B) CULTURE DU GOTON AU TAKA
Le Khédive, on l'a vu, avait fait de grands frais pour développer la culture du coton au Taka 5), Les machines d'égrenage arrivèrent à Kassala au mois d'août 1873 et l’on procéda activement aux travaux de montage, En avril 1874, Munzinger rendait compte à la Maïa que ces travaux seraient terminés sous peu et il sollicitait l'envoi d'une presse hydraulique «facilement transportable» pour presser le coton, Chaque balle, disait-il, devra être de 3 kantars et avoir 1 mètre de longueur et 5o centimètres de largeur et d'épaisseur, afin de permettre son transport à dos de
6 Cf, Arthur B. R. Mvens, Life with the Hamran Arabs, p. 46.
@ C'est lo chiffre cité par Junker qui visita Kassala. en avril 1876 (ef, Juxxen, op, sit, &, I, p. 119).
6) Cependant, en mars 1875, lu petile vérole éclala à Kassala ol mit on fuite une partie de la population.
® Cf, Arthur B. R. Myens, op. cï., p, 46 à 54,
# Cf. 4, IH, »° partie, p. 543,
hameau 0). Gomme il n'existait pas en Égypte de presse hydraulique du modèle demandé, le vice-roi donna l’ordre de la commander en Europe. En janvier 1875, Munzinger. fit visiter l'usine à des hôtes de passage in, « La ville de Kassala possède une grande usine de coton, note le voyageur Arthur B. R, Myers ; la machinerie vient d'Angleterre, mais l'ingénieur qui la fait marcher est Français. L'édifice est construit en briques, euites dans un four voisii qu'’approvisionne en combustible un grand bois d’acacias qui se trouve dans la montagne de Kassala. Pour le moment, l'usine est exploitée par le gouvernement égyptien, mais, une fois l'in. pulsion donnée, Munzinger pense qu’elle pourra être confiée à Finitiative privée.» En fait, le moudir général du Soudan oriental avait de grand, projets. Il pensait que le bassin du Gash pouvait être mis en culture, et il employait des ingénieurs à lever les plans d’une région mesurant 80 milles de long sur 20 de large, afin de savoir dans quelle mesure elle pourrait être inondée. Si, comme il le croyait, la chose était possible, le pays serait bientôt couvert de récoltes de coton et d’indigo, plantes qui. réussissent parliculièreraent bien au Taka. Deux mille acres de terre avaient dejà été plantés avec succès et des spécimens des récoltes envoyés au Caire à l’automne d2 l'année précédente (), En janvier et février 1875, Munzinger envoya en Égypte des échantillons d’indigo produit au Taka et pria la Maïa de les faire examiner par les commerçants et les industriels . du Caire et d'Europe et de lui faire parvenir leurs observations (5, Il en voya également au vice-roi des échantillons du tabac cultivé au Senhit (#., Ces essais prometteurs ne furent cependant pas poursuivis. L'usine de
(9 A. À, Reg. 1875, Arr. Maïa Sanieh, pièce 50, p. 82, Munzinger à la Muia, k avril 1894,
À, A,, Reg, 1870, Dép. Maïa Sanieh, pièce 160, p. 119, la Maïa au Ministère des Finances, a4 juillet 1874,
6) Lord Coke, Sir W. Gordon Cumming, Captain Vivian et Arthur B. R, Myers qui se rendaient au pays des Hamran pour y chasser,
® Cf, Arthur B, R, Mvens, op. cit, p, 46 à 54.
GA, À, Rog, 5, Arr, Maïa Sanieh, pièce 24, p. 4 et pièce 28, p. 54, Munzinger à la Maïa, 14 janvier ct 27 février 1875. |
À, A, Reg. 5, Arr, Maïa Sanieh, pièce 18, p. 36, Munzinger à la Maïa, 12 décembre 1874. Ges échantillons furent détériorés en cours de route (A. A,, Reg. 148, Dép, Maïa Sanieh, pièce 1, p. 8, le mibradar à Munzinger, 13 septembre 1875),
Kassala cessa bientôt de fonctionner, € Les ‘natifs de. Kassula, rapporte l'ingénieur Ghélu, ne voulurent pas s’astreindre à ce travail ; on manquail d'ailleurs de combustible. Aussi l'usine ne fonctionna-t-elle qu’une saison après quoi elle fut définitivement fermée (1.