LA LIGNE DE GUEDAREF ET DE GALLABAT
De bonne heure le vice-roi avait senti la nécessité de relier au réseau télégraphique du Sondan le centre commercial important de Guedarel rt la localité de Gallabat, vedette avancée de l'Égypte du côté de l'Abyssinie,
(CL, Prour, General Report on the Province of Kordofan, p. 194, Pront à Stone, El-Obeid, 16 mars 1876,
OÙ A, A, Reg. 41, Arr, Abd,, pièce 315, Salama bey à Khairi pacha, 18 août
®) Le major M. G. Prout, dans son General Report on the Province of Kordofan, a publié un croquis indiquant le tracé de la ligne,
OA, AÀ,, Rog, 41, Arr, Abd., pièce 583, Salama bey à Khairi pacha, 19 septembre 1876. re
9 À, A,, Reg. 45, 4rr, Abd, pièce 5a, Salama bey à Khairi pacha, 8 janvier 1837. (A, A. Rep. 45, Arr. Abd., pièce a46, Salama bey, à Khairi pacha, 18 février
PCF, P'unur, General Report, ete., p, 199, la note au bas de la page,
Aussi le plan établi en novembre 1873, comportait-il un embranchement partant de Kassala et poussé en direction de Guedaref et de Doka 0), Cependant, en septembre 1874, le Khédive revint au projet primitif selon lequel la ligne serait construite entre Sennar, Guedaref et Gallabat. Demandée par Munzinger, alors qu'il exerçait les fonctions de moudir général du Soudan oriental, la construction de cette ligne devint plus impériense encore lorsqu'éclata la guerre d'Abyssinie, « En raison de ce qui s’est passé dans le Soudan oriental, écrivait au Caire le 6 décembre 1899 le kaïmakam de la hokoumdaria du Soudan, il y a lieu d'effectuer rapidement les communications entre les régions de Guedaref el nous, afin de prendre les précautions et lés mesures nécessaires en vue de garder et de défendre ces frontières. Geei ne peut être obtenu que par le prolongement de la ligne télégraphique d’Abou Haraz à Guedaref.» EL il demanda l'envoi d'urgence à Khartoum de 8ao rouleaux de fil n° 8, 150 caisses de petites traverses et 5o caisses de grandes traverses, adaptées aux poteaux en bois. Quant à la ligne de Guedaref à Gallabat. Je kaïmakam
: rappelait qu’elle était du ressort du Soudan oriental ®, Plusieurs mois,
cependant, s'écoulèrent avant que Salama bey n'établit, à la demande de la Maïa Sanieh, la liste du matériel à commander à la maison Siemens pour l'établissement de cette ligne ® ; le coût de ce matériel s'élevait à 105.819 piastres (). La commande, toutefois, n’était pas encore passée lorsque, en août 1876, Ismaïl Ayoub pacha, de retour au Caire, signala l'intérèt qu'il y avait à établir une ligne allant de Messalamié à Guedaref et à Gallabat , Chargé d'établir le devis de la nouvelle ligne , Salama bey
(9 CF, 1, IT, e° partie, p. 650.
CA, A., Rep, 34, Arr. Abd., pièce A5a, le kaïmakam du Soudan à Khairi pacha, 6 décembre 1875.
6) A, À. Reg. 4o, Arr, Abd., pièce 411, Salama boy à Khairi pacha, 6 juin 1876,
6) À, À., Reg. 15, Arr, Moïa Sanieh, pièce 8t, p, 142, l'Administration des Chemins de fer à la Maïa Sanich, 29 juin 1876,
(À, À., Reg. 17, Arr. Maïa Sanieh, pièce 5 Mourour, Ayoub pacha à la Maïa, 14 août 1876 ; Rep, 148, Dép, Maïa Sanieh, pièce 8, p. 80, Khairi pacha à Ayoub pacha, 25 août 1876.
