D) COMMERCE DU BÉTAIL ET DES PEAUX
Le commerce des produits du Soudan oriental avec l'Égypte était, on l'a vu, fortement handicapé par l'imposition d’une taxe de 8 p. 100,
(MY À. Cnécu, Le Nil, le Soudan, l'Égypte, p. 131,
@) En raison de l'épidémie de PAssir,
8) À. À., Reg. 5, Arr, Maïa Saniteh, pièce 28, p. 43, Munzinger à la Maïa, 14 janvier 1895,
A, À, annotation à la lettre de Munzinger en date du 14 janvier 1875,
prélevée à la sortie des ports de Massawa el de Souakin. L’imposition te celle taxe provenail du fait que les produits. abyssins qui arrivaient dans les ports de la mer Rouge pour. êlre exportés en É Sgyple élaient passibles d’un droit de 8 p. 100 (1), mais comme ces marchandises .arrivaient à Massawa et à Souakin mélangées à celles du Soudan et qu'il était pratiquement impossible de faire de distinetion entre elles, toutes étaient en conséquence frappées du même droit, Bien que l’anomalie de cette mesure eût été reconnue et dénoncée, il n°y fut pas remédié (, Cependant certaines branches du commerce entre le Soudan oriental el l'Égypte méritaient une attention particulière. L’exportation du bétail du Soudan, notamment, constituait une branche importante du commerce de la mer Rouge. En vue de favoriser ce commerce, la Compagnie Khédivieh avait . abaissé ses tarifs à 52 francs par tête pour les chevaux et Les bœufs et à 5 francs pour les moutons. La mesure n’accrut cependant pas l’importation du bétail soudanais en Égypte. C’est que le tarif restait encore très supérieur aux frais de transport du bétail importé de Syrie, lesquels n'étaient que de 25 francs par tête pour les bœufs, 50 francs pour les chevaux et 3 fr. 5o pour les moutons. Bien que l'adoption d’un tauxde fret identique en mer Rouge ne dût laisser à la Khédivieh aucune marge de bénéfice, l'administration de cette compagnie s’y résigna, dans l'espoir - de favoriser le commerce du Soudan. Au cas où, après quelques mois, la mesure se révélerait efficace, l'administration établirait alors un tarif convenable qui sauvegurderait à la fois les intérêts des commerçants et les siens propres (1, !
Le commerce des peaux supportait, lui aussi, un nolis trop onéreux, . Le transport des peaux de Souakin à Suez coûtait, en novembre 1875, 16 piastres par kantar. Comme ils estimaient ce prix trop élevé, les commerçants expédiaient leurs marchandises à Djeddah, trajet pour lequel ils ne payaient que trois piastres et demie, et là ils les faisaient transborder sur les batoaux étrangers qui ne leur prenaient que 7 à 8 piastres jusqu’à
(9 Les produits abyssins en transit dans les poris égyptiens n'étaient au eontaire frappés que du droit de 1 p. 100.
GE CP, supra, p. 1175 et suiv.
6} A, À., carton 51, pièce 363, Fedrigo pacha et Moustapha pacha, directeurs des bateaux-postes Khédivieh au mihradar, 29 novembre 1874,
AGRICULTURE, INDUSTRIÉ, COMMERCE. 1241
Suez ; is gagnaient ainsi de 4 à 5 piastres par kantar, Le gouverneur de Souakin proposa en conséquence de réduire d’un nombre égal de piastres le nolis entre Souakin et Suez, afin d'inciter les commerçants à envoyer leurs peaux directement par les bateaux de Ia Khédivieh {1}, Aucune mesure, cependant, ne fut prise en ce sens, car, en juin 1876, le divan de l’Agrieulture el du Commerce revint sur la question. La situation s'élait même sensiblement aggravée dans l'intervalle, car l'administration des paquebots-postes Khédivieh percevait à cette date 20 piastres pour le transport d’un kantar de peaux de Souakin à Suez; les commerçants continuaient donc à faire transborder leurs peaux à Djeddah et réalisaient aiusi une économie de 8 piastres environ par kantar. Le divan exprima en conséquence l'avis de fixer le nolis, entre Souakin ct Suez, à 8 piastres le kantar pour toutes les marchandises légères et encombrantes , Le ecommerce des peaux souffrait aussi de l'imposition d'une forte taxe quarantenaire, Aucune taxe de l'espèce n'existait jadis ; elle avait élé établie à la suite de la grande épizootie, par décision du Conseil privé en date du 20 Ve 1866, et fixée à raison de 10 paras sur chaque peau. Par la suite, et à la demande du Conseil de Santé, la taxe avait été quadruplée sur certaines peaux ff} et doublée sur d'autres (), Perçue sur la nouvelle base, la taxe quarantenaire représentait 7,5 p. 100 du coût des peaux de la première catégorie et jusqu’à 50 p. 100 de celui des peaux de la seconde. Do plus, à Suez, on percevait une deuxième taxe quarantenaire de 20 paras sur chaque colis de peaux en provenance de Souakin ct de Massawa. De pareilles taxes portaient préjudice au commerce, Le divan de l'Agriculture et du Commerce proposa en conséquence de réduire au quart où au huitième de sa valeur actuelle la taxe quarantenaire perçue au départ et de supprimer purement et simplement celle de Suez (,
U) À, À, Reg. sans numéro, Dép. Maïa Sanieh, p. 31, le mihradar au Ministre des Affaires étrangères, 15 novembre 1875.
A, À, Reg. 15, Arr, Maïa Sanieh, pièce 16, p. 21, le divan de l'Agricullure et du Commerce à la Maïa, 7 juin 1876.
® lle passa de 10 paras à une piastre pour Les peaux de chameau, de buflle, de bœuf, d'hippopotame,
(Peaux de chèvre, mouton, gazelle, renard,
® A, AÀ., Reg. 15, Arr. Maïa Sanieh, pièce 14, p. 181, le divan de l'Agriculture et du Commerce à la Maïa, 7 juin 1876,
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