‹ Histoire du règne de Louis XVIChapitre 17 sur 23 · REVISION DE LA GONSTITUTIOIT · texte numérisé non relu

REVISION DE LA GONSTITUTIOIT

Sans la royauté, on manquerait d'un lien indispensable dans les empires vastes et riches. Un peuple qui ne peut vivre en république, et qui ne s'incline pas devant la royauté, est perdu. Sans l'élément démocratique, le grand nombre pourrait être opprimé ou du moins négligé; la société n'acquerrait jamais l'intelligence et l'activité nécessaires aux grands travaux de Tindu^ig I au 4év^loppement; d[es viçhj9s<çs particulières et de la ridiesae publique : elle s^engdurdirait dans une lâche et servile inertie. Sans l'élément aristocratique, la société manquerait de fixité dans les vues et de i{)^^n^é 4^s les délibérations ; on vei^rait 3'éteiqdre d^^ ^4^3. et de^ SQntimens nécessaire^ à U dignité et , pac conséquent, au bonheur de l'homme; les intérçt^ ip^t^eU QQcqperaiçnt trop de place; Içs beau^^rte langiiir^i^nt, Vurb^uité dispar^utrait : si la démoçr^^tie est ^ffs çi^ntirerpqidsy li^ uiœurs deviennent grossières, les; feispn^- s^'aif^illli^seAf;, les caract^r^s se dégi^dept. l^ gPW^rn^me^t Rf^^e ,^st le vrai gowernetfieii(. repr^^ntatif^ parce qu'il jQS^ le s^ul.qjui irepré$e]it;ei toqs^ \fl» iQtéréts et tous les besoins sociaux. Lfes.dew ^é^ m^^. secondaires places près du trof)i^ ^gjss^Qt; dans 4iç^$ .çhapabrrçs sépa;rées. La force de la cjb^pobre ^i^ t^çj*4tiq^e, c'e&t-à"-dire son indépendai^ce , est ^ssen-i tjie)lç ^\j^ maintien de l'çrdre légal. Sans cette fçiirce, la, obain^re populaire pourr^il heurter le S^on% l^re^r; vçrser q\\ l'ébranler; luftis cç. n'fis| pa^^ )^ seul 4f^ftgW qui,}U^na/[^^ft la liberté, X-e^ roi exerce un^ au^p^ité Çe»*te»terlWFP%e%^,p^t saistf Jous.|fifiJ|q|neç^

favorables pour acçroîtri^ qette ^autorité ; les c\kmc^ d'électioa doivept nëcess^rem^nt funeaer, flapsi- i^ certain laps de temp^» Qne pbao^bre ^es ^oinnuiueg. docile au pouvoir royal ; et si Vautre cl^mbre U^. composée que de sénateurs te;inpor^ires oij^ vifigerat il est à présumer que ce pouvoir saura 1^ r^qdr^ égj^r lement docile. L'hérédité de la pairie Vest fiu^ire çJ^sq qu'un privilège immense donné dans l'intérêt gén^f^^i. à un certain nombre d'hommes, pour Iiqs attacher a^ maintien des lois et pour les identifier avec la liberté publique. Telle est la,. puissance de cette iqstitutiçQ que, si le monarque Q§s4Χ./4'en changer L'^prit par If( création de nouveaux pairs, il verra la plupart de cc;vp^ qu'il aura choisis échapper à son influence et se rs^x^ ger sous la bannière légale. Je ne rappelle ces idé^: quepoyr faire entièrement connaître quelles étaient^ à l'ouverture des états généraux, les vues dç Mounier^ de Lally, de MalouQt, de Clerpiont-Tonn^rre,, lii^, députéti le^ plus éclairés et les pljus sages. Si l'on eût. présenté de pareilles idées à l'assemblée constituante près de se séparer, avec quels dédaigneux murmures o|^ e\^% ^té entendu p^r ces membres du côté d^oit qi^f rêvaient leur ancien régime! Avec quelles imprécationii on eût été assailli par ces membres du côté gauche qui, de bonne foi, crpyaient fonder le gouvernejnent représentatif avec une seule chambre dén^ocratiquemenfc élue! Déjà, en septembre 1789, la violence, les folies deç partis ne peripettaient plus dé mettre en œuvre les meilleures combinaisons législatives. Aussi les a^teijyr^

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du premier projet de constitution s'ëtaient-ils décidés à modifier leurs principes, pour essayer de faire adopter là législation la moins imparfaite qu'il (ùt possible de proposer avec espoir de succès. C'est de ce projet qu'il eût fallu se rapprocher. La prudence et l'intérêt générai voulaient qu'on ne tentât plus d'apporter à la constitution que les chaugemens indispensables à son existence. Cette pensée n'était pas très ambitieuse sans doute : rien ne fut disposé pour la réaliser.

La révision allait commencer sous de tristes auspices. Un comité chargé de lai préparer était nommé dès longtemps (1). Son travâil^^ousistait à chercher, dans la multitude de décrets rendus, ceux qui devaient faire partie de la constitution, à les classer avec mé* thode, à indiquer les phrases obscures, les contradictions et les lacunes qu'on aurait à faire disparaître. En donnant cette mission au comité, il avait été tacitement convenu que l'assemblée ferait de plus grands chahgemens, si elle le jugeait essentiel ; et ce droit ne pouvait lui être contesté, puisque son devoir était de> ne rien négliger pour améliorer son ouvrage. C'est avec des intentions diverses que le droit dont je parle avait été reconnu: les uns voulaient que la constitution don-

(i) n le fut du vivant de Mirabeau qui attachait beaucoup d'intérêt à 6D élre meàîbre, et qui fit connaitre son désir à La Fayette, en lui parlant de la nécessité d*établir deux chambres. Gomme ils étaient d*aocord sur ce point, La Fayette promit de l^aider à se faire élire, et cependant finit par le contrecarrer, craignant qu*il ne portât des idées aristocratiques dans Te comité. ■ . 1

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nât plus de force au pouvoir, les autres qu'elle devant encore plus démagogique.

