‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 3 sur 176 · OCCUPATION DE LA CÔTE DES BENADIR · texte numérisé non relu

OCCUPATION DE LA CÔTE DES BENADIR

pas une tonne de charbon dans leurs soutes, et j'ai été obligé, tout à fait contre mon gré, d'envoyer un de mes paquebots postaux à Zauzibar pour me procurer du charbon et des approvisionnements, afin de pouvoir éablir une communication, vin Berbera et Massawa, avec le Cuire,

« La route k plus indiquée pour marcher à votre rencontre {si nous réunissons des moyens de transport) me semble être une ligne droite parlant à quelques milles au sud de l'Équateur et tirée en direction de lPouest-quart-sud-ouest vers le mont Kenya. Les Somalis, ici, ont peur de: s'approcher des Galla. J'essaie d’en amener quelques-uns à prendre celle lettre et À partir à votre recherche U).»

Le #5 novembre, le vapeur Tantah revint de Zanzibar. I] avait tout juste réussi à se procurer 4oo tonnes de charbon, pour lesquelles on avait demandé le prix élevé de 70 shillings la tonne. Son capitaine rapporta également une lettre de Seyid Bargach, adressée à «l’émir des bateaux égyptiens» eb qui était ainsi conçue :

« J'ai appris que vous êtes arrivé sur. notre côto avec des soldats, des canons et des chevaux, que vous avez tous débarqué sur notre territoire el que vous avez enlevé notre drapeau. Actuellement, nous vous demandons sans retard de prendre tout ce que vous avez fait débarquer et de partir, Nous n'avons permis à votre bateau de prendre du charbon à Zanzibar que dans le seul but de vous aider à quitter nos possessions, indis que la mousson est contraire El,» MeKillop transmit cette lettre au Khédive sans l’accompagner d'aucun commentaire F.

Dans l'intervalle, un singulier incident s'était produit près du fleuve Djouba. 4 Le 11 novembre, rapporte Abd el-Razzak bey, le binbach Farahat effendi s'était rendu en mission avec le youzbachi Mohamed

1) CE, Slave Trade, 1876, p. 377. Gette lettre a été également publiée par le Rév. George Pexey Badger dans le Times du 17 octobre 1876.

(I K,0, 84 - 1417, annexe II à la dépêche de Kirk à lord Derby, 15 novembre 1875. La lettre est datée du 141 chawal 129, correspondant au 10 novembre

% McKillop demanda à cette époque au Khédive de confirmer l’avancement qu'il avait accordé à deux de ses ofliciers ; il avait promu le kaïmakam Aly bey Choukri, commandant le Mohamed Aly, au grade de miralaï, et le saghkolaghassi Ahmed Amin commandant le Latif, au grade de binbachi (A. A., McKillop au Khédive, 15 novembre 1875)..

eflendi Essayed et 5o soldats réguliers munis de haches, afin de faire déblayer la route qui mène du fleuve à la localité de Djouba, mcendiée il y a huit ans par les tribus de Kablalah. Hs étaient accompagnés de huit soldats armés affectés à leur protection. À 5 heures de la journée U, et alors qu'ils étaient en plein travail, ls virent arriver du côté de Brava 200 Somalis environ, qui déversèrent sur eux une pluie de balles. Le binbachi fit alors venir les guides de Brava qui se trouvaient avec lui et s’enquit auprès d'eux à ce sujet. [ls l'informèrent qu’on ne pouvait que les combattre et ouvrir le feu contre eux. On donna alors ordre aux huit soldats de tirer, ce qui fut fait. Deux Somalis furent tués et les antres prirent la fuite. On se rendit ensuite à l'endroit où les deux Somalis

