‹ Histoire du règne de Louis XVIChapitre 10 sur 23 · DÉBATS DE L ASSEMBLÉE · texte numérisé non relu

DÉBATS DE L ASSEMBLÉE

faire rapporter le décret readu en l'honneur des hommes dont le courage avait étouffé la rébellion ; mais 06 d^ret eut pour défenseurs Mirabeau, La Fayette, et même Alexandre Laineth et Menoù. Un seul ar» ticle fut annulé, et ce fil t celui qui remerciait lesaih» tontes civiles : leur faiblesse avait cédé aux injonc tions deïB rebelles.

De grandes discussions de finance se mêlaient aux discussions sur les troubles. Trois cent trente millions d'assignats étaient déjà dépensés, sur quatre cents mil« Kons décrétés; il fallait, pour finir l'année et.pôiir commencer la suivante, trouver une somme queNedc.er évaluait de 1 5o à aoo millions. Sans paraître s'aper* cevoir de cette situation critique, le hardi comité des finances , dont l'aventureux Montesquiou était l'or-» gane, présenta un projet pour rembourser hi dette exigible. Le comité entendait, par cette expression, toute la dette non constituée, et l'évaluait à 1878 millions. Mecker fit des observations sur ce rapport qui ne lui avait pas même été Communiqué, tant aux yeux desjatnes financiers de l'assemblée, ce ministre était un homme usé, inutile, importun: une épitbète plus triste encore, le mot ennuyeux^ échappait quelquefeis de leur bouche. Nedcer prouva que la dette dont par* lait le rapporteur n'était réellement que de 54^ mil* lions, parce qu'il fallait défisdquer les sommes dont le remboursement était libre, et celles qu'on ne pourrait payer sur-le*champ, alors même qu'on le voudrait, ,les créanciecs ayant des comptes à régler, etc. Sans doute

!l6a THOUBLES DU aOTAVlliS»

laeoinité qui aimait l'éclat de$ gpandea opëfntioç^^ aTttit trouvé lin avantage à ne pasffiiredçs dîstîiM^tioM si Jnsteis ; Aiais autant il mettait ée hardiesse k ét^W le montant de la dette, autant il avait x)u sifflotait 4^ prudence sur le modp de remhpurswiçQt } il pQmt et knss^it incertaines des questions^ do»t U plUa ifi^pQ^^ tante était celle de savoir si l'on augmeDjt^HTMtMpMUfS^ (ieB assignats. ^ .:..' i ,

f?t Mirabeau parla le premier (37 août); sMiUvi» ïv& de ^rembourser ^ n assignats hi totalité de . Uu detb^ ^](in gtM^,;et démettre en nifnta tsurrlerchanip Kms^ JcA doÀiaines nationaux. Une opiuion si ti^nc^Ante con^ tras|be avec le silence qu'il avait gardé lors des iâ»tê •ul> là création du papipr^raonnaiei.pourcpioi tant-d^ réserve d'abord, et tarft d'ardeuD ensuite ?\ . u : ;, :u ^^' Mirabeau j dans ses éorôtf aaijbéri^ura à la t ëun^QH 4i!^ ^ts««géaéraiUL, s'était prononcé eootre.le. (Hlgiw^ ifaondaie. Dans une lettre à '£^2/^1. (janvier: 1739^)1 ilfivait d^tque l'existence de C8*papier estime sçoipQi de tyrannie^ d'mfidéUiésetdeehiniereSf 'f[W;sa créciT lion est une ^véritable orgie deVautorità in, délire. Il kii répugnait de démentir > sa doctrine ) d'aÂUew»^ $!il croyait k^ biens dû clergé fiéceasaires âuSibeeoiQS. ^ Véù^ty il n'était pas de mémq Goavaî[nou qafi:la.veQt9 de ces bieiis es^igeâfe la création d'un papîef dont- il connaissait les dangers.. Touftefois, ëbraqlé par jes rait ibrittëmens deoeux qui voulaient en prouver la ttéoeir sfié^ it avait dit an piilieu d'une cUfOnsaioa financiànf ( î^ octobre 1 789) ,* que « (jans àeà •cireonstanûes. ex**

]>iBATS DE L^AftSBMBtil. Sl6S

trémement critiques, une nation peut être forcée de recourir à des billets d'état ; et qu'elle le fera sans de Ifraves inconvéniens , si ces bil}ets ont une hypoth^ que, une représentation Ubre et disponible.» Incertain s'il convenait de faire à la France l'application de oês idées, i) n'alla pas plus loin ; il restait, sur la question du papier-monnaie, plus économiste que révolutionnaire. Biaitot après la création de^ assignats, il devint très probable que de nouvelles émissions seraient décrétées. Plusieurs hommes k projets hardis, tels que Clavière, entretenaient Mirabeau* dé leurs "^^oaceptions en ft> nance , dont il saisit surtout le côté p<^itique. Une ftbmidi^nte émission de papier^mônjaavB donnerait \^ moyens de subvenir sans peine ati!£ dé^iises, d^apla^ nîr tous les obstacles finàticiers, tatidis que les ressources ordinaires ne pourraient les surmonter que tiM^ tnealànément, et en laisseraient rçn^ître sans cesse de nouveaux, contre lesquels il faudrait lutter encore ( mais cette grande opération ayait bien d'autres avantages aux yeux du révolutionnaire homme d'étaU lia fortune de tous les Français entre les mains desquels alluit passer ce papier deviendrait plus ou moins dé* pendante du crédit cpi'il conserverait', et ce <;rédit s^ liait auK destinées de la révolution. Ainsi l'égoïsme inéme entrerait dans les élémens du patriotisme. Cette masse de papiers n'ayant de débouché que les domair nés nationaux, en forcerait la vente; ces domaines 9e dksémineraient entre une mnkitude de femille^^^^ chacun des nouveaux propriétaires serait uqdéfeiisear

a64 TKOUBLES DU ROTÂUMf.

de l'ordre de choses qui lui garantissait ses acquisitions. Si Ton portait plus loin les re*>ards, on découvrait de puissans véhicules de prospérité dans cette subdivision de domaines livrés à l'industrie particulière, dans cette multiplication des propriétaires. Les ennemis du nouvel ordre de choses devaient être découragés par une vaste mesure , qui répondait à ces deux prédictions : lés biens du clergé ne pourront être vendus, les charges ne pourront être remboursées. Enfin Mirabeau, résolu à bannir Tanarchie, mais à garder les conquêtes de la révolution, sentait la nécessité qu'elles fussent défendues par de nombreux intérêts; il eût voulu mettre à Tinstant, dans toutes les mains, des papiers de Fétat ou des propriétés nationales.

Avec de telles vues , il s'efforçait de prouver aux autres et de se persuader à lui-même que les assignats n'étaient pas un papier-monnaie : c'est, disait-il , un papier territorial. Lancé dans cette voie, il y portait son ardeur et son éloquence ; il entraîna bien des suffrages par la manière dont il prononça ces paroles : «J'entends Içs Américains dire aux Français, nous avons créé, pendant notre révolution, de mauvais papier-monnaie, et cependant ce papier nous a sauvés; sans lui notre révolution était impossible; et vous qui avez aussi une révolution à terminer, qui à côté de grands . besoins possédez de grandes ressources, vous qui avez encore plus de domaines à vendre que d'assignats sur ces domaines à distribuer , vous qui, en créant ce papier solide, ne contractez point une dette

BJÉBATS DE l'assxmbliée. a65

mais en éteignez une , vous n'oseriez vous confier à cette mesure! Allons, après avoir commence votre carrière comme des hommes ^ ne la finissez pas comme des enfans. »

L'orateur venait de quitter la tribune, lorsqu'il fat donné lecture d'un mémoire où Necker exposait les dangers qu'une émission considérable d'assignats entraînerait pour le gouvernement et pour les particu* liers. <x II faut, disait le ministre, se défier des inventions avec lesquelles on veut s'affranchir, en un instant, de tous les embarras accumulés par des circonstances inouïes. . • Les abstractions en affitires publiques me semblent tous les jours plus redoutables. Il est peu de personnes qui, dans la carrière du gouvernement, n'aient pas commencé par elles; et plus on a d'esprit, plus on les aime, parce qu'elles présentent à la pensée un domaine immense ; mais, à mesure que l'action de l'administration nous met aux prises avec les réalités, on se dégage insensiblement des idées systématiques, on se voit forcé de soumettre son imagination au joug de Texpérience; et, en observant, on respecte davantage ce résultat précieux de tant de réflexions et de tant de pensées. »

Cette lecture fut écoutée sans intérêt, et les dispositions de l'assemblée ne dédommagèrent point le mi* nistre du peu d'égards qu'il avait trouvé dans le comité des finances. I^e découragement s'emparait de son âme; ses forces physiques l'abandonnaient; il voyait une grande lutte s'engager, et sentait qu'il ne

a^ imouBiES DU botauhb.

