OCCUPATION DE LA CÙTE DES BENADIB
soldats pour descendre à terre, et de tenir tout le monde prêt en cas d'atique, Pendant que ces ordres s’exécutaient, un militairenommé Salem, qui déclara ètre le sous-chef de Lamo, vint à bord pour présenter les complments de son chef Saudi bin Hamed el-Giafery. Questionné par MeKilop, l'individu déclara que tout le monde à Lamo s'était sauvé au moment de Uarrivée du Yehallah. MeKillop le prit dans son embarcation ; Fedrigo subit avec la chaloupe armée, tandis que la troisième embarcation était dirigée par Je liéutenant Aly. Le déserteur ramassé à Formosa voulait descendre également, mais comme on le soupçonnait d’être un espion, d fut retenu à bord. En approchant de la plage, les pachas découvrirent un campement, masqué à la vue, où flottait le drapeau de Zanzibar. Près du la se trouvaient deux pièces de canon pointées sur les embarcations, ebenviron 350 hommes armés de fusils de toute espèce et d’autres armes, nee, mèches allumées, prêts à faire feu (0, Dès que les Égyptiens eurent débarqué, Saudi ben Hamed el-Giafery s'avança vers eux, suivi des autres chefs el d'hommes armés ; très ému et avec des signes marqués d’agitation, iles invita à prendre place près de lui, sous une espèce de tente improvisée pour abriter les visiteurs du soleil, « Avec beaucoup de dignité, rapporte ledrigo pacha, il a cherché à soutenir fes droits de l’émir de Zanzibar et wprié SE, MeKillop pacha de ne pas entrer dans le village avec les soldats, en promettant de nous fournir tout ce dont nous pourrions avoir besoin. Comme la masse des hommes armés avec les mèches allumées serrait de plus en plus la tente, MeKillop, voyant l’état de surexcitation de ces gens el considérant que le moindre malentendu aurait amené un conflit, a “ayement ordonné l’embarquement et prit congé du chef dans des termes conenables en conservant l'apparence et les prestiges de notre supérionié, La force de 20 soldats n’était pas suffisante pour faire face à une telle masse d'hommes armés et cela aurait été commettre une folie compro-
Un Européen, le voyageur Hidebrandt, se trouvait à ce moment-là à Lamo. bans sine lettre qu'il adressa de Mombasa, le 31 décembre 1875, au docteur Nehweinfurth, Hidebrandt écrit : « J'étais À y a un mois à Lamo quand arriva un bateau égyptien... On y avait réuni jusqu'à 4oo soldats des places avoisinantes ; un avgil aussi élové des redoutes en saes de terre à l'embouchure du port; ces reloutes étaient flanquées de quelques vénérables pièces de canon datant du temps des Portugais.»
662 ISYOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÎL.
mettant la position 0,5 Les Égypücns se rembarquèrent, À une certaine distance du village, ils aperçurent, derrière une pointe de sable et enfoncé plus profondément dans la baie, Le fort de Lamo, qui paraissait assez bien conservé, el à l'abri duquel étaient mouillés une vingtaine de caboteurs. MeKillop avait pensé à s'emparer de Lamo par surprise et avul reculé devant l'attitude résolue du gouverneur. € Trompé par les paroles mensongères (un soldat déserteur de Zanzibar, écrivit-l au Khédive, je descendis accompagné d’une vingtaine de soldats à Lamo. Je dus passer devant la forteresse que je veux bien honorer de ce nom, construite d’une palissade masquant quelques pièces de canon. Je remarquaià mon passage, par la position des tirailleurs, qu'ils n’attendaient qu'un signal pour nous couler ; malgré cela, je continuai ma route et je débarquai sur la côte, où je fus reçu par le gouverneur entouré de près de 300 hommes, armés jusqu'aux dents ct prêts à faire feu sur nous. Mesurant notre position ct la Jour, je jugeai mcilleuy de faire une retraite honorable et à notre avantage. De retour à bord, je levai l'ancre avec l’espoir de revenir la jeter une autre fois dans d’autres conditions et je me dirigeai vers Port-Durnford #1,» Le samedi 27 novembre, au début de l'après-midi, le Mehallah se présenta à l'entrée de Port-Durnford, Deux embarcations furent envoyées en avant pour sonder la passe, Le navire fes suivit ct pénétra dans la partie extérieure du port qui est bien abritée 6t où 11 mouilla pan 5 brasses de fond, Aucun village, aucun habitant ne furent aperçus. Ce soir à, on débarqua du côté nord-est du port, mais sans rien trouver ni voir. Des sondages avec la chaloupe à vapeur furent entrepris dans la direction du port intérieur. Le lendemain dimanche, de grand matin, les officiers de l'état-major partirent en embarcation pour dresser le plan du port, tandis que Les pachas MeKillop et Fedrigo, le colonel Ward et le major Joyce partaient avec la chaloupe à vapeur armée de lance-fusées et remorquant une embarcation portant une dizaine de soldats, pour pénétrer dans le port intérieur et rechercher l'embouchure de la rivière Durnford. Les sondages révélèrent que l’eau était assez profonde pour recevoir en toute sûreté Le plus grand nombre de navires, Mais sur tout le pareours effectué
(YA, À,, rapport de Fedrigo pacha, 29 novembre 1895, F1 À, À, McKillop au Khédive, 6 décembre 1875.