(A, A, Rog. 31, Dép. Abd. pièce 1 76, Ayoub pacha à Salama bey, 8 septembre
Re = de à à expliqua à la Maïa Sanieh qu'il serait plus rapide et plus économique de Ja faire partir d'Abou Haraz et que la substitution de cette localité à Mes. salamié ne génerait en rien les rapports d’affaires que les commereants de cette dernière ville entretenaient avee ceux de Guedaref et de Gallabat oi, Le vice-voi se rangea à cel avis,
1) LE PERSONNEL TÉLÉGRAPIISTE.
Le personnel télégraphiste était pauvrement payé si l’on en juge par une requête présentée en novembre 1874 par les agents du bureau de Halfa. Au nombre de cinq, ces employés se trouvaient, disaient-ils, depuis huit ans dans le pays où le coût de la vie, fort élevé, leur rendait presque impossible la tâche d'élever leur nombreuse famille ; aussi demandaient-ils qu'on améliorât leur situation ©, Gelle-ei s’aggrava en 1 875 lorsque, pour ‘les raisons d'économie, le traitement fut coupé aux agents télégräphistes comme aux autres employés du Soudan, Au mois d'août 1875, il leur était dû six mois de sa.aire, lorsque l'ingénieur en chef des Télégraphes du Soudan intervint en leur faveur. Le vice-roi déclara aussitôt. que lex agents du Télégraphe ne devaient pas être traités comme les autres em ployés, car «ils se trouvaient en mission dans les régions lointaines», et il prescrivit de leur payer régulièrement leur traitement et de régler l'arriéré qui leur était dû), À l'automne de 1875, lors des événements d'Abyssinie, le travail de transmission des dépêches devint tel que l'agent du Télégraphe à Halfa demanda un renfort de deux télégraphistes ; sans repousser sa demande, Khaivi pacha lui répondit de travailler nuit et jour pour assurer le service sans Ie moindre retard (4), Tout délai dans la trans-
mission des dépêches donnait lieu à une demande d'explications du
(A, A., Reg. 15, Arr, Maïa Sanieh, pièce 110, p. 175, l'Administration des Chemins de fer à la Maïa Sanich, 16 septembre 1876.
A, A, Rog, 28, Arr, Abd, pièce ann les télégraphistes de Halfa à Moukhtar pacha, 18 Rovobne 1874.
WA, A., Reg. 23, Dép. Abd., pièce 517, Khairi pacha au kaïmakam du Soudan, 19 août 1875.
GAS A, Reg. a5, Dép. Abd., pièee 479, Khairi pacha à l'agent du Télégraphe de Halfa, 29 novembre 1895.
F8 PÉLÉGRAPHES DU SOUDAN. 1313
Caire W, Loute erreur dans la transmission des chiffres à un rappel à Pordre 1, Le vice-roi voulait que les télégraphistes indiquassent sur les dépêches l'heure de leur transmission et de leur réception ; or, dans le Soudan oriental, les stations n'avaient pas de pendules ni les agents de montres : Salam bey réeloma en couséquence l'envoi d'urgence de ces instruments de travail &. La confusion élail encore accrue du fait que les différentes localités n’avaient pas la même date ; c’est ainsi qu’en 1999, le‘Courban Beiram fut célébré au Gaire le jeudi 6 janvier 1876, à Souakin le vendredi 7, tandis qu'à Kassala, Massawa, Berber et Khartoum, la fête tomba le samedi 8 janvier; pour parer à cet inconvénient, Salama bey demanda à la Maïa Sanieh de donner des instructions pour que la fête FûL lixée Je même jour en tous lieux (.
Les défaillances du matériel inlerrompaient parfois la transmission des dépèches. C’est ainsi qu’à Halfa cette transmission ful interrompue dans la nuit du 11 au 19 janvier 1876, en raison de l’insuflisance du voltage de la batterie. Ne pouvant passer ses dépêches directement au Caire,
l'agent chercha à les passer aux stations intermédiaires qui refusèrent de les recevoir 6), Le 19 janvier 1876, le bureuu de Halla dut passer la nuit sans bougies, le magasin de l’ État n ayant pas eu la précaution de lui en procurer à temps (), L'agent de ce bureau avait, on l’a vu, demandé en novembre 1875 deux télégraphistes de renfort ; la Maïa ne Ini en aceorda qu'un et encore ce dernier n’était-l pas arrivé à la fin de janvier 1876 1);
0) Cf. notamment À. À., Reg. a5, Dép, Abd., pièce 600, Khairi pacha aux stations de Berbor et de Senhit, 1a décembre 1875.
