‹ Histoire du règne de Louis XVIChapitre 16 sur 23 · éy]£insBiENs · texte numérisé non relu

éy]£insBiENs

lénce le récit des ëvéaemens, elle donn£| par Torgané de SOQ président (Charles Lameth) une pleine appro- Jbation à la conduite des magistrats , et témoigna sa satisfaction aux gardes nationaux pour leur dévoû- ^ent à Tordre public.

Danton, Camille Desmoulins, Fréron, s'étaient dès ia veille enfuis à la campagne; Marat se cacha. Robespierre ne courait assurément aucun danger; et^ pendant plusieurs jours^ il n'osa pas coucher dans sa maîton (i). La terreur s'était emparée des fauteurs de désordre.

L'anarchie était abattue, il restait à Tempécher de relever sa puissance. De grandes mesures étaient né^ cessaires; si l'on n'osait pas y recourir, les perturbateur^ prendraient levant un an leur revanche; et l'on verrait se dérouler une longue suite de journées sinistres : ^juin, 10 août, !2 septembre, 21 janvier, 3i mai. Tous les Français, sages ou insensés^ vertueux ou coupables, avaient un même intérêt à ce qu'on fît cesser les fureurs démagogiques. Imposer un frein à l'anar*' cfaiè, c'eût été servir Pétion, Brissot, Camille Destnoulins, autant que Bailly, autant que Maiesherbes. Si l'échafaud d'un roi était dressé, il resterait ddx>ut pour attendre Danton et Robespierre^

Le momeàt s'oifrait aussi fevorable que déctstf, potir prévenir llos désastres : les anarchistes étaient

' ' (i) RoTaîid et sa feinme allèrent verâ otiVe heures id sok j^uV lui offrir iiû ante ; n tt^âlâU âéjà plus t^ck luû : . '

QUI PRlÉCisBKKT LA RÉYISTOIT. 4^7

disperses, la peur avait saisi leurs chefs, le bon sens public se soulevait contre eux. La France était sauvée si, le i8, les projets de décret réclamés par sa situation eussent été proposés et votés. Que fit rassem** blée nationale? Rien.

Les premières mesures à prendre auraient été de fermei* les clubs, et de réprimer les excès de la presse. Un projet relatif à cette seconde mesure fut pré^ sente. Pétion le combattit. Un sentiment de répulsion se manifesta contre ce député lorsqu'il parut à la tri^ buné : il parla avec calme ; il exprimait des opinions que l'assemblée avait plus d'une fois approuvées, il ne demandait que l'addition d'un seul mot Le f apiportëur (Regnaud de Saint-Jean d'Ângély) s'enhpressa d'y coti«sentir, avec courtoisie, et la loi devint inrignifiante : elle ne donna plus d'action que contre ceux <i[ui se» raient assez maladroits ou assez étourdis pour provo^^ i^ev formellement la désobéissadee aux lois.

Il était impossible de détourner les malheûrfi publics, si l'assemblée n'a>vait pas le courage dé prolougét* pendant quelques mois encore soti existence, de rap« porter le décret qui rendait ses m^âibipes inéligibles à la législature, d'ordonner de nouv^es tiomiiiatioiis d'électeurs, celles que beaucoppdedépartemens avaient faites ayant été influencées par le» intrigues et les violences des clubs. Ces mesures siumiéfit^u besoin d^étrè soutenues ou pr^rées par l'eivm de cotnmisiiaireB dans les provinces j a^ de «$iidre^ àf IVl^inicnf pifbliqm sk'ibrae^i et^<te iieatralûiel^ les- «flfétsi* d'iMik

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exaltation perverse. Enfin , il fallait une révision sérieuse des lois constitutionnelles. Sans le concours de tous ces moyens^ les catastrophes que nous avons subies étaient inévitables.

Les députés ligués contre l'anarchie avaient des réunions chez le duc de la Rochefoucauld. On y voyait J^ Fayette, Barnave, Duport, lesLameth, d'André « Chapelier^ Beaumetz, Desmeuniers, etc. Dans le nom* bre de ces députés, aucun par ses talens et son caractère n'était capable de doininer les esprits^ aucun n'était un homme d'état. Le vide immense laissé par JMEira* beau était visible dans toute son étendue.

