C) SANTÉ DES TROUPES
La santé des troupes qui vivaient sur les confins soudano-ubyssins laissai fort à désirer. C'est ainsi qu’à Massawa, en raison de la forte chaleur el du manque de légumes et de fruits, le scorbut s'était développé parmi
1 À, À. Reg. 5, Arr, Muïa Sanieh, pièce 20, p. 86, Munzinger à la Maïa, a4 décmbro 1874. :
GA, À., Reg, 5, Arr, Maïa Sanieh, pièce 19, p. 36, Munzinger à la Maïa, 24 décembre 1874.
6 A, A., Rog. sans numéro, Dép. Maïa Sanieh, pièce 7, p. 34, le nrihradar à Munzinger, 4° février 1875.
M A, À, Reg. 5, Arr, Maïa Sanieh, pièce 97, p. 59, Munzingor à la Maïa, 18 février 1895, Lo Khédive lui répondit d'en référer désormais pour ces promotions ou nominations au Ministère de la Guerre ( A.A., Reg. sans numéro, Dép, Maïa Sanieh, pièce 10, p. 49, le mihradar à Munzinger, 11 avril 1875). Une demande de promotion au grade de saghkolaghassi présentée par Muuzinger en faveur du youzbachi Fad! elfendi, du 2° bataillon en garnison à Amideb fut également repoussée (A. À,, Reg. sans numéro, Dép. Maïa Sanieh, pièce 8, p. 49, le mihradar à Munzinger, 10 février 1875).
les troupes de la garnison. 314 hommes décédèrent entre les moi. à.
mars 1873 et juillet 1874 (0, Le Conseil de Santé, consulté, fut d'avns
de fixer, pour le maintien des soldats dans cette région, un délai apres lequel ils seraient relevés, et d'envoyer au Caire, aux fins de traitement, tous les soldats atteints de ce mal. Le Khédive approuva ces supjrestions et chargea Le Ministère de l’Intérieur de s’entendre avec le Ministère de
la Guerre et Munzinger bey en vue de leur exécution ; ce dernier recevrait également l’ordre de développer la culture des légumes à Massawa en vur de nourrir les soldats et d’enrayer le mal ®),
Les deux parties consultées furent d'accord pour reconnaitre que le remplacement continuel des soldats par des hommes envoyés d'Égypte entraînerait des frais considérables. Le Ministère de la Guerre pensa qu, dans ces conditions, il serait judicieux de faire relever les soldats de Mas. sawa par ceux de Souakin, de Tokar et de Sinkat ; mais Munzinger n'approuva pas ce point de vue et émit l'avis de. délivrer aux soldats du vafr et du vin pour combattre le scorbut avant qu'il ne prit racine, et d'envoyer en Égypte, pour se soigner, ceux qui seraient atteints de ce mul. Le vice-roi, jugeant qu’il ne convenait pas d'habituer les soldats à boire du vin, repoussa la proposition de Munzinger et décida que Les soldat, atteints de scorbut seraient transférés dans d’autres régions du Soudan et remplacés par des troupes amenées de ces régions 6).
À Gallabat, ce fut une épidémie de typhus qui éclata parmi la garnison . vers le milieu du mois d'août 1874. La situation s'aggrava rapidement et 78 soldats moururent en quelques jours ; par ailleurs, 2 47 hommes se trouvaient on traitement à l’hôpital ou exempts de service. Le méderin en chef déclara que l'épidémie était « probablement due à la présence dr grandes quantités de paille au dedans et au dehors des fortificationsr. Le kaïmakam, commandant les troupes de Gallabat, eut l’ordre de faire disparaître ce fumier, d établir une propreté rigoureuse dans le cantonnement et de s'entendre avec le moudir général du Soudan oriental pour
(A, À. Reg. ao, Dép. Abd., Khaïri pacha à Munzinger, 15 septembre 1874,
@) A. A, Reg. 1870, Dép. Mau Sanieh, pièce 39, p. 65, le mihradar au Ministre de l'Intérieur, 4 mars 1874.
8} À, AÀ., Reg. 1870, Dép, Maïa Sanieh, pièce 55, p. 95, le mihradar au Ministre de l'Intérieur, 7 juin 1874.
transférer les malades dans un endroit où le elimat était plus tempéré !1},
Les preuves ne manquent pas de la sollicitude déployée par les chels, à Lous les degrés de la hiérarchie, pour assurer le bien-être de leurs troupes. C’est ainsi que Bachar agha, binbachi de l'ordi d'Esmaïl Hakki bey établi à Sinkat, réclama des capotes pour protéger ses hommes contre le froid ; il suggéra même de cantonner ses Lroupes à Souakin pendant l'hiver , Des tentes furent demandées par Alaeddin bey, vékil général du Soudan oriental, pour abriter du froid les deux bataillons résidant à Senhit et à Amideb 8), Des barils de cornichons furent envoyés à Massawa pour la nourriture des soldats établis dans Ia région #), et, lorsque les lroupes de l expédition de Rateb pacha furent dirigées sur ce même port, le Khédive, on l’a vu, leur envoya à plusieurs reprises des navires chargés de légumes et de fruits pour varier leur alimentationf5), Quant aux hommes, ils faisaient, de temps à autre, valoir quelque revendication ; c’est ainsi qu'à Massawa les soldats des compagnies mouhafizines se plaignirent au souverneur de ne pas être traités comme Îles soldats. des régiments du Caire qui étaient exemptés des droits perçus sur les requêtes présentées par eux (9),