8) Cf, notanunent A. À., Reg. 05, Dép. Abd., pièce 602, Khairi pacha à l'agent du Télégraphe à Berber, 13 décembre 1875.
% A, AÀ., Reg. 35, Arr. Abd., pièce 98, Salama bey à Khairi pacha, 19 décembre
G) À, A., Reg. 36, Arr. Abd., pièce 157, Salama bey à Khairi pacha, g janvier 1876,
6 A, A., Rey. 36, dr. Abd., pièce a06, la slation de Halfa à Khairi pacha, 0
janvier 1876, 1) À, A., Reg. 36, drr. Abd, pièce 33», la station de Malfa à Khairi pacha, 20
janvier 1896.
M À. À., Reg. 36, Arr, Abd., pièces 368, 447, l'agent du Télégraphe à Halfa à Khairi pacha, 24, 31 janvier 1876, Hist, du règne du Khéd, Tsmaïl, L IH, 8:
linalement, Le 15 février 1876, l'Adininishralion des Ghenns de fer se décida à nommer deux télégraplhistes à Halfa , Entre Berber et Massa], où les dépêches prenaient un refard'qui atteignait parfois ein heures, Le moudir de Berber reeut l’ordre d'accélérer leur transbordement en mettant ën service un troisième canot ®, Les contremaîtres de la ligne téléyrra. phique reliant Korosko à Assouan avaient pris Phabitude de résider à Assouan ; quand on avait besoin d’eux pour réparertune avarie, on ne les trouvait pas à leur poste ; des ordres fermes furent donnés pour les oblijrer à demeurer à leur kism, où on leur construisit les abris nécessaires pour les loger @). Malgré les ordres formels donnés par la Maïa Sanieh Panne précédente, les traitements des employés du Télégraphe n'étaient pas payés régulièrement ; en avril 1876, il leur était dû de quatre à six mois de traitement. Le kaïmakan du Soudan prétendait les traiter, sous cv rapport, sur le même pied que les autres employés de la moudirieh. Salama bey protesta de nouveau au Caire en leur faveur #), Si occupés que fussent les agents télégraphistes, certains d’entre eux trouvaient encore le loisir de chercher la elef *es codes chiffrés ; c’est ainsi que les télégraphistes de Berber ayant découvert la clef du code secret employé entre la Maria Sanieh et le gouvernorat général du Soudan, Ayoub pacha suggréra à ln Maïa de chiflrer dorénavant les dépèches avec Le code du Ministère de” la Guerre 6}, En août 1876, l'agent du Télégraphe de Dongola demanda un télégrapbiste de renfort pour enphhee son aide qui ne supporlail jus le climat O, Le personnel technique n’était pas toujours non plus à la hauteur de sa tâche ; c’est ainsi qu’en juin 1876, le sirdar demanda de
M A, A., Reg. 15, Arr. Maïa Sanieh, pièce 43, p. 65, la direction des Chemin: de for à la Maïa Sanieh, 15 février 1896.
GE A, À, Rep. 97, Dép. Abd., pièce 318, Khairi pacha au moudir de Berber, 1h février 1876,
FA. A,, Roy, 39, Arr. Abd, pièce 189, Salama bey à Khairi pacha, 15 avril 1876; Reg. a8, Dép. Abd, pièce a7a, Khairi pacha au moudir de la Sûreté à Assouan, 15 avril 3896.
OÙ A, A, Rey, 30, Arr, Abd, pièce 13, Salama bey à Khairi pacha, 19 avril
A, A, Reg. 39, drr. 4bd., pièee À 14, Ayoub pacha à Khairi pacha, 4 mai 1876,
(A, À, Reg, As, Arr, Abd, pièce 175, la station de Dongola à Khairi paeha, À août 1876.
LS
rare