‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 91 sur 142 · LA REGALE · texte numérisé non relu

LA REGALE

volonté dont sa correspondance est le meilleur noig^age. Ces lettres à Colbert sont preôque touirs partagées entre les recommandations relatives X plaisirs et au luxe de M"® de Montespan^ et

marche à "suivre pour que l'assemblée finisse e, et que tout réussisse comme il le peut désirer. Svéque d'Agen s'éUmt permis de parler librement, Ibert est presque blâmé de n'avoir pas renvoyé récalcitrant dans son diocèse; il devra au moins punir si sa conduite était contraire à ses devoirs, pendant Pavillon, évêque d'Alel, atteint particurement par l'ordonnance , réclamait l'assistance

l'assemblée. Harlay détourna la question, prot vaguement de faire examiner la requête et de ait^er la compagnie d'une affaire qui n'était pas ^s difficulté. Il n'y eut pas d'autres protestations.

roi félicita l'assemblée d'avoir fait avec tant de tine grâce ce qu'il désirait, et promit des mares de sa satisfaction à l'archevêque de Paris et aux ^Uculiers qui avaient agi selon ses intentions (1). 'idtôt une nouvelle déclaration confirma ce que le de 1673 avait réglé.

Etendant que l'épiscopat paraissait se taire, deux ^(|ues seulement continuèrent à réclamer, Pavili d'Alet, et Caulet de Pamiers. Quelle qu'ait été 1^ participation aux affaires du jansénisme et leur t^vagance de sainteté (2), il serait injuste de ne

\ (Euvres de Lmis XIV, tome V : Lettres à Ck)lbert du 5 au L^D 1675.

On voit, dans une lettre de Louvois à l'intendant Foucault,

pas reconnaître la légitimité de leurs plaintes, vestis dcf leurs diocèses depuis plus de trente an- ^ ils n'avaient^ dans ces églises jusque-là exem[>tes^

pli aucune des formalités du droit de Régale n'avaient pas prêté le serment de fidélité. Cette co dition faisant défaut^ on leur contestait la possessi de leurs sièges et la valeur des nominations qu' avaient faites aux bénéfices relevant de leur colL tion. Le roi prétendait nommer à la place de ce qu'ils avaient choisis et qui étaient encore vivaii.1 Ils tenaient bon. Pavillon n'y gagna que de se fai appeler par le roi un homme bien entêté (1) ; il mouruii en 1677, sans avoir rien cédé ni rien obtenu. Cai^let, toujours indomptable, finit par susciter ooatne lui des rigueurs dont nous parlerons plus bas ^ quand le saint-siége interviendra pour sa cause* Mais le roi passait outre. Il se mettait déjà en lutte avec le Saint-Siège. Dès 1675, il ranimait dans 1^ Sorbonne les débats sur le pouvoir du pape, sii^ l'infaillibilité, sur l'indépendance des couronne^ vis-à-vis du Saint-Siège. C'était une manière de s^ venger du pape Clément X, qui ne se pressait p»^ de donner le chapeau aux candidats présentés pa^ la France. On trouvait dans ce retard une preuve

que Gaulet avait défendu aux prêtres et religieux de eon diooéseb ^ coofesBer et d'absoudre aucun officier, cavalier, ou soldat» adi^*^ dans le temps de Pâques. Il exhortait ceux qui lui en portaient pl«i<^^ à quitter le service de la guerre comme étant contraire au sa^^^^ Voir pièces annexées aux Mémoires de Foucault, édition de M. BaoA^*

(1) Œuvres de Louis XIV : Lettre à Tarchevéque de 10 mars 1678.

PILIJIGE DES BÉNÉFICES 323

de la connivence du Saint-Siège avec l'Espagne. On s^eràhardissait dans la cour à parler contre Clément X, à le représenter comme livré à Tinfluence fâcheuse de son neveu Altieri. On demandait si, dans cet état regrettable , les princesc hrétiens ^'étaient pas autorisés à pourvoir au gouvernement de l'Église. D'autres proposaient d'envoyer les gaïèros françaises de Messine à Rome (1). Le roi défendait aux prélats d'aller voir le nonce ; et M""® de Sévîgné craignait qu'on n'expédiât à son gendre ''oindre d'aller pousser par les épaules le vice-légat hai^s d'Avignon (2).

^on content de nommer aux bénéfices vacants en

Régale, le roi forçait l'élection là où l'élection exis-

^it- encore. On en peut citer quelques exemples

^^Gîsîfs. Les religieux de l'Oratoire, ayant élu un

assistant qui déplaisait au roi, durent s'empresser

"^ le révoquer et se faire un mérite de cette soumis-

si<^ï:i (1672). A Reims, chez les Dominicains, le roi

^o^^lait pour prieur un religieux réformé (1674).

L'i ï:itention pouvait être bonne, mais les procédés

fut^^iQl tyranniques. L'intendant assista à l'élection ;

i^ dit aux religieux qij^il ne venait pas les contraindre,

?^* il souhaitait que Télection se fît canoniquement

^^ ^€lon leurs constitutions, mais que son intention

^^ît ^étre témoin de leur obéissance, et de donner

l^) GStivres de Louis XIV, tomo VI : Lettre omise dans le recueil ® Ï^Uisson, l** mai 1675; fragment d'une autre lettre appartenant ^^ X 4 juin 1675.

f^ Sévigné, Lettres, l^»" mai 1676.

l'exclusion à loul religieux non réformé. La congrégation de Sainl-Maur venait d'élire son général (1682). « Le roi, écrivait Colbert, trouve mauvais qu'on ait « procédé si vite. Quoique le choix soit bon y il aurait « été plus sage et d'un meilleur ordre de donner « avis à Sa Majesté du temps qu'on devait procéder « à cette élection. Elle vous fait savoir qu'EUees- <c time du bien de son service que tous les définiteurs « qui y ont assisté demeurent jusqu'à nouvel ordre tt dans le couvent de Saint-Germain-des-Prés; » sans doute pour être tout prêts à procéder à un nouveau choix, si le roi l'ordonne (1).

Il y avait plus d'excès encore dans la répartition des biens ecclésiastiques, telle que le roi se la permettait en vertu du concordat, et à la faveur de l'expédient si lucratif des commendes. On n'insistera jamais trop sur cet abus, qui, en dotant des revenus de l'Eglise les séculiers, les femmes, te favoris, les alliés, les domestiques du roi, atténuait le patrimoine des pauvres et livrait l'ordre monastique à l'anarchie. Louis XIV s'abstenait de donner les évéchés en commende; mais il les grevait de pensions dont la charge n'avait jamais été prévue par les fondateurs des églises. On a rapporté ailleurs (2) les plaintes d'un évêque de Mende, oblige

(1) Voir, dans Depping, les lettres dont nous avons tiré ces ^

(2) M. Gérin, Biecherches historiques sur l'assemblée du tkrg^ ^ 1682 : excellent ouvrage auquel nous aurons plus bas à faire ^ emprunts plus considérables, et à rendre un hommage bien ^ rite.

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