ÉVÉ1S£M£1!CS
le. même homme que Mirabeau^iiy a peu de semaines, apercevait daas le groupe qu'il foudroyait de ces mots: Silence aux trente voix ? Dxxi^ovi était éclairé par le dépit de sou amour-propre blessé; il avait vu son crédit aux jacobins s'effacer devant la puissance de gens plus exaltés. Comme il arrive à beaucoup de factieux, il considérait avec trouble l'avenir que ses erreurs, ses fautes avaient tant obscurci. Triste et fatale situation que celle où l'on se trouve quand on ne peut avertir d'autres hommes qu'ils se préparent de cruels et inutiles remords j sans faire en secret un retour sur soi-même! où l'on ne peut parler des remèdes aux maux qu'on a causés, sans éprouver le doute que ces remèdes puissent être encore. salutaires !
La discussion se prolongea : l'opinion du comité, qui admettait toujours la réélection, était évidemment celle de la majorité. Bien des hommes troublés par les vérités que Duport avait, fait entendre, inquiets de la décision prise la veille, voulaient du moins ne pas en aggraver, les effets; et plusieurs concevaient mêine l'es* pérance de trouver, dans le décret qu'on allait rendre, un moyen de revenir sur. celui qu'ils avaient impru-* demment voté.
Un député que son caractère faible disposait à cher* cher de ces ^idemi-'moyen$ qu'adoptent facilement les nssemblées, parce qu'ils rallient les hommes yacillans, Barirère proposa que les, membres d'une législature fussent éUgibles à)a législature suivante, mais qu'en- ^uite ^^^l,il)tj?lr;;al]e de ^^^%, |in$ fnt méçessair^ ayaut de
pouvoir les réélire. Le président mit aux voix ia priorité pour Tavis du comité dé constitution /l'épreuve parut douteuse; une violente agitation se manifesta, et la plupart des membres du coté gauche réclamèrent Tappel nominal. <c Je le demande, s'écria Chapelier^ il faut constater que ceux qui ont voté contre Tam du comité ne veulent pas de gouvernement. » En effet, c'était à-peu-près ainsi que la question était comprise par l'extrémité du côté gauche et par une grande partie du côté droit, par ceux qui voulaient la république et par ceux qui repoussaient toute constitution. A peine Thouret eut-il dit qu'on avait besoin de calme et de réflexion pour prononcer sur un sujet si gravé, que les éclats de rire du côté droit l'interrompirent'; il exprima l'espérance que l'opposition de cette partie de l'assemblée suffirait pom* éclairer l'autre. Robespierre reparut à la tribune; cet honime, d'tki excessif orgueil 9 qui avait dit dans ûné sédnce précédente' (!2^^8 avril), toute demande qui terid à étouffer ma vofàr, est destructive de la liberté^ rendu plus fier encore par le succès qu'il avait éii la veillé dans rassemblée/ rë-
poussa l'avis du comité, et ne s'inquiéta point d'ëfrb soutenu par lé côté droit. Cazalès ne put suivre sàh parti dans la route où il le voyait s'ebgagerpl interrompit Robespierre, en déclarant que le décret rendu là veille était utile, mais ne préjugeait rien sur lâ^uestion qu'on avait à résoudre, et s'engagea à le prouver, si on lui accordait la parole. Son parti s'y opposait, mais l'assemblée voulut l'entendre. Cazalès, dans une
iinproyispUon pleine 4e $age$se, représenta quelles calamités deviendraient inévitables si l'on exposait la France à. changer tpq^ les deux ^ns d'opinions et de yueS| et conclut que, pi Tpq a4pptait les principes du gouv^nemen^ repr^^çntatif» on devait autoriser L'élection de^ inembres d'une législature aux législatures suiyantesv fi«e vote fut ajourné au lendemain, et cet îqt^ryaUe prpfî^^ moins à la raison qu'à l'intrigue. Barrère ç^ Xbourisl; parl^r^pt de nouveau ; le côté droit fît pencher la balance en &veurdu premier, son amendement fut. décrété ( i ). f .
3U projet de loi sur l'organisation du porps légis«lati^se composait . de quati^vingt-dixrn0uf articles : ;QP y fivait fait entrer u^0 partie du iréglement d'une chambre représentative, selon l'habitude prise par Xa^ffgM^ de donner ^ouyent son attention et son ^^nipa ^ 4fi^ détajils qui 9e I4 concernaient point. C'etf aveq .f?aisû9 que^ )e posnité Avait cherché à s'assurer de la iqa^i^é. 4es délit^riitiops législatives ; un 4^re|t ^e ppi^rrR^t .ftfç voté qu'après ayojr été imprim^: 9f, dJMitribfj^, ens^itp }u ^t discuté trois fois à des ifi(tpfva^çg de huit jourij au moins, Bu^o^ représe^^f qme 4f\' ^m préçftu^oiu? éta^^pt insuffisantes , et pr|9 l'asççxif^lée 4e fie pa? Ç9nfondr^ le projet dont il allait
(1) Ji'opioion çxpriipéç par C^z^Ièsi excita contre lui beaucpup deiq^ contentement dans le côté droit Des journaux de son parti la lui repro> chèrent arec aigreur ; la Ûazette de France dit qu'on Savait bien que set prinâpii étaient aitéréi^ Lenqu*il s^exp^lda, ki émigrii puritains tovlaifnt fi^'if n^ ^t pfs fe^ j^çX^ jpr^cas* . .
QUI PRiçàQEir?; ul aivisioir. 391
r^ntret^ir, ayec cdui de séparer le coifpa lëgialatîf en 4ew cbambrepy pomme m Amérique :il defiBwdnît qpe ppur v^es quesUoag importantes, Tiass^hlé^ légifilatÎYie ^^ divisât èi^.^euj; secUon^ qui i^'ait^ei^fc ^ni- 2CUUIS âupiériprité. l'une sur l'autre, qui isei^ienfc à^i9^ ff^^çii^Qm égal^ d^uQ tout homogène. iCba^ttoe.di»- Wte^î^U ^paivémen^ et. un rapport ^er^it fait. en «semblée géuéralp, Si.Jes àewt^ sf^xi^mje X^m§î^ d'accord, .on pQijrr^ procéder sMP-khçfeamp^ilji dÂlibératioftj waîs.^ leurs avis étjwepj: dify4rçai#,.tf tel,«p réiiuir^ieu); aprè^ un délai, pour.fivQJir ^$($|n^l§^,uiie discussion npuyeU^^ Ci^pelier sputjifiljÇçtt^pffQpos}-
^sgfflrépaçnj-. VQHk4ç Ift repp^^e j'ol^tj^Ui fft^bilUé Ai ;^puY^^em.eAt; oependapt tdfeiHH^la pji^vatwft d^ jçflpr^ts,: l?absepce.jd:ii^eft.Jsftiftla^y^ quiç Thffl«l|t cçmbatlit pç pRi^t^.paEçp f»'M crMly^aY^jor «m «ç^r minemept à kjcr^atjpft 4^ djSHx çbambjîçs^^JP|8»s.,h8 .nombre dep ffppQsaus,.yiriep .se fî^ |efffarflïf W paç> motif qu'il àojdfi^ M^9M ÇPWPB^f /*P^'«!P^^
çlwgw 4u .^stèj»ç 4^s. :4ew sbm^rf^^ji .U.prpjAt
de Bu?pti fut Mjéfi^imeat, ajowprfj 4 pe|iih#r« <ç6S*ï ,éîé rejeté,. fian^ l'^ppvi quçjui acçflrda P-^tio^, .. . .» .
rPikus Icïs d^ti.ftur l'orgftnis^tipil 4u.CPrp8 14girf%tif, ^eux pu . tfpiS) 4;tf*ateur8 parlèiwt du droit ^^>lp dissoudre : ce nefi^^ po^pt pour proposfQr ^e ,r^ç^^ aaitre ^u mona^qpe cp droit es^^ç^tîel ^hiibfirUkvfr
tant qp'à larpjffMté; <^n ei^ pa;rki cQmfE)^ A'm^^9^
îftitiob, qui pouvait convenir dans d'autres pays, mais iqiii n'était nullement applicable à la France. Un des -'qliàtre->>vingt-dix«neuf articles du comité portait : Le roi ne pourra dissoudre le corps législatif. Un membre du côté droit dit qu'il aurait à proposer un léger tliangement de rédaction, que ce serait de substituer •ftlix: mots le roi ne pourra , ceux-ci le roi pourra. Sa ^plaisanterie excita des rires et des murmures; et il ne fût {ilufs question de ce grave sujet. L'article fut voté '4aM -discussion. C'étaient là les préliminaires de la ré- 'iisidÈi; ils ne permettaient guère d'espérer que, selon '^fe^>^œfci jde Mirabeau, elle serait profonde. ^ *' Biàynal, âgé de près de quatre-vingts ans, écrivit à ((assemblée nationale pour lui rèptK>cher les fautes ^^'élle avait cohumisés. liC résultat que plusieurs hMnmes de bien attendaient de cette démarche ne fut "point obtefnu. Le déclamateur repéâtant dit beaucoup de Vé^hés-ét dôiiha quelques sages conseils; mais il tes Wx)mt)rômit par le ton de sa lettré où Ton sent le d^sir dé' blesser plus que celui d'éclatrer. ^^'"'Le comité dé' (constitution hâtait les prépàvàtife de la cli^tnre désirée t un décret (1*7 ftïàt) fixa ià réunion 'déë assemblées prin^arrës du 1 3 au i2&juin;et celle des électeurs au 5 juillet, pour nommer les membres du ^t^s législatif. Desmeudiers avait terminé son rapport par des réflexions sU'r la nécessité d'assurer' la ibl*èè et la stabilité du gouvernemeht; il avait rappelé ^'eii' voulant établir la liberté peut-être aVait-on qilfÀqiKffefs dépassé le but , et qu:'on ne saurait prévoir
QUI PRiC]feD£MT LA aÉVISION. 5^5
toutes les calamitës qu'entraînerait un défaut de sagesse dans la révisicm des lois.
