PROSPERITE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
travaillé au fuseau ; et de ce dernier il entrait en
France une quantité de la valeur de deux millions.
Il commence (janvier 1682) par le pays d'Alençon
où les femmes avaient déjà la pratique des dentelles ;
si^ pour leur enseigner le nouveau procédé^ il faut
appeler des ouvriers étrangers^ il donnera toutes
les facilités nécessaires (1). Les premiers efforts
n'ayant pas justifié ses espérances^ il travaille à
importer cette fabrication aux lieux où les dentelles
ne sont pas connues^ où la routine ne contrariera pas
la nouveauté. Il charge l'intendant de Rouen
(29 juillet 1682) d'examiner si le Havre ne serait
pas^ comme on le lui a indiqué^ propice à la nou-
"velle manufacture. L'intendant séjournera quelques
jours dans cette ville; il recherchera avec le maire
«et les échevins les moyens de réussir. Tel est son
empressement^ qu'il parle en son nom^ qu'il oublie
iiu peu la réserve qu'il gardait si bien vis-à-vis d'un
^naître ombrageux; il fait presque le roi. Il com-
Tnence à la première personne : « L'application que
j'ai à établir en France toutes les manufactures qui
entrent des pays étrangers dans le royaume m'oblige
à vous écrire ces lignes, d II finit en se montrant
à côté du souverain : « S'il était nécessaire de faire
quelque chose de la part du roi^ je ne manquerais
pas de le faire (2). »
Pour le commerce^ bien déterminé à ne pas plus
(1) C!olbert à Morangis, intendant d'Alençon.
(2) Golbert à Leblanc, intendant de Roaen.
le laisser languir que Tindustrie , il le poursuit^
peut le dire, de sa surveillance et de ses excitatioi
Il ordonne (1679) une enquête pour vérifier
quels éléments le commerce dispose, et il const
que le nombre des vaisseaux marchands a doul
en douze ou quinze ans (1). Il veut pénétrer p
au fond, il ne s'en tient pas aux déclarations c
marchands <c dont le style est toujours de n'être j
<c contents ; » il recommande à ses commissaires
rechercher ce qu'il circule d'argent, quel en
l'intérêt, si les marchands font quelques dépen:
personnelles, s'ils sont bien meublés. (( C'est j
l'examen de toutes ces choses qu'on peut tirer u
conséquence sûi^e que le commerce va bien
mal (2). » Pour leur donner confiance, à la favc
de la paix il met en mer de fortes escadres con
les Barbaresques (1681). Il fait servir à la proti
tion des marchands la domination hautaine q
Louis XIV exerçait alors sur l'Europe. Duquesi
chef de l'expédition, passera entre l'Italie et la S«
daigne et s'approchera des côtes d'Espagne pc
forcer les galères espagnoles au salut. De là il tire
droit sur Tripoli; il y demeurera quelques joi
pour faire comprendre aux corsaires la force d
escadres françaises, et les retenir par la craie
dans leurs ports. Il passera dans l'archipel, et s'ava
cera jusqu'à Smyrne, pour donner protection {
(1) A riatendant de Rouen, 28 mai 1679.
(2) Colbert à Morand, intendant en Provence, 1682.