Ces hommes, animés des mêmes intentions, n'étaient pas cependant parfaitement d'accord. Plusieurs, longtemps divisés, s'étaient rapprochés depuis trop peu de jours pour qu'il ne restât plus de trace de leur^ an« ciennes et réciproques défiances. Il y avait des différences dans leurs opinions, dans leurs manières de sentir et de juger. Duport et ses amis étaient très effrayés des dapgers publics^ ils voyaient devant eux un abîme. La Fayette et ées fidèles éprouvaient moins de craintes, et souvent opposaient encore des abstractions à des faitjs, D*André et quelques autres désiraient qu'on iferinât les clubs. La Fayette croyait voir dans cette jockesure une ip/rasCtionL aux promesses dé la constitution, et. ne. se doutait; pas que, daiis peu de mob, il •quitterait son armée pdtir venic con^battre les jacobins ^MT une voie moins légale. Duport^ longtemps âccou- 4ièmé k M ii^rvir d!iiii Qhib. directeur^ voiilaii reis^ir

QUI PRECàDENT Lil REVISION. 4^

et non briser l'instioiineiit de son ancienne puissance. Ainsi les idées étaient divergentes; et ceux qui avaient déployé tiint d'habileté pour accroître l'impulsion du torrent révolutionnaire , maintenant qu'il fallait con-^ struire des digues, se montraient novices dans un art si nouveau pour eux. On discutait, on n'agissait pas, et le temps s'écoulait.

Les divers moyens de salut furent tous passés en revue, soit dans des comités de l'assemblée, soit dans des réunions particulières; mais souvent on parlait avec une molle réserve, on craignait de paraître moins dévoué à la liberté que ceux auxquels on s'adressait. Beaucoup d'hommes éprouvaient à quel point est pé* nible l'embarras de revenir sur ses pas, de modifier,; d'atténuer, de changer les maximes que, dans des jours d'effervescence, on a follement proclamées; L'hésita-' tion sur les mesures à prendre crmssait encore à l'as** pect des obstacles qu'elles rencontreraient. L'assemblée adopterait-elle des décrets fermes ^t bavdis? On avait tellement accoutumé le coté gauche à vouloir la dénK>cratie, la liberté sans bornes, que peut-être n'était^ il plus possible à la raison de se faijce comprendre de la majorité. Les royalistes exclusifs,^ spéculant sur les' troubles, étaient loin dc^ vouloir qu'on réprimât l'anarchie. Leurs journalistes, dans la. querelle de^ feuiUans et des jacobins , favorisaient ceux-ci, déat ils disaient préférer Tallure franche et décidée, à- la marchei incertaine, ^pr tueuse, hypocrite de leurs antagonistes. Malouet aurait été l'homme le plus utile pour des ra|)-

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pirocbemeps coaforine9 nu bipp publiq ; i^ais son impo* pularité effrayait les dépulés qui se dussent exposes à b pajctager ea sa caacertaat avec lui. I^ plupart fir nireut par croire qu'il fallait chericher imiquement à ^ sauver l'honneur de l'assemblée iconstituante, qu'il lai* lait 1a renvpyi^r au plus tôt, et lui faire emporter aveo elle sa vieille réputation de désintéj[!essQmen( eH d'à* x^Qur de la liberté ; ils se flattaient aussi que la révisioui dont on allait s'occuper ^ suf6rait pour garantir la constitution des périls qui l'environifaient.

Quand la faction anarchique vit l'incertitude et la faiblesse de ses adversaires i elle reprit courage^ he$ jacobins étaient tombés si bas que, pendant plusieurs jpHTSy leur club ne conserva que six membres die Tas** semblée nationale (i).Maisce club montra plus de prudence qu'on n'aurait dû lui en supposer, et l'hypocrisie fat aussi un de ses moyens de succès. Le soir même de l'évéïiement du Champ-de^Mars, les jacobins pri* rftnt un arrêté par lequel ils protestaient de leui: amour pour la constitution et de leur obéissanoe awi^ décrets} ils envoyèrent Ip lendemain à : l'assemblé^ natiiw^^l^ une a<kfiss(^.QÙ ils gémissaient de voir que leura inti^pr ticms et leut^ princi|ieis étaient nïéconnu^f Ce n'étaient pkis qes hommes que, peu de (jours auparavant > on ent^sau^t proférer l'jpjuria^l^niuçiiLaç^ centre Ifs 4^ pûtes qui refusaient M fi>nler aux pieds la equfonne: il^ s'impasaimt de$ j^g^ods, ilspr^naii^t dos form^ppf»

(i) Robespierre , Pétion , Grégoire , Coroller et d^ autres moins

eoimis.

lies. Pétion fit imprimer une lettre sur la scission qui l'affligeait : rien de plus doux que son langage; il avoua quelque$i fautes de la société q^^il défend, et vante lea. services qu'elle a rendus | il ne peut la quitter lofs-«t qu'on la calomnie, il se ratige du côt4 le plus faible; il ne v^ut pas abandonner dea homiqestde bien qui seront encore utiles. L'accusai tipn d'hypocrite ne doit pas^oq^endant, s'étendre sur lui r il y avait de l'^taltari tion. daifô sa tête et dui calmer, dans son caractère; parmi les j&dieuiL il étaikdfê la classe des dupes.

