III
3$4 PROœtâ BK tlltàBRA.U.
et dès qu'U y pàrut^d^ àpplâudisiemens racccmttirént, ïk'àjit qne^ depuisiUnelKiure^ iLrèc^nitdes fciUet»-qui W pressai^rks «uifi d'ej^K)6«c sa théoiie sur lesém-» gvations, les attires de; reotonidtre la néctsAté"àf&m çirQOiistaueeB»iAprès avoir prie TasMinUée d'eiftendr^ upQ pagQ de.la..lettreï' qu^il irvaiît adressée ao roi ^ Kvm^ W>OQr de son.fiyéfPicèient:.aa tfooè^ ^il lat» vd nHyceMOMjil ÎAvitaît le mooarqiie absolo à Mtet&aiàsi^4uj^ts daoa ies) élata ipte^parle Isonhièur doutôlv j jouirait, ek lui représcDtait lés lois. sur tes» éiBÎgpaAi lions comme injustes, tyrajÉoixjaèB' et -ineKiéMCablès^' Apr^ celtei lecture^ Mirabeàici ooiieliU à cë^qné Fiiss^iAl44e déclarât «jfa'une loi'suvJes Migrations étfta|: iooôiopaiibla avec ia.coustitiitvoa,! eDe refa^it d'eiiK tc»dt*e>le projet de âOQ; comité;;:^:/. -• -^'îiï'
i. C^tte.propoùtitiiiiut'pr^id^étFe adoptée i une |)ar«.« tie de l'assemUée demandait vivemcHtà alleir iuuC: voix^^ e^.rautre gardait, le silence» Bieato^ycepeodant^pla*' sifçurs di^utës puisèrent ides àrgumemi: dan^ lei^ cif^ CQHstaacesTioii; aet trouflratt ^ieropaiMrOà* ^pretend^disaieot-îb) ^'itâè^ «ûr htof émipmi4i^pmt''M qgiM tôlier àYec1aoQBatitotîoi4màis,ç4Bansioe(«a loi; laecMiP stitution sera détruite. La société se dissout, quand desdeVoirs rédproqùes^ lië'Iient jplds ce^'x cjui la composent, âouyent Iqs gai:des^al^iqp2^t:^L.sp|(1i i;equ^.p^^<l] protéger la paix publique ^^irei^^fous requérir ki' émigrés ? Lorsque l'état eSt éa périljtd« èitoyai <Juî rie se rend pas à la yoixi die. la pàU^ie reûçjnèé à lapron tection que l^ [qik. MimÊMxokkm^feasêmiBA et à SMK
profuiétéé. Il faut cistioguer le droit 'qui appaitîetit à rfaûTOme d'aller^ de ^air, de ttaxiipôrtev son dcytmcile oiii bon loîéemble^ du délit <fiill commet lonsque pof]i\ exciter €^' ptôur lui^'kis troubles de^soippay»^ il eni aèaiidoaîie Jesél; M41b|:ij le^^jcib'ôjrdin^^ iie^soat pltts 'applkabletf^iêe4é^itiè4{ué^ ââa&^l^ cas d'émeaiev lafo(cepiibUquie*pineudla ijplace dé la^^k» civile^ >dan^ki c»d?ëmigratii>u|k aocîët^ enojipk^ mësMraa^aévàN M» Cûnti^ Ipsdésèr^em's. La Iil)ertéiiié^^naîerà point du décpetique^ »a^'pi;ôptefv>ti8 f ccf-Mm! efM»yr<|iuiie:ldf aoiistittitibDtt6ll&;' tàai$,'€otiti»e ; lli^^^loi «fa^tiale;' elté séia sénleinedt-ap|>Iiéable daâ^ lèfi^jdtm é^ ^kéBoaeêm qm la réclaiiieronl. lJifê'^aifdet'}mi!lie do«oté gàijche a]iplaudisi9ait èriiya»ii)iexil| eiiil^aiidaitdar leotoiref dtâ I^nyjè^ GaMil^s ëy ^f^ovâL^' et âkt tôli»c^s9èintei»DÏnplii pan ice Hiri tcj|^il»mil? ii) ^llai⁢ oidoatttéei' Le projet )dit^ comité fojhàittiq|We^d^
une!:deckyàlfibtï de l'afilSfAtièlés^ ^MfiKMialey • iâ< secËib i»iiiitiié pft»j'0][l0/utt<cous)$il de tiio» pe{8ooi»9^;qai> eicei^c^aii^^iisiip iei^pitd<iiéw|^ .loijDsntiia et aur^ r^Uigatioè d^y «eÉinep;>ittai^ft>(»b diot»ùiriali Aoes] mfM ,-iina Hvrve itëpukioU'^sei^kaaâfasla^ ïdatia . ^ona les) ilibgs de^^lapsiMnbk'é. C^p^UtftivY^^ ipîeilelproîati élail ineeâ^litùtkîâiiel^iidb^dièbol^ tet UA! ot*di^'de l'assertblée, WcèmiAé^i^étaib «ot&yaiiieitt. que dag. fineast^ i^tolentes^ ^iiin^0^ KMdbksj^es qiit poks^i^ tt^ttlre^obfttittle' auxi^inîgratMUMiï il adaerva iist, leoturei: leB^a)bMpsi;au]LCpiekJi&'4;aiiBèîlii
ldtga)i»a >daMptaé»(4âjba:>k éBBÙaaâitékm
