récemment dénoncée (23 août); ^^tt-e imposture incomparable qui a suscité tant de ^^i*curs dans la nation anglaise^ tant de rigueurs ^^^^Oainelles contre les catholiques, qu'on se demande ^^^X^ment l'intolérance peut ravaler si bas un ])euple *^ Icr de sa grandeur et de sa liberté (2).

^^uand la Hollande et l'Espagne abandonnaient

^'^^ lutte qui était leur cause personnelle, ce n'était

I^^ l'Empereur qui avait intérêt à la soutenir pour

^^^'t et sans eux. Il lui restait bien la cause du duc

^ Ijorraine, vassal de l'Empire, qu'il avait promis

^^) Dépêche de d'Avaux à Louis XIV, dans Mignet, tome IV.

. (^> Lingardy qu'on n'accusera pas de n'être pas un LM)n Anglais, dit

^^tte prétendue conspiration : a Imposture, qui mise en œuvre dans

*^^ époque de mécontentement populaire et appuyée par les artifices

l^s déclamations d*un nombreux parti, excita les passions du

j ^f>le jusqu'à une espèce de folie, et sembla éteindre pendant quelque

f^ '^{>s, le bon sens naturel et rimmaniU» du peuple anémiais. »

^^^e XIII.

de rétablir dans ses Etats. Mais ce duc, battu pam Créqui, n'avait pu rien entreprendre depuis la destruc — tion du pont de Strasbourg; la cessation des hosti — lités dans les Pays-Bas permettant à la France d'expé — dier sans cesse de nouveaux renforts sur le Rhin,^ il avait reconnu son impuissance en rentrant dansas le Palatinat, et en prenant ses quartiers d'hivem dès le commencement d'octobre. En Hongrie, lèse* aflaires n'allaient pas mieux et décidément ne per — mettaient plus à l'Empereur de diviser ses forces. • Depuis le mois d'août aux prises avec Tékéli, chetr des mécontents et des renforts de Transylvanie, if i avait subi de graves affronts; les Tartares pillanfi Neustadt, passant le Waag à la vue des Impériaux, et" ^ ravageant la Moravie; un religieux apostat s'éfi — géant en libérateur du peuple de Dieu, et répandante la terreur jusque dans Vienne; une victoire (Altsol)C perdue ensuite par des combats partiels qui relevaient ^ les vaincus (1). L'assistance donnée à ses ennemis domestiques par Louis XIV lui faisait une nécessité de la leur ôter en se réconciliant avec leur prolecteur.

Quoique, pour sauver les apparences, il se fît un peu prier, il accepta à son tour, dans la nuit du 4 au 5 février 1679, pour lui, pour le duc de Lorraine, pour Brandebourg, pour la Suède, tout ce que Louis XIV avait réglé. Toujours attentif à mettre de son coté les formes de la justice^ et à se

(1) Basnage.

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