Tout dépendait, pouif les dwt islubs» de savoir le^i quel attirerait à lui les sociétés al61iae&^Ufi^ circulaire des feuillans, une. auti^ des ^acobjya^i iUrenit :e:iE:pédiéea dans les départemens ;pQUF: s'assuret la correspon^^* dance qu'il fallait disputer^ I«es hommes qui croyaienfci anéantir les jacobins en se séparant; d'eux ^ étaienfc] trompés par leur amour^propre : ils. auraient du prier) voir que les clubs, apros la manière dont ils y avaient^ échauffé les têtes, se trouveraient ipa][ préparés à com*.^ prendre la raison, que U plupart d^ personnes dont ils cherchaient maintenaiy^ à faire tribmpl^er les prin^. cipes, s'étaient retirées de« c^s soci^léa» eb que leur cir^^ ( culaire arriverait à desgen3 qui^ presque toua^ ne penr^ saient pas comme. eux. La dépêche des jacobins était assez habilement rédigée ; elle devait convenir à ded hommes dont les opinions étaient exagérées, mais qui sentaient la nécessité des ménagemens imposés par les circonstances ; et qui jugeaient que leurs chefs, en serrant la voile, se réservaient de la déployer dans des

47^ EV^NËMBKS QUI t^ai^CilDENT hH HliVfSlOJf.

jours plus heureux. Les jacobins ne perdirent aucune occasion d'expliquer, d'une manière plausible, la haine de leurs adversaires. Quelques intrigans, disaient^ils, ont tenté de nous dominer ; et maintenant ils essaient de renverser une société dont ils n'ont pu détruire l'indépendance. Pour dénigrer les députés qui s'étaient ri^conciliés le 31 juin, il suffisait de citer les graves reproches et les propos malins que, tant de fois, ils s'étaient réciproquement adressés. Rien n'était plus facile que d'accuser de versatilité les promoteurs de la scission, et de célébrer les jacobins pour leur inébranlable persévérance dans la foi démocratique. Leur circulaire fut celle qui reçut le plus d'adhésions. Parmi les sociétés qui d'abord se décidèrent pour les feuitlans, quelques-unes firent des scissions, et d'autres re« prirent bientôt l'ancienne correspondance avec les jacobins. Ceux-ci virent rentrer successivement dans leur sein beaucoup de députés: les uns obéissaient à un besoin invétéré de popularité; d'autres se reprochaient sincèrement leur désertion ; d'autres étaient ramenés par l'idée que de plus longs efforts seraient inutiles, et ne pourraient que les compromettre. Duport, en voulant métamorphoser la société des jacobins, eut une conception fausse; il n'y avait à choisir qu'entre deux partis : fermer les clubs ou subir leur joug«

Ainnoir »s &a OMniTnnmoir. n« m

VâëêMMMLÉM (JOWftVlTUAVTS,

On ne pouvait plus songer à créer une constitution telle que la France l'aurait sans doute obtenue à fou* verture des états généraux, si la sagesse et les lumières eussent présidé aux destinées du royaume. Depuis deux ans, on parlait beaucoup Axx gôuuerhemeht reprêsen* tatif^ et l'on s'en était fait une opinion ti^ fausse. Cette dénomination même, quoique juste, peut entraîner facilement dans Terreur oii l'on était tombé. Une idée fort simple, née de Texamen des faits, avait appris dès longtemps aux publicistes observateurs quels avantages présente la monarchie tempérée, legoUuet^ nement mixte. Ces publicistes avaient vu que loVsqbé les questions législatives sont décidées souveràinëiHent' par une seule autorité , qu'elle soit monarchique ou aristocratique ou démocratique , il y a despotistne, et presque toujours tyrannie dans l'état; ils en avaient conclu que pour garantir l'ordre et là liberté, l'autorité législative doit se composer de trois étéinéns.'

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