À) DÉVELOPPEMENT DE KASSALA
En octobre 1874, Munzinger demanda à l'Administration générale des Postes d'établir à la maudirieh du Taka un bureau postal analogue à ceux de Souakin, Massawa, Khartoum et Berber #), La capitale du Taku voyait en effet grandir son importance, Le commerce de caravane y éluit particulièrement actif & l'approche du Kharif, époque où les marchand de Gallabat et de Guedaref se htaient d'envoyer à Kassala leurs stocks dr gomme, de coton, de café elc., pour y étre emmagasinés, ces produits étant mieux abrités dans la ville contre les pluies ; le doura en excès était, ‘ à la même époque, acheminé vers le nord, dans les vastes steppes habttés par les Choukrié, qui s'étendent entre l’Atbara, le Nil Blane et le M Bleu {), En janvier 1875, Munzinger estimait que la ville de Kassala possédait une population de 25.000 habitants, sans compter les villages du voisinage ; il reconnaissait toutefois qu’une grande partie de cette population était flottante et comprenait diverses tribus qui ne.restatent que
(YA, À., Reg, 31, Dép. Abd., pièces 591, 616, Khairi pacha à Alacddin her, 9, 17 décembre 1876,
OI A, À,, Reg. aa, Dép. Abd, pièce 53, O. $, à Munzinger, 13 mars 187%
PA A,, Reg, 5, Arr. Maïe Sanieh, pièce 9, p. 29, Munzinger à la Maïa, 29 or iobre 1874.
M CL. Juke, op, eit., L [, p. 190,
AGRIGULTURE, INDUSTRIE, COMMERCE. 1237
peu de temps à la ville pour faire leurs opérations de troc lt}, En fait la population sédentaire ne dépassait peut-être pas 8.000 âmes ©), On en-
voyait à Kassala beaucoup de fortes têtes du Gaire qu’on laissait en liberté aussi longtemps qu’elles se conduisaient bien. Les assassins étaient déférés à un tribunal militaire et le jugement final rendu par le pacha, On avait cherché à dresser une statistique des naissances et des décès, mais les eflorts en ce sens ne furent pas couronnés de succès, car la population résislait avec.tenacité à toute enquête concernant la famille, dans la crainte qu'on ne lui extorquât»des taxes. Parmi les troupes, dont le nombre s'élevait à 1.800 hommes, la mortalité était de Go soldats par an, et les décès étaient dus principalement aux fièvres intermittentes ou à la dysenterie. La vaccination se pratiquait comme au Gaire, mais avec moins de succès, à cause de la mauvaise qualité du vaccin ; la population, cependant, paraissait avoir une grande confiance dans le procédé (8), Le système de taxation avait été modifié au cours des années précédentes et les prêtres et les nobles, jadis exempts d'impôts, devaient maintenant payer leur part des taxes perçues au profit de L'État (0,