d'obéir, sous peine d'être déchus des droits de citoyen^ et de voir confisquer leurs revenus et leurs propriëté& , . Après quelques momeiiâ où Ion n'entendit qu'une rwneur confuse, ce <cri s'éleva de toutes parts : la ques^ tion préalable l Plusieurs: députés disaient^ dans le tumalte , qu'ils présenteraient des pnojets constitutioanels contre l'émigration ; d'autres demandaient qu^ea repoussant rœuvt:e du comité, Ta^mblée ajournât le fond de la question ; d'autres insistaient pour qu'on terminât dans la séance même. Mirabeau reparut à la tribune. « ,.«Ge n'est pas l'indignation, dit<*il, 4:'est la. réflexion qui doit faire les lois... L'a^mblée nationale n'a pas accordé au coinité le même honneur que les* Athéniens à Aristide, qu'ils laissèrent juges de laroora^^ Ihé d'un projet ; mais le frémissement qui ^'est fait entendre à la lecture du projet du comité, prouve que. vous êtes aussi bons jugea de icette- moralité qu'Aristide... Je ne ferai pas au comité de Gonstitutioi)^ l'injure de prouver que sa loi est digne d'être .placée dana le code de Dracon, mais qu'elle ne pourfa jamaÂs entrer, parmi les décreti. de l'ea^mblée naiionalQ 4e f rwce.^ Ce que j'entreprendrai de démontrer^ c'e4tque la bar-r. barie delà Ipi qu'ion yqui^ propose est la.:{dlis.grande preuve de l'impraticabilité 4'une loi suri)':étnigration..]r Des applaudissemens :ei des murmures. s'élevèrent à la^ fois, ce Je demande qu'on ^m'entende^ reprit l'orateun r s'il ^estides circonstances ott une mesui}edl3:police ^t indispensable, même coutre^les principes^ c^t le délit»
ttejao^aitéf (îieiîtf>;nesurefâepQKca|>eut«trepiîs^
AUTRES PROJETS. 'iSj
par le corps législatif; et lorsqu'elle a reçu la sanction du contrôleur de la loi, du chef suprême de la police sociale, elle est aussi obligatoire que toute autre. Mais, entre une mesure de police et une loi , la distance est immense. La loi sur les émigrations est, je vous le répète, hors de votre puissance. • • . Il est prouvé par l'expérience de tous les temps qu'avec l'exécution la plus despotique, la plus concentrée dans les mains des Busiris, une pareille loi n'a jamais été exécutée, parce qu'elle est inexécutable. Une mesure de police est sans doute en votre puissance. Reste à savoir s'il est de votre devoir de la prononcer, c'est-à-dire si elle est utile, si vous voulez retenir les citoyens dans l'état autrement que par le bénéfice des lois, par le bienfait dé
la liberté; car, de ce que vous pouvez prendre cette mesure , il ne s'ensuit pas que vous deviez le faire. Mais je n'entreprendrai pas de le prouver, je m'écarteraià de la question; elle consiste à savoir si le projet du comité doit être mis en délibération, et je le nie. Je déclare que je me croirais délié dé tout serment de fidélité envers' ceux qui auraient l'infamie de nommef une commission dictatoriale. La popularité que j'at ambitionnée, et dont j'ai eu l'honneur... (violensinur^ mures à l'extrémité gauche). La popularité dont j'ai eu l'honneur de jouir comme un autre n'est pas un faible roseau ; c'est dans la terre que je veux enfoncer ses racines, sur les bases inébranlables de la raison et de la liberté. Sji ypus faites une loi poutre les éj^igrans, jejureden'y obéir jamais.» Ce fut au milieu desmur^i
358 PROJETS DE MiaAQEAU.