Un seul corps se trouvait en mesure d'exercer une grande influence sur les élections : c'était le club des jacobins, servi par ses sociétés affiliées. Robespierre fut chargé par ce club de rédiger une adresse au peuple sur les élections ; l'ardent député venait d'ac* quérir un nouveau titre à ce choix « Dans une discus* sion à rassemblée nationale, il s'était écrié que le moment était venu d'abolir le décret du marc d'argent, et de déclarer citoyen actif etéligible tout Français majeur et domicilié. Le tumulte avait couvert sa voix , l'assemblée avait passé à l'ordre du jour (i). Les hommes modérés sont signalés dans l'adresse de Robespierre comme les plus dangereux ; c'est surtout contre ces hommes qui parlent d'ordre et de paix qu'il ap-
(i) Les clubs de Paris et des départemens eoToyèrent à rassemblée nationale de nouvelles adresses contre le marc d'argent. On lisait, dans une de ces adresses rédigée par les commissaires de treize sociétés patriotiques de la capitale : «< Pères de la patrie, ceux qui -«béisseilt à des lois qu'ils n'ont pas ùites ou sanctionnées sont esciaves. Youi aver déclaré que la loi ne peut être que l'expression de la volonté générale j et la majorité est composée de citoyens appelés passifs. Si vous ne fixez le jour de la sanction universelle de la loi par la totalité absolue des citoyens; si vous ne faites cesser la démarcation cruelle que vous avez mise, par votre décret du marc d'argent, parmi lei membres d'un peuple de frères; si vous ne faites disparaître à jamais ces différeos degrés d'éligibilité qui violent si manifestement votre dcciaratioû des droits de Pbomme, la patrie est en danger. Au 14 juillet 1789, la ville de Paris contenait trois cent mille hommes armés; la Hste active, publiée par la municipalité» offre à pëinr qiiatre<oringt mille citoyens : comparez et jugez. «
pelle h défiaoce du peuple. Pour exciter les cIu^b» à se rendre aux assemblées primaires, il leur dit que^ «i ce devoir leur impose des sacrifices, la raison, l'équité et l'intérêt public leur assurent d^ indemnités pécuniaires. £n effet, les démagogues avaient expriuié le vœu que les gens pauvres fussent payés pour assister aux assemblées, et seilattaient que ce vœu serai t converti en loi. Cependant on modifia les expressions de l'adresse; auUeu de donner une assurance, on promit des, sollicitations (i).
Les troubles intérieurs allaient toujours croissant, leurs causes se multipliaient. On voyait, jusque ^ans des villages , persécuter les prâtres qui opposaient 4eur conscience au serment. Des gens exaltés prenaient la déraison pour le patriotisme : à leurs yeux, un npble, un ex-^noble semblait n'être plus un Français. Des
(i) Beaucoup d*boBiBfis inierits sur la liste des citoyeiu aetifii u yoneiftient fort peu d'exercer leurs droits politiques. Lorsque Sailly fut rééki ;iii^ire eu 1 796, près de 7a,ooo Parisiens avaient droit de concourir à l'élection ; il ii*y eut que 'i4f 000 Totes.
La même ' «Énée , BarmiTe iîtt élu maire de Grenoble. Le noonbre des liabitans ayant droit de voter était de a, Soa; le nombre des préseos fut de S97 • Barnave a'acccpta pas ; il y eut à TélecUon de son successeur ,406 votans.
Pour la nominatioa de Pétion à la place de maire de Paris, en 179 <* ^ nombre des votans ne fut que de zo,63a : la liste des eitoyens actifii était alors de prés de So^ooo*
A l'époque si importante où les électeurs furent nommés pour donner des successeurs aux membres de l'assemblée constituante, il y eut fort pta de monde aux assemblées primaires : plusieurs journaux se ptaignireat amèrement de ce qu'elles étaient désertes.
QUI PlUBCàpSNT Ii4 RéviSIOK. 39$
agens de révolutioa et des émissaires de coa^rçHreyo» lution parcouraient les provinces; ces bommes ^ prêtaient involontairement des^cours réciproques; tous poussaient la France à une conflagration générale. Nos troubles s'étendaient sur un peut pays enclave dans le royaume , sur le malheureux comtat d'Arts gnon, où des brigands ont parodié la guerre civile pair des assassinats. Nos troubles avaient pas$é. les meiesi; nos colonies agitées préludajeat à leurs ' sanglant 4é» sastres, j : ;
Un péril imminent résultait toujours de rindiscir pline des corps militaires. Tandis que riQsi|bor4in?^T tion menaçait de dissoudre l'armée, lesrassemblemeof d'émigrés dont le prince de Coudé s'entourait à Worms , l^nonce de mouvemeDs de trpupes étra^t gèresy répandaient des alarmes et surtout une irrita tion violente. Pour renvédier awB: dangers , lea clubs demandaient le Ucenciement.des ofBdieFs» et fai^aleol circuler des principes anarchiques , tels que cew^ df) l'obéissance raisonnée et de l'électioA des cbe& par \0» soldats (i).
Cinq comités réuaîs proposèrent des mesures. p!G^9f la sûreté de l'état (i i Juin); ils rejelliient le liceiiQifhr ment i on demanderait à chaque officier de sign^er UM prromesse d'honneur d'être fidèle à lanatîon^à laJpidt
(z) Danf une discussion aux jucobins^ Dumouriez réfuta de pareils principes avec beaucoup de netteté et de force ; il snt cependant préparer si bien lés esprits, et aller de déduetioii en déduction a^ee In^t d*adress9, qq'il li'ejicf t« pi» up nvmauftt. , , / .l . •; t
396 eviSnemkns
au roi, de défendre la constitution et de maintenir la discipline. Pour garantir les soldats des séductions qui les environnaient, les troupes de ligne seraient pla** cées dans des camps d'instruction. Les régimens destinés à couvrir les frontières devaient être sur-lechamp portés au pied de guerre , et les gardes nationaux étaient appelés à s'enrôler dans la proportion d'un sur vingt. £n6n l'assemblée nationale chargeait son président d'aller, le jour même, vers le roi, pour le prier de notifier à Louis Joseph de Bourbon Condé qu'il était tenu de rentrer en France dans le délai de quinze jours, ou de s'éloigner des frontières, en promettant de ne faire aucune tentative contre la constitution et contre la tranquillité de l'état. A défaut par lui d'obéir à ce décret, l'assemblée le déclare rebelle, déchu de tout droit à la couronne, séquestre ses biens, interdit toute communication avec lui ; et, dans le cas où il se présenterait en armes sur la frontière, enjoint à tout citoyen de se saisir de sa personne et de celles de ses fauteurs et adhérens. >
Toutes ces dispositions furent adoptées ^ malgré les réclamations de l'extrémité gauche contre l'article qui, au lieu de licencier les officiers, leur demandait une promesse d'honneur, et malgré la vi\'^ résistance du côté droit à l'article qui concernait lé prince d^ Condé.
Le monient approchait où le roi, par une détermination funeste, allait multiplier les embarras des hommes qui, pour affermir son trône, auraient eu besoin
QUI PR^CÈDEirr LA R^VISIOIT. Sg^
de le populariser. Alphonse de Durfort joignit le comte d'Artois à Vicence. Déjà ce prince avait demandé à Tempereur une entrevue, qui lui était accor^ dée pour le 20 mai, à Mantoue. Ijéopold (i), sachant ce que solliciterait de lui le comte d'Artois , et sans doute pour constater qu'il se décidait de son propre mouvement, écrivit et signa le 1 8, à Pavie, une décla* ration dans laquelle il annonçait le projet de faire cesser la captivité de Louis XYI, en lui prêtant secours de concert avec d'autres puissances.
L'empereur exprima de vive voix au prince fran* çais ses intentions favorables^ et lui dit qu'on pouvait compter sur celles du roi de Prusse, des Cercles de l'empire, de l'Espagne, de la Sardaigne et de la Suisse; il lui demanda quelles seraient ses vues pour assurer le succès de la cause qui leur était chère. Un plan avait été préparé par Galonné. Cet ancien ministre, toujours plein de l'assurance que dans d'autres temps nous l'avons vu déployer, ne doutait point qu'avec les secours nombreux qui viendraient s'offrir à chaque pas dans l'intérieur du royaume, cent mille étrangers sufGraient pour rendre toute résistance impossible ; et cette opinion était, aux yeux du comte d'Artois, évidemment démontrée. Le plan de Calonne deman* dait trente-cinq mille hommes qui seraient envoyés par l'empereur vers la Flandre ^ quinze mille des Çer« des vers l'Alsace ; autant de Suisses sur la frontière du • « •
. . (i) Il uvaLt ^U6cç4é è ^n Itère, Joseph U^ nort Is »o février X7^«
3§6 ^tibrêttlsin
Lyotmais et de la Franche •Comte; autant de Sardél isur celle duDauphiné; et vingt mille Espagnols du côté du Roussillon. Ces troupes entreraient en France au mois de juillet ou d'août, et la contre-rëvolution serait faite en quelques jours.
L'empereur, sans trouver exagéré ie nombre des troupes demandées^ et en approuvant la manière de les distribuer, fît de sa main des changemens au pro4 jet qui lui était soumis. C'est dans le mois de juillet^ au plus tard, que les troupes se rendraient sur les fron<« tièrcs; mais là, elles s'arrêteraient. Un congrès se réunirait pour régler les opérations ultérieures ; la voie serait ouverte aux négociations que pourraient ame*» ner une protestation des princes régnans de la mai^ son de Bourbon et des princes du sang , ainsi que le tnanifeste des souverains étrangers. Ce changement était peu d'accord avec l'impatient désir du jeune comte d'Artois et de son aventureux conseiller ; mais l'empe^ reur consultait la prudence.
I^uis XVI songeait peu à son envoyé, dont il n'a* tait pas encore de nouvelles après un mois d'absence; c'était )e plan deBreteuil qui l'occupait; tout autre projet n'était pour lui que secondaire. Il écrivit à Bouille (27 mai) que, définitivement, il quitterait Pa« ri^ le 19 juin entre minait et une heure. Le jour même ûii cette lettre partit, Dut^rt fut de retour. Dam raudienceqii'rl reçut, il répéta an rd et à k reine cm mots de l'empereur : ce Assurez mon frère et ma sœur que tes puissanoes vont se mêler de leur» affaires^ non
QUI i^RÉGÈMirr LÀ if^iSvtsioir. 3ç^
par de sioipiés parbles, tnais par dé» âctiotts. Jn II remit au roi une copie de la note du comte d'Artois et dé Galonné, telle que Lëopold l'avait modifiée. A la fin de cette note, le roi et la reine étaient priés de ne pointi songer à recouvrer la liberté par eux-mêmes, de s'ocy cuper uniquement d'accroître leur popularité, en sorte que le peuple, à l'approche des armées étrangères, né vit SQD salut que dans la médiation royale. L'empereut' attache à ce plan de conduite le succès des mesnrell qu'il adopte; il pense que la sauvegarde la plus sûre pour leurs majestés est le mouvement des iarmées dei puissances, précédé par des manifestes menaçans.
L'empereur promettait des actions , mais en réalité ne donnait que des espérances. Les lenteurs d'un con<^ grès effrayèrent le roi et la reine, qui voyaient leur situation indéfiniment prolongée ; et la crainte d'être un jour dominés par leurs libérateurs, se réveilla dan^ leur âme. La reine exprima à Louis XYI son vœu de tout tenter poui" sortir de Paris, et lé roi ne revidt point sur la létti*é ^a'il avait écrite à Bouille.
