‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 87 sur 142 · PAIX ENTRE LA FRANCE ET LE BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

PAIX ENTRE LA FRANCE ET LE BRANDEBOURG

Lix contractants^ en faisant le vide autour des adarsaires de son allié. Pourtant Brandebourg prétenit résister encore. Toujours occupé de lui-même . de lui seul, il avait profité de la guerre générale our arrondir ses États, et de la coopération des lires sans les assister. Tout récemment, après la aiix de Hollande et même celle d'Espagne, il avait îlievé la conquête de la Poméranie par la prise de Iralsund (28 octobre) et de Greippswald (15 noembre). Il ne put tolérer la sommation qui lui fut lite de rendre toutes ses conquêtes. Louis XIV ne rétendit pas qu'on pût le croire capable d'abandoner la lutte quand elle ne lui était plus nécessaire à luiléme et que son allié en avait besoin ; c'est un de es plus beaux titres de gloire. Il ordonna au maréhal de Créqui d'entrer dans les États de Brande- K>urg. L'électeur, voyant ses duchés de Clèves et de uliers envahis, somma vainement les Hollandais de es défendre. Furieux de leur inaction, il leur lança le violents reproches d'ingratitude : « Si nous ivions pu nous attendre, leur disait-il, à un pareil >ubli de nos services, nous ne nous serions jamais sogagé dans une guerre qui ne regardait ni nous ni OLOtre maison électorale, mais seulement l'Etat des Provinces-Unies. » Quelque fondée que fût cette plainte vis-à-vis de la Hollande, elle ne constatait que mieux son désarroi et* son isolement. Effrayé d'avoir à lutter contre le vainqueur de tous, il sollicita au moins de la France un répit, un armistice de quelques semaines, qu'il acheta par la remise

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aux Français des villes de Wesel et de Lippsladl (avril). Dans rinlervalle, il écrivit à Louis XIV pour obtenir une transaction. Il consentait à rendrez une partie de ses conquêtes^ il aurait bien voulu garder l'autre. Il reconnaissait humblement Tinfé riorité de ses forces^ mais il demandait grâce en retour de rextrême désir qu'il avait de servir leroir à l'en croire^ le roi n'aurait pas dans tout le mond< un serviteur plus respeclueux et plus zélé (1). Cet! prière ne pouvait pas être exaucée. A rexpiratioi de l'armistice (19 mai 1679), le maréchal deCréqi poussa devant lui les troupes électorales jusqu^av^i Weser. Le 30 juin, il passait ce fleuve après u:hhi brillant combat ; mais, la veille, le plénipotentiaijr^-^ de l'électeur avait accepté, à Saint-Germain, L « traité qui contraignait son maître à restitution.

Le traité de Saint-Germain restituait la Pomér^ nie aux Suédois, sauf une délimitation plus coc~ recte qui fixait l'Oder pour frontière entre les de»- ^ nations et laissait à l'électeur deux petites vill^^^s avec défense d'élever aucune forteresse sur le bor^*^

(l) Voici les passages les plus saillanls de cette lettre : « Après Monseigneur, je comprends bien que le parti est trop in^I des foi do V. M. aux miennes, et que je pourrais ôtro accablé d'un roi qui ' porté seul le fardeau de la guerre contre les plus grandes puissanO" -^ de l'Europe, et qui s'en est démêlé avec tant de gloire et do suc Mais V. M. trouvera-t-olle son avantage dans la ruine d'un prince a un d(«ir exlrôme de la ser\ir, efqui étant conservé pourrait apport^^^**^ à son service quelque chose do plus que sa seule volonté? Certes, V. ' ^' en me détruisant, s'ei> repentirait la première, puisqu'elle aurait ^

la peine à trouver dans tout le monde un princo qui fût plus véri .^Ubloment que moi, et avec plus de n^poct et do zèle, votre

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dcA fleuve ni sur le territoire qui lui était cédé. Coi3Qme adoucissement de cette rigueur, et en téntoig^TMci^e du plaisir qu'il éprouvait à voir P électeur rentr^^i* dans son alliance, le roi lui accordait une libéralité de 300,000 écus ; l'électeur promettait, à la prochaine vacance de l'Empire, de donner sa voix à LiOuis XIV (1). Nescia mens hominum fati sortisque ftittirseï Un jour l'héritier de ce suppliant, vainqueur à son tour par nos fautes, dressera sa tente a la porte du palais de Louis XIV, et, dans l'ivresse i'uïie fortune extravagante , rétablira pour luinaênae l'empire d'Allemagne deux fois détruit par 1^ politique et par les armes de la France. Ce n'est P<>urtant pas à Louis XIV qu'il faut nous en prendre ^^ ce besoin de représailles. Brandebourg avait été P^** deux fois le provocateur. Après la première défaite, mieux traité qu'il n'en avait le droit à la P^îx de Vossem, il était revenu à la charge par une "^gratitude sans excuse. C'avait été une manœuvre *^Silime de guerre que de susciter contre lui les Sué- ^îs, et, s'il les avait vaincus, c'était une dette pour le ^^ de France de les venger et de les délivrer. Loin ■^^puter à Louis XIV un abus de la force, les ^^*^lemporains ne virent ici que la justice de sa ^^se, et honorèrent sa fidélité à ses alliances.

Il ne restait plus que le roi de Danemark que le ^^nqueur s'était moins pressé de réduire parce que

m^}^ Dumont, Corps diplomatique, tome VII, texte du traité. M<î- '^e« du marquis de Pomponne.

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sa petitesse donnait moins d'inquiétudes. Il l'honneur de traiter le dernier^ mais aussi le d^ grément de céder sans aucune indemnité. Par traité de Fontainebleau (septembre 1679), il rcn aux Suédois, en Scanie Landskroona, Helsii borg, Marstrand; dans la Baltique , les iles Gbthland et de Rugen ; sur le continent, Wism sa première conquête. Tout ce qu'on lui laissa fui droit de retirer de ces places son artillerie ses munitions de guerre. Il eût bien voulu c Louis XIV lui accordât le titre de Majesté, d< les rois de France n'avaient jamais honoré les i de Danemark. II ne l'obtint pas; et peut-être ce une faute. « Si jamais, dit le marquis de Pc ponne, le roi avait besoin de l'alliance du Dai mark, une des conditions par lesquelles Sa li jesté pourrait le toucher davantage serait de accorder un titre qu'il souhaite avec tant d'ardeui Ainsi se termina la guerre de Hollande, qui sei mieux nommée la première coalition européei contre la France. Si l'on rapproche des clauses tous ces traités les propositions faites par Liouis X au 9 avril 1678, on reconnaîtra que jamais triom| diplomatique ne fut plus complet. Chose ino peut-être, malgré tant de langueurs, d'incidents ^ ries ou menaçants, rien n'avait été changé à l'a matum du plus fort; les autres subissaient le p tage qu'il avait fixé d'avance à chacun. Temple, des négociateurs vaincus et des moins résignés^ peut retenir un cri d'admiration : <x Je dirais éoi

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