mures toujours croissaus de l'extréaie gauche, qu'il conclut à ce que Tas^mUée adoptât la déclaration qu il avait proposée. . •
Ui) député généralement aimé de ses collègues, et qu'on ne pouvait accuser ni de violence, ni d'intrigue, Yernier, réclama l'ajpurnement: il parla des ioquién tudes que l'émigration causait aux administrateurs des districts et des départemens; il présenta comme ua devoir pour l'assçmblée d'examiner, avant de rien décider , si en effet il serait impossible de mettre uù terme à ces inquiétudes, en faisant une loi qu'avoue* rait la justice. Il proposa de confier d'abord cet examen à tous les comités de l'assemblée, qui discuteraient séparément la question^ et se réuniraient ensuite par commissaires, pour présenter un rapport. Le débat fut très vif: les un^^ demandaient la priorité pour l'opi* nion (le Yernier^l^s autres pour ce^le de Mirabeau «Lie grand orateur reprit une troisième fois la parole, malgré tous les efforts de l'extrémité gauche, dont les cris l'accusaient de vouloir exercer la dictature. Sans cesse intf rrompUy il porta tout^à-coup son terrible regard sur les bancs où Duport et les Lameth siégeaient avec une petite fraction de l'assemb)éQ; et du ton le plus imposant, il dit:. Silence qux trente voùc. Ces mots célèbres étaient sa, déclaration. de guerre aux factieux :. pas un murmure n'osa s'élever; les agitateurs setn^ blèrent obéir à l'ordre de Mij'a^au (] ). Cepçtfoidant,
(i) L'apostroplfe éiàit d'autant plus accabisînté qu*elïe n'exagérait poiàt Jft .fiiibleaie niUDériqiie desdÊptttéiqui formoioBl lfatttéoiHéf;aiiohc.Déjà»:
parmi ks députés satisfaits de voir réprimer des geûs exaltés qui voulaient suppléer au bonibre par Taudace^^ il y en avait beaucoup qui trouvaient justes les obsâi^ vatioiisde Vernier. La discussion continua; ella fitù^ positioii de l'homme estimé l'emporta sur cellQ àe l'homme admiré. i . * •'*
. Mirabeau prévit que les Lameth et leur parti iraient aux jabobinis chercher à se venger de son attaque. Leui^ triomphe, en son absei^ce, aurait été facile; il vpultli les accabler, et se rendit le soir à leur club. L'effet produit par ison arrivée ne lui était pas favorable; IF voyait rétonnemént,- l'indignation se peindre sur^bea'oM coup de figures; il recueillait, en passant, les propbâf de plus d'une voix hostile. Du port occupait la trin' buae, parlait contre lui, et poursuivit ses accusatio^l^; Alexandre Lameth déploya plus de violence encore qaisl son collègue. Mirabeau les écouta de sang-froid, et Et joua de leurs êfïbrts: il exprima dédaigneusement iH surprise de ce que ces messieut^s n'a'vaiént pas acy cepté le combat dans le lieu où naturellement il aui^àit dû s'engager^et de^ce qu'après avoit* gardé le âilenceS*
plusd*AiDe foiS| on les avait coftiptés. Dans une séance prccédeDie, cea dé4 pûtes s'étaient seuls levés jpour la question préalable, contre un {^ro}çt sage, et le rapporteur avait dit à demi-voix : « Tous le voyez, messieurs, ils ne sont que trente. » Peu de joui'j après, Charïes Lameth demandait le rappel à i'ordre d'un de ses collègues, et s*approcha tivement du bul^âlÉV^ en interpellant le pré^d.çnt (d'André) qui lui répondit: « Je ne puis ccfv; pendant^ m<uisieur. spfunettre l'assemblée. à la puissance de trente de se^ membres. » Mais cela 'avait été dit avec ménagement et presqu'à voul^ basse , Mirabeau le proclama du haut de la tHbime. .,^ ' '