Dans le mois qui précéda le d^ai^t dé la faÉiiilié royale^ quelques bruits de fuite pri3chainé se répandis teiit. lia Moniteur (3i mai) inséra Une lettré,- datée de! Francfort, dont l'àUteur affirmait avoir entre les maini ta éopie de deux éotttr&-Iettres entoyées en même teinp j^ que la circulaire atix àmba^àdétlrs ; il disait aussi qitë lé projet d'altei* à Sàint-GldUd n'était qu'un prétexte imaginé pour se' rendre à Bruxelles. Montmorin fit dèi dénotions d'autant plus fermes qu'il ignorait le pro«
jiçt de fuite et le dësaveu de la circulaire diplomatique. I( adressa le numéro du Moniteur à rassemblée (i"" juin), en attestant sur sa responjsabilité et sur son honneur que le projet qu'on ne rougissait pas de prê-> ter au roi n'avait jamais existé. Quant aux contrelettres qui pouvaient le concerner personnellement, il dit que si le journal le nommait, il traduirait surle-champ l'imprimeur devant les tribunaux. Un postscriptum annonçait que le ministre avait mis sa lettre sous les yeux du roi, qui lui avait permis et même ordonné de l'adresser à l'assemblée nationale. La déclaration de Montmorin frappa beaucoup de députés , et fut vivement applaudie. Le journaliste répondit, dans sa feuille, sans se déconcerter. Loin de croire qu'une justification lui soit nécessaire, il se félicite d'avoir provoqué le désaveu ministériel; puis il lance ce trait : « Un minisire des affaires étraagères n'est pas toujours le confident de l'intérieur.» Plusieurs folliculaires répétèrent avec persévérance les bruits d'évasion prochaine; mais dès longtemps ils donnaient si librement carrière à leur imagination quand il s'agissait d'attaquer le roi, qu'ils ajoutèrent peu à la défiance de cer* tains lecteurs, et n'affaiblirent point la sécurité des autres. La Fayette parla à Louis XYI des bruits répan« 4us : la réponse fut si positive, et donnée avec un ton si rassurant, que le conimandant général affirma sur sa tête que le roi ne partirait point; et sa sécurité tranquillisait un grand nombre de personnes.
. lies dispositions relatives au périlleux voyage fiireût
QUI PRl^GÈDÉNt LA. Rl^VJSIOX. ^Ot
mal concertées. Louis XVI et la reiue^^e toutes leurs habitudes rendaient si peu capables dé prévenir les dangers dont ils allaient être entourés, ne surent pas se confier entièrement à un homme dont rèxpériencé pouvait les guider; et, de son côté, Bouille eut le toiï de ne pas insister sur les précautions qu'il jugeait nécessaires. Plusieurs causes lui faisaient perdre de son
assurance et de sa résolution habituelles ; la principale était le doute du succès. Après avoir donné ses obséiU vations^ il laissait Louis XYI prononcer,' et croyait affaiblir ainsi le poids d'une responsabilité cjù*it pbk*tait àregrct. ^
Montmédy était la place forte que la famille royale avait choisie pour retraite. Le roi refusa de prendre la route des Ardennes et celte de Reims;il voulut passer par Varennes, contre l'avis de Bouille qui' craïgnait cette ville, où IVn ne trouvait pa^ de irelaij de poste, ce qui obligerait à faire des dispositions dangereuses dans un teitaps où le moindre incidenC suffisait pour éveiller les soupçons. Lé roi voultit que sur sa route, àu-dëlà de Châlons,oti plaçât des détachemens militàire^é Lé général représentait qué^ si les détachetnens étaient faibles, ils ne- seraient d'aileu» secours ; et que, s'ils étaient cobsidét*ables, la po^ pulation alarmée sonnerait le tocsin : ses observations ne furent pas comprises; il céda.I^e roi voulut voyager dans une très grande voiture, avec la reine, ses deux enfans, sa sœur et madame de ToUrzel , gouvernante du dauphin et de la jeune princesse. Bouille s'inquié^
4W BV4N«Wff8. ., . t.,
tout de ççtle vpitwe qui; pp¥?art;ftttîrçF J'RttootioiiL $ il n'wwte tamefqis qi^ç, sw M néç^mi^ ^'ei*flaêner, ^. Ww, 4^ infidame de TourzQt^Mn iïi<iitflir9 hiep au
5U^ ppi^raifpt wi^çp i^^ çijfcofi^fcaftWÇ'lil.aéhgnêit
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courriers; Tidée ne vint à personne d avoir se^l^fl[iap| 4fiy^ dç.qÇftîoujqe^ g|e«^ rt d'ç^pi^pçr d'^gç^ll;, LorsqueiipÇéfléral^pçéyç^iuclu îpur fixé. pQUfi teiàépiWrt, ej^t eaypyé «es ojc^s auuc dét^pli«ï?)eB^ «cw prétwl* d|^^iiîç^ çSQÇjçtpr. UR C0|ijY.qi d'^rgl^pt defttift^ à l^^f}làe ^ froiipe^^jin^, PtWyelliç d^pjecl^ç iw^nnpj^aisqttg le dépçirt, 4^it, retardé de .yjingjrqu^liî^ hwf^.par^ ^'iVMt feiQiq^^çp^ o^ s^,^fi^ili, n'ftVî^U pw^ S^riftWQ §fl^.çprvice pr^isdud^ijplûn.poiHH^ fut yJve^iQfttCQP- Jrffi^ 4ese,F^taji^,, 49^1.]^ flrçi^,^p^qi^| qWiL ^ta^ g^rs Vwpo¥^^<?Q> piiU^u§^' ^Y^û iïé j.5>i*Ly«it tien au-dpl^ ,c^^ tçpipp,jfté(5(B«ft^p fPQUiP >(à«tti«r! dfll» »rdr«i im^ r^éf I*4W : »A dft^ftit .c«TOi^ftpe^ qu© tf^s^Ol|
; JU plus gc^qd ob^t^çje i ce quf.i]d,£MW|ilb foyak ffftU du. château Jfut levé).p2>r la r^ip^i: eUo anait d^Wmv^ift que,.4çi r|tpïftiFt^wiB«l..de sa fille^. ci» {^M* .v^itm^e^ d^qs iwamm^quiis^ troUvak ialkfybfttéyt et
îf . !•
QUI PR^ÛËMAf lA REVISION. ^oH
qtii fttaii tme porfë mt la tovtt des prîiices. Cette issue ii'ét&it point gsuf^ée |yâf iIèI factiMfhàirc , paf ôé qu'on m pla^ii plusietits à très peu dé distance. Les £iciiontiaires ét^imt aoéôutumës à Yôir, iatptès le cou-^ cher d« rei^ étÀt^ ùûté heiirei$ et minuit, bealucoup de knadde soflif dès Tuilerie»; le daligëi' d^dtfe* ten eonuii n'Aftit diiM pas aussi gmud (fae Vont supposa bien de» geo% dont les tins^ ont crié à la trahison et Ué iKitits att (»i%»dige/ C'est par l'issue dont je parfé que les personnes de la famille royale , divisées eti petits gmnipes, sdrti)*eitt sucé^^ivèment. Un dies garde» da eorps' qui les aedympagnaient eonnaissait à pe«[ Paris que, ehârçtf de cbâduir^' h reine, il l'égat^^ et fut oUi^é de revenir aveè elle de ta ruo du Bac 9 la rue de l^h^le, où attendais un fiaferis dont le c(P cher était le comté do Ferse»/ On perdit encore dti Umps parce que Perse», cifaignànl de s'égarer^ s'il essaiyait d'aller directen^nt,^ à traters tant Se rues, auP faubpurg.Sainfc^Martin^ pt^éra prendiiâ' le bouievafrdi ht la Madeleine^ pour^ k rénranter ensufter. Eâfin , it alteigate et passa la bartière^ il alla jûsqfti'à Bondy, pr eÉ>kcr relat de poslle , ou se trouvait la toiture dans laquelle Ja famille royale poor^ui vit sa. rMfe.
Vers huit hemres dq matin^ la notrvelle de l'évétie*'
ment de la nuit cotmxiiença à se répafâfdre dans Paris. On s'idterrdgeait dans les rues ; l'étoi^nekâenf , le doute, se peigaaiènfi sur beaucoup de figures^,' une mornes ittdigiidtiàù se faisait iroir Mr dfauti^es. Des gardesf Bationam y«s8énbtneat| éts gens àrai^ de piquet
4o4 ÈyÉNEMFWS
apparaissaient sur quelques points; des groupes jiombreux se portaient aux Tuileries, sur la place de THôtel-de-Yille, autour de la salle de l'Assemblée nationale. La physionomie de Paris n'était pas la même que dans d'autres crises. On entendait peu de tumulte, peu de clameurs ; il y avait dans les âmes un fond de consternation qui donnait à la multitude une sorte de calme; mais, lorsqu'on obsjsrvait davantage, on voyait ce calme devenir menaçant et présager une expie* sîon terrible..
La Fayette fut informé, par d'André, du départ auquel il était loin de s'attendre. Sans perdre son sang- froid, il se plaignit. d'avoir été si complètement trompé. Aux paroles qu'il ajouta, d'André soupçonna que des espérances républicaines se réveillaient en lui; il ne regardait pas comme un malheur que le roi. fût parti, et ne formait aucun vœu pour qu'on l'arrêtât dans sa fuite.. En allant au château , le commandant général rencontra Bailly et Beauharnais; ils lui apprirent que les députés étaient convoqués en toute hâte, et manifestèrent leur regret que Ja séance ne pût s'ouvrir à l'instant, tout retard dans les mesures que l'assemblée seule pouvait prendre pour arrêter l'enlèvement ou la fuite du roi, exposant le royaume à d'affreuses calamités, La Fayette. leur demanda s'ils étaient bien convaincus que Tarrestation de la famille royale était indisperisablQ t. pour, sauver la France. de la , guen^e civile. Sur Içiur réponse très, affirmative : ^Ehbiep! flit-il, je prçpids^surjnoi la responsabilité
des ordres que je vais donner. » Il chargea deux de ses aides de camp et plusieurs officiers de la garde nationale de se porter sur différentes routes, et leur remit des notes signées de lui, contenant l'invitation à tous les gardes nationaux, à tous les citoyens, de s'opposer à l'évasion du roi.