pourrait la soutenir. Une émeute dont j'ai parle ai^ riva; les agitateurs qui imputaient aux ministres le massacre de Nancy ^ les accusaient aussi de repousser les assignats qui sauveraient la France. Des cris menaçons suivirent des motions sanguinaires. La ■Fayette, dans la soirée, envoya vers Necker un de seB aides de camp pour lui conseiller de prendre des pré»* cautions; et îlecker se rendit à Saint-Ouen, où soft arrivée causa quelque agitation. Il crut devoir, pout a'y dérober, sortir secrètement de sa' maison ; et, pendant une partie de la nuit, il erra dans la campagne. Le lendemain il revint à Paris, avec sa femme crueli» lement alarmée ; lui-même était navré de tristetoe; il se décida à donner au roi sa démission, qu'il motiva sur l'état de sa santé affaiblie par une longue suite de travaux^ de peines et d'inquiétudes. La lettre qa^ij^ écrivit à l'assemblée pour l'informer qu'il se retirait fut reçue avec la pluis complète indifférence, et son'dé*> pari ne causa aucune sensation. Quoique l'ex-minis» tre, eût deux passeports^ l'uu du roi, l'autre du maire de Paris^ la municipalité d'Arcis*»sur-Aube le retint et voulut avoir les ordres de l'assemblée nationale. Ses ordres furent conformes à la loi, bien que plusieurs députés fissent des réclamations, en exprimant des aentimens de défiance et de haine peu honorables pour eux. Necker ae vit arrêté de nouveau , par un rsis» semblemont, à Yesoul; mais la municipalité protégea Bon passage. C'est, ainsi que cet homme, longtemps objet de Vîdolâtrie publique, se rendit en Suisse, d'oii

DÉBATS m i^As^mmiiMi ^67

tant 4e voix l'avai^i^t r^pp^lé Ifaq^ée ^vécéàMt^ et dont bi*etQur Avgjt «u tout l'^l^t'^ ur^e mfirdpie trunni»

loimiiaie, fie pralongea pendrint> un lopis^: Ta^s^pUed était très io^çisç. Ce p'esi.pfi«i itinîqueiQieQtt.daBS fum aeia quç/ cette ^anâe qu^ûp^^'agitiôtt X^es àkwibom de commerce et; le$ cpo^munsiut^s d«^ prinoipaka Vif» lea du royauim auvoyaiont dm^fftdrefîSi^ où>8è.^tvoiii viâent e^priméest des opiaip^a- diY^rgetttQa) mskJai pkia: nomb'eusies blâmaieiit ]a mesure ;pnoposëe^ j^ sûsuni la déclaraient déaaâtreusfi jet la repoussaiei^ ayte effroi. Des administrations^ df departeinQiit,', d^ dîi« trîct^ d^.munifiipalilé^ faiaa^imtAUssà. connaître leiirs vfiPUK^ et la:ma}wrté redpuUitune forte émiasioii d-aasigioats. Il eirpulaiit dea brQobure^ f9it?a avfa tel^it^ danA. ààs aeoa . différem.^ Clm^^ r^andait le^ âdéei tivôrâblea au-^piep^mo^naie^Vinaif ^iloa .^i<ant i^y^r battues pan! dwtf as hom^eaiiiconniis en-^qnmi^ politique :. Dupont de Nemours, Forbonnai^ Cffidi^ €0^ et€* Les agioteuFa iutr^^ujitoM; unf)|;irf)nâf ^i>pf^ pation.fiiiancière telle«que i<^:9enibQur$emePii A^.h dette exigible; excitait leur rapaaité} ils se prépaifftiei^ à? de triples spéculations surJes titvea de erém^e^ mv

les assignats et sur les diJnis^nel/

Le projet révolutionnaire trouvait dans l'assemblée ijpe for^e opposjLtiQ^. Ce n'était p^ ^eulenjent Iç. cpté

droit qui: l'-attaqvuit; les homgaïQs^ nxodér/és^^eti.mâoM des tnemtîreii «dû cété gàuché;-dont Jes^ tipiiïion^ «e

a68 THOUBtïS DU fiOYAUlfE.

manquèrent jamais de hardiesse, combattirent ce hasardeux projet. Un deft discours les plus remarquables fîit celui de Talleyrand. On distingua ceux que pro-* nonoèrent Malouet, Le Coulteux, Delandine qui ne laisse pas de souvenir politique, et qui cependant offrit souvent des idées sages à la tribune. Dupont de Ne-* mours, en sortant de la séance où il avait exposé son opinion , fut insulté par la multitude : il s'était fait plus d'un titre à la haine des agitateurs; il avait dé~ nonce ceux qui, après l'affaire de Nancy, étaient venus troubler les délibérations de l'assemblée; et sur sa proposition elle avait décrété qu'ils seraient poursuivis : ils ne le furent jamais.

Le talent et la ténacité de Mirabeau firent peser un poids énorme dans la balance ; sans cet orateur les adversaires du projet auraient triomphé. L'éloquenoej le courage qu'il mit à soutenir son opinion, le firent regarder, ainsi qu'il voulait l'être, comme le chef du parti qui provoquait une grande mesure financière et politique (t). Mirabeau produisit une vive impression en répliquant aux objections faites contre son système; iltiut tenir constamment l'attention captive, c» prononçant un discours qui dura deux heures et de« inie« Maury s'jétait avancé avec assurance; il avait dit : « Je jette le gant à M. de Mirabeau : » il ne fit guère

(i) Dans la discussion, il lui échappa de dire, en parlant des députés dôiit Topinion était la sienne, mês muxUUdres. Charles Laneth releva aVèe afgrenr oelM) epipressîpn, ainfnlière en effet dans la bouçiie d*iin collégqè.

querépëter des considérations et des argumeos pré^.

sentes avant lui; mais il les anima par des mouve^

mens oratoires» II ouvrit un livre imprimé sot^s. lif

f^ence^ et lut cette phrase : M. La<p n'a pïm d^<W^

nemis que ceux du bien public., f^ Ce sont les ëc^hqa.

de pareils flatteurs, dit-il, qui dans ce moment nom»

dénoncent au peuple, v II montra des biUets de Lany

en s'écriant : ,« Le voilà ce papier funeste eour^

vert, des larmes et du sang de nos {>èrea; j'en ai vu

des amas immenses. Regardez oejB .biUets comme;dw

balisa sur des écueils, pour vous. avertir du naufi^ge

et voju» en éioigner. j» Ces mouvemeiis eP^citèrent TeD^

ihpusiasme de son parti, mais nei^hangèrentl-opiniim.

de personne ; il y avait entre lui el Mirabeau la àiSSAA

rence du. rhéteur à l'orateur. On entendit Bara«ve^

^pie les. tribunes applaudirent avec tant de violence al

de .tumulte, .que le président fut obligé de les rappelai)

i^dtr^i^ct quelles devaîeni àJ'assemblée* Barni^v^

par son disooui^s clair, méthodique, pressaal , déddi:

plusieurs honimes i^e Mirabeau avait laissÀ enoonl

incertains. .. -i - t (♦

La 'discussion fiit close et le vole deil'as^embl^

n!était plus douteux. La minorité se permit une decefr

espiègleries qu*eUe devrait ^'interdire toujours , afin;

dé; cbnservô* la dignité. nécessaire au parti qui "sikh

cdmbe. D'Espréméuiil fil la j^isanterie de lire un*

projet de décret qui rétablissait le clergé dans la poa«f

session de ses biens, les parlemens dans rexereiceiiAii

lenr^ fonctions, etc^Maury et Ca^lèa se prétèrekuAt

û^h TRÔtlfitiiS DU ftÔTAUM£/

dëfendî^e lëtir cdllégue contre le& sârciismei» dont: il àëiiht l'objet. Une dernière tentative ' fut faîte pour i^2lttiér la délibération t Cazalès s'élança de la tria