36o PROJETS DE MIKABEAU.
Tussemblée nationale, ils venaient se plaindre ailleurs. On Taccusait d'être dévoré par un besoin d'influence et de dictature ; il répondit nettement qu'il connaissait deux genres d'influence et, si l'on voulait, de dictature; Tuuy mérité par le talent et les lumières, par la droi* ture et le zèle, l'autre usurpé par l'intrigue; qu'il avait toujours méprisé le second , et qu'il serait heureux d'obtenir le premier. Il indiqua par des traits épigrammatiquGs le genre d'influence qu'exerçait quelquefois, et le seul auquel pouvait prétendre une certaine fac« tion. Après avoir soutenu l'opinion dont on voulait lui faire un crime, il déclara que fidèle à la monarchie ainsi qu'à la liberté, il combattrait tous les partis avec une égale énergie. Il sut habilement séparer la cause d^ ses antagonistes de celle de la société à laquelle il parlait, et qu'on lui reprochait d'avoir longtemps abandonnée. «Je me suis quelque temps éloigné d'elle, dit-il, je l'ai boudée, las de voir quels hommes aspirsdent à la dominer. J'allais revenir, lorsque la procédure du Cbâtelet occupa tous les esprits. Pouvais-fe alors me présenter parmi vous, sans paraître y chercher un appui que je ne devais attendre que de la loi ?» Ces paroles produisirent une vive sensation; il séduisit, il enchanta les jacobins, et finit par ces mots, prononcés d'un ton qui appartenait à lui seul: Je serai avec vous jusqu'à /W^mcw/we. L'enthousiasme éclata; et, lorsqu'il sortit, tous les signes de fiiveur lui furent de nouveau prodigués. Le lendemain, il fut déchiré dans les feuilles démagogiques.
Dès que Tadministration du département de Paris fut installée, elle vint rendre hommage à l'assemblée nationale. Mirabeau qu'elle avait choisi pour orateur, indiqua d'une manière simple et juste la place des administrateurs dans l'ordre constitutionnel, et dit en terminant : ce Nous mettrons surtout au nombre de nos devoirs nos soins pour la tranquillité publique... Des factieux , pour renverser la constitution, persuadent au peuple qu'il doit agir lui-même, comme s'il était sans lois, sans magistrats. Nous démasquerons ces coupables ennemis de son repos, et nous apprendrons au peuple que, si la plus importante partie dé nos fonctions est de veiller à sa sûreté, son poste est celui du travail secondé par la paix, de l'industrie active et des vertus domestiques et sociales. »
Tous les grands principes d'ordre et de liberté occupaient Mirabeau, lorsque ses forces l'abandonnèrent. Il éprouva, dans la première quinzaine de mars, deux atteintes de coliques d'entrailles, dont la seconde fut alarmante. Sa convalescence eût exigé des soins; cependant il lut à l'assemblée un long travail sur les mines, et il prit une part très active à la discussion d'un projet de loi sur la régence. Ces excès furent compliqués par d'autres qui, dans la nuit du 26 mars, réveillèrent ses douleurs. Le lendemain était le jour marqué pour terminer la discussion sur les mines, et la loi qu'on allait rendre intéressait la fortune de Lamarck. Mirabeau était plein de dévoûment à l'amitié ; il n'écouta ni conseils ni prières; il voulut assister à
36a MORT
la séance : cinq fois il y prit la parole; s^ cause triompha^ mais il sortit frappé à mort (i).