Après des recherches au château pour découvrir comment la sortie avait été possible, le commandant général se dirigea vers l'Hôtel-de-Ville. La fermentation croissait; on disait que le roi allait se mettre à la tête des armées étrangères, et que sa fuite avait été favorisée par des traîtres dont les chefs étaient La Fayette et Bailly. Sur son passage, le général entendait des mots très significatifs ; il s'arrêtait près de groupes menaçans, son sang-froid imposait. Entouré de gens fort irrités, il recourut à la plaisanterie (i). Plus il avançait, plds la foule grossissait. En approchant de la Grève, il vit le duc d'Aumont, commandant de la division de service aux Tuileries, assailli par des furieux; il courut à lui et Fe délivra, secondé par quelques gardes nationaux : ensuite il se fit jour à travers la foule, et monta à l'Hôtel-de-Y ille.
Les députés réunis, vers dix houres,ouvrirent cette séance admirée même par les adversaires de la révo-
(i) Un boiÉme dit| en lui nttmtrant le poiAg: « La Fnl^lce est ruinée! » «- « Comofeut ruinéc^y.répondil;!!? La Franjce.a .Tingt^oinq n^Uioosdliabitan;, la liste civile coûte vingt-cinq millions; chacun denpiis gague viogt sous à ce que Louis XVI nous dispense de la payer. «Cette plaisanterie fut beaucoup répétée, et plus d^ii» républicain eu fit*nh argument sérieux."
4o6 lÊvârrsMSirs
lutîoa. Ifi prësîdeat (àleuadfe BeauhAnutîs) annonça qw i« maire de Pam yeiiait d« rinformor qu«» dana la nuit^ le roi et une parité d<$ la famillu royala avaient M ealQvoa pai* Us aoAdinifi dq là çboii^ publique» Un pi^ofoud silence i^çoa quelqim momena dans laaalle;
mais bientôt des décrets fermes, déoi^ifi^ sq MCOi$dè-r raot a v^ rapidité, Du Courriers furMt expédiés dans las déparl#0iena pour interdire la sortie du royauoae ; si çeu^ qui aalev^iient h roi étaient ranoontrés, ils sa<^ caient arrâtésy 0t ks wdros de Taiseioblée nationale sarai^t au^itôt damandéa. l^assemblée sa déclara an p^manance^ On aonanga qu'un attroupament consi?« dérable sa dirigeiiit vars la liau d^ séances; la présk dent fut chargé d'assurer la Ubarté de la raprésenta-n tion natiQuale» at rattroupatneni; sa diasipa ou s'éloi** gna. lies autorités administmtivçs de Paria euranfc ordre d'apnpupar au peupla que TasfiQo^léa natipnala yaillait à la ^lureté pul;^qu^^ et que tousi ka oitoyana dfvaiant h a0OQn(^ par leur rtfspaat pour las loia« Qiantot una proclamaitioil de l'assembléa ellatitiêoie fut Hfigohée. lia proposition de oon&r le pouvoiit exécu-» tif à un oonitté ^oisi (mi^nû ka rapréNafeaniBylut £ûta et rej6téo« Tou$ las ministres furent mandés;. Montn»i^in s^ trouvait raténu danq son botelitfir'un raa»
semblement, un ordre de l'assemblée lui ouvrit le passage« La raprésent^âon nationale confia la pouvoir exécutif aux «niniatres; les décrets^ pour avôîr force de loi, n'auraient pas bqsbin de sanction ; le garde des sceaux l^s »igH^^»et j ap()osqr^t le sceau de l'état^
La garde nationale fut niise en activité idaàs loiU le royaume. L'assemblée prévint le$ ambassadeurs ëtraûv gers qu'ils pouvaient oontinUQr leurfi nàlâtions avéd les hiinistres , et Tordre fut adressé aux ambassadeurs français de 'Continuer .leurs fonctions dans les obM$> étrangères.
> Les deux aides dé eafaip que La Fayette envoyait' au dehors^: se virent arrêtée dans Rari6 par la populace.» Un d!eul parut à la.barref Fassemblée lui i^mit unW expédition du premier décret qu'elle avait rendU) et ohargâa des commissaires de protéger feon départ (i)»* On annonça .que^ Gaaalès était assailli pires des Tuile», rîes^ dés députés furent envoyés à son secours^ déjà^ la garde nationale avait pourvu à «a ^reté. Le mair^ et le commandant général avaient été mandés par V^b^ semblée: sur le bruit que La Fayette courait dbs dan^l gers^ plusieurs députés furent chargés 4'sissurér Bon; arrivée. Hewbell voulait que le président/lorsqUje La* Fayette, paraîtrait^ lui adressât des questions qui aa>^ raient annoncé de très graves soupçons% Barnave l'in^ terrompit: (c Pour sauver la chose publique^ dit*il^) maintenons la confiance populaire à qui elle appàr-
(i) Dan^ le temps, beaucoup de personnes prétendirent que La Fayette, connaissait Titinéraire du roi; et, pour preuve, elles alléguaient qu'il avait envoyé tin de »es hidei Ûê câMp (ïlôiîrôuf) dihicte)tietit ti Vàrénnés. tl Jr )1 ' erreur; taiéDdettinp devait se tUrigef tok> VakncièiuiÊs; mais Ion»*: qull alla avec li^ coinmissaires, déUv^er son cavarad^, la. bruit «tait ter» pandu que la famille royale venait d'être arrétéef à Meaux; et le peupla' força Konkeu^ à prendre le cliemia àe cette ville. G^è^t ainsi qul( amva jd^*à tàrtibttéft 6ù^Yèl^l)étàh'ai^Mt§âtfitab4idé)ti^ ^^
4o8 :Éy£ifSM£ifs
tient. Il est des hommes sur lesquels on voudrait appeler des défiances^ que je crois fermement, que je jure à la nation^n'étre pas méritées. Cest en attachant à ces personnes la confiance du peuple, comme elles ont la nôtre, que nous aurons un centre d'exécution et un bras pour agir, quand nous ne devons avoir qu'une tête pour penser. M. La Fayette a, depuis le commencement de la révolution, montré les vues et k conduite d'un bon citoyen ; il mérite la confiance, il l'a obtenue; il importe à la nation qu'il la conserve. Il faut que, dans le centre du royaume, la force publique parle son véritable langage , et que les représentans ne soient pas infiuencés par des causes qui, bien que paraissant populaires , pourraient être étrangk'es. Il fiiut de la force à Paris; mais il y faut de la tranquillité; il faut de la force, mais c'est vous qui devez la diriger.» Ces paroles produisirent une impression d'autant plus vive que La Fayette et Barnave étaient divisés dès longtemps : on sut gré au jeune député de sacrifier à la chose publique ses préventions el ses res* sentimeos.
Les commissaires qui revinrent à l'assembla avec LaFayette et Bailly, annoncèrent que partout ils avaient recueilli les témoignages du respect et de l'affection des citoyens pour la représentation na tionalcLa Fayette parla eu peu de mots de l'événement dont tous les esprits étaient occupés ; on entendit le major général Gouvion, chargé de la garde des Tuileries; ce qu'il dit sur les précautions qui avai^at, é,té prises dans ht nuit
QUI PBEGSDfilTT LA REVISION. 409
précédente fut confirmé par Bailly , et Ton se hâta de répandre ces renseignemens dans le peuple pour dissiper les bruits de trahison. Les perturbateurs firent de vains essais de leurs forces. Santerre avait réuni mille à douze cents hommes armés de piques ; il les faisait aller d'un point à un autre, sans autre but que d'agiter la multit^ude. Des bandes populaires furent poussées à une manifestation républicaine: les em« bièmes de la royauté , peints ou sculptés, furent détruits dans les rues; les enseignes qui portaient les noms de roi^ de reine , de prince furent brisées; les agitateurs semblaient se venger ainsi de ne pouvoir exciter de plus grands troubles.
L'asseinblée nationale rendit plusieurs décrets moins importans que ceux dont j'ai parlé ; le président dit ensuite : « Il paraît que personne n'a plus à faire de proposition relative aux circonstances. L'assemblée jugera peut-être bon, jusqu'à ce que ses comités soient prêts à lui rendre compte des divers objets qui leur ont été renvoyés, de passer à l'ordre du jour, x» Cet avis fut adopté, et l'assemblée reprit une discussion sur le code pénal. Moment sublime, qui excita l'en'^ thousiasme des Français et frappa d'étonnement les étrangers.
L'intendant de la liste civile (La Porte) remit au
. président de l'assemblée nationale un paquet qu'il
avait reçu le matin, et qui contenait un mémoire dont
il n'avait lu^ dit-il, que la première et la dernière page.
C'était une proclamation écrite de la qoain du roi, et
adressée aux FfAnçai^i Loais XVI y prôtéètë eôittre teus hn tct^s émanés de lui^ di^puis le 6 oétobre. Le nialhelireus: roi trace ie tableau dés violences qui lui oot été fakes) des outrages dont on l^a afereuvé^et dé la dégradation cfomplète de son autorité; maïs àié^ tnuiigM inconvenances gâtent l'effet de ce tableau. Monsieur^ à qui Louis XYI avait 4Enontré èû proclama-* tira^ datis leur dernier entretien^ et qui lui avait in-^; diqué quelques Oûrrectionft ^ aurait dû en faire dlBi^ vaiktage(i)» Aux plus grands intérétâ^ Louis XYI etl mâe de mesquins; il dit sur son arrivée Bu)t Tuiiéried^ en octobre: « Rien n'était prêt pour k*ecevoir le )roi; et la disposition des appartemens était bien loin de' procurer les commodités auxquelles M majesté était accoutumée dans les autres maisons royales , et dont tout particulier qui a de raisanoepeut jôuii^^ »* Il dit aussi qu'on ne lui a donné que vingt^nq ttiil^l lions de liste civiloi Cependant la plupart des rêpro*^: ches contenus dans sa déclaration soïit d'une vét^tét frappante^ Le monarque rappelle auiL députés qu'ib ont violé une clause de leurs matidats, qui toAs portent expressément que ia confection dès, lùiê Sé féf>ét de cùncert a^c le rpù En parlant de la lieeiit^ deà clubs, des journaux et des pamphlets: or Jamais, dit^I, L'assemblée nationale n'a osé remédier à cette licence,
bien éloignée d'une vraie liberté) e^le aperdu Son,
(x) Dans la soirée du 18, le roi fit coupaitresadétermination àBion-rsieiir.Mtîe j^rtlice partit séparément la Wme ntait qaè'te 1*01^ et 'atteignit
QUI PRiCÈDtltr liA ^ÉWiSÏOTS(. ^It
cnédity et même la foroe dont eUè aurait befioiû ^ur revenir sur ses pas, et changer ce qui lui paraitrail bon k être corrigé**. SI le$ ^)>ft laissent apefhôeH^ir quelque dispositioii à revenir «arque^ti^ diôse^ c'est* pour détruire ies restes de k rayauté^ et étaiiHr u^ gouvernement métaphysique et^iloe6phiqueim)^K sible dans son e^écutioa. Français lostK^e 11^ •ce que TOUS entendiez en envoyant dtta représentans à fais^*. semblée nationale ?•«».. DéstDÎM'^voQS ^foir Totre ml comblé d'outrages et privé de aa liberté, lafidis q&'â ne s'occupait que d'établir la vôtrÉ?^.«« Fraili^iê, 4f viotts surtout Parisieûs^ habilans d'une ville que toi ancêtres de sa majesté «e plaisaient à appeler ^M/* è^/më vHie de Parùj n>éfic8*¥ous des suggesliôtis el déë mensonges de vos fauat amis; l^venes à votre no!^ il sera toujours votre père, votre meilleur aMii.'Quel plaisir n'aur>441 pas à oublier toutes ses injtik*es pw sonnelies, et à ae voii* au milieu de vous, lotvqu'une oonstitatiou , qu'il aura librwient acceptée, fera qUQ notre «sainte religion sera respectée, que le gouvertte« ment aéra établi sur un pied stable, et que^ par son , action, les bîena et l'état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus ^^freintea impunément, et qu'enfin la liberté sera posée aur des base» fermes et inébranlables I » '
L'assemblée nationale avait mandé les offiders gé^ néraux en activité de Servioe, qui se trouvaient à Pa«f ris« Rochambeau et d'autres militaires Tinrent promet^ tre fidélité et soumission à «^FasiMinblée} le vieon
4ia JÉvijîEMENS
d'Âf&y, commandant des gardes suisses, les avait précèdes.