étaient tombés et on constata qu'il s'agissait de deux habitants de Brava

qui, avec leurs compatriotes, avaient tiré des coups de feu en signe d’allégresse à l'approche des soldats. Les derniers ne sont. nullement fautifs, car ce sont les guides de Brava, apparentés pourtant aux personnes tuées, qui les ont induits en erreur en leur faisant croire qu'il s'agissait d'ennemis et qu’il fallait les combattre. L'un des deux Somalis tués est parent à Chighca Osman, cheikh des cheikhs des tribus Touna, et l’autre est un des esclaves de ce cheikh. Cet esclave était un chef de brigands et c’est lui qui a incendié la ville de Kismayo et le bandar de Moubarak, sur le bord du fleuve Djouba. Le binbachi a remis au pacha une lettre datée du:11 novembre 1875 et signée par six des guides de Brava qui se trouvaient en sa compagnie, savoir: Chighou Osman, El-Kadi Aly, El-Hag Mohamed, Mohamed Bechir, Chighou Abdou et Aboubekr Chighou, confirmant la thèse exposée par lui. MeKillop pacha demanda alors au colonel Long, commandant des troupes, de procéder à une enquête à ce sujet. Une lettre en français fut reçue du colonel attestant l'exactitude des faits rapportés par le binbachi et par les guides. Le colonel voulait pourtant adresser un blâme au binbachi Ê}, mais nous

(1) C'est-à-dire-vers 11 heures du matin,

#3} Dans son ouvrage : My Life in Four Continents (+, T, p. 184), Long raconte cet incident de {a manière suivante : « Le major Farhard Mogibe n'était pas resté inactif en mon absence. Ambitieux d’être promu, il imagina être le héros d'une grande bataille, Quand j'arrivai, je trouvai qu’il avait quitté le camp le matin et qu'il était en train d'attaquer avec furie un campement de sauvages qu'après beau-

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u'approuvimes pas son point de vue, ne voulant pas prêter le flanc à ane critique quelconque, En fait, ces 200 individus Liraient des coups de feu en signe de joie. Mais comme ils ne furent pas reconnus par les guides qui se trouvaient avec le binbachi, ce malheureux incident s’est produit el nul ne doit en assumer la responsabilité. L'affaire, ajoute \bd el-Razzak bey, donna naissance à une légende qui se propagea sur tout de littoral oriental d'Afrique, à savoir que huit soldats khédiviaux linrent Lète À 200 hommes armés de fusils et en tuèrent même deux, sans avoir Subi aucun mal UM,»

De erainte que l'incident ne provoquât quelque ressentiment parmi la population de Brava, MeKillop s'empressa de renforcer la garnison de celte place en y envoyant un détachement de 5o hommes et une pièce de canon), Mais les craintes du pacha s’avérèrent vaines. Partout se manifestaient des sympathies pour les nouveaux maîtres du pays. C'est ainsi que le : 4 novembre, MeKillop reçut à Kismayo la visite de 200 sages et habitants de l'Ogaden, qui témoignèrent leur reconnaissance et leur joie pour le rattachement de leur pays au gouvernement égyptien. Le jour suivant, le pacha reçut des habitants de Djouba et de Brava une lettre f) dans laquelle 1ls exposaient qu'ils se trouvaient depuis huit ans en conflit continuel avec les gens des tribus de Kablalah et Iarat et qu’ils désivaient maintenant faire la paix avec eux et devenir des frères. En conséquence, ls lendemain 16 novembre, les cheikhs et sages des tribus de Touna,

coup de difficultés, j'avais persuadé à venir s'établir près de nous, en les assurant de notre protection. Mon arrivée empêcha opportunément le massacre, et le rêve de Farhard fut expié par une-arrestation et une disprâce subséquente. »

PL A, A., Dossier 3/6, pièce 7, journal d’Abd el-Razzak bey, 16 novembre 1875. MeKillop, dans sa lettre du 15 novembre au Khédive, ne semble pas avoir été dupe, de l'explication et qualifie les indigènes tués de malfaiteurs, « Les soldats, dit-il, ne commirent ce fait qu’en défendant leur vie contre une charge d'indigènes armés de fusils qu'ils déchargèrent sur les soldats ; heureusement aucune balle n’arriva au but,»

FA, À, MeKillop au Khédive, 15 novembre 1875, Radouan pacha dit que le renfort envoyé à Brava comprenait 73 soldats et deux canons de montagne (A.A., dossier 3/6, Radouan pacha à Khairi pacha, 17 novembre 1875).

