‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 111 sur 176 · B) LE DUDGET DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

B) LE DUDGET DE L'ANNÉE

Dès le 2 novembre 1873, le Khédive avait prescrit à Munzinger de ln présenter un projet de budget, en recettes et dépenses, pour l'année 1290 W), Le moudir général né présenta cependant ces documents que le 24 avril 1874. Le budget comportait : aux recettes, une somme de 18.646 bourses 2092 piastres et 1a paras, aux dépenses une somme dr 17.068 bourses 258 piastres et 11 paras, laissant ainsi apparaître un

UM) A, A, Reg. 1895, Arr. Maïa Sanieh, pièce 44, p. 98, Munzinger à la Muis, 1a mars 1874.

(A, A, Reg. 1873, Dép. Maïa Sanieh, pièce ao, p. 55, le mihradar à Munzinger. 6 mai 1874; pièce 8, p. 69, le mihradar au gouverneur du Soudan, 6 mai 1874.

Cf 4, TT, a° partie, p. 555 à 5597. L'année financière 1a90 s'étendait du 4 septembre 1873 au 10 seplembre 1874.

excédent de recelles de 1.582 bourses 444 piastres eL 1 para, qui provenait en totalité des revenus de la saline de Djeddah ®, Munzinger ajoutail qu’au cours des huit mois de l’exercice financier déjà écoulés, :l avait réalisé des économies dans toute la mesure du possible et qu'il examinerait très minutieusement les vecettes ct les dépenses au cours de li période de quatre mois qui vestaient à courir avant d'attendre la fin de l'année financière. Il espérait d’ailleurs augmenter ses recettes au cours de cette période, car il avait prescrit aux gouverneurs de Souakin et de Massawa de lever un tribut (werko) sur tous les commerçants et particuliers qui ne payaient pas d’impôt, à l'exemple de la méthode suivie au Taka ©, Ces recettes additionnelles permettraient au moudir général de ne pas Loucher aux revenus de la saline qui pourraient, dès lors, servir aux dépenses de construction du chemin de fer du Soudau et à l’entrelien des 1000 hommes qu’il devait envoyer pour concourir à ses travaux. D'autre part, tous les articles et matériaux commandés au Caire pour le Soudan oriental pourraient être payés complant, à l’exception des commandes importantes telles que le matériel du Télégraphe et les machines agricoles dont le prix serait imputé au compte de la province F,

Le Khédive approuva les dispositions budgétaires proposées par Muuzinger. Ilrappela, toutefois, que les commandes faites au Caire paur le compte du Soudan oriental, quelle qu’en fût l'importance, devaient donner lieu à des arrangements financiers immédiats entre la moudirieh générale el les divers départements intéressés qui ne pouvaient rester à découvert. Quant au chemin de fer du Soudan, les travaux commenceraient dès que lu voie ferrée en cours de construction à Assouan (4) serait achevée 6),

En cours d'exercice, Munzinger sollicita l’exonération du paiemont

1 Cette saline était installée près de Souakin, Les revenus étaient évalués, pour l'année 1290, à 2,106 bourses et ao piastres,

F1 Celle mesure se heurta à des difficultés et les habitants de Massawa ct de Souakin refusèrent de payer le werko. Munzinger ne pouvant en exiger le paiement qu'en vertu d’un ordre supérieur, demanda au Khédive de bien vouloir le lui délivrer (A. À., Reg. 24, Arr, 4bd., Munzinger à Khairi pacha, 5 juin 1874).