Deux fois, dans la journée, la séance Ait momen« tanément suspendue; à minuit, rassemblée prit quel* que reposy et il fut donné lecture du procès-verbal à quatre heures du matin.
' Quelques détails sont encore nécessaires pour corn* pléter le récit de la journée du a i • Barnave et ses amis avaient vu s'accroître leur influence; la manière dont ils s'étaient rapprochés de Ia Fayette, l'appui qu'ils lui avaient loyalement prêté, ajoutaient a leurs forces. Certains que le jour de la fuite du roi le club des jacobins retentirait de motions exaltées, ils résolurent de dérober quelques momens à la séance permanente, pour porter dans ce club influent les idées de modération et d'union qui triomphaient à l'assemblée nationale; ils engagèrent des fonctionnaires publics, des membres de la société de 89 , des hommes qui depuis longtemps ne paraissaient plus ou ne paraissaient que rarement aux jacobins, à s'y rendre dans la soirée. Ce club allait devenir le théâtre d'une lutte entre les constitutionnels et les révolutionm^res.
Un certain nombre de zélés jacobins se trouvèrent en séance à midi : ils écrivirent aux présidens des 4^ sections, pour les inviter à annoncer que la société était réunie et que ses portes étaient ouvertes; ilsies prévenaient aussi que, de deux heures en deuxheures, les délibérations de la société seraient communiquées aux sections. Il fut arrêté que des commissaires seraient
QUI PRÉCÈDKîTT LA REVISION. 4^3
<^nvoyës à rassemblée nationale,' à Tadministration du département, à la municipalité; et que ces commissaires, relevés d'heure en heure, viendraient rendre compte des travaux des représentans et des administrateurs. La société reçut plusieurs députations. On voit qu elle agissait comme une autorité constituée. Du reste, elle montrait assez de calme; elle arrêta que ceux de ses membres qui seraient obligés de quitter la séance, répandraient sur leur passage des idées de paix, de fraternité et de respect pour les lois.
Robespierre^ dans la soirée^ parut à la tribune des jacobins: il gémit de ce qu'on laissait perdre un jour qui pouvait être le plus beau de la révolution ; il dé^ plora la faiblesse des mesures prises par l'assemblé na^ tionale. Il ne craint pas les armées étrangères; ce qui l'épouvante, c'est ce qui rassure tout le monde,, c'est de voir que depuis le matin chacun tient le même langage, et qu'on ne parle que d'union. Louis XVI compte sur les traîtres qu'il a laissés parmi nous ; « il va reparaître sur la frontière, aidé de Léopold , dé tous les fugitifs^ de tous les brigands dont la cause com«* mune des rois aura grossi son armée; il publiera un manifeste paternel^ il répétera encore, mon peuple peut toujours compter sur mon amour (i ). On propo^ sera une transaction avec les émigrés; pourquoi s'ë« gorger entre frères qui veulent tous être libres ? Condé et Bender se diront plus patriotes que nous. Si, lors*
(0 Paroles pnmaneiM par le roi, après le 14 juillet, à IWtel-de-'Ville;
4^4 4VÉN£MSNS
^e VOUS n'aviez pas d'armée ennemid sur ia frontière, QQ ypusa fait tolérer tant de décrets nationicidesycotn* •luept balanceriez-vous.à céder lorsqu'on ne vous de* ofwdera que des sacrifices, d'abord bijan légers^ pour {arriver à une réconciliation générale? Et vojesi comme tout se combine pour exécu^ ce pUn, cotnoie Faa* semblée nationale ellehm^me n^arcbe v^s ce but. i4ûms écrit de sa maia^ on ne mJenJèye pas, je preods ^ fuite; eii par un mQOspngfe ^ifiXk girossi^, bien perf fide, puisqu'il lendàcenserver aucMeManttoîM quiir Utii, sf^tk pouvoir, l'asseqf^M^nialtiqnale wjourd'hldi a, dun^ .vingt djéçretsi, aiiBeçté d'appeler la Cuifie du roi uû eidèVe<neQit« » Sqiva^^ile.CQUr» de ses idéas^ Robes* pieryfe dénonce 1^ peAivpir eiiéoutîtVaccttâef de oon^fÂ* talion h ministre de la- guerre, le ministre des affsûres étrangère», le iQinistrQ de Tintéi^ieur. « Yoye^vous àâr sei; clairement, contiHuq-tril ^ te coalition de» inkiis* ttt^y des chefs (Âvits eb militairesy doBt je ne evoûrai limais, que plusieurs^ iinou: tous, n'aieat pas^eoneu hb fulCe? yGlye;t-vôiis leu( ooatition avec les» eopiiités^ aureeil'ASsemlilée nationale ^ et,- comme ^ cette toalition «l'était; pas aààe? iorle, jie^ sais que tout-à-l'béUFe on lOa^VQUs proposer à vous^memeisi une réunion avâC<yoa eiM^eeoâs les plus eonnus. Dans un moment,^, tput 891 lèmajffe^ le géné]:;al, les ministres, djt-çi% vont arriver kâ« Commeiit poorrions^noUs échapper?; A(M^ue codo^
mande les légions qui vont venger Césàr^et c'est Oe* tave qui commande les légions de la république ! » St^ doiiM#i{>our le seul piv était l'idée. âsed« Robes*
QUI PRlScÈPENT X.A RJ^YISION. ^iS
pierre; ses pb^s^se^ sur h bim public et sur les trat«> .^es sont Texorde or^Jiuaire de ^pu pauégyriqiie. « Je VQua ai tout pî^dil^ coutinue-vil , ,et on u'aura rie» à we reprocher^ Je 9^ig qu'en açcusi^t h J^e^que univ Yer^alité d^ ine^a çopfrère;» à rasfjdmUée nationale d'âtf^ çoutreporév^U^ûonuairias, les uus par ignorancie^ 4'autï^ j^r tei;rf>ur, d'autrf^ pî|« wsw«fiin«»t, d'aur 4rç^ ps^f yne çQujSance nviu^e^ hjaauQoiq) p^fce qu'ib sQ^if çqri^HQpus, je ^ulèvie «ontcf mok touales ^wioiAtar' propres» j'aiguise Qpiille poi§oaii4«, etiu^d^vo^iie à tm>tf^ les hai^$s^ je ^ 1^ sçrt qWon me ^ai^de; iim}s<s% iJaivi, les coiaw^Aç^meo^ de 1^ révolviion, et lot «que ^'étais à peioe ape^u dans PîE^eiphl^e uMio«^lr^'lor^ gue je xi'étAis ym q«^de pa co«sçif)noe4 j'a) fait 'k sucrif fic^ode pifi yiiç à la !v^ri(é, à )^]i^vt4 ^ la pàtriévaii* y^ur4'hui que;l^^si#r9gesde Dfies coacito^reos^ cpft'une })iQ^vtei^wci#.¥I^VieraeUe^ ^ .trop d'ûidulgenoè, «ie (^(^QAV^^Qa9^;4'ati;a^heniie»t^'m'ôot hkn paj^é df Does sacriSoesi, }^ Yecevrfû. pKsqttbteanme^QilHeBfait^ W9e i^ort qf^i q^'^^p^çh^a d'éHIe^^^tàftkoin dâiîipaHfaL quf^ )« VQÎs i«^^bki9..« n NiHt^mxtirom émts aifet ^^s'é<^a (Emilie :IksmotiU<i&! « Leiaîat enthousîas^ fif^ d0 la Terti^t4UJke pvofièa^i$priial,dë lai séance^ s'est cinp^ré dd toittf^;! 'a^^embléi^ ^ etr jehaïquexnèmbre' » jptë itidivÂdH^IeoMott. d0< d^feiidre Bptiespienre, ail pâ?M i9i^Q de^m iii4 pi^>oès-T«r)iflil. ehl idQle3Uct;îl y mXf non u«;()e«iltoii{; ipdmdud^ inaist de bruyantce açclamatioAs^ f. »
Barnave, ses amis; I^ Fayette^ ua ^ft«d aàmtm
4i6 ^ViSnchrrs
d'autreâ personnes arrivèrent; et leur présence excita plus d'applaudissemens qu'on ne devait en espérer après la scène qui venait d'avoir lieu. Danton s'élança à la tribune y et dit, en attachant ses regards sur La Fayette, qu'il allait « buriner l'histoire pour les sièdes à venir. » Il lança contre le commandant général une foule d'accusations absurdes ou insignifiantes; la plus forte était dans ce brutal dilemme : « Vous avez répondu sur votre tête que le roi ne partirait pas ; vous êtes un traître ou vous êtes stupide; dans Thy* pothèse la plus favorable^ vous devez cesser de nous commander.» Alexandre Lameth défendit la cause deLa Fayette, comme Barnave l'avait soutenue à l'assemblée nationale ; il rappela que ses opinions avaient souvent différé de celles du général ; mais il prit à témoin Dan* ton que, dans les conversations les plus intimes, et même en blâmant vivement LaFayette, toujours il avait rendu justice à son patriotisme, et qu'il avait dit ces propre^ mots: ce Le commandant général se ferait tuer à la tête des patriotes dans le cas de contre-révolution, «t De tels sentimens excitèrent des transports, et Danton avoua la vérité du fait allégué par Lameth. Beaucoup de voix invitaient le général à monter à la tribune; il parla en homme qui croit très supierflu de se justi-* fier; il retraça les principes qui rendent un peuple digne de la liberté , et se fit gloire d'avoir toujours ^ prédit leur triomphe. Les applaudissemens Taccom* pagnèrent à sa place, et se renouvelèrent lorsque, peu de mq^lens après , il sortit.