butie au bureau , et dit, avec des gestes^ meniçaiysr^ quelques paroles perdues dans titi bruit effroyabla Le êàlnie rëtablr^ l'tisseniblée pi^onça «que la dette jnofa «oTHstitùée et celle du o^rgë «seraient remboursées ««Éi atoîgnats,et qu'ilu'y; aurait pas en circulation plusdâ êàuÉe eetits millions* de ce ^piery y' compris les <^v ft%) Cents millioni^B^à décrétés (^9 ^ptènibre)v -^l- '"'r'^^Ai^ que Mirâd3eaiii livrait 6% -ecmAÀt^im âuM se prépai*ait. L'attention publique QpUâit îître appelée i^r lo pré^éâttre i4^Mfke cotiii»ë' les attentat» ^'oeidi btk'-Le conuftédèé redierches de la ville d& Parisi eà proir^fqtiànt les investigations du Châtele^ savait pfiff doin de'spécifier qu'il -demandait ta ;poursuitede^ ctîp mes commis »le 6 octobre; C'était .ne vqirr^'Oodjpiii' bkr/ datii les éifé[ïeméaêj que l'iit'uplioâ des-bitigand» au ichàteao et les asiqsstnàts dont ib l'avaieiit a0ùillé(( L^iiivasioB:âé Versailles^à iMinr-armée^dan» lu joyK{ née du 5, n'était point un délit aux yeux da-ooinité^ ei^ilbrsque .leiChâteleti lui représeftiËa :x]û'il; serait héoeasaire .d'étendi^ les -recherches .à/tAb&les ; £iitSA:qàî[ poUvaient.éckirerbeuK'idu jGoctbbité, Iqs «agtstrqt» Feçurènt cette répoiEm^-^Youslaqi^fe parier, de c£iilfc dûnt.^ielque9t«ins:iioi:6;pataiisseht'pka^^d^ reeonnaissahcQ: piibUqûe qàef.d'iLiiej procédure cmmfe} Qitile.* 3»La Ghâtslbt^iiepeildant^ iyaitidèBsé loiUeila»^. tâtliibià.te£ recbtcohéà ;iil fut -mêine: déi;iondé pai^ plst^

sieiti^ disirtetfir qui l'acousaîe&t de faire le {)M6èH 4' tàf révolution et au peuple de Bans. • îi»:' =

.' Dix mdis aVàieht été éuplo^ég etl'tHsoher(;bes ju-^ dîeiaires ^ lorsqu'une députation dû Chàfeiet -îé pté^ aenla à la,barré de l'âssetûblée natioilsile^j^ai^l).^»! efatendit airëc sul*prise le langage déalaibatcifGf 4^ Itlà^ giatrat orateur^ il se donnsi un ridfottle en patoâififilnj w:âébut de son discours > un^Yer8;de^Zaïr«}-«iîO>ii9 venons déchirek* le voile qui couvrait un» jp^((eédufl( troj^ famhiixy m vent être coMiUs ves set9^tS'4)iàP^ dkhbri^url » Le magistrat anUtonçâ que 4iHt ^IAëM« bres^ de rassemblée, naiionàto (të duc^ d'0'HèiM>'«t Mirabeau) étaient inonlpés dM» légadépdWtibfiiiv'^iMl sans doute ils s'empdesiciraijehtf*^ >^âWfidl^'t<Ai/i^ Varène pouc'i^ive trioibphèffileur ]hilOMâ«»!^ifti^ ({lia k jiige;fiepouvant procède^ Motir» ddL,«4ailfi^i)f^^(fivë kufknrité |)ar un décret / il Veaaft dépôket^^stti^k'^btt^ rcau les pièoèSL de kplwédke;Mii*abettuié!»!f|ab^ vement la làardie» que devait ^^i^re' FàsSëÉfidiéèyA denumda Un fprompi rappt»i*c Maury téblail» qil^W renvoyâti la; procédure: au- Ghât^let^ 'a1iË(^ bt<«h«'^é<4i continuer, en dédorant que^'id-ttet^émiiittit'qtti» €k bitoyens égaux en droits. Oet; avis dbàtrinf è ti 4*^^ pendauce de la r^résentatâ^a na^iofidle be : pt^ilit itre soutenu^ et déjà la iiqaesfttloli ^vait ^ 'd^dëe dans I une dfihire où ae trouvait MipkqfMiSMdtrièji .membre dà côté droîtj •" -• ^- • "•-*■ tMi:> ^i^pi^'*'» . Le comité chargié de'l^mai««)» deUM^èlMftVlSt^ ^ :rapportpi|rrorgftnede€hal»tfoii4 (3los^tèdlbfite).|iM-

aj^: TROUBLES DU BOTAUXX.

seulement il n*est pas rare que deux partis opposes méritent à-Ia-fois des reproches, mais^ en révolution; c'eât ce qui résulte habituellement de l'état des esprits. Le Châtelet avait laissé voir son désir de trouver cou* pables le duc d'Orléans et Mirabeau; le rapporteur ne s'occupa que de récriminer contre le tribunal^ et de blanchir les accusés. Si on l'en croit, ce qui s'est passé est fort simple. Le peuple de Paris accourt à Versailles, parce qu'il manque de pain, parce qu'il croit que sa li* berté est menacée et que.la présence du roi à Paris finirait ses malheurs. Le 5, un garde-du-corps a eu le braa fracassé d'un coup de fiisil; mais cet oflScier a poursuivi et frappé un garde national qui forçait la consigne ; le .rapporteur en conclut que les gardes du corps ont été 1^ agresseurs. Du moins fera-t-il peser son in^ digQation. sur les crimes du 6 octobre, pour séparer là cause des Parisiens de celle d'un ramas de brigands? I^ùa-, il perd de vue une distinction que le comité des recbeitshes de la commune l'autorisait à faire ; et voici quel est, dans sa bouche, le résumé des forfaits qui ont ensanglanté le château : « Il parait que le peuple n'a commis un meuitre que pour en venger un autre* Il pajrait que la méine chose est arrivée dans le grand escalier, théâtre de la dernière scène. Aussi je re* marque que deux têtes seulement ont été coupées*- (A ces liiots, de violens . murmures éclatèrent.) Je re* marque que deux têtes seulement ont été coupées, 'bien qu'un plus grand nonlbre périsse, parce que la -vengeance, dans le premier moment , a épuisé toute

DEBATS DE l'aSSEMBUSE. tVJ^

son atrocité. Aussî^ je remarque qu'une rage excessive se dissipe quand les gak*des du corps sont retranches, et qu'une poignée de grenadiers nationaux sépare tout.» Le rapporteur^ après avoir accusé la procédure de ré>pandre une tiédeur qui engourdit le patriotisme^ et de jeter la division dans les esprits, conclut à ce que l'assemblée nationale déclare qu'il n'y a pas lieu à des poursuites contre Mirabeau et le duc d'Orléans.

Bonnaiy en prononçant quelques phrases pour réfuter les calomnies dirigées contre les gardes du corps, appela ce rapport un vrai modèle de plaidoyer pour les grands criminels. ^

Maury fut éloquent, surtout dans ce passage : a Le rapporteur nous a dit que la procédure est dirigée contre la révolution... Je demande qu'on me définisse enfin le mot révolution; je demande s'il est dans le sens de la révolution de souilla le palais de nos rois par des crimes dignes des cannibales, de massa-* crer la personne sacrée du monarque, d'assassiner soà auguste compagne, de déchaîner contre cette princesse une légion de tigres; je d^nande si la révoln* tion a pu être un titre d'impunité pour les plus grands crimes, si elle a pu autoriser un vil ramas de brigands à méditer, à concerter les plus noirs forfaits contre l'assemblée nationale et le trône; je demande ênfifl si Von regarde comme ennemis de la i évolution tous ceux qui sont profondément révoltés des attentats dé Versailles ? Dans cette supposition , messieurs, je dé^ clare que je me mets à leur téte^ Non! ce n'est plus T. m. i8

a^ THOCBLES DU ROTAIWI*

d'une révolution, c'est d'une révolte qu'il s^agit, d'une révolte contre la constitution elle-même , d'un véritable régicide : c'est déshonorer la chaîne de nos décréta que d'en suspendre le premier anneau au poignard des assassins, d

L'orateur avou£^ que l'information ne lui présentait aucun fait gi:;ave contre Mirabeau^ et qu'il n'y voyait rien qui dût &»re naître aux juges du Châtelet l'idée dé le décréter ; mais il regarde le duc d'Orléans comme trop gravement accusé pour que ce prince ne doive pas ambitionner un prompt jugement : il développe cette opinion avec d'autant plus de force qu'il conserve toujours la mesure qu'exigent le rang et la situation de l'accusé. Après-les efforts de Maury, dans une séance précédente, pour Êiire renvoyer sans examen la pro-^ oédure au Châtelet, on ne peut loi supposer, en faveur de Mirabeau, un sentiment généreux qui naît quelquefois de la rivaUté même ; Maury voulait isoler le dac d'Orléans pour lui porter des coups plus sûrs. . j JMirabeau, avec l'accent de la fierté, déclara qu'il ne montait point à la tribune pour se justifier ; qu'objet d'imputations ridicules^ dont aucune n'était prou<* Tée, et qui n'établiraient rien conti*e lui alors même qu'elles seraient toutes démontrées, il ne se regarde pmit comme accusé; s'il profite d'une occasion solen** i9i!çUe pour.éclaircir des fiiitsque son mépris pour les iibellesiet les bruits-calomnieux ne lui a jamais permis d'dttaquerye est. afin que la malveillance ne puisse jet«ii}|urc6Uxquier6iroet devoir T-absoudre un sou)>çon

i Mir^jMop aVait dédaigné d'iéoHre. ta dé^ ftnsie^ B s'^bandoone-âi. l'impravisotiôn. fimployaiit avec habileté r^sûmtt du raisonnement, et quelquefois celle detk'pkisanterie, toujours. il se joœdes accu^ :râtionk}LcE les ;faii: pasiser rapidement devant lui^ et dotoue tantôt des «plicatio^, fratppanles, tant©^ des d^aila :i;ttrieux« ÀpièS' lês-^àyoir toutes; «parcourues^ «Quelle est donc^dit-ily cette '^ande part' que j'ai priiie )aux éviéirànens dkmC la '{Iroeëdure estiV^Bjet? Où sont lés préifares de' la cdqiplioité^'on pie reprocèw? Quel est leenttfô dont on'puisB^ dire d^ mort il^eniest l'au^