La nouvelle quic la vie de Mirabeau était en danger^ répandit dans Paris la tristesse et l'agitation qu'excitQ l'approche d'une calamité publique. Pendant le cours de sa maladie, la rue de la Chaussée-d'Antin où il demeurait, fut continuellement remplie par une foule de personnes de tous les états. Cette foule ne parlait qu'à voix basse; et le peuple barricada la rue pour que les voitures ne vinssent pas troubler le malade. Les bulletins du médecin étaient déposés plusieurs fois par jour chez le portier; et, dans l'impossibilité de les copier assez rapidement, on fut obligé de le$ £aiire imprimer. Des hommes qui n'avaient point partagé les opinions du grand orateur se rencon«* traient à sa porte avec ses enthousiastes : il avait donné tant de gages, de son amour pour la liberté, et il venait de ^e prononcer si fortement [contre l'anarchie, que chacun espérait en lui, Li^ roi envoyait tous les.JQur3 Vinforoiçr de l'état de Mirabeau. Le club dçs jacobins chargea une députation, à la tête de laquelle était Qarnave, d'alleir lui porter se& vceuXf II ne put la recevoir ; mais il fit exprimer sa gratitwde (a).
(i) Plusieurs personnes pensent encore que des factieux Tont empoissonné. Les causes de mort naturelle surabondaient en lui ; j'ai fait des. questions à Cabanis, dans des momens où il me témoignait beaucoup de GOAfianee : je n'ai aucun doute que i'empoisonnemeni est une fable. L. (^.) ^ appmânt jque Charles Iiam^th a^aii r^isé de ffire partie d^
DE limUBEAU. 3$^
.Mirabeau donna toute sa confiance à Cabanis. jL'iH mitié avait sur lui^un tel /empirç que son grand motifpour refuser de yoir d'autres mëdecinsy était le désin. que son ami eût tout l'honneur desa guérison; ilj^ disait d'une manière touchante. GjEibanis fut oblige dç^ recourir aux plus vives instances, pour le délçrmin^.i|^ recevoir quelqties^ momens le docteur Petit.
Pendant les premiers jours, Mirabeau, conserva; 4^ espérances et fut docile aux volontés de l'ami qui hfk prescrivait un repos absolu ; il suspendait même l'acyi tion de sa pensée pour ne pas troubler l'effet des^ren mèdes : il avait tant de motifs pour désirer de vivre! Un moment on le crut sauvé; mais les douleurs revins rent ; elles s'apaisèrent encore, ^t se renouvelèrent plua. violentes. Un médicament dont Cabanis et Petit al** tendaient d'heureux effets n'en eut aucun ; alors Mi^ rabeau jugea que l'art devenait impuissant pour lu sauver, a Tu es un grand médiocin, dit-il à Cabai^isi mais il est un plus grand médecin que toi : l'auteur du vent qui renverse tout, de reaiji qui pénètre et féconde tout, du feu qui vivifie ou décompose tout. » . i .