QUI PRiécèbJSirf lA BÉvisfoir. 4^7
. . L^es^ahÀtîèB fut comprimée dafàs cette sésitice. Sdr h proposition de Bamav^y tme circulaire ^^onçue clairs un esprit de modéiiation fut envoyée aux ilôciétéÉ affiliée^; la dernière ' phrase était : ce Toutes les di^' yisiôii»: soàt oubliées, toii»ii^spatfiot«8 sont réunis; V assemblée nationale^ yoilà notre guide; laoonsii^ Uition .j voilà notve cri de ' ralliem^n t. » , Le cluh des oordeliers avait fait afficher, dans la matinée, un manifesté* T^pofoUcain qui commençait par des vers parodiés de là tragédie de Bnaus{x). Le ipiftme jotir^ !ce clid> ^orvo^- i l'astsemblée nationale* i|ne «adresse , où il décla^it'qae Louis XYI avait abdiqué là iHsymté. Corisidérianl quq tons, tes emplois doivent 4tpe accessibles à tous les eito^M^i et que plus une fonclâoa ^.importante , plus sa dtfrée doit ètref' cQui^e V les (Oordeliers prononçaient que ia l*ôyaMéy ei ! surtout la^ n^auté héréiiîtaire ,^ est inoon|Atifale avec la liber^é^JAu nom de la patrie, ils vcoajniràieiit Tas^ semblée nationale de dédàrcr* que W FtttttCé est unei république, ou d'attendre du moins que les aswmh hlées pffimaiffBs^ «eussent -exprime leur vœti^èt^éoidé kiiiquesj^oÀ. ;••' ■
Cette adresse excita le lendemain quelques momeAS de.troublo.auclub des jacobins. Un partisan de la ré- > publique voulut parler de la pétition qui demandait As' (Usttu^ion de la monarchie^ mais de violons murmures l'JintercoiB^irent j l'ordre dn jour fut réckiâ4«tadopt^;
(x) ' « Si, parmi les Fnmeaù, H se trouvait on trattre, « Qui regrettât les rois et qui voulût u((; mettre, «l^,
T. m, ay
4^ iy^Ètnmns
Le tumulte ccHitiAUÛt; la pétition fut quAiifiéË^.]Mr uti me]al)rey d'aicU de $oélé«7afte3^fua jeune bonne: qui présidait parut vouloir k défendre; vingt péisanna» d^andèrenl ta parole eoniite le président; DsntiiMi Qfiiiqi;» vainemtAi de lui prâfters^oonriv l'ordre dtfjoof^ fia.ffMÛidenu». . .,
Les amis de rancien i)égine.crog!aiientto«cherjâ(# moment .de ¥câr réaliser leun^apéranee^ En seMet, leur )oie étaiteaUremef .te jmUir^iUB la oonteùèitty d'affreux, pénk «uraieirt. euîirtiuar/lmiiiîfesteftÎKM» lé** méraiiie* Plttàifte»;)ournan%à.ccatiè4iréTcriutiDfi|iaîi^ jugeant iecop jdaBf;eréux.d\ncpdimiBr: leurs seaMteMy' ne paiw'eai pobBit;;ie0pendaÈdt ïb Joiamdde là Cêmt et de la faille tom wfkrÎBiQK cette »ôtê2^c£eusl{ubifMi>^* drMt êtite eon^i» dans l'annustie jdn piÎ3iicejdb>Gôiidé^' piBuynfc M fairetH^erire àjDeftr6:hai«lM,:4f4e9WiMn d'août» Meuf ajyMron9 iSoei oèg^stiies (MMir iai b<Mtfk^ dilé du pobljtcîjdioii» a'eÉiexceptarène^eii£a|icMiaM ne^t dont xmi^îdonnenoeeiBleeBsammeai te nommer ir sii^Mlemeot. »: . .'..-- „. . .l..'.'.- .>'
L'aisemUée ntlipaale, denaae loflgaeivfaMme^fittl ne fut levée que le a6, continuait de suivre en ^Éiatffhe' (pi^'ellç d'élaîti traoéet poUir garantir la France dèr Arces étradgèiM el des forcée .jrévcÂutionnaires;)!if»aott^ veau senMiil futdemandé aax jnitUtanreer'jls jfi£peraiMC| de>«9aiAteaiivle Gonsiitutma ficmtxe lous seaeMieM^iNK^ dedans et 4i|(debor$) de mourir plutôt qve^ecmffiÉP* l'invasion du territoire par les troupes étrangères ^^ et de n'obéir qii a^Uf ordres donnés en co^^ueuce des
QUI v^ickman la R:éYisio]f . 4i^
décrets dt TaMomblée oatiimaku Des eommiisaire§ furent à TiBstast nomniës pour «Uer recevoir ce sorv BMût, et le» députés militaires furmt appelés à la prêter sur-?le<<}bamp.Ceux c^i apparteaaîëat au côte droit S0 trouvaient dana usie ipositioa délicate; e^ndant k| plupart se soumirent^ L^assemblëe Voulait éviter d'aè-t orpître i^. dîvisîiona dans son sein ; elle parut né paa entenâFe ^tainés ^trictioÉks^ et mâmo im député jura fidélité avrrcdvssns causer de tumolte. -
Un déâet autorisa lés asti^mblées primaires à. co»i tittûérdenomimer kbiéleqteurs^ ma» iat^dlt à ociik^^ QÎ <b se réunir avant, l'époque «pil'acrait iiibériétireis ment; fixée. Plusieurs: députés exprimaient la cpaihSt qpa^on n!aqcusàt rassautUée de yoiddir ia peàif^uerci Gh^lier fit comprendre ^u'au^ moment oii tous rlafc pai^s'agitaienty oii^esiinsiensés.rédi^éncnt dsapétî^ lions pour demander t^u^otb attendit'Ie Van. quTeaipriM mérâient les dépabteniens, il: fallait Mr^iaks'mcpasef iau danger: diavoîc dans ll^^i^ deux aaieiiihliéoi nationalai
et quatré^vingt^^troSâ Gcnrps:ddlUMM?aÀa.^ (' ^^ ' • '^' «^ -i:.¥era^i&'hedÉreajdn sbic (sia)^ Ik^ién^eètvèBatt^id'êtral pèuff ;^li{uea moioenB ^^s^enduei; une nU» agîtatiaà se mipifiesta iaiaportas.jde 1& saUe^!beanoe(iip dé'dép» pmés «entrèrent j^réoipitamm^iity^tran.nntènâît doa vôix'^ui iïmQut: il'esiqrpAét il^ê^^rvéti^ :... i
lie président, Apéèa «roir invita fkassofahtée! si |lè donner av^oun signe <^apprpbatim<ai d'improbatÎMiy lut naja lettre dan officiers muni^paist de Varennesii» ils aivioÉçaient ain toute kâte qu6 fo ADicétait dansi
cette ville , et ils suppliaient Tassemblëe nationale de leur tracer la marche qu'ils devaient suivre.
L'assemblée nomma trois commissaires, Latour-Maubourg, Pétion et* Bamave y qu'elle investit de tous les pouvoirs nécessaires pour assurer le retour du roi, de l'bëritier présomptif de la couronne et de la famille royale. Les commissaires furent spécialement chargés de maintenir le respect dû à la dignité royale. Un autre décret suspendit Bouille de sesfonctions, et ordonna aux tribunaux et aux corps administratifs de le faire arrêter. Un troisième décret, rendu sur la proposition de d'André et deVirieu, en exprimant la satis&câon qu'inspiraient à l'assemblée . nationale l'ordre et: la> tranquillité de Paris, invita lès dtoyens à persévérer dans des sentimens dignes de leur patriotisme, et enjci^ gâit aul autorit(^r de prendreiles précautions qu'eac^e-^* raient la sûreté du ifoicet celle de sa famille. — )? •
De vives alai^nes s'étaieîit répandues le jour de la: fiiite; une foule 'de personnes,x{iii se croyaient juïès de voir la France livréeaux hbn^nrs d'une ipvasioir.et'de la guertie civiky rèspirèrenÇ à^la nêuvelle de r*arre^tion di^ roi./Le sentiment le plus général fut jcelui de la joie; cependant, par dés èauses très diverses^ beau» coàp de Français voyaient le npuyel événement «ons; un tout àûlFe «aspect. Ceux qui s'étaient flattés .^ue* le signaLde lareoiktre-Févoliitkm allait être donnée rës-* sentaient une désolation profonde. Les républicaini. étaient très conJbrariés de ce retour qui leur opposait' un obstade^ doiA ils^ s'étaient crus délivrés. De>paisi«
QUI PRÉCÈDENT LÀ RÉVISlOff. 4^^
bles et constans amis de la chose publique, les impaiv tiaux^ avaient pensé que la liberté du roi, son éloigne» ment de la capitale, pourraient amener des transac* tions salutaires : ils avaient pour garans de leurs espé» rances la bonté de Louis XVI j son désir du bonlieur public y et l'influenoe que la modération acquerrait sans doute dans l'assemblée nationale. De zélés mé* diateurs se fussent présentés. Mounier et Lally ToK lendal, fidèles à la liberté ainsi qu'à la couronne ^ se* raientaccourusprèsduroi. Beaucoup d'hommes traités de contre-révolutionnaires jugeaient l'ancien régime impossible à rétablir ^ et n'entendaient point livrer le royaume au violent et faible parti de l'émigration. Des personnes insultées par le peuple, parce qu'elles blâmaient l'abolition de la noblesse , se fussent opposées au rétablissement des trois ordres. Rien d'important ne fut arrêté dans le court intervalle entre le départ et l'arrestation de la famille royale. Cboiseul {^Relation du départ de Louis XVI) dit que des commissaires avaient été nommés par le comité de constitution, pour porter au roi des projets d'arrangement; cette erreur n'a pas même une ombre de vraisemblance. Le 22, quelques membres du côté gauche avaient proposé une conférence, pour le lendemain^ .à des impartiaux qui l'avaient acceptée. Je n'ai pas la liste exacte des personnes qui eussent assisté à cette réunion peu nombreuse. Barnave, Chapelier, devaient s'y trouver avec Malouet et Clermont-Tonnerre. J'ai ouï dire que Cazalès y fût allé ; mais je ne puis rieu
affirmer sur ce pûitit. Sans k aoaveUe de l'arrestatioii «lu roi, les projets de GOnciliation eussent été suivû avec dëvoûtnent. I^nt de crimes et de malheurs ont mondé notre patrie et rËurope^ qu*on doit regretter imèrement que le sort ne nous ait pas fait courir d'autres diances. Mais lorsque^ emporté par une rëvor hitîott, on a quitté la voie de la sagesse^ on se trouve environné de précipices. Si la fiuaille royale eût atteint Montmédy, la faiblesse de Louis XYI, les prévention! de la reine ^ la prësenoe des principaux émigrés à ia cour, l'inhabileté d'une partie des chefs populaires, In teélératesse des autres auraient &itéclater une guerm civile; et peut4tre edt-elle fini par nous livrer sans force à des puissances jalouses qui se fussent disputé Im lumbeaUK de la France.