.teur ou la cause? ' )^» ■^i'-i '

« «Mats î'pubUe que ^lemprupte le kéigaga d'aq aci> tiusi^ ItfFsqàe je^dcî^câ&;p^iidré celui d'ud âocusateun Quelle e^ cpfte procédure dont l'informatioa n'a pu être ach0véey^d0nt toupies ressorte n'ont pu létre oom^ binés dans^ une amy&entièra|;.vi^islle mt^fette pro^t;ëdthie^^cnM,'^inén^n€^ iit^V pé»i^ûûék A\&ét^nieé^j ^AntdlkbÂijrd6¥rï»éèj,' Daniel? Reprise, selon lés- vae$j'l«^ leraintfs*^! lég eÀpépân€es^^^*se»'iiïâéhinateil^à^«i'à ivé pëh^atift^ i6tf gt^ftiâips • -qu^niiéi wtm de l'iaf figii^ y -qti'uti giaiv^Unspèbdu éUr la *télé de deUK (fù'tfd<vmAëLitpt!ft'

'qù'aU^!Éli^ent^ où IJap^des^iisicctisës^ii'a; pas 4îru à^i^i

dictature qui le tenait en exil, ou qu'il l'a dédaignée?

« .^ Oui Lie secret de cette infernale procédure est

quait de l'œil et du geste'<l«<oôtë droite) yi\ «U dùM

^'j6 TROUBLES DU ROYAUME.

Fintérêt de ceux dont le témoignage et les calomniés en ont fonné le tissu ; il est dans les ressources qu'elle a fournies aux ennemis de la révolution; il est... il est dans le cœur des juges, tel qu'il sera bientôt buriné dans l'histoire par la plus juste et la plus implacable vengeance. » De vifs applaudissemens éclatèrent, et se prolongèrent pendant plusieurs minutes après que Mirabeau eut repris sa place (i).

Le duc d'Orléans n'assista point aux séances où l'assemblée s'occupait de cette procédure. Biron fil sur la conduite du prince quelques observations apo* logétiques, applaudies par le côté gauche : ensuite, un profond silence régna dans la saUe ; personne ne demandait la parole. Enfin ,. Montlosier dit qu'il fallait donner le temps d'examiner le rapport, et qu'il ne croyait aucun de ses collègues assez ennemi des accusés pour vouloir que l'assemblée se décidât avec une précipitation contraire à sa dignité autant qu'à s|i justice. On avait entendu des murmures a l'instant où Montlosier s'était levé; les cris aux vois! qui l'interrompirent, annoncèrent l'impatience qu'une partie de l'assemblée avait d'anéaatir la procédure. Le côté droit se souleva d'indignation, et déclara, par la voix de Maury, que si on voulait une délibération précipitée, il n'y prendrait aucune part. Des clameurs lui

(i) Souvent 11 8*est plaint de ce que son improvisation n'avait pas été eiactement recueillie; il préieudait' que son diicoun -râlait beancdup piteux que celui qu'on BOUS a donné.

répondûrent» et un décret refusa d'autoriser des pour* suit^i 4putre les deux députés. :;,

Beaucoup de piembres du côté droit prote^tèrtot dans }a soirée. D'Espréméoil, qui nedoutaâl pas qu'un jour le psirlement aurait à juger ce procès, écrivit :Ç|t signa ae& réserres. . . . . . 'j-

. : De nouTeaux désordres ranimèrent les attaques di^ rigées contre les ministres. Brest était dao# unesitm^ lioni alaqnanle : les matelots brayaîent les. oiEciera; ia muoiapàlité faisait odmparaîlre. devant elle: las «he&d^, l'escadn^ .exigeait communication des minutes ^ l$iucs dépêdn^^ retenait dààs le porkpn^.misseflitt qiKe ies' ordrbsudu roi .^a^yoyaieat auxtcolonîes. -Menou r(ji9 oc^tobre) yittt^ .4u ^om. de quatre consitép réunît^ •proposer.dfis :naasures jH>ur niettre un \fmm.k i'ina%ibprdiAation,des:fiari]istr et pour faire tnmtesr la muoij^pali^4ans[Uiimi|eËdft[aes poQyoim. lia fin du ta^ pfir|,.filtilpfiçai.t que lesuooipitésaivaieia <éfaé;coaduitstA poi:^; Jeui^jïc)gftndaxls»iil la jdtoatk» r poétique. c«ki royaume. La régénération de T^tat ;iLéur iparai|»aàt .avancer i avec .m^dhév- «t ne plus desiaiideF qu'un .cèaoMfSDéet^lde I«o|tart;des agens du pouvoîcieiicti- ^ JU» igomitésiftTtwjiiÉrnfr cesiageBflLcIalaia^ périr la force .publique. . Auiitoiaaal^ jdiaait lejrapporteur, >«|^ partientib dlnèk dé- nommer lfiS)ipinistres;>inaiajfe deToic. le*,plus saccé ides <léputés Bst de lui |uréiental^ •dre layérité^: en conséquence, le dernier article dn décret proposé portait que le président se retirerait vers leroi^'.poUr kijpeprésenler que les plus grands oi)-

st^clt3!?a!éi¥étàblto^ëinent dé l'ot^re-atàient lèinr source dans la défiance que Bét» iïÀiitidtre^4ii£fpiraient àb

*'"'€iet 'aH*oï^-'qai dâ^$-ks 'toii^të'éiD'aTiait «u 'qd\s '4i\iiim'foix coûtée' ditL^HimH&mé VBfMmiiôli de l'as^ semblée; ou décida qu'il serait diseutë'.lé'prcmierr; - -i^ Cai^fê^ en vMaht^éoutemif'bt^ptérogatiif^iro^le , f^t/àtt^ wrirlxMiUkhte^i des ifiivéiiRitiotiS' pour ^^^r^

%brv^it biMi^|Aus»^ '^jil8oeujt9«M:lé»9tthqt^ ititionnatrbs;'*' (De n^t'Tioinîi/^^îuiy rpiiuDdiélfdUideikiB

4MP^r«)niid^)tt ^»r. n)fBtiiï|.6»^]MS6 ieur'<èoiid«GNM DiSs Jbflgt6kiipduèiPsotif /oqupkbtefr^ dà» }laîgtemp$ :^au(]fâis -fmuIèB «Cttuset* tdt tfÀfatf^ VBûtprkéirio^kf^^elaÊ^t' up isrime iderflèsiMiatirâi âifissf ^[u^iitedèf MiHimldn^^qdi -gnu'seiilè Meffdr^tssTpMpfesîjitontt^ikfidèsi)^^

uioiiBipi^i^UvcMiieill^ déftiMlreUett^tupl^Icc^tth^^ Jâet^otûflpe^dës b6isi..3kîh ii<jit(S'r}n<>;|}f>'r nJ .r^miM^f^n

tii:' i\r9fvoàMdkutià^mÉtr^ 4^àbt^etitMleB>pai^»^ -dauouneviovt^tl&nçutivfitéii^otl «JA^M!a&pmtt«i405 *àomB^es'qfûrle»^£âvi<^siat èakm^ikmi€xùiêdeni^écirt& -gar .le t^ontiqimati quKik$i0tttlài(Il0;^maû|> il^»rqpWMfe céouÀffiriu^olgèncc :|>aub -cem>qu'il^Iqiiairfle dtâihe&froinledy lïiles^iiebe'péut édiaùflferlbàioar de ^a patrie; bt nqui ae concentrehl^âans ramèetâodi idu moi-porsonnèlr lèfîes'mnHitisca^dk^ilj a^rà8|s'dt£t^i0^argés{deq afifairbs .|lubbqiif^^.Uâpae&tii|> deSiiaot«fiiKiMitÎ0ipfi<de Tëiat,