1 Cette lettre était signée par Chighou Osman, EÉl-Kadi Aly, El-Hag Mohamed Ibn Abd el-Kader et Mohamed Ibn Bechir,

de Kablalah et de Harat, de même que ceux de Brava et des trois Îles dépendant de Touna fl} se rendirent 4 bord du Mohamed Aly. « Nous fimes la paix entre eux, rapporte Abd el-Razzäk, et ils jurèrent tous sur l'épée et le Coran de demeurer unis, de ne plus s'attaquer les uns les autres, de s'établir chacun dans sa région, de la faire prospérer, d’y entreprendre la culture des terres ct d’être soumis au gouvernement khédivial, Ce serment fut prêté en notre présence et devant McKillop | pacha, Radouan pacha, Aly bey Choukri, commandant du bateau, et un certain nombre d'officiers... Nous avons alors remis des épées et des pelisses aux trois cheikhs des îles, qui sont Mohamed Ghâm, El-Hag Bassili Omar et Mohamed Ibn Sagwa (),»

La santé générale du corps expéditionnaire était bonne, et seuls quelques hommes tombèrent malades du scorbut, MeKillop les ft mettre à bord du Dessouk, qu'il transforma en hôpital après avoir pris l'avis des médecins. Il projetait, lorsqu'il aurait rempli ses soutes, de se rendre à Merka avec le Mohamed Âly pour prendre possession de la ville, y abaisser le drapeau de Zanzibar et hisser le drapeau égyptien. Après une sérieuse étude du port de Kismayo, MeKillop reconnut que si l’accès n’en était pas facile, il présentait par contre, sous beaucoup de rapports, une sûreté réelle pour les navires À vapeur. Lors de son passage à Brava, il avait . ramassé du sable contenant de petites parcelles dorées ; après fusion, cette matière laissa une composition de couleur noire jaunâtre, que le chef de l'expédition envoya au Caire aux fins d'analyse 6},

Le mardi 16 novembre, arrivait à Kismayo le vapeur Mehallah, monté pa: Fedrigo pacha (1, I] apportait une compagnie de renfort qui fut débarquée le soi-même, deux officiers le colonel Ward bey et le sous-lieutenant Mohamed Kany, enfin de nouvelles instructions pour McKiop pacha.

( A savoir Les Îles de Kiyâma, Touâla et Toula.

F) À, A,, journal d'Abd el-Razzak, 16 novembre 1875.

SA, À,, McKülop au Khédive, 15 novembre 1875.

À son départ d'Égypte, le Mehallah avait franchi le canal de Suez et fait route sur Massawa qu'il quitta le 7 novembre. Le 1 1 novembre, il doublait Guardafui dans la matinée, et ras Hafoun dans la nuit, Le 1 4, il passa devant la ville de Mogadisho et mouilla Le 16 à 5 heures p.m. à Port-Ismaïl (Kismayo). (Cf. À. A., rapport de Fedrigo pacha sur son voyage de Massawa à Port-Ismaïl, 16 novembre 1875.)

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TR Lors du départ de l'expédition, on la vu, le Khédive avait manilesté le disir Leès net de ne pas empiéter sux les domaines du sultan de Zanzibar et revendiqué seulement pour lui-même la côte des Somalis jusqu’à l’embouchure du Djouba, Ses dispositions, toutefois, n’allaient pas tarder à se modilier, Du 23 au 26 octobre 1875, le prince de Galles qui se rendait aux Jndes, s'arrêta en Égypte, où il fut l'hôte du vice-roi. Dans sa suite, su trouvait Sir Bartle Frere, C'était une ancienne connaissance du Khédive ; il était passé au Caire en décembre 1872, alors qu'il se rendait à Zanzibar pour migocicr'avec Seyid Bargach un traité destiné à réprimer la traite U}, Nul n'était mieux à même que lui de renseigner le vice-roi sur l'étendue et la nature du pouvoir qu'exerçait sur la côte le sultan. Le Khédive l’entretint done de ses projets. « Aucune difficulté politique n'est survenue et ne surviendra du fait de notre occupation, écrivit Nubar à Gordon quelques jours après l’entretien, Vous savez que le prince de Galles est passé dernièrenent par le Caire, en route pour les Indes. Sir Bartle Frere l’accompagnail, Son Allesse à causé avec lui; il à approuvé tous les projets, toutes les idées de son Altesse au sujet de cette nouvelle voie de commumication"®).; La conversation avait été si satisfaisante en vérité que, le 29 octobre 1895, truis jours après le départ du prince de Galles, le Khédive envoyait à Mekillop le complément d'instructions qui suit :