JLjes plus grandes difficultéi du voyage Mtnblaieat ësre A^anchies au nottient oài nouis avons vu la £imille royi^ partir de Bondy. Lorsque le jour parut, là reine goûta les plus doAces émotions qu'elle eût depuis longtemps éprouvées : die était libre, et tout élaît ealme autour d'eli^» Ses Regards se reposateut avco déliées sur lia campagne. «Il me semble^ dit»elle, «ipie W&t v^ bien. Nous serions arrêtés, si nous avions flû Têtre ; ils n'ont pas eu co^finaissance de nc^re départ, s L^'espéraniïe déviai fimeste en donnant trop de séei»* rhé. Le roi se moatrait fréquemment à la portière; il sè iaisMât \mr par des paysans qui ^ sans doote^ aa {N>avsiimt le eonnaître; mais il s'accoutumait ainsi & «^liger les prëoMili(ms nécessaires. Dans uà oaint at
QUI PBlÉGilMOT la REVISION. ^sâ
MÏf ràxtt t»cë par U jeuse princesse, on lit ees mott sur le passage à Chalons f «cLà, ou fui peooaaa tUtttA à-£iît. Beaucoup de moade iouaît Dieu de ^viMr ie rdi; ei gisait des vcsux pour sa faille* ^ La jease priMesÉé a'exafère k iiombre des pwsonnes qui reoennurettl li roi; nais il fiit reconnu de quelcpMs«4Hie6, «t 4eitt fidâilé aetde empêcha cet ÎMident d^> devmir tàUii Ghâlons létaitla ville la plus oonsîd^Ue de la loote^ eUe fîit Uawrsée sans obstacle^ et Itespoiraugmesla.
Le premier dëtachepnent militaire était plaeë quaCrcf lieues plus loin, k Pont-de^mmeTeHe. Le oourrier ^^ùS précédait la voiture du 'roi devait arriva suroe point à deux heures^ le roi une heure après ; il «tait cinq heures, personne ne paraissait. Ce relard, causé paf le temps perdu dans les rues de Pum et par des rë* parations &ites en route à la voiture , n'était pas kr seal motif d'inquiétudes pour le duc de Chomail qni' commandait le détachement. La présence de qifearanler hussards agitait les habitans de Pont-de»SonMnerétteb Peur comble d'embarras, les paysans d'une terre Tsi* sine, ayant refosé de payer des droits non abolis^ avaient été menacés de poursuites; ils crurent que les militaires qu'ils apercevaient étaient envoyés contre eux ; ils sonnèrent le tocsin, et les viUages voisins leur répondirent. Choiseul, jugeant qu'une collision allait être inévitable, tsrouva avec esprit un prétexte plausible pour emmener sa faible troupe, et la dirigea^ par des ehenûns détournés, sur Vamnnes.
Si cet ofEcior se fliterohatiBé ènster, teroi eer»t
4a4 £VÉ5BSisirs
arrivé au milieu d'une émeute ; tandis que le calme étant rétabli, la famille royale passa sans difficulté. Cependant, on a beaucoup accusé Choiseul et Goguelat dont il était accompagné; on a aussi accusé le plus jçune des fils de Bouille et Baigecourt, chargés de placer le relai sur la hauteur de Yarennes; on n'a pas même épargné Bouille. Ce qu'on peut affirmar, c'est que les officiers, mis dans le secret de ce déplo^» rable voyage , étaient tous pleins d'honneur, et que chacun d'eux fît ce que lui suggéra son dévoûment : telle fut la pensée du roi et de la reine, qui les couvzi. rent tous de leur reconnaissance.
Louis XVI arriva à Sainte-Menehould où, dès. la veille , la présence d'un détachement de dragons inquiétait les babitans. Le capitaine s'approcha de . la voilure et parla au roi; déjà il avait parlé au courmei*; le roi, avec aussi peu de prudence, continuait de se montrer : le maître de poste, Drouet, crut le reconnaître; incertain cependant, il laissa partir les voyapgeurs. Mais d'autres personnes avaient aussi des doutes; et leurs conjectures, qu'elles se communiquaient dans la rue, faisaient fermenter les têtes. Lorsque le capitaine voulut faire partir ses dragons pour suivre de loin les voyageurs, le peuple environna l'escadron, coupa les sangles des chevaux ; le tocsin sonna , la municipalité fit arrêter l'officier dont la troupe se joignit à la multitude. Drouet monta à cheval, ainsi qu'un de ses camarades, et tous deux coururent vers Clermont, oii ils espéraient devancer le roi.
QUI PlUiCÈDElfT LA EIS VISION. 4^5
La famille royale atteignit cette ville, où Chacles de Damas l'attendait avec un détachement. I<orsque la voiture entra dans Clermont, les deux gardes du corps qui ne marchaient pas en courrier étaient à cheval aux portières : le roi et la reine firent au comte de Damas des signes de bonté; Madame de Tourzel l'appela et l'entretint quelques instans, le roi lui parla; et malgré toutes ces imprudences, la voiture fut relayée sans obstacle ; mais, au moment du départ, l'ordre fut donné à voix très haute, de prendre la route de Yarennes, et ce léger incident eut les suites les plus graves. Sans cette indication^ que les postillons deSainte-Menehould donnèrent à Drouet, en le rencontrant sur la route, il serait allé jusqu'à Clermont, au lieu que, sans perdris de temps, il se dirigea sur Yarennes, par un chemin de traverse. Lorsque Damas voulut partir, la scène de Sainte-Menehould se renouvela ; les dragons se mêlèrent au peuple, Damas n'échappa que par la vitesse de son cheval^ et fut suivi seulement d'un officier et de cinq ou six soldats.
Entre onze heures et minuit, le courrier qui précédait la voiture du roi arriva sur la hauteur de Yarennes : c'est là que devait se trouver le relais ; il n'y était point. Yarennes est une espèce de bourg, divisé en ville haute et ville basse qui communiquent par un pont. Le garde du corps , après des recherches faites avec anxiété sur la colline, alla les continuer dans la ville haute; et, presque en même temps, la voiture arriva sur le point qu'il venait de quitter. lie roi s'étonna
4^ . iviNsyBvs
de uepas 'voir le relais. La maison devaiU ^pielle il devait se trouver avait été désignée ; on y frappa, le maître Qe comprit riea à ce qa'on lui demandait. lies cbevauic étaient encore daiis une auberge de la ville basse, où le jeune Bouillie et Raigeoourt, d'après les ordres qu'Us avaient; reçus, attendaient qu'un courrier les prévînt^ Le roi et la reine mirent pied à terre pour prendra des informations ; ils passèrent quelques momens daiui la ville haute, et retournèrent à leur voiture. D^ix hommes passèrenjt rapidement à cheval, un d'eux cria aux postillons :.« Je vous défends, au nom de la nation d'aller plus avant ; vousmene^ le roi. » C'était Drouet; il courut au pont qui joint les deux parties de la villei et sur lequel il fallait que passât la famille royale ; îl le barricada en y traînant| à l'aide de son camarade^ et en renversant une voiture de meubles, que le hasard leur £t trouver près de là ; ensuite, ils coururent éveils 1er les autorités^
Le roî avait envoyé un de ses gardes du corps cher^ cher le commandant du détachement placé à Ya*^ rennes ; on ne le trouva point: c'était un sous-lieutenant, à peine âgé de vingt ans, qui n'était point daaa le secret : ses soldats avaient été, pendant la journée^ enivrés par des habitans.de Yarennes. Dès le commesk* cément du tumulte, cet officier s'échappa pour aller avertir Bouille. Ce fut le parti que prirent aussi, peu de momens après, le jeune Bouille et Baigecourt me* nacés d'être arrêtés.
Drwet avait intimidé les postillons. Pressés par le^
QUI piuÉctoxirr %Ji rjévision. 4^7
gardes du coips de continuer Ia route^ ils refi]«9Îml obstinëmenty disant que leurs chevaux ne pouvaient aller plus loia aans être reposés : enfin, des os^e^ao^ et des promesses les décidèrent à marcher eo ayaptt.
La porte de la ville, à moitié fermée, se trouva gaç^, dée par quelques gens en armes : un d'eux demandai les passqK)rts,, et dit que, s'ils étaient bons^ il les rapp^ porterait visés dans peu d'iastans. Le passeport déiÎA vré à une dame russe, pour elle, pour ses enfans et st suite, étant très en règle, la famille royale espéra qutf tout obstacle allait être levé (i).
Drouet excitait les habi tans, les gardes nationaui^ les soldats; il fit sonner le tocsin, et les paysans deâ environs accoururent. Le procureur de la commune était un petit marchand nommé Sauce, honame faiUe c[ui craignait surtout de se compromettre. La muna» cipalité, fort inquiète aussi, se gardait de dire qu'eUn n'osait arrêter le roi; elle parlait d'égards, deibnnei^ et cfaerdïait à gagner du temps» Sauce, accompagné de quelques officiers «unictpaux, se rendit etifia a bi voiture du roi, let dit à^peu-près ces mots> mpport^ dans la relation du garde du corps Yalory: «Leooift<» seil municipal délibère sur les moyens de permettre aux voyageurs de passer ; mais le bruit est répandu que o'est aotre roi et sa famille que ixnis avmii !•
(i) Madame de Tourzel était la baronne de Korf ; le roi, son valet 4e chambre; la reine^ la gouvernante de ses enfans^ le dauphin et la jeune princesse, les deux filles de la baronne, et nmdamel^lisabeth, une demdi<» selte^ conpagQîe.