OJBBATS D£ l'aSSIIEIIIJI. t^Q

ne âe font pas justice, s'obstinent à garder leurs po^ tes, et craignent de ' rentrer dans Tobscurité' d'oii ja^ mais ils n-auraient dû sortir. Pendant les longues ooilvulsiona dont l' An^eterre fut agitée y Strafford périt flur un éçha&ud ; mais l'Europe admirâ sa vertu> maîb am nom est devenu l'objet du culte de se»concitoyeiui. Xel:«at: le modèle que doivent se proposer^ tel est l'exemplb^inedtûveQtssùivre tous; ceux- que,' dans it!^ tiampSfdifSoilesloik 'Qous Â>miiies y iereô ttppelle au tii#ntemeiitjdes affaires (f-)! Sirli£fim^d «ourut; rieh \- o'eM^ il paacmort aussi ^' ministre qui «iililguèfé; a lâchc^ xneni abandonné la i^hince aui^maux'qâelui-ménd^ avatl {suscités;? Sou nodi n'eât^t |^s t^^ de la liste des vivans?^ N'éprouve^<^it pis rkf Btipflâèe àé se su^ yivtè À lui-même , et d^ ne laissefr à Thisltoive qnè'le soiiif<tiiir' de *sori 'Opprobre? Quant ^wi serviles eonf^ ^»gnwïs^4esestk^^ui et desa honte^ objets présent de votii0>délit>éralion 4 1^ peut-ô^ pas leur 'appli(|uer ce^ viotBiUsi marùkaiê9îf encore, 'maié ils étakfà

• iL'o|ra;ieur'cfaerche datisiik constitution anglaise diA principes favorables aux droits de la couronne. «GluiH- Us!F^,r^ditJil^^taittmnislte ; il proposa ee bill sAr les affinreaidë^^Iilde, doiit-^d eomn^unes se moiitrëreikt eatho«si«st%! mais que la dhambi<e haute jugea con^ traite à! la prérogative roytfle. 'A deux heures, lebiM

(i) ^traffprd, par ses, intentions jot par son courage^ est digne de tous les éfôges ; mais Stranord M un de ces hommes nés pour perdre les rob qu'il^ teuleiitiaïkiver. • 1. • ♦. i^-

(iSq teoubles du rotauhb*

fut rejeté; à minuit , Fox n'était plus ministre. Il in*céndia les. communes^ qui présentèrent une adresse contre le choix du nouveau ministre : c'était Pitt, qui gouverna et qui gouverne encore l'Angleterre avec tant de gloire. Les communes prétendirent qu'il était inconstitutionnellement appointé j c'est l'expression anglaise ; le roi répondit que, d'après la constitution, sa v6l<Mité était le titre légal de Vappaintement. Les communes firent une nouvelle adresse, et déclarèrent traî* tre quiconqueiconseillerait la dissolution du parlement. Le roi répondit : Il s'est élevé une grande question eptre le parlement .et moi , j'en appelle à mon peuple. U dit; 4^ parlement fil t dissout, et la nation anglaise jugea , presque à l'uttaQimitéy cette question en faveur de l'au* ftorité royale. Telle est l'admirable constitution de ce gouvernement, tel est l'heureux effet pour la liberté publique de .la prérogative de dissoudre Je pariement^ que sans désordre, sans &cticHD , le roi , |;arde )une in* fluence légaje sur les représe^laasi-4u pi^uple. Toutes les fois que les trois parties sont d'accord, le peuple o))éit;;Si l'une d'elles se sépare des autres, le peuple

JMge-.-»

; Cazalès ^utint, au milieu 4^ munmiiies, que le seul moyen d'attaquer les ministres qui ont démérité, e^t de porter contre eux un^ accusation précise , foripi^llç, et que tout autre moyen d'influer: sur les choix dh monarque est inconstitutionnel et dangereux. «Si la liberté du roi, dit-il, i^it gênée par le corps législatif, la monarchie serait détruite ; et je crois, avec

OIÉBATS DE l'aSSËM^LIÉE. ar8l

M. le président de Montesquieu, que nous serions Coifdamnés à vivre dans une république non libre. ^ Il conclut à la question préalable sur la dernière partie du projet,

Malouet vit les causes immédiates des troubles «dans le bouleversement de tous les principe^ de su^ bordination, dans la longue impunité du désordre, dans la propagation d'idées fausses, anti-sociales, étït la liberté, dans les calomnies répandues conû^e le pouvoir, et dans les empiétemens des autorités se^ eondaires. Si l'on veut déclarer que le gouvémèiâent ^t nul, il adhère à cette déclaration; mais, 'après 4|u'on a détruit les ressorts que^nt chargés (fe faik^ mouvoir les ministres, il se croifait injuste éà lèJBr aé^ cusant de tous l^s màuic dont on'^ plaint avec raiâonl La censure amàre dont ces ministres sont f objet ïAans toitô les partis, les absout à ses yt ùx des tëilfs ^^oû leur impute, un seul excepté : c'est oèbii d'àVdinton^ senti à devenir* les ageqs fictifr du "pouvoir, et ;par là de s'être en quelque sorte rendus complices deslst Nullité. Cbaque Ibis qu'ils ont "Vit bttser^ dans leurs khiiins les rênes qui léur^étaient conBées, 'ils auraient dû en apporter les débris à l'assemblée; et, s^its n'obtenaient pas les moyens de gouverner, se retirer du gôuver^ nement. Mais de oe lort il ne^ résulte pas qu'onpuièse {[éner ou diriger les choix, du roi^ ni transporter le gouvernement dans les comités : l'assemblée réunirait tous les pouvoqrsy «t finirait par perdre mékne le siéàf, eu 'abusant de sa force. Dans notice constHiitfîà^,' et

ate THOUBLSS DU aOTAVitK*

daqa celle d'Angleterre qui ne lui i^ssembie paâ,.:hL j^atujre des choses veut que des ministres cessent de Teti!!?' qwi^d ils n QQst plus la majorité; mais provor quer leur démission par un décret est une attaque fff^inil^ ÇQïjitre rautpritë royale, et upe m^ure peu digup 4h, çorp^ légisji^tif. Hors le$ tempa, de factiox^ le^ 9^semb)4^s lëgi^l^tiveç) d^n$ aycuQ pay»^ iie se sont Oqçi^gf 4& J^il^e r^voyer les minières . qu'ils pouysiij^ accuser i laudi^ que le$ peuples esolayes domaniden( .ffié^emmen t la^ tête de ^ leurs vii$ii*$ y i qu^ les auJfr l;A9^iX)^^Qfii$îent:jamais« Noms ente^^qI^» il yi^ |>eu dft^ouçs»:deiqap<J^f;ià^gran.d& cris le renvoi jck^ wir ii^$(f^,/(w3^jfj^:^ Vqus n':|idcipterez pas iuji

d^pi^ (jfii qbanger^ic^ cris sédiûetix. ^vun arrêt de

P?î5«iWÎB*WP-î Swp *>w^ inforfliw du jparti. qfte prenr 4riWt,4fij,jj|ij^îrtreSïjsiyou»r.corame«çeia«»iipar leur ôter JjiW^ttp ^W% .JP9t,pFét«x^ç 4'iii4C,tioa, en: leur dotinaat te^êPHR^si d'jafuv eVTejQdftjo^t, à llautprijté royale toute J^9lÇ^gi« .4(Wt fille .1^ feesiotp.paijfr. »oua,wuver dé IV narel^e iqvii ikqu^ ^déycH^} et! voua décrétc^^z que la ^f P.9P§?WKté 4^s. uMîttsJi«^ : wrib twSi isfoa eflfet. .. D^s idjéea andogu^ . ^ ctilcis de.JMaJbuet furent présk€ajité€fi^pai?yiriei| et par Cler»oitf'Ti>nBcr«e- Celuioï ar^procbR àjGftwlès lesitermea injurie»» dont il s'était «er^yiicy^fe Je.mini^tïnedémis&ipQiiaire^.et demanda ai, daiM 1^; oiijQon^taAcesy/uae pareiUei attaque avait beaucoup' de^ .dignitjé, « Quant à moi , ajouta-t-il, jn^ sw$ iVpi de ces JuHum^ faibW^ changeansi qui xté^ pou^eAlJLtfCWà p^ti» La yérité n'est ni ià«.^ ni là*.*

nÉBiixa DIE ijAlamailiAB. a83

^ est tantôt dans L'une^ tantol; dans l'autre, «pinion* Montrez-nioi le parti qui a toujourk eu raison ; ai je l'ai abandonné, j^iû. eu tort, a ./