® Cf, 4. UT, »° partie, p. 546, 547,

# Pour ces travaux, cf. t. IF, »° partie, p. 643, 644,

W A. À., Reg. 1948, Ordres supérieurs, pièce 16, p. 64, 0, S. à Munzinger, ÿ juin 1874.

d'une somme de 6.c38 livres égypliennes environ représentant le prix des graines de coton envoyées du Caire à lo moudirieh du Taka en 1483 et 1288 (1), Cette affaire provoqua, de la part de fa Maïa, toule une série de questions ; elle voulut savoir combien d’envois avaient eu lieu, ls quantité représentée par chacun d’eux, les frais encourus, les noms des régions expéditrices, et clle réclama un état détaillé de la distribution de ces graines ). Munzinger fournit les pièces demandées 8} qui furent soigneusement épluchées au Caire. Deux envois avaient eu lieu, Le premier de 200 ardebs à raison de 146 piastres 25 paras l'ardeb, le second de 3000 urdebs à raison de 193 piastres 19 paras l'ardeb, À l'arrivée au Taka, on constatà un déficit de 13 ardebs, dont le prix, qui s'élevait à 1.475 piastres, fut perçu des chameliers. Or cette perception faisait ressortir l'ardeb à 113 piastres 20 paras, prix qui ne correspondait à colni d'aucun des deux envois. La Maïa déclara donc qu'il y avait lieu de faire une perception complémentaire pour ces 13 ardebs! Par ailleurs, 28 ardebs et 79 sacs de graines étaient restés à Souakin, dont le coût était à déduire de la somme indiquée par Munzinger. Cent ardebs avaient été envoyés à Guedaref qui dépendait de la moudirieh de Khartoum ; conume leur prix et les frais divers devaient être imputés à cette région, il y avait lieu de les défalquer également du montant global. Alors seulement. déclara la Maïa Sanieh, pourrait-on se rendre un compte exact du prix des graines distribuées aux habitants du Taka, prix dont Munzinger sollicitait l'exonération, En outre le moudir général devrait joindre à cet état rectifit une listé indiquant, par région, la quantité de coton produite par ces graines ainsi que le prix du coton remis à la moudirieh en paiement d’une partie de l'impôt; elle devrait enfin mentionner le prix de vente de ve coton obtenu par la moudirieh , Nous ne savons si Munzinger fut jamais

{3 Années financières commençant respectivement le 11 septembre 1870 el le 1 £ septembre 1871,

6) À, A., Reg, 1875, drr. Maïa Sanieh, pièce 59, p. 112, Munzinger à la Maïa, 38 juillet 1874; Reg. 1871, Dép, Maïa Sanieh, pièce a4, p. 93, le mihradar à Munzinger, a0 août 1674.

BY A, A, Reg, 5, Arr, Maïa Sanieh, pièce 25, p. 59, Munzinger à la Main, 5 février 1895. :

(À, 4, Reg. sans numéro, Dép. Haïa Sanish, pièco 4, p. 49, te mibradar à Munzingor, 3 mars 1875.

à même de fournir tous ces renseignements dont dépendait l'exonération du coût des graines de coton livrées trois et quatre ans plus tôt!

En juillet 1874, Munzinger fut prié, comme l'avait été Ayoub pacha, d'envoyer au Caire, pour servir à la construction du chemin de fer du Soudan, le reliquat des recettes encaissées dans les régions placées sous son administration, après déduction des dépenses (1), L’excédent de ressources du budget du Soudan oriental ne pouvait provenir, on l’a vu, que des revenus de la saline de Djeddah. Or, au cours de l’année finanrière 1290, cette saline ne produisit que 804 bourses au lieu des 2.106 bourses escomptées. Sur celle somme, 3 12 bourses avaient été dépenstes pour le transport du bataillon destiné à Gondokoro el des trois compagnies envoyées à Khartoum, ne laissant qu'un surplus de 4g 2 bourses. De plus, et bien que les dépenses du bataillon de là maamourieh de Senhit ne dussent pas être assumées par la moudirieh générale et qu'aucun crédit : n'eût été prévu à cet effet dans le budget de. 1290, Munzinger n'en avait pas moins payé pour ce bataillon, avant le rattachement des compagnies restantes aux gouvernorats de Souakin et de Massawa, un peu plus de 700 bourses (},. chiffre supérieur de 200 bourses et fraction à ce qui restait des revenus de la saline M). Aussi le moudir général demanda-t-il au Ministre de la Guerre de lui livrer l'habillement nécessaire aux 1.700 hommes qui nposMenE le 2° régiment d'infanterie, habillement dont le prix s'élevait à 658 bourses W, et il offrit de verser en échange aux Finances les 492 bourses qui restaient des revenus de la saline (5),