Dès que ses .espérances s'éli^gnirent, il ne vpuJiq^ plus supporter la contrainte à IaqucJJe.il s'était .^pun^ d'abord ; il voulut être entouré de ises a.9iis, dont les plus chers étaient, avec Cabanis, Lamarck et Frp* chot (i); il demanda sa scqur, madame du Saillant, et
cette députation, lé noialâde ^it : « Je savais bien qd*il' était un fectieux» mais je ne savais pasqu*il Mt un sot. » (i) Le même qui,8ouf,(*^pirf^/|été|lrff^|,d^ d%i^«l^e9t4f^
$64 lifOAT
les enfans de cette sœur qu'il avait toujours chërie. Talleyrand, avec qui il s'ëtait brouille, après une liaison très intime , se présenta pour le voir. Cette démarche, la réconciliation qu'elle produisit aussitôt, lui furent douces. L'assemblée nationale s'occupait d'un projet de loi sur les successions ; il remit son opinion écrite à Talleyrand, en le priant de la lire à l'assemblée. Il fit son testament :« Je ne sais, dit-il à Frochot, ni ce que je dois, ni ce que j'ai ; cependant je voudrais faire quelques legs : il y en a qui me sont ordonnés par ma conscience, et d'autres qui seraient ebers à mon cœur. » Frochot ayant répété ces paroles devant Lamarck : « Prévenez-le, dit aussitôt celui-ci, que si sa fortune ne suffit pas à ses legs, j'adopte les personnes que son amitié voudra bien me recommander. Il faut, ajouta ce noble ami, qu'il ait encore un bon moment ! » Mirabeau accepta avec le même abandon qu'il eût mis, dans une autre situation, à faire nne offre semblable.
^ En matière de religion, la philosophie de Mirabeau était un triste mélange de scepticisme 6t ^incrédulité ; cependant il crut devoir aux convenanees de passer tlrois quarts d'heure seul avec un ecolé8iast^fue(i}. Peu de temps avant les scènes de deuil dont je retrace les principaux traits, Lamarck et Mirabeau, causant ensemble, avaient parlé des belles morts. L'orateur en ^vait cité avec entho,usiasn;ie plusieurs dont
(0 Umourette, évéque ednstimtiotittel dé X^oif.
DE MIRABEAU. 36j5
l'antiquité noua a laissé le souvenir. Lamarck avait mi» bien au-dessus de ces morts quelque peu théâtrales, celle du soldat obscur, ignoré, qui mutilé sur un champ de bataille, est jeté dans un hôpital où l'on manque de tout pour le secourir, et qui loin de son pays, de sa famille, de ses amis, expire sans se plaindre. Il né songeait plus à cette conversation lorsque, trop certain de la fin prochaine de l'homme qu'il chérijBsaity il remplit un devoir en lui parlant de la nécesr site de détruire ses papiers secrets, ses lettres au roi et à la reine. Mirabeau éprouva un saisissement :« Que me demandez-vous ? dit-il ; vous voulez donc que je meilré tout entier? Quelques succès de tribune ont à peine effacé le souvenir de mes désordres; mais c'est là, dans ce portefeuille, qu'est ma justification, ma gloire; c'est là qu'on, aurait appris à connaître meftvues, mes plans, mon âme, mon génie ^ tout ce qui m'aurait montré aux yeux de mes .concitoyens tel que je suis, tout ce qui m'aurait grandi dans l'avettir^et, vous en e;xi|;ez le sacrifice!» Lamarck savaijt combien il était accessible aux sentimens générewi^ et lui représenta que plus un pareil sacrifice était pé* nible, plus ce sacrifice était digne de lui. <c Yoiflezvous, dit-il, tromper la confiance d'un roi qui avait mi^s en vous spn espoir de salut ? Ne serez- vpus pas tou* cbé du sort de la reine, de cette princeisse dont vous hor ûorez le caractère, et dont une imprudente pourrait si cruellement aggraveriez malheurs?- — Vous le voulez, répondit Mirabeau, ^oyez satisfit f emportez ^âétriii-
