IMPORTANCE DES MINISTRES
tre côté où toîi se marie (noce de M"" de Loui) ne vaut pas cela. » C'était, en effet, la puisée de Colbert qui occupait en ce moment les rits. Racine, recevant à TAcadémie française bé Colbert, étalait avec complaisance toutes les strations de cette famille, depuis Tinfatigable ie du chef pénétrant dans les moindres besoins L'Etat, jusqu'à Fardeur, la vigilance de ses en- Ls, de ses frères, de ses neveux à le seconder (1). niques mois plus tôt, la marquise de Seignelay, che héritière tant souhaitée, » étant morte pré- :iirément, Sévigné disait : <c La fortune a fait là Doup bien hardi d'oser fâcher M. Colbert (2). »
I Discours de Racine, 30 octobre 1678.
^ Sévigné, 18 mars 1678.
338 HISTOIRE INTéRIBUEE DE 1072 A 1688
U. -^ Établissements de bienfaisance; les hôpitaux dans les villes. — L'indiutri«ï rt le commerce continaés pendant la gaerre; noarellê impulsion aprèi U paii. — P^îdIi de Flandre. — Manufacture de Louviers; faveur de Van Rc^is. — Travaux <fr communications; principes de Colbert sur cette matière: perfectionnement dn chemins. — Navigation intérieure; projets de nouveaux canaox; oanil dn loLoé' — Inauguration du canal du Languedoc.
A le juger par la plupart de ses œuvres, ce pouvoir d*un seul, servi par des ministres supérieurs, était bienfaisant au grand nombre et poursuivait, à travers les surcharges de la guerre, la vraie fin de 1^ politique, qui est, comme dit Bossuet (1), de rendre la vie commode et les peuples heureux. Et puisque nous avons prononcé le mot de bienfaisance, commençons par les soins apportés au soulagement de la pauvreté et à la répression de la paresse. L'hôp»* tal général établi à Paris en 1657 était resté pendant longtemps le seul pour toute la France, et, parcoH' séquent, incapable de suffire à la multitude qui 3 affluait de toutes parts. La persistance de Colbert ^ occuper les pauvres de cet hôpital aux travaux cï* l'industrie n'avait pas du premier coup inspiré ai^^ autres villes le zèle de l'imitation. Il commença poii- ^' tant à être compris en 1672. Son frère, Févéq»-* d'Auxerre, ayant trouvé une maison propre à un ét^^ blissement de ce genre, il le soutint avec viguei*^' et chargea l'intendant de Dijon d'y apporter tous
(1) Discours sur VHistoire universelle^ troisième partie, chapitre '^ '" ' Égyptiens.
LBS UOPITiLUX DANS LES VILLBS 3S9
%, de presser les magistrats de la ville d'achever entreprise dont les avantages pouvaient être corir 'obles. Il encouragea aussi énergiquement les *e et échevinsdeChaumonten Bassigny à ouvrir asile semblable à leurs pauvres et à y établir Iques manufactures. « Rien de meilleur^ disait-il^ de pareils établissements pour bannir l'oisiveté . fainéantise du peuple (1). )» Le roi partageait idées bienveillantes. Colbert lui proposant un * d'exempter d'une taxe imposée aux faubourgs liaisons qui appartenaient aux hôpitaux de Parls^ avait aocordé sans hésitation : on ne regrette I sa réponse que la pensée d'intérêt personnel se mêle à sa bonne action : « Dites^-le-^leur plus jueplus tard^ de manière qu'ils m'en aient l'obli- 3n (2). D Mais^ si ses motifs n'étaient pas tout à purs^ il n'en prit pas moins une décision utile 676^ en ordonnant l'établissement d'un hôpital &ral dans toutes les villes et gros bourgs de son lume. Avec des intendants dociles^ l'exécution it de près la déclaration. Foucault^ que nous naissons déjà^ concerta immédiatement avec Sque de Montauban les mesures pour commencer cette ville^ et quelque temps après il fondait un 'e hôpital à Cahors (3). Le mouvement donné se imuniqua partout. En 1680^ le roi pouvait dire
Ck)lberty Lettres ej Instructions, 1672 : Ck>llection Qément,
Lettre à Colbert, août 1673 : Œuvres de Louis XIV, tome V. Mémoires de Foucault (1676).
qu'il y avait uii hôpital générai dans pi*esque ton les villes considérables du royaume. Dès lors, celu/ de Paris fut réservé exclusivement au\ pauvres de la ville et de la prévoté et vicomte de Paris.
Les règles établies à ce moment pour l'hôpital de? Paris nous font comprendre que la pensée du législateur était de démêler la pauvreté véritable de Is» paresse, de soulager Tune, de forcer l'autre à se changer en activité laborieuse. « Il faut pounoir^ dit l'Ordonnance de 1680 (1), à l'entretien des véritables pauvres, et à la punition des gueux vagabonda que l'oisiveté plonge dans un nombre infini de dérèglements, et rend des membres inutiles et onéreux à l'État. » En conséquence, on recevra à l'hôpital ceux qui sont dans les conditions nécessaires, ot^ refusera les autres. On ramassera tous les pauvref»^ qui auront été pris mendiant, dans les lieux de dép^^ près la maison de la Pitié ; après examen, les pauvre^ en état d'être reçus par l'hôpital y seront renvoyés^ les gueux vagabonds seront mis en prison. Toui^ personne valide, de seize ans au moins, ayant L^ force nécessaire pour travailler, et prise en flagniiB*' délit de mendicité, sera enfermée pendant quini^ jours et ne recevra que ce qui est strictement néoe^'^ saire pour vivre. Il en sera de même des pau valides refusés par l'hôpital. En cas de récidive, prison sera de trois mois ; à une seconde récidîr ^> d'un an ; à une troisième, pour la vie. S'ils s*échai- T
(1) Voir lo texte dans Isambort, Anciennes Lois françaises^ XI'