‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 144 sur 176 · A) TRANSPORT DU MATÉRIEL · texte numérisé non relu

A) TRANSPORT DU MATÉRIEL

En 1873, on l'a vu ®), le vice-roi avail arrêté dans ses grandes lignes Je plan du réseau télégraphique du Soudan. À côté de la ligne joignant le Caire à Khartoum, achevée et exploitée depuis plusieurs années, et de la ligne allant de Souakin à Kassala, en service elle aussi, le Khédive avait décidé de joindre par le télégraphe : |

a) Berber à Kassala,

b) Massuwa à Kassala, ec) Khartoum à Sennar et à Fazogle,

d) Khartoum au Kordofan, e) Kassala à Guedaref et à Doka.

Tout le matériel de ces lignes, commandé en Europe, fut expédié pêlemêle à Souakin au fur et À mesure de son arrivée en Égypte. De ee port, @ Rapport de M. lowler sur les obstacles à la navigation du Nil entre Assouan

et Wadi-Halfa, janvier 1897, @1 Cf, 4, ITT, e° partie, p, 644 et suiv.

il incombait à Munzinger de le transporter à destination el, notamment, de faire parvenir à Berber le matériel des lignes de la hokoumdaria t, Le moudir général du Soudan oriental demanda en. conséquence au hokoumdar de fui payer d'avance les frais de transport, car les chameliers relusaieut d'amener leurs chameaux s'ils ne touchaient au préalable le prix du nolis. Le gouverneur général, qui n'avait pas prévu cette dépense à son budget, fit la sourde oreille ( et Le vice-roi dut lui donner l’ordre de payer au Soudan oriental la somme de 1404 bourses qui représentait le coût du transport du matériel de la ligne du Kordofan (). Ayoub pacha essaya également d’éluder le paiement du matériel qu'il s'était fait céder pour commencer les Lravaux de la ligne de Khartoum à Sennar ff) et pour lequel la Maïa Sanieh lui réclamait a somme de 1.447 livres égyptiennes). Enfin une commande de 700 livres de fil télégraphique destiné aux lignes de Sonnar et du Kordofan ayant été livrée à Alexandrie, le Gabinet viceroyal demanda au gouverneur général de lui dire à quel compte il devait imputer celte somme {); le hokoumdar répondit qu'il la rembourserait sur les recettes d'exploitation, après la mise en service des deux lignes 7} ; mais Khairi pacha lui fit observer que le fournisseur refuserait certainement d'accorder ce délai et que le règlement devait être eflectué au moment de l’achat {#),

Si lelles étaient les chicanes que faisait Ayoub pacha pour. payer les frais des lignes dont la construction lui incombait en propre, on pressent

0} C'est-à-dire le matériel des lignes e, d, e, ct, pour la ligne «, le matériel nécessaire à la scetion s'étendant de Berber à Gos Regeb,

# À, AÀ., Reg. 28, Arr, Abd., Ayoub pacha à Khairi pacha, 17 février 1874.

OA A,, Reg.17, Dép. Abd. Khairi pacha au gouverneur du Soudan, 1 1mars1874.

Cf. L, IUT, 2° partic, p. 649, 650.

5 À, A, Rog. 17, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, a mars 1874, Le malériel cédé était destiné à réparer la ligne télégraphique de Borber à Khartoum, Ayoub pacha s’efforça d’en esquiver Le paiement en répondant à la Maïa qu'il resterait, sur le matériel télégraphique commandé, uu surplus sullisant pour remplacer le matériol qu'il avait emprunté (A, À., Reg. a3, Arr. Abd., Ayoub pacha à Khairi pacha, 5 mars 1874).

(9 À. AÀ., Reg. 17, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 6 avril 1874.

(A, À., Rog. 28, Arr, Abd., Ayoub pacha à Khairi pacha, 7 avril 1874.

A, A., Reg. 17, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 26 avril 1874.

Ja mauvaise grâce qu'il mit à régler sa part dans Pélablissement de la lise de Berber à Kassala qui travorsait à la fois le territoire de la hokoumdavia M et celui du Soudan oriental @), De fait, lorsque Munzinger denranca à Ayoub pacha de lui donner de l'argent ou des chameaux pour L'ansporter le matériel de sa section, le hokoumdar refusa sous prétexte que Le Taka devait supporter la Lotalité de ces frais. Rappelé à l'ordre par lt Mai Sanieh 6, le gouverneur général excipa des versements en espèces qu'il avait effectués au Soudan oriental pour créer une confusion dans l'esprit de Khairi pacha (), mais la Maïa ne s’y laissa pas prendre et le ra ppela au fait 5), En raison des difieullés de toute espèce suscitées pau” Ayoub paca, on peut présumer que les transports entre Souakin et Berber fonction. nèrent, au printemps de l’année 1874, très au ralenti.