tiét ces papiers. » Latnarck, après avoii^ pris le porte** lifuillé) allait sortir; Mirabeau le rappela et lui dit : et Eh bien! monsieur le connaisseur eni belles morts^ ifttes-Vous content ( i ) ? »
' 'Lcn'squ'il vit approcher sa fin^ Mirabeau res^ntit té genre d'exaltation que devait lui donner son génie. lV>tlt ce qu'il y avait de poétique dans:cette forte ima* ginatiod^' vivait encore en lui, et colorait ses pensées. Ea veille de sa mort, il entendit tin coup die caopn: é^'Sont-c€( déjà, dit^l, les funémilles d'Achille qui bbàlmeùcént ? » Après une huit alarmante, dès que le jdur parut : ce Mon ami, dit^l, à Cabanis^ je «Pourrai aujourd'hui. Quand 'tin en est là^ il ne reste plus qu'une èh6«e< à faire , ià'ést^de se parfumer, de sef couronper #è' fleurs^' et de s'envir^ner de musqué, afin d'entrer é^gtéablement dans le sommeil dont on liese réveille pu^i )> Il Voulait ^^ lever, et dit à S09 "ralet ^e^oham^ hte de' tout préparer pour sa toilettéi Sed forces ne vé^ pôùdàiit pas à son courage, il j fil approcher sqn : iijb d^titlé fenêtre^ regarda quelques itimnens son jaiidipyèt parut jouir dcTiéc&t du soleil. Ge fut d'uâeivoixafïeofâibsiélèt càlmét|u'il ptia ses tipiS'anM die np^plus le
qtSttét'^ La dblosë'puUique fut le^ifû^îpal st^ deâùa
* (ijjMvak XVÏaïAmuSi îe^iBon^le de tÂnïâ^li'oWn'ytt les pà^îen
^^É^MthiAteA^iiùinêJ'*', ..•;.';, ;;.;• i.! .;;• j ;.»-:.!. ...
ir^.lif4 lifvHcn^ 4.lf ri«€i»i«rd6ik coi)4^(^ r^^ viens dç^rAp-.
porteir^etla ^Ure eorite air roi, le 10 mai, par Mirabeau ; il devait U per-
missioQ de les publier au pripce d*Arenberg (comte d^^Aniarck). Tu^&aiM?
dernier entretien. Ses regards^ portes vers Tavenii^ étaient tristes; et le résume de ses pensées fut fait par lui-même en ces mots : « J'emporte dans mon cœur le deuil de la monarchie^ dont les débris vont être k proie des factieux (1). »
Les douleurs devinrent atroces ; Mirabeau perdit la parole, et traça sur un papier ce seul mot dormin Ses amis parurent ne pas le comprendre, tl^rivitt « Croyez-vous donc* que la mort ou l'efiRpÇ qui m'eii rapprochcara , puisse produire un sentiment ' dange^ reux? » Voyant que sa demande n'était pas écoutécj il fit un effort, et écrivit encore ces lignes: « Tant qu'on a pu croire que l'opium fixerait l'humeur, on a bien fait de ne pas le donner; mais maintenant qu*îl n'y a plus de ressource que dans • un phénomène îtH connu, pourquoi ne pas tenter ce phénomène; et peut* On laisser mourir son ami sur la roue, pendant plusieurs jours peut-être? )» Les doUÎeurs 'continuaient avec une extrême violence; bientôt il eut un mouvement convulsif, tourna ses regards vers le cielj et rendit lé dernier soupir (a avril): il n'avait pas encore quarante- deux ans. v^'*
' À l'ouverture de la séance de l'assemblée natiônitl^l
(i) On lit dans une lettre autographe de Frocbot, citée par M..LucaaT Môntigoy (tome 8) : « Toutes les circonstances actuelles, tous lés evéiiié-^ nens qu'on peut {iretoir encore et dont j'acquiers tons les jours deè^ îai-î 4ices, me font regreUsr que Gabanb ait voilé le mot très réeUemest pnn nçncé : T emporte dans mon cœur, etc. ;♦
Cabanis contestait Texpression, mais reconnaissait pour exact le fond