rr ! Plusieurs pfiembDes du nôtç^audbe défendirent a^ao chaleui^ila proposition du ooipitié^ Beauhaniaii fiisqpf plaudiri rvivemaat ees * paroles ri ctDes ministi*ea.ppa«] dens auraiçnt}[dçvànqépatr:lenr dëpiifision Iç'déor^ qu^ils savent quie dous allons irendre. ^ Toutet les^ aoà letisations contre «ux furent ;acxnkeillies bruyànimenl par;deuxfraofii(fcii3 dé I!asseniblédjidt>par)le8':gal6ri^ Uaide ces d^pn^és-qûi restent încpnnus aprèr^qu'im al dit leurs tionit;^ Bréret, kit un discours: «riblcnfi^ 6U^cfaâtr|ré ' de ip^itisfs - 'pidioukmeut emphaeiiquw) etiioe discours .. obtint: les: boaneurs* dei. l^mpvéssilmi Un sp ûl' oriateup dui jçôté faiifh^ Bi^niave) iit' preuve d'un talent distingué: r*i} traita la question' BerSsiwMr«{ eomlne lé prétjçndaient Gazalè^ et Malobet^ ètt'iiie poo» Vait <pol*ter' qu'-il&e -âcousalnMHaifirébîsci et'&Mtmelteî li vit dtiï csreottstatioèsi daMJèsifuelte» les niiniakreé mûr sent àla cbôse^puUiqfne^ifet nV^iit cepei^dânt^rptuiû miadesicrimeaj^ d'autres 011 .ife^eniooi^vcpBinmyJinliJis oùj ils ont Élit dispacaîtiéiksf pf6àveBj> d'autres aà Ms peeuveaaxiatent^maisioi]. il faudrait Joagterap^^pavkr lep réunir >et poun rjiistrBep l'àcmisatiôa c dans tantai tues circonstances^ jditpii^!>aii serai t.abligé: de laissqr périr l'élàt^.idi.L'oii^iie pouvait «léolarer qua les mlnî» très excâtoBt une méfiance générale; Il lappeh qu'aé aïois de juillet pcéeédent;, pourtsçubuiin def JianmMi iceapablesy on.avidtvouhi^iûgeri'acGuaatîçiiierflMUè;

a 84 TROUBIIES DU HOYXVUE.

mais que, la mëfiaace étant évidente et le péril urgent, l'assemblée nationale avait déclaré au roi que ses mi* nistres avaient perdu et ne recouvreraient jamais la confiance de la nation. Quant aux exemples empruntés à l'Angleterre, il dit que les orateurs s'étaient trom* pés, et n'avaient pas fait connaître avec exactitude ce qui se passe au parlement anglais; ique, plus d'unie fois, on y avait entendu et admis des propositions Semblables à celle des comités, et qu'elles avaient été jugées très constitutionnelles. C'était la vérité; mais on aurait pu lui répondre : les deux peuples^ les deux constitutions, ne se ressemblent pas; il y a dans le caractère français une impétuosité qui le rend facile à entraîner, et la démocratie ne trouvant pas en France les mêmes contrepoids qu'en Angleterre, il faut parmi nous plus deprudence, sous peine de désordre et de conflagration. Barnave pressa ses collègues d'éviter la t!ésponsabilité qu'ils encourraient, s'ils n'avertissaient pas le roi du danger de laisser l'état dans des mains incapables de gouverner, a Du moment où vous aurez dit la vérité^ ajoutart*il, vous aurez &it.ce que vous devez, et les reproches tomberont sur ceux qui, par des conseils perfides, auront déterminé le roi à coaserver de pareils ministres. Déclarez^ eu même temps iiue vous persistez dans le décret par lequel vous avez «xolu tous vos membres du ministère. Ce décret est îminuable; chacun sait au fond de son cœur que nous net ie. rapporterons jamais. Je demande que la proposHiom àes quatre comités soit adoptée; et, s'il fallait

INÉBATS DE l' ASSEKBLÉE • ll85

un mot de plus, je dirais : que ceux qui sont contens de l'administration des ministres se lèvent.»

Chapelier et Beaumetz demandèrent que Montmorin fût excepté de Timprobation que manifesterait rassemblée; et ce vœu reçut une adhésion générale. Ainsi le sort des ministres paraissait décidé. Cependant bien des personnes se demandaient encore s'il était juste de les accuser si violemment, lorsque la difficulté de gouverner résultait de tant de causes indépendantes de leur volonté. Que feraient de mieux leurs successeurs? Quels personnages la voix publique désignait-«lle pour les remplacer? changer pour change est un symptôme de faiblesse et de dissolution prochaine. Les hommes exaltés du coté droit insultaient ces malheureux ministres; leur présence n'était donc pas si utile aux projets des contre-révolutionnaires que le prétendaient les énergumènes du coté gauche: n'allait-on point en les accablant donner un triomphe au parti qui regrettait l'ancien régime, et qui les haïssait ? Les esprits sages voulaient rendre de la force à Tautorité royalç, n'était-ce pas lui en ôter encore que de contraindre le monarque à renvoyer ses ministres? Quel moyen d'attirer au pouvoir exécutif le respect public, que de lui intimer les ordres de l'assemblée! L'idée de prononcer un décret que sembleraient avoir commandé les clameurs de l'émeute^ révoltait même des membres du côté gauche. Un certain nombre d'entre eux penchaient à garder la neutralité; plu^ sieurs n'étaient pas venus à la scance, d'autres en sor-

9k86 TROUBLES DU BOTAUltE.

tirent pendant la discussion^ L'appel aominat trompa l'espoir des partis extrêmes; 4^3 voix contre 34o re^ jetèrent l'article qui concernait les ministres*

Aussitôt que ce résultat fut proclamé , un tumulte improbateur s'éleva dans les tribunes. Le soir, l'agitation passa au club des jacobins; et le lendemain des journalistes vomirent des menaces sanguinaires (i).

Les ministres^ à l'exception de Montmoriu, adressèrent une lettre au roi : ils lui rappelaient, leurs intentions, leurs efforts^ et le priaient d'examiner s'il ne convenait pas à ses intérêts et à ceux .de l'état, qu'il choisît d'autres dépositaires de sa confiance. Louis XVI se montra touché de leurs sentimens; il répondit qu'il avait toujours vu en eux des amis du peuple, de l'ordre et des lois, qu'il prendrait en considération leur lettre, et qu'il informerait chacun d'eux de sa détermination. La Luzerne insista^ il fit observer qu'un nouveau ministre de la marine rencontrerait moins d^obstacles que lui pour apaiser les troubles de Brest, et le roi accepta sa démission à regret.

Le rapporteur des quatre comités reparut à la tri-

(x) V Orateur du Peuple (tom. a, n** vi) s'écrie : «Malheur aux membres apostats de la cause du peuple ; il va opposer à la stupide et oppressive décision de rassemblée, son redoutable veto! Malheur aux Desmeuniers, aitx Buport, dux Camus même! L'iûsurrectidn ne peut manquer de s'allumer dtU liamère la plus terrible. Quand enfouie aux pieds le vœu du peuple d^une manière aussi dérisoire, on doit s'attendre que, révolté d'un si grand déni de justice, il ne tient à rien qu'il ne prenne les armes pour se la faire à lui-même. » Cette feuille était rédigée par Fréron, fils de Tantagolitste ^es phikMophei.

bune (a I octobre) et ne craignit piks de s'exprimer eii termes amers sur la délibération qui avait ëié prise^ disait-il ^ parce que Tinfluence des ministres, « sembltt^ ble à un vent empoisonné qui flétrit tout , a» avait pénétré jusque dans les rangs des fondateurs de la lî» berté. L'ensemble du projet était détruit ; et, puisque les ministres restaient en place, puisque de. timides ennemis qu'ils étaient , peut-être allaient-ils devenir d'audacieux tyrans ^ les comités pensaient quHl serftit injuste et dangereux de sévir contre la municipalité de Brest , dont les erreurs étaient^ nées d'un excès dé patriotisme. lie rapporteur présenta un projet plus doux, qui fîit reçu avec des applaudissemens, comme l'avaient été les phrasés lancées contre la décision &'• 'vorable au ministère.