Après le Kharif, le Khédive se préoccupa de savoir où F’on en était de Ja construction du nouveau réseau (9, IT s'étonnait que la ligne de Berber au Taka et celle du Kordofan ne fussent pas achevées, bien que leur matériel eût été, disait-l, expédié depuis plusieurs mois au Soudan Il était pressé, notaivent, de voir achever la ligne du Kordofan. en raison des opérations militaires qui se déroulaient au Darfour #, En réponse à la demande du vice-roi, le vékil des travaux à Khartoum fi savoir que la ligne de Khartoum à Sennar atteignait Hallet el-Kafra, loculité sise à proximité de Messalamié et qu’elle ne pourrait être terminée qu'après réception du matériel supplémentaire commandé en Angleterre #}, Quant à la ligne du Kordofan, l'ingénieur des Télégraphes Giegler

9 De Berber à Gos Regeb,

& De Gos Rogeb à Kassala.”

OA, A, Reg. 17, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 5 mai 1874.

(5) A. A., Reg, 24, Arr. Abd, Ayoub pacha à Khairi pacha, 6 mai 1874.

9 A, AÀ., Reg, 18, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 10 mai 1874.

(À, AÀ,, Reg, 19, Dép. Abd., lo chambellan du Khédive au vékil des travaus à Khartoum, 7 septembre 1874.

(M A, A,, Reg, ao, Dép, Abd,, la Maïa Sanieh au vékil do an à Munzinger, ‘17 septembre 1894,

M A, AÀ,, Reg, s0. Dép, Abd,, lo chambellan du Khédive au vékil du Soudan, :8 septembre 1874,

AA, Reg, 27, Arr. Abd, le vékil des travaux à Khartoum au chambellan dut Khédive, 28 septembre 1874. |

déclarait que les poteaux ereux en fer, fournis par la maison Siemens, étaient faits de plusieurs pièces dont certaines n'étaient pas encore arrivées et qu'aucun travail ne pouvait être entrepris avant que celles-ci ne ui fussent parvenues (M, La ligne télégraphique de Kassala à Berber, enfin, était, au dire de Munzinger, achevée depuis Kassala jusqu'à Goz Regeb, el il avait envoyé son ingénieur M. Voght à Berber pour examiner le travail qui restait à faire dans cette moudirieh (), Pressé d'accélérer Le transport à Berber du matériel accumulé à Souakin (}, le moudir général du Soudan oriental répondit qu'il n'avait pas assez de chameaux ct demanda à la hokoumdaria de lui en envoyer 5000, pris chez les Choukrté et les Bicharin @, Ce fut alors un beau tolle à Khartoum ! Le vékil des travaux du gouvernorat rappela d’abord que, de tout temps, les transports de Souakin à Berber s'étaient effectués sans l'intervention des chameaux de la hokoumdaria et que Munzinger avait déjà reçu 2.400 bourses pour elfectuer ce transport 6). D'autre part, les localités habitées par les Choukrié et les Bicharin étaient fort dispersées et très éloignées de Souakin ; pour réunir les chameaux (et il était douteux qu’on pût en trouver un si grantl . nombre), il faudrait envoyer de tous côtés des soldats ; ox l'effectif militaire était insuffisant pour accomplir cette besogne et continuer en même temps à percevoir les impôts. Les habitants, de leur côté, protesteraient en raison de la longueur du chemin à parcourir et de la perte inévitable de chameaux qui s’ensuivrait. Enfin il existait une vieille rancune entre les Choukrié et les Bicharin d’une part et Les Arabes dépendant de la moudirieh du Taka de l’autre, et il était à craindre qu'il ne s’ensuivit des bagarres le jour où ils se rencontreraient. Pour toutes ces raisons, le vékil concluait qu'il

6) À, À., Rog. 27, 4rr. Abd., pièce 415, le vékil des travaux à Khartoum à la Maïa, 30 septembre 1874.

6 À, À., Rog. 27, Arr. Abd., pièce 5ag, Munzinger à la Maïa, 5 octobre1874. I semble que l'ingénieur des T'élégraphes du Soudan oriental ait été chargé d'accélérer la construction de cette ligne. ,

6) À, À., Rog. »0, Dép. Abd., pièce 846, Khairi pacha à Munzinger, 6 octobre 1874,

GA. A, Rog, 27, der, Abd., pièce 659, Munzinger à la Maïa, 19 octobre 1874.

6) {1 semble qu'il y ait ici une erreur de chiffres, ear Le vékil, pour établir que le paiement a été fait, vise une dépêche de Ja Maïa Sanich qui ne parle que de 1.104 bourses,

em à

incombait à Munzinger d'effectuer à lui seul le transport du imatérir| comme par le passé, contre paiement de ses débours par la hokoumdaria 1 Le vice-roi décida alors d'envoyer Mohamed bey el-Nadi à Souakin pour acliver le transport du matériel télégraphique @, À son arrivée dans ee port, le 27 décembre 1874, Mohuned bey Lrouva en effet une grande quantité de matériel aceumulé , pour le Dsnue duquel on lui dit qu'il fallait 2.64 1 chameaux. Or on ne pouvait trouver à Souakin que 641 cha.

meaux ; il télégraphia donc à Munzinger, qui se trouvait À Amideb, et à ÂAlaeddin bey, qui était à Kassala, pour leur demander de lui envoyer 2000 chameaux). Munzinger se Mta d’expédier son vékil à Souakin pour aider Mohamed bey dans sa tâche (9.

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