Le comité de révision se composait de Duport, Barnave, Alexandre Lameth, Clermont-Tonnerre , Beaumets, Pétion et Buzot. Ce comité, pour ses délibératious les plus importantes, se réunissait au comité de constitution , dont les membres étaient Sieyès , Talleyrand, Thouret, Chapelier, Target, Rabaud-Saint- Étienne et Desmeuniers. Rarement Pétion et Buzot assistaient-ils aux discussions, n'espérant pas fi^ire adopter leurs idées purement démocratiques. Çler- ^ont-¥onnerre s'éloignait aussi du comité. Sieyès, silencieux oracle, laissait à peine tomber quelques paroles énigmatiques et dédaigneuses; Talleyrand était froid et distrait. Tronchet, Rabaud-Saint-Étienne, Target , étaient trop épris de la constitution pour souffrir qu'on y apportât de grands changemens. Les membres du comité qui en auraient réclamé eussent donc trouvé peu d*appuis.

L'assemblée paraissait plus empressée de se séparer, que disposée à entreprendre un travail sérieux. D'André proposa de lever la suspension des corps électoraux, d'arrêter qu'ils se réuniraient du a 5 août au 5 septembre, et que les élus se rendraient à Paris pour entrer en fonctions le jour qui serait ultérieurement fixé. Cette proposition fut aussitôt adoptée. Dans la même séance (5 août), Thouret, rapporteur des comités, présenta la constitution : lorsqu'il monta » la tribune, ^a 6gure était radieuse; on y voyait

4^8 ti^Biott t>Ê LA Cdvstiînitoir.

iMnpt^inte la conviction qu'il tenait dans ses mains le palladium du bonheur des Français. La lecture de la tohstitution, écoutée en silence, fut suivie des applau- ^issemens prodigués par les législateurs à Fonivre qu'ils avaient enfantée au milieu des orages. L'en^ thousiasme calmé, La Fayette fit décider que le coinité proposerait un décret pour régler la manière dont la loi fondamentale, dès qu'elle aurait été revue, serait présentée « à l'examen le plus indépendant et à l'acceptation la plus libre du roi. d

Dans le côté gauche, Barnave était peut-être le Éieul qui cherchât encore quelque moyen extraordinaire d'où pût naître le salut public : il fît une démarche sur laquelle je dois donner quelques détails ; 4se fut la dernière tentative pour amener un grand rapprochement. Barnave, au comité des colonies, venait de soutenir avec un vif intérêt une opinion exprimée par Malouet; il le retint après la séance, en continuant de lui parler sur le même sujet. Lors- ^e tous leurs collègues se furent retirés, «J^ai dû souvent, lui dit-il, vous paraître bien jeune; mais soyez certain qu'en peu de mois j'ai beaucoup vieilli. » n l'assura qu'à l'exception d'une douzaine d'ambi* tieiit ou de fanatiques, tous les députés du côté gauche éésiraient finir la révolution, et sentaient qu'on ne pouvait y parvenir qu'en donnant de plus solides bases à l'autorité royale; il démontra facilement que si lé «ôté droit^ au lieu d'irriter le côté gauche par une of^ )MD$icioit adbsolney vénlait séeonder la révision par ses

FIN DB l'assemblée GOJfSTirUAJfTB. /^^^

votes, on pourrait encore donner des loiû sages à la France. Malouet répondit que le côté droit était dans un état d'exagération qu'excusaient de nombreuses injustices et la violation des vrais principes de liberté mais que les fautes et les torts des hommes qui avaient conduit la révolution n'empêcheraient jamais ni lui, ni ses amis, de voter ce qu'ils jugaraient utile à la chose publique. Cette disposition lui paraissait donner cpi»rante ou cinquante voix aux idées raisonnables, ce qui devait suffire pour leur assurer la majorité, si en eS&t le coté gauche n'avait plus sur ses bancs qu'un petit nombre d'hommes exaltés* Dans ce moment, entra Chi^ pelier que Barnave mit au courant de la conversation^ Leurs seniimens, leurs vœux: étaient les mêmes; toutefois Chapelier insista avec plus de chaleur sur la nécessité que le coté droit se soumît à la constitu^ tion modifiée : «c Comment veut«on, dit-il^ que si ces royalistes exclusifs sont décidés à braver l'assemblée^ à réah'ser toutes les arrière-pensées de l'aristocratie, nous puissions séparer de leur cause celle du roi, au nom duquel ils luttent obstinément? Comment le coté gauche voudraHt-il rendre à l'autorité royale la foroe dont elle a besoin, s'il doit; crajlndre qu'on ne tourne cette force contre lui? Que le côté gauche, r^Kmdit Malouet, laisse les rêveries du. contrat social et le montre vraiment monarchique ;. il sera soutçn^ par jUH nombre imtnense de citoyens et n'aura rien à crail^dir^ des deux extrêmes. i> La cofiversation: seproloingedi^ sans, amener de résultat. Maloi^t dit. à ses dmàX ceir

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