« Je vous avais donné ordre dans mes précédentesinstructions de choisir, au cas où l'embouchure du Djouba ne présenterait pas un mouillage convenable pour vos navires, un port dans les environs, soit au sud, soit au nord, pour y établir temporairement votre station. Vous connaissez le but que je poursuis ; [ressort de toutes mes instructions à vous adressées : former dès à présent un établissement qui, par sa nature et sa position, puisse servir de débouché ct d’entrepôt à toutle commerce quine manquera pas de «développer dans le centre de l'Afrique. Les bouches du Djouba, d’après lear configuration, ne pourront jamais assurer l'avenir d’un trafic étendu.

« D'après toutes les informations prises, tous les avantages requis se trouvent réunis à Formosa, Je me suis done décidé à faire des établis- «ments à Formosa, et c'est vous que je charge d’y aller pour y jeter les

CPL TT, e° partie, p. 691 et suiv, AS A, Nubar À Gordon, 10 novembre 1875:

Ibis, du règne du Khéd, Ismaïl, LU TL ha

premières bases d'un débouché qui, je le prévois, prendra dans l'avenir et an prolit de Lous une extension considérable. Je tiens à ve que vous alliez vous-même prendre en mon nom possession de la rade de Formosa 11) et de celle de Durnford qui, moins importante, se trouve située entre ce dernier port et Djouba. Lu conduite que vous devez tenir à l'égard des populations sera en tout conforme à mes premières instructions. À l’endroit du sultan de Zanzibar, je n'ai pas besoin de vous dire que si, après son relour, il a institué à Formosa une autorité quelconque, je ne puis en tout cas considérer cette autorité que comme fictive et illusoire ; le pouvoir du sultan a peine à se maintenir en face de l’île qui compose sa principale possession, comment peut-il maintenir l’ordre à Formosa et protéger les intérêts qui sont appelés à s’y grouper lorsque Gordon aura ouvert les communications avec les régions des lacs? Pourtant je veux vivre en bons termes avec lui, et si une autorité quelconque se trouve établie déjà, vous ne la molesterez pas, mais vous la considérerez comme n’existant point et vous vous établirez sur le côté de la rade inoccupé par elle. Vous resterez à Formosa lant que vous le croirez nécessaire et vous vous porterez de votre personne partout où vous croirez votre présence utile.

« Ces instructions vous seront remises par Fedrigo pacha, que je vous envoie avec le Mehallah.

€ J'ai donné pour instructions à Fedrigo pacha, une fois Formosa occupé et vous sans inquiétude, de parcourir tout le littoral de l'Afrique depuis Formosa jusqu'à Berbera, pour me signaler toutes les rades qui peuvent présenter un abri aux navires, les améliorations dont elles sont susceptibles et les emplacements nécessaires à l'établissement des phares. C’est R le but principal de sa mission,

UT La baie Formosa, on le sait, avait été le premier point indiqué par Gordon sur Ja côte, en raison de la rivière Tana qui y débouche. La vue très juste de Gordon se trouve confirmée par M. Holmwood qui, dans son rapport commercial sur l'État de Zanzibar, dressé pour les années 1873 et 1894, éerivait : «Les rivières Ozy et Tana, qui se jettent dans la baie Formosa, à vingt milles de distance l’une de l'autre forment sans aucun doute une des grandes voies naturelles de pénétration dans l'intérieur de l'Afrique qui n’ont jamais été explorées, mais qui, il y a des raisons de le croire, deviendront éventuellement de la première importance,» (CF, Correspondence relating to the Slave Trade, 1875, p. 87.)

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« Pourtant Fedrigo pacha doit se mettre à votre disposition, soit que nus avez besoin de le laisser à Djouba pendant votre voyage à Formosa, sel que vous faisant accompagner par Jui, vous lui laissiez temporairement bi protoction de cette rade,

; Ce n'est que lorsque vous croirez pouvoir vous dispenser de son con- FOUts QUE Fedrigo pacha commencera à exécuter les instructions que je lui ai données relativement à l'étude des ports et rades du littoral,

« Je fais des souhaits pour que vous ne rencontriez que des facilités dans votre tâche U),»

Ainsi le Khédive s'annexait d’un trait de plume un ruban de côte long de-deux cents milles environ au sud du fleuve Djouba, englobant la ville et le port de Lamo tenus par une garnison de Zanzibar,