Les explications ét propositions de Munzinger furent mal accueillies au Caire. Si l’ordre fut donné au Mimistère de la Guerre de fournir au Soudan oriental les objets demandés par lui, le Khédive lui fit observer qu'une

(A, A, Reg. 18, Dép. Abd. pièce 374, Khairi pacha à Munzinger, 16 juillet

Suivant un ordre envoyé à Munzinger par le Ministère de la Guerre, le 14 juin

FI À, À., Reg. 5, Arr, Aaïa Sani, pièce +, p. 19, Munzinger à la Maïa, 1a seplembre 1874.

® 544 bourses pour les pantalons el vestons ct 1 14 bourses pour les chaussures,

6) A, A,, Rog. 5, Arr, Maïe Sanieh, pièce 3, p, 12, Munzinger à la Maïa, 19 a à iumbre 1874.

somme de Age bourses’'n'était guère appropriée pour couvrir une de. pense de 658 bourses, ar ailleurs, le projet de budget de l’année 1400, soumis par Munzinger, comprenait les dépenses du a° régiment d'infun- Lerie, en tant que soldes, ralions, habillement ; le prix des articles de. mandés se trouvait done déjà inclus dans les prévisions budgétaires st «la saline n'avait rien À y voir». D'autre part, le moudir général faisait élat des frais de transport du bataillon à Gondokoro et des trois rompa gnies à Khartoum ; or cette mesure avait été prise après l'établissement de son budget et devait entraîner la réduction des dépenses militaires en le déchargeant de l'entretien de ces troupes. Le Khédive évaluait à zov bourses les économies réalisées de ce chef, somme suffisante pour cowrir les dépenses que Munzinger se plaignait d'avoir encourues pour le batail. lon de la maamourieh, Quant aux sommes dépensées pour le transport des troupes et pour d’autres raisons, même en les évaluant à 500 bourses, une certaine économie aurail dù, en fin de compte, être réalisée puisque la saline avait produit plus de 800 bourses, Cette saline aurait d'ailleurs dû fournir des revenus plus importants, plus forts même que ceux de l'année 1289, où ils avaient été de 2000 bourses. « Plusieurs personnes, mandait le Khédive, ont demandé à prendre la concession de cette saline contre paiement d'une somme de 3000 bourses annuellement... ln conséquence, vous devez adopter les mesures requises en vue d’en faire entreprendre la gestion d’une manière adéquate, afin qu'elle puisse

produire des revenus appropriés, Dans Îe cas contraire, nous nous chur- :

gerons d'examiner ces mesures.» Finalement Munzinger fut prié de verser au Trésor les 4ga bourses qui restaient sur les revenus de la saline, cette somme étant destinée à l'achat des matériaux nécessaires à la couslruction du chemin de {er du Soudan (},

En réalité cette somme ne fut jamais versée au Cuire, car, lorsqu'en juillet 1875, Khaïri pacha lui réclama l'excédent de ses recettes sur ses dépenses jusqu'à la fin de l'année 1290, Munzinger répondit qu'il n'avait réussi à percevoir que la moitié des impôts de cette année-là, « en raison des dommages subis par les habitants et les Arabes du Taka du

OÙ A, A,, Reg. », Ordres supérieurs, pièce 2, p. 7, O, $. à Munzinger, 15 octobre

ri

Se ie tt te fait de la perte de leur bélail, de la destruction de leurs cultures par les sauterelles et du décès de certains habitants à la suite de la sécheresse et de la misère qui s'étaient abattues sur cette région» (1),

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