4^8 EVENBMKNS
bonheur de posséder daas nos murs. J'ai l'honneur de lès supplier de me permettre de leur offrir ma maison comme lieu de sûreté pour leurs personnes ^ en attendant le résultat de la délibération. L'affluence dé monde dans les rues augmente par le nombre d'habftans des campagnes qu'attire notre tocsin ; car, bien malgré nous^ il sonne depuis un quart d'heure; et peutêtre votre majesté se verrait-elle exposée à des avaûiçs que nous ne pourrions prévenir, et qui nous accableraient de chagrin.» Louis XYI ne pouvait ni forcer le passage ni rester à la porte de la ville; il ordonna, sans se faire connaître, de le conduire à la maison indiquée. Le tumulte régnait dans les rues , et des clameurs retentissaient autour de la voiture. La position du roi ne changea point, lorsqu'il se trouva dans la maison ; des gens armés paraissaient en défendre la porte, mais ils laissaient entrer tous ceux qu'attirait une insolente curiosité. Quelques hommes dirent d'un ton grossier à Louis XYI, qu'ils le .reconnaissaient : «Si vous pensez qu'il est votre roi , répondit Marie-Antoinette indignée, parlez-lui avec le respect qui lui est dû. »
Sauce et les officiers municipaux étaient allés rendre compte à la mairie; ils revinrent demander les ordres du roi. Louis XYI leur dit, avec un mélange de bonté et de dignité : a Oui , je suis en effet votre roi , votre père , qui vient chercher un asile dans ses provinces. Les outrages que moi et ma famille avons reçus à Paris , l'impossibilité où l'on m'a mis d'y faire
QUI PRlScÈDENT LA RliviSIOIT. 4^9
lé bien dé mon peuple, m'ont forcé d'en sortir. Je np veux point quitter le royaume. Yous demandez ça^ ordres : faites que mes voitures soient attelées au pl^s tôt, et mettez-moi à même de continuer ma rout^ jusqu'à Montmédy. » La députation se retira , et revint bientôt assurer le roi que ses ordres seraient exécutes ; mais elle fit valoir divers motifs pour If prier de ne partir qu'à la pointe du jour , et de per^ mettre qu'il fiit accompagné par un detachement.de la garde nationale. Le roi consentit, remercia la mu» «icipalité , et eut pleine confiance en ses proniessesb Si quelques municipaux étaient de bonne foi , la plt^^f {ibri ^craignant leo troupes de Bouille , craignant épa*" Initient la mpJUtude qu'appelait le tocsin , voulaienj( ^tepdre ,qûe de piirt ou d'autre on vînt les arracher À leuir extrême embarras. : ,i
::.rCbpifieuI^ Qoguelat , et le détachement de PpnlM^ Sommevelle , an^vèrent à Yareqnes, et s'ouyriijfm^ ticileuient un pa^g«. Choiseul, informé de l'éy^e-
ment , envoya Goguelat prendre le^ ordres di^xpil^je^ courut avec ses hussards à. la ca^pmç où, .il eppér^ît^ ICQUver un renfort. Les soldat^ qu'il cherchait étaipn^ dispersés .dan^ les cabarets de la ville. Réduit au|^ quarante hommes venus avec lui , il leur déclara qj^'it 9!agissait de sauver le roi; et, ies entraînant au galpp^ il alla les rangeç.en bataille devant la maison où la famille royale, ét^i^ i:eteni|e. Dans ce moment , il, viti arriver Charles de Damas avec les cinq ou six hom-, mes qui ne Yf^yeixfint pa$ |J[)aadoj^é.. Lps deux çoIgh
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iiek se rendirent près du roi et de sa famille, qu'ik tîwivèJ'ent calmes, et qui les accueillirent anc une affectueuse bonté. Louis XVI demanda leurs conseils. Choiseul proposa que toutes les personnes de la farailk royale montassent à cheval; le roi porterait le dauphin ; et, entouré des hussards, on tenterait de passât. Le roi répondit que s'il était seul il suivrait cet avis, et ^u'il passerait ; mais que la reine, ses enfisms, sa Âèur, les personnes qu'il emmenait aVec lui ne pet^^ tiiëttaient pas de se hasahJer avec une si faible escortik il rappela que la mtti^idpalité ne refaisait pa» de te hisser partir , et demandait seuleiii^tit K^'il attendit té poiht du jour. <t D'ailleurs, ajouta44l, M. de BonilM à idàrtainement placé des troupes de diistânoe éU dii* thttbe; son fils va les avertir, il aîrriVëfa^^ détffchdmens toute la nuit; M. de Bouille -Sèi<à ItfUi&vêmë idt eirlré ijuatre et cinq heures ; et, sans Ranger poiir toa âlâiille, sans violent, nous partirons en sûbetév^' ''<'>' 'Uè jour parut; il s^agissait de savoir* si fo'tMtdioÎM fkàlîtC ëtécdterâit ses promesses. Damas alla à la nïsà*^^ Aéf il Tui fut difficile d-èntrer, plus ilifficile de y^ttipy éVil tf etttendît qu'un affreux tumulte. C'estalors ^^ fMl envoyée la lettre des tjfGcîers ftaùnidpaux:, lufi^t niteeihblée nationale. lîn rassembiem^t oonsidérablf ëfttii devant la ttiaisôn de SaUcé: Lèroi et k reine M iboiitrèrent à la fenêtre \ quêli^[ùes VôiM firent entMidré tefcii de Fwek rôitwi grand iiombre criait i A P»tiilù Jf^am/ Pldsfëufs lois, *U milieu du bruit, lé fbi tépëta i|U*il ue i!)[bii!ieàh' point lë i^ume, quHl alw
QUI PIU^GÊÛfiHt tk RiVISIOIf. 43 1
lait à Monlmédy, quil retiendrait à Varèhnes; il fut, ainsi que la reine , obligé dfe se retirer.
Le capitaine Deslon , commandant dfun détachement sur la route de Montmédy , accourut avec sa troupe, que les barricades empêchèrent de pénétrer dans Varennes ; il parvint seul près du *oiî qu'il trouva fort accablé, et lui detfaanda ses ordres pour le général Boiiillé. «Vous poWezluî dire, répond!); Louis XVI, qùc^ je suis prisonnier; que je crains b^e^ qu'il ne puisse rien pour moi; tnais que je Itâ dismande dé'fiuré ce qu'il pourra, ti Deslon courut au-devant dé Bouille. i • . ' . I =r
Entre cinq et six heures du 'inatin, arrivèrent nometff, aide-de^cfamp de La iPàyetté, et fiaillon, officier de la garde iS^flotfale' pansienné. Celui-ci entra !br( agité près du roi', et dit, avec dies exclamations, qu^on s'égorgesAt diitis t^àtis, qu'il %iilàit y retourner au pIuA tôt pour ramener la paii. Le jéUneÎElomeuf était profondément én^u, et présèiita, en haii^sant leâyèux, le décret de 1 àîisdttlblée nationale. Ce décret en rappelait un Kùtrë qtu interdisait âu iài dé s'éloigner IH plus de vinigt liëueS'd^ l'assemblée.' 'Apires àVoirlii cette disposition, Louis 'XVI dit : d Je n*aî jamais âaïictidnïié êelà, 9 ^et poàk le décret sûr un lit oh reposMedtf le dauphin et la jeune princesse? la reinè saisît té papier, et le jeta en disant t'a'fl soùifleràit "Id Yit âé inés' enfans! » Le roi voulut gafgnef dû temps j il'pritéit particulier lêséëuk envoyée, et' essaya dé lés déteriâiner à difiérer te départ. BÀîUon feignît d^ s^attèidriri
inâis i) alla eKciter la multitude. Dix mille personnes encombraient Yarennes y et le tocsin continuait de sonner. Drouet I exalté jusqu'à la fureur, criait qu'on traînerait le roi par les pieds à sa voiture. Goguelat, blessé d'un coup de pistolet, s'efforçait de main- ^^lir les hussards dans les dispositions qu'ils avaient montrées d'abord; mais bientôt ils crièrent vwe la
nation! avec la foule dont ils étaient entourés. Aucuii détachement n'arrivait, Bouille ne paraissait pQint;,ce}
Ait au milieu de toutes ces circonstances accablantes
que Louis XYI se décida à retourner à Paris : huit heures venaient de sonnet* lorsqu'il monta en voiture.' Bouille n'avait connu l'arrestation du roi qu'à quatre heures et demie du matin : il était près de Slenai, OU il envoya sur-Ie-chanip l'ordre à JP^yal^Allemand ae monter à cheval. Ce régiment se fit attendre trois aqar(s d heure^ quoique prévenu ^ la . yçUIe d'être prêt ayant le jour. Enfin Bouille le dirigea sur Varennes,. e vit plein d'ardëut, après lux avoir, révélé sonse^. cret et distribué de l'argent. Mais^ Iprisqp'on arriva, prè» de Vprennes, il n^^^^^ plus temps de sieco^rir le j(t^^; ceux qui l'emmenaient avaient . une heure d'a-^. vance, la garnison de Verdun venait se joindre à eux, ^tl^s chevaux de RoyalrAlleniand jb;ar^ssés nepouf; Vicient ^ler plus, ayant. Bouille au désespoir reprit la; route de.^tenai; et le. jour même, suivi dp plusieurs, officiers^ il passa la frontièrç« .
, Je ne retracerai point en détail le retour de la fa*, mille royale f., elle p^t sjb c?x)ire à mu ô QQtQfcye pi:Qrî
longé. Un vieillard fut massacré presque sous ses yeux," elle entendit ses cris .'c'était un ancien officier qui s'était approché de la voilure, et qui avait témoigné son respect avec attendrissement. Les commissaires de l'as* semblée nationale rencontrèrent le roi entre Epernay et Dormans. Pétion et Barnave montèrent dans sa voiture. Le premier fut infâme : il afBcha le républicanisme ; il manqua avec la reine, avec madame Elisabeth, d'égards que les convenances prescrivent envers toutes les femmes. L'a conduite de Barnave fut très différente : son langage, dont la politesse respectueusen'altérait pas la franchise, frappa surtout la reine, avec laquelle il eut deux entretiens qu'il employa à lui offrir des conseils. On s'est trompé en disant que ce voyage changea les opinions politiques du jeune député; le lecteur sait que déjà Barnave, mûri par l'expérience, était rentré dans les voies de sagesse dont il fut trop longtemps éloigné; ce voyage ne fit qu'ajouter à ses opinions un nouveau sentiment d'intérêt pour la famille qu'il voyait tombée de si haut dans un abîme si profond.
Des gardes nationaux, des paysans armés de tous les instrumens qu'ils avaient trouvés sous leurs mains, des curieux accourus de toutes parts et qui se succédaient sans cesse, couvraient la route et ses abords.
Au milieu de cette foule qui grossissait encore à mesure qu'on approchait de la capitale, il n'était possible d'aller qu'au pas; la chaleur et la poussière étaient suffocantes; les clameurs, les cris, un tumulte con«