Pendant quele Hehallahdébarquaitlesapprovisionnements militaires destirs à la frégate Mohamed Aly et au campement de Djouba, et qu'il passait 100 Lonnes de charbon à cette frégate et Bo tonnes à la corvette Lat/, Fedrigo pacha débarqua à Kismayo, où il rencontra les omdehs et les cheikhs des tribus qui y résidaient. Le 19 novembre, il partit pour Djouba par la voie de terre et revint le lendemain. Après avoir pris connaissance du ses nouvelles instructions, MeKiHop, que la maladie avait retenu quelques jours à la chambre et qui n'avait pu encore expédier sa lettre à Gordon, la rouvrit et y ajouta un post-scriptum daté du 22 novembre, pour dire au colonel qu'il venait de recevoir l’ordre de prendre possession de la baie Formosa, d’où il s’efforcerait de lui envoyer un courrier. Deux jours plus tard, le chef de l’expédition s’embarqua avec 5o soldats et sa sutle sur le Hehallah et fit route avec Fedrigo pacha vers le sud. Le 9 5 novetnbre at matin, on doubla le port de Lamo et, dans l'après-midi, le navire laissa tomber l'ancre dans la baie Formosa, près du village de Shaka. + Un homme, rapporte Fedrigo pacha, qui prétendait être le sous-chef du village, est arrivé avec un canot le long du bord pour présenter les cupliments de son chef absent et, d’après son dire, en visite à Lamo.

5 J'ai débarqué avec SE, MeGillop pacha et une dizaine de soldats, Le village de Shaka n’est autre chose qu'un dépôt d'esclaves reconnaissable d'après les différents types des habitants. Pas de chef visible et pas

A4 A,, le Khédive à MeKillop, 29 octobre 1875.

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de force armée. IT y a deux puits d’eau un peu saunâtre, près de ruines ressemblant à la façade d’une ancienne chapelle du temps des Portugais, et, un peu plus haut que le village, près d’autres ruines, 1l y a des Lombeaux très anciens. La petite rivière Ozy se jette dans la mer à une distance de deux milles environ au nord du village. L'approche en canot est dangereuse à cause de la petite profondeur et des brisants de la mer près de son embouchure. En raison de ces obstacles, 11 serait très dangereux et très difficile de se procurer de l’eau avec les embarcations. I faudrait avoir des bestiaux pour la transporter près du village. La plage est trop ouverte et exposée aux vents et à la grosse mer depuis le sud-est jnsqu’an nord-ouest. Le cap Coumany était hors de vue. Sur la hauteur du cap, à l’est du village de Shaka, il y a un autre petit village nommé Chebine, où réside le chef du village de Shaka. Pas de culture dans les environs. Dansle village de Shaka, il y à un très mesquin bazar et une espèce de gargote.… Dans les huttes, 1l y avait beaucoup de doura. Un seul voilier caboteur était au mouillage. Âu moment de monter dans les embarcations, un soldat se disant déserteur Ce Zanzibar a réclamé la protection et est venu à bord.

4 Vendredi matin, 26 novembre, le Mehallak est en mouvement pour descendre vers le sud, le long de la côte de la baie Formosa, vers le cap Coumany, pour voir si Ja baie de ce côté-là pouvait offrir quelque point de débarquement plus avantageux et plus sûr en vue de maintenir les communications avec la terre et le campement militaire. Ne pouvant découvrir aucune position convenable, la proue du Hehallah a été dirigée sur Lamo. La baie Formosa, en conséquence, ne peut convenir d'aucune façon à être le point principal de ralliement avec l’intérieur, ne pouvant offrir les ressources et les sécurités nécessaires pou former le dépôt et la base des opérations militaires 1,»

Le 26 novembre dans l'après-midi, le navire jeta l'ancre entre les îles Lamo et Manda, par cinq brasses de profondeur et à un mille de l’entrée du port de Lamo. Ayant aperçu du monde rassemblé sur la plage de l’île de Lamo, MeKillop donna l'ordre de préparer trois embarcations et 20

PA, À., rapport du voyage de Port-Ismaïl à la baie Kormosa et retour, par FM. Fedrigo pacha, 29 novembre 1895.

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