Un article conservé du. premier projet remplaçait sur les vaisseaux le pavillon blanc par le pavillon [tri* colore. Le côté droit se souleva contre cette disposit tion, et prétendit qu'elle était une insulte au pavillon français. Foucault demanda quels militaires avaient proposé de profaner ainsi l'honneur de notre pavillon; laissez à des enfans^ dit-il, ce hoeheê'dêè trois aoU^ leurs. Mirabeau s'élança à la tribune; les premier! mots qui lui échappèrent étaient tellement emphatiques et bizarres , qu'il entendit , sûr les bancs du c6té droit, les éclats dé rire se mêler aux murmures. «Un

.'.ut 1 . ' •

moment, messieurs, dit-il d'une voix altière, je jurç qu'avant que j'aie 1 cessé de parler^ vous lie serein pai tentés de rire. » La raison était poilr lui , il réunissait

288 TftOUlILES DU ROTAUME.

tous les moyens d'aocabler ses adversaires ; il se laissa égarer jusqu'à proférer d'odieuses menaces, a Tout le monde sait, dit-il, quelles crises terribles ont occasionnées de coupables insultes aux couleurs nationales.... Tout le monde sait qu'il y a peu de mois , il y a peu de semaines, le téméraire qui eût osé montrer quelque dédain pour cette enseigne du patriotisme, eût payé ce crime de sa tête...» A ces mots forcenés, il s'éleva d'un côté de la salle, des murmures, des cris , et de l'autre, des applaudissemens et des bravos. Je pourrais faire des citations bien différentes : ce discours , où l'on trouve à regret des traits coupables, est plein de verve, brillant, il offre des mouvemens heureux; et c'est un des plus éloquens que Torateur ait improvisés.

Le soir même, Lamarck écrivit à Mirabeau, avec* une profonde tristesse, pour lui représenter combien il était imprudent d'exciter l'effervescence du peuple par un discours tel que celui dont il avait fait retentir la tribune. Mirabeau répondit très vivement , et fit plus , il écrivit au roi pour lui demander un désaveu éclatant de l'opinion du côté droit , et parut mettre à ce prix la continuation de ses conseils et de ses services (i).

(x) Je place ici une observation nécessaire pour se former une idée j ttste de Mirabeau à la tribune. Il y a, dans plusieurs de ses discours, des pbrases d*énergumène, et naturellement on suppose qu'elles furent prononcées avec emportement; c'est presque toujours uoe erreur. En général, il ae possédait, il avait un calme garant de sa supériorité. Sa cbaleur n'était point cette cbaleur vulc^aire qui se manifesle par l'agitation de l'ora-

DÉBATS DE l'assemblée. 289

Les agitateurs qu'on a vus provoquer par un rassemblement le renvoi des ministres, trouvèrent un moyen de renouveler leur attaque , moyen qui tenait pour ainsi dire le milieu entre une délibération calme et l'émeute. Une des sections de Paris envoya aux quarante-sept autres un projet de dénonciation contre le^ ministres. Douze y adhérèrent ; il n'en fallait que huit pour obtenir une convocation générale, et la municipalité indiqua le jour où toutes les sections délibéreraient. Le résultat ne pouvait être douteux. Les hommes turbulensy les oisifs et les intrigans avaient de grands avantages dans ces réunions; ils en éloignaient facilement les hommes paisibles , les citoyens éclairés. Tandis que cette manœuvre se préparait, les ministres continuaient d'être harcelés à la tribune; il y avait une phrase obligée sur la défiance qu'ils inspiraient , dans tous les rapports relatifs à des troubles nouveaux. Latour du Pin, fatigué de ces attaques sans cesse renaissantes, fit accepter sa démission par le roi.

Lorsque les sections eurent décidé qu'elles dénonceraient le ministère à l'assemblée nationale, Baiily refusa de conduire leur députation; cependant, sur de nouvelles instances, il consentit à la présenter, mais non adonner lecture de l'adresse : Danton en fut chargé. Ainsi^ Baiily vint à la barre de l'assemblée nationale écouter Danton, devenu l'organe, le représentant des sections

teur. Souvent il disait des paroles menaçantes, du ton grave avec lequel on donne un avertissement salutaire : Mirabeau était surtout imposant.

299 TRqÛBl^ES DU ^OTAUlifV.

de Paris j le magistrat assista au triomphe du f*éyolu- ^oonaire(ip novembre). Cette scène, où Tanarchie fit ^j\ ST^nd pas, présageait les triomphes de la puiçs^nce ppuyelle qui devait, avant deux ans, renverser les lois d^ l'assemblée constituante et proscrire les hommes gqi le^ avaient faites. I^e discours de l'orateui: fut violept et vague; leç ipembres du côté droit l'interrompirpfft fréquemment ) mais la députation fut admise au^ hqpnj^qrs de la séance. Le lendemain, l'assepiblée pass^ à l'ordre du jpur: ce n'était poipt, comme on pourrait le croire , donner gain de cause au^ ministres ; les )}prnuie^ n^odérés demandaient le renyc^i de la dénonpiappn ail cQmii^é des rapports^ mais un député du côté gaLfchi^ fît observer que, si l'on adoptait cet avis^ les fi)j(iistres en attendraient le résultat, tandis que si l'on r^fq^ait de s'pccuper d'eux , on les déciderait plus promptf3)iient à la retraite.

L'as^embjée nationale ne répondit point à une lettre que lui écrivît le garde des sceaux pour demander à connaître les accusations dont il était l'objet, et qu'elle jugerait mériter des explications. Bientôt, par une seconde lettre (21 novembre), il annonça que, d'après les ordres du roi , il venait de remettre les sceaux. ^aint-Priest fut celui qui montra le plus de caractère ; il ne donna sa démission que le 24 décembre.

En changeant les hommes, l'assemblée ne changea pas de système, et le gouvernement fut maintenu dans son état de faiblesse. Les deux nominations les plus remarqué0»^rent celles du minisire de la guerre et

DÉBATS DE l'âSSEMBL^Ç- ^QI

du garde des sceaux. L'un^ Duportaîl, était uu des of- ^cier^ irsiuçais qui les premiers avaient servi la cause américaine; l'autre, Duport du Tertre , mepabre dç I4 municipalité de Paris, était un avocat estimé. Duportail avait peu de caractère, et bientôt il craignit do déplaire à ceux qu'il aurait dû combattre ; Duport d^ Tertrç, plus modéré et plus fermiQ, aurait bien s^ry^ l'état $i qn lui en eût donpé )es moyeps. Ces deux phpix furent indiqués par La Fayette à Louis IÇYh qui les accepta sans beaucoup de répugqs^npe et sai^s iluUe confiance. Bertrand ^e Molleyille prend soin de faire observer que Duport du Tertre n^ fut pas noipm^ garde des sceaux, qu'il fut seulement gOfrde 4u sceaM (le tétat Quels conseillers pour un nialheur6ux roi, qqe ceux qui dans de pareille^ circonstance^, s'apaUT sent à des chicanes d'étiquette!

Après l'attaque des comités contre le ministèir^y uq théoricien que le roi consultait souvent sur les affaires publiques, Bergasse, lui donna le singulier cpn-! seil d'inviter l'assemblée à désigner elle-même le$ ministres, parmi les homn^es qu'elle jugerait mériter sa confiance. LamarcH infor^ié que Louis XYf goûtait une pareille idée, se hâta d'en instruira Mirabeai^. Celui-ci prit aussitôt la plume,^t s'adressant à la reine, de manière à réveiller sa fierté et sqq courage, lui fit sentir quel honteux abaissement il y aurait dans cet abandon de soi-même, dans cette abdication de la royauté et même du pouvoir exécutif.

Mirabeau, dans i^es notes secrèt^j parlait des {ni-

^gi TROUBLEr. DU ROYAUME.

nîstrcs comme de gens clo»>t la faiblesse et l'impéride compromettaient le trône. Son opinion sur eux est brutalement exprimée dans une lettre à son ami Mauvillon : « Quatre comités réunis ont proposé hier à l'assemblée de déclarer au roi que son ministère n'a pas la confiance de la nation. Cette mesure va avoir l'efTet inévitable, soit dans un sens^ soit dans un autre, de faire renvoyer tout ce bétail; mais l'assemblée, acharnée à soutenir le décret absurde qui défend à tout membre de la législature de prendre une place d'administration, interdit par cela seul au roi tout bon choix, et toute unité entre le bras et la volonté. Voilà la crise du moment (i). »

Mirabeau cherchait à lever cet immense obstacle; il composa même un discours où il prouve que les malheurs publics naissent du défaut d'harmonie entre l'assemblée nationale et les ministres du roi, où il démontre que le décret qu'il attaque serait pour l'avenir, comme pour le passé, une source d'anarchie. Cependant il ne prononça point ce discours; il reconnut Timpossibilité de faire adopter sa proposition, qui serait jugée avec toutes les préventions de l'ignorance, de la haine et de l'envie.

La divergence des opinions excitait souvent des querelles particulières entre les députés. Charles Lameth et Castries (a) eurent un duel où le premier re-

(i) Lettres du comte de Mirabeau^ etc., p. Sa 8. (i) Fils du maréchal, et membre du côté droit.

