‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 11 sur 176 · RAPPORTS DE L'ÉGYPTE AVEC MÉNILIK · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE L'ÉGYPTE AVEC MÉNILIK

ou

500 fusils et un canon avec tous leurs accessoires tels que poudre, bulles ele. (,»

Dès qu'il eut reçu ses instructions, Munzinger s'était hâté de partir pour Suez, où étaient déjà rassemblées les trois compagnies qu'il devait etnmencr avec lui. À la vérité, l’organisation de sa petite expédition se ressentait de la hâte avec laquelle elle avait été faite. L’habillement des hommes avait besoin d’être renouvelé ; ils n'avaient pas de chaussures de rechange, point de médecin, ni de médicaments ; les 200 fusils, les 5o réservoirs d’eau commandés par lui n'étaient pas arrivés. Il ne savait quelle solde il devait payer aux soldats et aux artilleurs , Khairi pacha donna aussitôt au Ministère de la guerre l’ordre de satisfaire à toutes les demandes de Munzinger 6). Mais ce dernier n’attendit pas la livraison des objets qu’il désirait ; il s’'embarqua sur le Koujit et laissa à l'autorité supérieure Le soin de les lui faire suivre par un autre vapeur ).

Si Munzinger avait fait moins diligence, il aurait reçu avant de quitter l'Égypte, l'avis que le Khédive lui adressa le 31 juillet pour modifier lu teneur de ses instructions, « Les journaux d'Europe, expliqua le viceroi à Munzinger, commencent à parler de l’annexion de Zeyla et insinuent, à cette occasion, que cette annexion a été demandée par nous en vue de l’Abyssinie. Je viens donc vous recommander une très grande prudence dans la mission que je vous ai confiée, afin que rien dans vos dfmarches ne puisse donner prise à des réflexions de cette nature, À cet vilet, vous irez jusqu'à Aoussa, mais vous ne pousserez pas au delà de ce point; vous pourrez y faire venir les cheïkhs pour arriver à ouvrx autant que possible les routes au commerce, Vous aurez soin surtout de ne pas envoyer d’expéditions militaires au delà d'Aoussa et de ne rien

M AA, Reg. a, Ordres supérieurs, pièces 189, p. 92, le Khédive au roi des rois d'Éthiopie, 27 juillet 1875. Ces armes ne fnrent effectivement envoyées que le 19 septembre 1875.

AA, Reg. 39, Arr, Abd. pièces 89 et ho, Munzinger à la Maïa Sanich, 48 juillet 1895.

FA, Reg. 5 (Oficicux), Dép. Maïa Sanieh, Khairi pacha au Ministère de la Guerre, a9 juillet 1895.

Le gouverneur de Souakin signala l'arrivée de Munzinger à Souakin le 1°" août 1875 et son départ pour Massawa deux jours plus tard,

faire qui puisse toucher à l’Abyssinie et nous créer ainsi des dificultés (,»

Ainsi la mission confiée à Munzinger à la fin du mois de juillet 1895 élait apparemment toute pacifique et devait être conduite de manière à ne pas troubler les rapports amicaux qui régnaient encore à celte époque entre l'Égypte et le roi Johannès. Mais les événements qui survinrent à cette époque sur les confins égypto-abyssins allaient en altérer le caractère et amener entre l'Égypte et l’Abyssinie le conflit que le Khédive désirait précisément éviter.

Le 8et le g août 18795, arrivèrent au Caire deux télégrammes d'Alaeddin bey, vékil général du Soudan oriental, qui donnaient des nouvelles alarmantes de l’Abyssinie, Dedjaz Gabrou, l’un des généraux du roi Jean, venait d'entrer au Hamacène avec des troupes, tandis qu’un autre chef, dedjaz Maro, se portait à Godofélassié ; le négus lui-même était attendu à Adoua pour la fin du mois. Les tribus établies au Hamacène, eflrayées par les mouvements des Abyssins, avaient pris la fuite dans la direction de Senhit et imploraient l'autorisation d’y être reçues comme réfugiées. Le chef de l’une d’rlles, nommé Walad Farrach, s’était déjà présenté à Keren, accompagné de 600 personnes, dont 380 soldats, et demandait à s'établir à l'intérieur des frontières égyptiennes. La seconde dépêche précisait que trois caefs abyssins s'étaient portés sur les localités de Siria, Saa et Kaa (* qui commandent les passes de la montagne à deux jours

() A,A., le Khédive à Munzinger, 31 juillet 1875.

@} Ces localités n'ont pu être identifiées ; nous pensons que les noms qui les désignent sont des erreurs de transmission, Siria paraît être mis pour Sarawé, qui est le nom d'une province, ct Saa et Kaa réunis peuvent signifier Tsazéga, capitale du Hamacène. Il s’ensuivrait alors que le second télégramme répète sous une autre forme le contenu du premier, Ge n’est pas ainsi toutefois qu'il fut interprété au Caire, et le Khédive Le porta, ainsi que le premier, à la connaissance des agents et consuls étrangers pour leur indiquer la gravité de la situation survenue sur les frontières soudano-abyssines, à la suite des mouvements ordonnés par le roi Jean,

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