çut un coup d'épée (12 novembre). A cette nouvelle^ ragitatioQse répaudit dans Paris. Le club des jacobins, plusieurs sectionS| les gf*oupes des rues furent trè^ aiûmés. Le lendemain un rassemblement assaillit Tbo* tel de Castpies, enfonça les portes, brisa, jeta les meubles par l^s fenêtres. Les autorités et la garde natio<f nale accoururent, mais trop tard : U multitude n'écouta ni les exhortations du commandant gién^ral ni celles du maire, et se retira quand elle .eut Sq\kt saccagé. A la séance du soir, une Réputation de gardes ns|<f tiqoaux parut à |a, barre pour demander un deycret qui déqlarjâticpup^ble du crime de lèse*natioxi .quiconr que provoquerait en duel, un d^iité, et lapplication de ce décr-etià Castries,<[ue lora^teur qualifia d'bocmie pervers .cpnti*e lequel la capitale vensiit d'exercer ses i^engeances. Au.milieu des applaudis^mens qu'excita .cette phrase. 4^ns une partie de l'assenibléç^ un membre du côlç droit s'écri4 :. <^ U n^ a qi^ des scélérats qui puissent applaudif;.;» \jçs cris,, à l'Abbaye! en prison!, ç'éle vèrent. Des. hommes d'opiniofis .^^M^i'ses, Barnave^ ^Vir^eu, Foucault, se succédaient à la tribune. Il enti;aiti dans 1^^ yues; de Mirabeau de parler contre les, excès que vepait.de commettre la multitude; il vou- Jait gourmand^ lé côté droit, s'emparer lifs ei^prits fougueux, et faire décréter .des. poursuites contre les ;autçurs de l'émeute. Au mom^^t ou il demanda la parôle, Malouet l'obtenait : c< Cé4ez-1^ moi, lui dit-il, je veux parler dans le même sens que vous, et je serai mieux écouté, v Malouet s'empressa de se retirer. A

^94 ^Adu^LEs mr ROTltMfii

peibé Mirâb'eau paraissait-il à là tribune, ique le tôté droit l'assaillit d'injures^ et réektna pour qu'on ed-^ tendît Màloîiet. Mirabeau làttça une pbrase àmèriô k FbUbàùlty l'uh dé i9és antàgbtiiëtes lés plus aniniësfê R Mi Mirabeau, s'ëcriâ Foueàûlt, th'acéftblë tbiljbutd d'ik^onies! » Ghangteant alors de tob( Mirabeau lui adressa diss Hsprochës téfiniiiés par <^IS int>ts ! ec Voilà) MdfiiiieUr) pui^ile vous n'ainie2 pas l'irfMiie^ ce que le pirofefld iiiëpriii qûë je dbiè à Hrott^e eondùite et à vbs dî^cbdrs in'ordétthë de v'ôtis dire. » Lé eôtë droit se lëtâ en fureu^, quetqué^-bils dé ses inëiiibrës s'ëlttiî^ tèrétit à là tHbntiè. ]JifirabéÂti^ ràj^fifëlé à 4'brdre patlè f^rëbidléât; île songea plUs qu'à écra^r lè:«âté Ûr(À^ 11 fit dki prédictions itiëhaçantes, ef s'ëcriâ : é Les idî^énsés! ik liôiil^ t^rocHént noé appels an peuplé. Eh! to'ëst-il pas héttretix pout* euk-n»éinês que la tettéiif* dés mdiiVénlëirà^bpullGiirés contienne encore ëeui ^ inëbëhnàîé^iit toute loi, totitë i'àisèn; tbtitè ictinVié^ iiàncë?;.ii) tt '^é lai^à éntràîiiër jusqu'à faire l'a^ Ibgie ibèS itëêbi^âm qu'il était ieiîii ëdndàiiinëh QuSiia il àliâétidt^ éé foi pbixt dire : k SAvëz-vbùs que ce t>ijiiplë, éhlûi sbii rëssehtiiiiènt contre llibmtnë qu'il rëgùrdë Ëèmiiie l'eiineihi d'un de ses j[>Iùs utiles «Mi§, ^âtéi^-vôtliâ qil'ail milieu de là dèstructidri, mil iie pourra dire de la dilapidatioii de cette niàii^n proscrite, le peuple s'est religieusemeiit ah^të dëVMiit l'imagé du monarque , que le portrait du chef dé la nàtibn ; db l'exëcuteur suprême de la loi, a été dans ces momens d'une fureur généreuse^ l'objet de sa vénération et de

seèsbifls persëvëratis? Sdt<!f2-tbUg éftie 6é péu|^lè iiri rite a montre à madame d(Bf Ca&trie»^ reéflectablè ^é Sbn â^é et ^ar sotf malhénr^ la phis tendre âbllicitudèi| le$ égards les plus aJS^etdeut ? xj Ite t^ dëui fkitiji l'un est trèis douteux/ i'attttë iei^t ù[tix^ mâdsitne tf« Castrie» Voyageait alors ëii SiifdSè (t).

Mâlbuet qtii d'abord ûtAit 4ti âtujiébit,' ëi|jndl4 im tiidignftiibû à l'brfttbur: Gëltii-ci ^vonk i[\ië'M rieprocbe^ étalent niéritës ; (^ milis; dit-il; je n'ai {itlft été nlftitré de moi ; cbtmnettt p^tlèv pôiïb des genï <jfiSt tbiltii^iehl iri'aâàâssiiiferl * ■ '

Deâ débats, plti^ fmiestë'i d^iis letîr^ toiîiëqiiënëëifl| tài^dëi'ënt ^ëU à â^lèyèk L'dâsèhlbléë,' VëFS k €k '"^ If^Bj ajouta dë^ dispbsitiôhii lidtitëllës ad ffatiéillë déëKt qtti iibii^ aVàit dddfaë là ëodstltdtibtî ëivll» dîi clergé. Mirâbëatl xtàvik pbint pvh j^àvt à Cette dëtiV» de àiscbtde; et Tbn s'est tt^dip^, dàuâ Quelque^ hisitoirë^, ëii attfibuadt sdii Siîenëe à te qd'U était âlbH irialadë (2). Sa situatidtt (iôlitiqdè de Itti permettait guèfé d'élë'Vêr là ^ii dàilâ ëètte discd^ion irritâlité^

(0 Une dispositioti ^liis flattgeretisè qii'atile pour lin peut»1e, Ihais Ipii cependant empêche les Fran^ d'étrè jamais toat-à-iait matheureux, les dispose, dans les situations les plus critiques, à faire des plaisanteries, lei unes de bon ton, les autres brutales, toutes spirituelles. Madame de Castriés, en racontant rèvënément «(Ui s'était passif ciiez elle, dit : Jl/. JS H Fayette et M, le maire ont horiùréde leur présence h pillage de mon hétd: Camille Desmonlins disait le sOir de Téroeute : // vient d'y açoir^ à l'hâièl de (kutrieSf une séance du trihunal de cassation,

(a) La discussion commença le agmaiyet le décret fut rendu le 12 juillét| dàiis Htitertalle, itîirabeati parift plusieurs fois sur d'autres sujets.

^96 TROUBLES DU ROTAUAfE.

Cétait le i o mai quMl avait écrit sa première lettre à Louis XYI. En supposant qu'il approuvât la cou« fititution civile du clergé, il n'aurait pu la défendre sanâ blesser vivement le roi et la reine, sans repous* ser leur confiance, indispensable à l'exécution de ses desseins. S'il improuvait cette constitution, il n'aurait pu l'attaquer, huit jours après sa lutte pour le droit de paix et de guerre, sans perdre à jamais la popularité nécessaire au succès de ses vues. Ainsi, il avait des mo* tifs pour rester silencieux, quelle que fût son opinion. Ses entretiens particuliers pourraient seuls la faire connaître : il a dit des choses évasives, il en a dit de contradictoires ; cependant, ses paroles les plus réfléchies annoncent qu'il regardait comme très impolitique de donner un nouveau sujet de mécontentement au clergé, après s'être emparé de ses biens* Il dit à un de «es amis qui alla le voir vers la fin de mai : <r Nous nous occupons trop du clergé ; il faudrait le payer, et le laisser tranquille. » Un jour, il disait à plusieurs de ses collègues très ardens: ce Que craignez-vous? il n'existe plus de riches bénéfices; l'indiftérenceest dans tous les esprits; laissez aller les choses, avant trente ans il n'y aura plus de prêtres. » Ce propos n'est pas d'un homme qui veuille constituer le clergé; je doute, au surplus, que ces paroles fussent sérieuses. Le clergé avait perdu d'opuiens bénéfices; mais la masse des ecclésiastiques laborieux venait d'obtenir plus d'aisance; et s'il y avait beaucoup d'indifférens et d'incrédules, il restait do nombreux croyans. Ensuite un homme

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